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EAN : 9782246857334
224 pages
Grasset (24/08/2016)
  Existe en édition audio
4.28/5   6635 notes
Résumé :
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1185) Voir plus Ajouter une critique
4,28

sur 6635 notes

Bookycooky
  16 septembre 2016
C'est une pépite !
Je partage pleinement l'enthousiasme de l'ensemble des critiques pour ce livre. Un peu hésité à le lire craignant un autre livre sur une enfance en Afrique comme ceux d'Alain Mabanckou ou de Calixthe Beyala, ou un autre sur le génocide rwandais, mais lu les premières pages sur Amazon, vite décidée, .....ça saute aux yeux, Gaël Faye est un talent.
Petit Pays, c'est le Burundi vu par le regard d'un enfant de dix ans.
Gaby et Ana, frère et soeur ,d'un papa français et d'une maman rwandaise ,d'origine Tutsi, exilée au Burundi....années 90, une enfance burundaise à Bujumbura, fêlée par la séparation des parents.
Une enfance au goût de mangues sucrées,/ bercée de musique,assis sur la banquette d'une carcasse de Combi Volkswagen sur un terrain vague,/ dans une nature exubérante,foisonnante d'orchidées sauvages, de bougainvilliers, d'immenses kapokiers,/ à passer un week-end à dormir chez les pygmées,/ à descendre la rivière Muha sur un radeau en tronc de bananier.....
Une enfance qui passera en un éclair du paradis à l'enfer......la mort devenant le visage banal du quotidien......
Les livres, des fleurs dans ce paysage cramé, qu'il rencontre grâce à la bibliothèque d'une voisine grecque sera " le bunker de son imaginaire", son exutoire.
Gaël Faye tient la violence relativement à distance ,nous épargnant les vrais détails de l'horreur du génocide ( ref.Murambi le livre des ossements- Boubacar Boris Diop). Mais on ressent terriblement sa nostalgie d'un monde à jamais disparu, dans les décombres des haines ethniques (" L'Afrique quel gâchis!"). Tellement d'actualité, non ?

Un langage simple, visuel, original, plein de malice et douce, malgré la rudesse des circonstances, qui reflète pleinement les sensations et nous fait sourire......les mots me manquent....j'ai adoré ! le livre et Gaby ! et j'ai terminé la gorge nouée....
"Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s'y sont pas noyés sont mazoutés à vie."
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carre
  11 octobre 2016
Quelle gifle ! Quand l'innocence, la joie de vivre de l'enfance s'efface d'un coup devant la barbarie des hommes.
« Petit pays » raconte ce passage avec un sens de la narration absolument bouleversant. (« Il était comme nous, un simple enfant qui faisait comme il pouvait dans un monde qui ne lui donnait pas le choix »).
Le roman commence comme une ode joyeuse à l'enfance (les bêtises, les amis, l'insouciance) puis petit à petit des brides de conversation, les murmures des adultes laissent deviner que la folie des hommes est en marche. « Il y a des choses qu'on ne devrait jamais voir dans une vie », trois mois de folie meurtrière, la soif du sang pour éliminer « les cafards » Tutsis. le roman de Gaël Faye, nous met à hauteur de l'adolescent qu'il était à cette époque, il nous renvoie le génocide rwandais à notre scandaleux silence de nos gouvernants tel un boomerang, le retour n'en est que plus culpabilisant et bouleversant.
« Petit Pays », un grand livre.
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palamede
  30 octobre 2016
Né au Burundi, d'une mère rwandaise et d'un petit français du Jura, Gaby connait à Bujumbura les joies d'une enfance libre et heureuse. Il vadrouille dans son quartier, entouré de sa bande de copains, quand il ne part pas en randonnée avec son père à la rencontre des pygmées, découvrant la douceur des collines et la beauté des lacs.
Mais le début de la fin de ce bonheur s'annonce quand le jeune garçon assiste simultanément aux disputes de ses parents et aux prémices d'une guerre civile qui oppose Hutus et Tutsis, bientôt suivie du génocide rwandais. Une vague de violence inouïe qui durera plus d'une décennie après avoir gagné d'autres pays.
L'histoire de Gaby est celle du métissage, de l'exil, du racisme, des méfaits de la colonisation, d'une lutte ethnique fratricide qui prend aux tripes et indigne. C'est une partie de la vie de Gaël Faye, racontée avec poésie, pudeur, nostalgie et tendresse, qui émeut et laisse pantois devant l'immense talent de ce jeune musicien.
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AudreyT
  07 septembre 2016
Burundi, 1993. Alors que les élections présidentielles apportent l'espoir d'une démocratie, ce petit pays tombe sous le poids de la haine, de la mort et des massacres. Gaby est le jeune fils d'un expatrié français et d'une élégante rwandaise exilée. Il coule des jours heureux au coeur de son impasse, entouré de ses amis. Il va chercher longtemps à se cacher la réalité, il ne veut pas choisir son camp, mais il devra comme tout le monde faire le deuil de sa vie d'avant, tirer un trait sur son enfance et perdre son innocence...
Gaël Faye signe avec ce premier roman un livre magnifique... le chant de l'enfance, de l'insouciance murmure à nos oreilles et côtoye avec justesse ce terrible génocide. Il écrit comme il chante : les mots résonnent, scandent un amour sans borne pour son pays, tentent de panser des plaies à jamais ouvertes et nous content avec talent l'histoire d'un peuple meurtri...
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babounette
  27 novembre 2020
Petit pays - Gaël Faye - Roman - Éditions le Livre de Poche - Lu en novembre 2020.
"Petit pays" est un roman en partie autobiographique dans lequel Gaël Faye nous entraîne dans l' enfance de Gabriel au Burundi où lui et sa soeur Ana sont nés d'un père Français et d'une mère Rwandaise. Cette splendide région des grands Lacs où le Rwanda et le Burundi se font face.
Entre 1988 et 1995, Gabriel assiste impuissant à la guerre civile de deux ethnies, les Hutus et les Tutsis. Gabriel est Français par son père mais Tutsi par sa mère, sa nationalité officielle est Français. Les parents se séparent.
Entre avril et juillet 1994, durant trois longs mois, a lieu le génocide des Tutsis par les Hutus sous le silence assourdissant du gouvernement.
Génocide qui a décimé la famille maternelle de Gabriel et Ana.
Au Burundi, la situation est grave aussi, les assassinats se succèdent, la peur règne, la haine est palpable entre les deux ethnies.
Et l'enfant qu'était Gabriel, insouciant et rêveur, se fracasse face à ces horreurs et la séparation de ses parents.
Ses compagnons de jeux, sa liberté de mouvement, la flore luxuriante, les oiseaux colorés, les arbres majestueux, la rivière, leur cabanon secret, témoins du bonheur de vivre de ces enfants semblent immobiles dans le silence où la haine, la peur et l'insécurité rôdent.
Gabriel ne comprend pas, il a 13 ans, il doit fuir le Burundi avec sa soeur, direction la France.
Ce n'est que 20 ans plus tard que Gaël Faye, alors âgé de 33 ans, retournera dans son petit pays après avoir reçu une lettre lui annonçant le décès d'une voisine grecque qui lui a donné l'amour de la lecture et qui lui lègue sa bibliothèque.
L'auteur nous raconte son enfance meurtrie, ses souvenirs enfouis, sans jugement, sans plainte, les phrases coulent comme l'eau de la rivière Muha
où il allait se baigner avec ses copains, dans un enchaînement de moments drôles et d'autres dramatiques. Une histoire d'enfance dans l'Histoire de son" petit pays" si paisible devenu un enfer.
Un coup de coeur pour moi, je n'ai heureusement pas connu les horreurs qu'a vécu Gabriel, mais je me sens proche de lui, ayant fui avec ma famille, une nuit d'alarme de juillet 1960, Léopoldville, capitale du Congo où après deux semaines dans un camp de réfugiés au Congo Brazzaville, nous sommes revenus en Belgique. J'ai eu 11 ans le jour de notre arrivée.
Mon enfance est restée là-bas, mon coeur est resté accroché à la branche fleurie d'un magnifique flamboyant où nous attendions le bus scolaire tous les matins. J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à m'adapter à la vie rétrécie de Bruxelles, un peu comme un oiseau en cage.
Merci Gaël Faye, grâce à votre livre, mes souvenirs d'enfance se sont mêlés aux vôtres à des années d'intervalle, vous êtes aujourd'hui un homme dans la fleur de l'âge, je suis une presque vieille dame, mais mon coeur a rejoint le vôtre dans ce magnifique pays qu'est l'Afrique.



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critiques presse (6)
Actualitte   12 octobre 2016
Gaël Faye, livre un récit spontané sur la tragédie. Nul besoin d'expliquer son origine, de se perdre en analyses précises, l'histoire témoigne de l'absurdité de la guerre avec une évidence abrupte.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LesEchos   12 octobre 2016
Gaël Faye n'a pas vécu tous les événements qu'il raconte, mais il rapporte de façon déchirante ce que le petit garçon qu'il était a pu soupçonner, ressentir ou éprouver.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique   28 septembre 2016
Petit pays", est magnifique, tant par l’écriture que par ce qu’il raconte.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   21 septembre 2016
Jeune compositeur et interprète de rap, Gaël Faye s'impose d'emblée, magnifiquement, avec ce premier roman, largement autobiographique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   07 septembre 2016
Rien n'échappe à Gaël Faye, qui dépeint tout en finesse le racisme ambiant au Burundi, les bruits de la capitale, la moiteur des "cabarets", "ces petites cabanes sans lumières, où, à la faveur de l'obscurité, on venait prendre une bière chaude" et surtout le climat électrique et morbide du pays dans les années 1990.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   02 septembre 2016
Un livre lumineux sur un sujet difficile (...) Il semble écouter ce que dit le silence.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (1075) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   01 décembre 2016
Maman n'est jamais revenue de chez toi.
Elle a laissé son âme dans ton jardin.
Elle s'est fissuré le cœur.
Elle est devenue folle, comme le monde qui t'a emporté.

Mon arrière-grand-mère disait que les gens qu'on aime ne meurent pas tant qu 'on continue de penser à eux.
Mon père disait que le jour ou les hommes arrêteront de
se faire la guerre, il neigera sous les tropiques.
Madame Economopoulos disait que les mots sont plus vrais que la réalité.
Ma prof de biologie disait que la terre est ronde.
Mes copains disaient qu 'il fallait choisir son camp.
Ma mère disait que tu dors pour longtemps, avec sur le dos le maillot de foot de ton équipe préférée.
Et toi, Christian, tu ne diras plus jamais rien.
p192
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BookycookyBookycooky   15 septembre 2016
Les élèves qui avaient passé leurs vacances en Europe ou en Amérique en étaient revenus avec des habits et des chaussures à la mode......Désormais, il n’était plus question de billes et de calots, mais de fringues et de marques. Sauf que, pour en avoir, il fallait de l’argent. Beaucoup d’argent. Même en vendant toutes les mangues du quartier, nous n’aurions pas pu nous payer les chaussures avec la petite virgule dessus.....À Buja, il n’y avait rien, à part la vitrine dégarnie de la boutique Bata dans le centre-ville, ou les étals du marché Jabé qui proposaient quelques Reebok Pump trouées et des marques célèbres avec des fautes d’orthographe.
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PtitgateauPtitgateau   21 novembre 2018
On vivait sur l’axe du grand rift, à l’endroit même où l’Afrique se fracture.
Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d’optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violence et de destruction qui revenaient par périodes successives comme des vents mauvais : 1965, 1972, 1988. Un spectre lugubre s’invitait à intervalle régulier pour rappeler aux hommes que la paix n’est qu’un court intervalle entre deux guerres. Ce flot épais de sang était de nouveau prêt à remonter à la surface. Nous ne le savions pas encore, mais l’heure du brasier venait de sonner, la nuit allait lâcher sa horde de hyènes et de lycaons.
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BookycookyBookycooky   16 septembre 2016
On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort.
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PtitgateauPtitgateau   24 novembre 2018
-Vous avez lu tous ces livres ? J'ai demandé.
-Oui, certains plusieurs fois même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Il me permettent de m'échapper. Ils m'ont changée, ils ont fait de moi une autre personne.
- Un livre peut nous changer ?
- Bien sûr ! Un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.
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Videos de Gaël Faye (60) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaël Faye
Lecture par Greg Germain, Mariann Mathéus, Roberto Jean, Sophie Bourel & Steffy Glissant Accompagnés de Viktor Lazlo (chant), Marie-Claude Bottius (chant) & de Grégory Privat (piano) Mise en musique par le Trio Mahagony
« Every great dream begins with a dreamer. Always remember, you have within you the strength, the patience, and the passion to reach for the stars to change the world. »
Harriet Tubman

Il y a 20 ans, le 10 mai 2001, le Parlement français votait la loi reconnaissant la traite négrière et l'esclavage transatlantique comme crime contre l'humanité, loi portée et défendue par Christiane Taubira. le texte stipule en son article 1 :
« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'Océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'Océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. »
Dans son discours de présentation du projet de loi, Christiane Taubira déclarait :
« Nous sommes là pour dire que la traite et l'esclavage furent et sont un crime contre l'humanité ; que les textes juridiques ou ecclésiastiques qui les ont autorisés, organisés percutent la morale universelle ; qu'il est juste d'énoncer que c'est dans nos idéaux de justice, de fraternité, de solidarité, que nous puisons les raisons de dire que le crime doit être qualifié. Et inscrit dans la loi parce que la loi seule dira la parole solennelle au nom du peuple français. »
Pour commémorer ce mois des mémoires, l'institut du Tout-Monde présente un « Chaos-opéra » imaginé par Sylvie Glissant et Greg Germain.

Avec les textes de Christiane Taubira, Léon-Gontran Damas, Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Eugène Pottier, Gaël Faye, Marie-José Mondzain, Monique Arien-Carrère, Dénètem Touam Bona, Nicole Cage, Nancy Morejón, Léonora Miano, Estelle Coppolani, Aimé Césaire, Toni Morrison …

Soirée proposée par l'Institut du Tout-Monde.
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