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Solange Lecomte (Traducteur)
EAN : 9782757807521
336 pages
Points (24/01/2008)
3.98/5   150 notes
Résumé :
Employé de bureau sans histoire, Frederick partage son temps entre une collection de papillons et son amour obsessionnel pour la belle Miranda, étudiante aux Beaux-Arts. Comment l'approcher, la séduire, la posséder ? Comment lui faire comprendre qu'il est l'homme dont elle a besoin. Le rêve halluciné se mue en guet-apens : cette jeune fille sera le plus beau, le plus rare, l'ultime spécimen de sa collection. Séquestrée dans une maison isolée, Miranda multipliera les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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J'avais 19 ans lorsque j'ai vu pour la première fois le film "l'obsédé" ou "The Collector" et je vous assure que chez moi c'étaient la chair de poule ét les sueurs froides.
C'était aussi un grand succès cinématographique, grâce aux efforts conjugués de l'auteur John Fowles, le cinéaste William Wyler et 2 acteurs qui ont raflé le prix d'interprétation à Cannes, en 1965. En l'occurrence Terence Stamp dans le rôle du "collectionneur" et Samantha Eggar, dans celui de l'étudiante et victime. Samantha, d'origine mixte britannique (son père) et néerlando-portugaise (sa mère) fêtera bientôt ses 81 ans. C'est une actrice qui m'a également plu dans la version cinématographique du roman de Sébastien Japrisot au titre cocasse de "La dame dans l'auto avec des lunettes de soleil et un fusil" par Anatole Litvak, en 1970, et avec à ses côtés Oliver Reed, Stéphane Audran et Bernard Fresson. Elle a été aussi magnifique comme Arebelle dans "Le Phare du bout du monde" d'après l'oeuvre du génial Jules Verne et produit par Kevin Billington, l'année après, en 1971. En face d'elle, elle avait Kirk Douglas, Yul Brynner, Fernando Ray et le Belge Jean-Claude Drouot (de Deux-Acren/Lessines, dans le Hainaut).

Sur l'affiche originale de la "Columbia pictures" on voit un jeune couple avec le commentaire suivant : "Elle est jeune et innocente. Il est jeune, mais pas si innocent". Et un peu plus loin sur la même affiche : "Presqu'une histoire d'amour - Almost a love story".

Le jeune homme, Clegg, a pris comme habitude de suivre avec ses yeux derrière les vitres de son bureau une belle jeune fille dans la rue et de le noter dans son journal des observations. Au début, il met un X pour désigner cette beauté, mais apprend qu'elle a le sublime prénom de Miranda, que son père est le toubib Grey et que sa mère abuse de l'alcool. Il apprend aussi qu'elle fait des études à l'académie des arts de Londres.

Un jour, il a de la veine de se trouver dans le même train que la féerique Miranda, qu'il compare à un papillon de Lucerne et qu'il peut ainsi observer (non-stop) pendant 35 minutes. Seulement, il a de sérieux problèmes psychologiques, devient (littéralement) fou amoureux d'elle et veut plus qu'une simple observation, beaucoup, beaucoup plus .......

Et comme le problématique Clegg a comme violon d'Ingres la collection de papillons, la solution, en ce qui concerne le rapprochement avec cette dulcinée devient, dans son esprit "spécial" , quasiment l'évidence même !

Bref, une histoire à suspense d'une qualité rare et on peut uniquement regretter que l'auteur, à l'imagination si débordante, soit mort. Effectivement, John Fowles est décédé il y a 15 ans, en 2005, à l'âge de presque 80 ans. Toutefois, avant de nous quitter pour de bon, cet enseignant, qui après Oxford est passé par Poitiers et le Pėloponnèse, nous a laissé une autre oeuvre mémorable, également glorifiée par un film à succès : "Sarah et le lieutenant français".

Ce roman a été publié en 1969 et porté à l'écran, 2 ans plus tard, par le cinéaste Karel Reisz et c'est le dramaturge et Nobel Littérature (2005), Harold Pinter qui en a adapté le scénario. aussi bien qu'il en a fait une double histoire d'amour. Meryl Streep et Jeremy Irons incarnent en même temps les personnages du roman de Fowles, Sarah et Charles, qu'Anne et Mike, les acteurs.

"l'obsédé" a fait plus que plaire à un très large public autour du globe, il a aussi inspiré 4 grands criminels : 1) le sadique Christopher Wilder (1945-1984), responsable de 7 meurtres ; 2) le tueur Robert Berdella (1949-1992) d'Ohio, qui a zigouillé au moins 6 hommes ; 3) Charles Ng, né en 1960 à Hong Kong et actuellement dans la prison américaine de San Quentin pour l'assassinat de 11 personnes aux États-Unis ; et 4) Leonard Lake (1945-1985) de San Francisco en Californie, qui a fait plus ou moins 25 victimes. Il est à noter que les numéros 3 et 4 ont "travaillé" ensemble !

Tout ça, bien entendu, longtemps avant que Donald Trump ne devienne Président !
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Tout le monde connaît, ou a déjà entendu parler, des romans dits feel-good. Et bien, ce roman est l'opposé. Je l'avais en effet trouvé sur la table intitulée "romans feel-bad" d'une grande librairie de ma ville. Qui a dit que les libraires n'avaient pas d'humour?
J'avoue d'ailleurs que c'est cette "étiquette" qui m'a donné envie de lire ce roman, d'un auteur dont je n'avais jamais entendu parler avant, honte à moi.

Comme son titre l'indique si bien, il s'agit ici d'un homme, Frederick, obsédé par une jeune femme répondant au doux prénom de Miranda. Il ne la connaît pas, il la voit simplement régulièrement passer dans la petite ville où tous les deux vivent. le jour où il gagne une grosse somme d'argent, son désir tourne véritablement à l'obsession car il peut désormais s'offrir tout ce qu'il désire. Mais peut-on acheter l'amour, du moins la présence d'une personne?

D'un point de vue stylistique et narratif, j'ai trouvé ce roman très abouti, et cela est d'autant plus remarquable quand on sait qu'il s'agissait alors du premier de l'auteur. Ce dernier nous plonge dans la tête de Frederick d'abord, puis celle de Miranda. Il ne prend pas particulièrement de gants, faisant immédiatement nôtres les pensées de Frederick qui justifie tous ses actes. le lecteur est d'ailleurs surpris de comprendre (ou du moins d'essayer de comprendre) le cheminement du psychopathe, sans légitimer son acte pour autant mais en pouvant tout de même développer une certaine sympathie pour lui. Il n'est pas, après tout, un monstre sanguinaire... D'autant que Miranda, que le lecteur découvrira davantage dans la deuxième partie, peut se montrer agaçante. Ces sentiments troubles m'ont perturbée durant ma lecture, j'ai ressenti un certain degré de malaise, ce qui je pense pouvait être l'un des buts recherchés par John Fowles. Ce qui accentue d'ailleurs ce sentiment est que livre est séparé en parties, mais sans chapitres à l'intérieur, ce qui fait que le lecteur n'a pas l'occasion de prendre véritablement sa respiration.

Même si une certaine redondance est inévitable ici, puisque nous lisons la même histoire de deux points de vue, cela est resté pour moi plutôt digeste, d'autant que l'écrivain a pris le soin d'ajouter des éléments romanesques (pas très intéressants au demeurant selon moi) lorsque nous nous trouvons du côté de Miranda.

En bref, un roman plutôt bien construit, qui m'a plutôt plu même si j'ai trouvé qu'il avait quelque peu mal vieilli. Une descente dans la psyché humaine intéressante. Et la fin, la fin ... très réussie et glaçante de mon point de vue.
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John Fowles est un écrivain anglaise né en 1926 qui a enseigné le français en France et en Grèce. Adapté au cinéma en 1965, » l'obsédé » est son premier roman et aura un succès international qui mettra fin à sa carrière d'enseignant.

Frederick, employé de bureau sans histoire, a été élevé par sa tante. Il collectionne les papillons anglais, recherchant toujours un nouveau spécimen. Tombant amoureux d'une jeune femme qui fait les Beaux-Arts, Miranda, son amour devient progressivement obsessionnel. Ayant gagné aux sommes importantes d'argent, il va pouvoir quitter son travail et consacrer son temps à Miranda, qu'il va décider d'enlever pour l'avoir à ses côtés, en lui aménageant une cave dans sa maison.

Divisé en deux parties, l'auteur nous montre le point de vue du kidnappeur dans un premier temps, son côté perfectionniste à s'assurer du moindre détail, son besoin de « faire plaisir » à sa prisonnière tout en ne pouvant pas renoncer à elle. Dans un second temps, il nous montre le point de vue de Miranda, prisonnière de ce fou, qui ne supporte pas l'enfermement.

J'ai découvert ce livre par le biais du challenge solidaire et de base je n'aurais pas lu un livre portant sur cette thématique, lecture dont je n'ai pas pris plaisir mais je dois bien reconnaître que le livre est très bien écrit. On ressent les personnages, leur combat intérêt, leur colère, leurs doutes et leurs douleurs. Il a une capacité déroutante à nous faire parfois haïr et parfois plaindre le kidnappeur alors qu'on ne voudrait que le détester. Jusqu'au bout on se demande si son « amour » pour Miranda ira jusqu'à la libérer.
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he Collector
Traduction : Solange Lecomte

Bien avant qu'il ne fût à la mode d'explorer les méandres sanglants de l'imaginaire des psychopathes sexuels, John Fowles eut l'idée de dépeindre l'un d'eux et sa victime, enfermés dans une vieille maison de la banlieue londonienne. Comme son personnage principal avait, tout enfant, monté une collection de papillons - parmi lesquels il confessait un grand faible pour les spécimens frappés de mutations génétiques, les "aberrations", selon le terme d'usage - l'écrivain trouva son titre presque immédiatement : "The Collector."

Certains ont évoqué, à propos de ce roman bien particulier, la "Lolita" de Nabokov. On le comprend mal, et même pas du tout car si Humbert-Humbert, tout pédophile qu'il soit, parvient malgré tout à émouvoir le plus récalcitrant de ses lecteurs, Frederick l'Obsédé ne nous atteint pas. le talent de Fowles, même s'il est à mille lieues de la poésie flamboyante de Nabokov, n'est pas en cause : en fait, le romancier n'a pas souhaité autre chose. Pédophile improbable, Humbert-Humbert a encore un coeur, fût-il monstrueux ; le personnage de Fowles, lui, glaçant de réalisme, n'a plus, quand on le quitte, rien d'humain.

La construction du récit nous permet d'accéder aux deux points de vue, radicalement antinomiques, des deux "héros" : Frederick, qui s'est rebaptisé Ferdinand par référence au duo d'amants, Ferdinand/Miranda, d'une pièce de Shakespeare, et Miranda, sa victime, qui, tout au fond d'elle-même, finira par le surnommer Caliban.

La partie dévolue à l'Obsédé est de loin la plus impressionnante car, avec une grande habileté, Fowles nous le fait voir, glissant d'un état où, malgré tout, il ressent encore un peu de culpabilité jusqu'à celui où, après la mort de la jeune femme, cet esprit malade envisage, avec un sang-froid absolu, aussi simplement que s'il envisageait d'aller faire ses courses le lendemain au marché du coin, de réitérer l'expérience avec une partenaire qui, cette fois, se montrera plus docile.

L'impuissance sexuelle du personnage, son désir de la masquer sous une volonté de "pureté" aux fortes connotations religieuses, sont évidemment à l'origine de sa perversion. Comme dans tant d'autres histoires, réelles ou imaginées, du même type, on retrouve également une Image maternelle extrêmement ambiguë.

Au texte, on pourra reprocher quelques longueurs - surtout dans le Journal de Miranda mais, après tout, la jeune fille, emprisonnée dans la cave de la maison, doit bien occuper son temps, n'est-ce pas ? - quelques digressions sur l'art et la philosophie. Il pourra aussi déconcerter par sa sécheresse quasi clinique. Mais, tout compte fait, n'était-ce pas l'effet recherché par l'auteur ? Et Frederick et Miranda ne sont-ils pas, dans notre bibliothèque, comme deux spécimens que nous observons au travers d'un prisme littéraire, uniquement pour notre plaisir de lecteur-voyeur ? ...

Un livre dérangeant. A plus d'un titre. ;o)
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Un collectionneur de papillons qui gagne une coquette somme inespérée: jusque là, rien de trop inquiétant. Que le jeune homme en question tombe amoureux au premier regard d'une jeune étudiante, toujours d'un d'extraordinaire. Et c'est maintenant que tout se gâte. Car il faut que cette jeune fille, Miranda, tombe elle aussi éperdument amoureuse de notre collectionneur. Et pour cela, il monte un projet bien particulier.
Un roman à deux voix: celle de Fred, glaçante, dénuée d'émotion, implacable, celle de Miranda, difficile à cerner, futile parfois, vaniteuse puis pitoyable.
Si la voix de Fred-Ferdinand est convaincante dans sa folie, celle de Miranda m'a, je le reconnais, laissée sur ma faim. Peu d'empathie envers l'un ou l'autre protagoniste, des invraisemblances, reste un conte de la folie ordinaire , une curiosité , et néanmoins un livre à découvrir.
Lu en VO
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Je me suis approchée pour lui demander pardon et je lui ai tendu la main, mais il n’a pas voulu la prendre. C’est bizarre, il a fait preuve à ce moment-là d’une espèce de dignité, il souffrait sincèrement (c’était peut-être à cause de cela) et il le montrait. Alors, je l’ai pris par le bras et je l’ai forcé à s’asseoir. J’ai dit : « Je vais vous raconter un conte de fées…

… Il était une fois (il s’est mis à fixer le tapis avec amertume, amertume), il était une fois un horrible monstre qui avait fait captive une princesse et l’avait enfermée dans une des tours de son château. Chaque soir, il lui ordonnait de s’asseoir près de lui et de lui dire : “Vous êtes très beau, Monseigneur.” Et chaque soir, elle disait : “Monstre, vous êtes très laid.” Alors, le monstre avait l’air très peiné, très triste et fixait le tapis. Si bien qu’un soir la princesse lui dit : “Faites telle et telle chose et vous serez beau”, mais le monstre répondit : “Cela m’est impossible, absolument impossible.” Et la princesse reprit : “Essayez tout de même.” Mais le monstre continuait à dire : “Cela m’est impossible.” Et chaque soir, c’était la même chose. Il lui demandait de mentir et elle ne voulait pas. Alors, la princesse se mit à penser que cela faisait vraiment plaisir à son geôlier d’être un horrible monstre. Mais un jour elle le vit pleurer alors qu’elle venait de lui répéter pour la quinzième fois qu’il était laid et elle dit : “Vous pouvez devenir beau si vous faites seulement ce que je vais vous demander. Le ferez-vous ?” Il répondit oui, enfin, qu’il essayerait de le faire. Alors, elle lui dit : “Rendez-moi la liberté.” Et il lui rendit la liberté. Et, tout à coup, sa laideur disparut. Le monstre était un prince qu’on avait ensorcelé. Et il suivit la princesse hors du château. Et, par la suite, ils vécurent ensemble et furent très heureux. »

J’ai compris tout en parlant que je racontais des sottises. Il n’a rien dit, il a continué à regarder par terre.

J’ai repris : « Maintenant, c’est à vous de me raconter un conte de fées. »

Et il n’a dit que trois mots : « Je vous aime. »
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Le pouvoir des femmes ! Je ne m'étais jamais sentie à ce point pleine plein de mystérieux pouvoirs. Les hommes, c'est de la blague.
Physiquement, nous sommes terriblement faibles, terriblement impuissantes devant la réalité, même à l'époque actuelle.
Mais nous sommes plus fortes qu'eux car nous pouvons supporter leur cruauté, tandis qu'ils ne peuvent supporter la nôtre.
Je me dis : «Je me donnerai à G.P. Il peut m'avoir. Mais quoi qu'il me fasse, il y aura toujours la femme en moi qu'il ne pourra jamais toucher. »
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I can't say what it was, the very first time I saw her, I knew she was the only one. Of course, I am not mad, I knew it was just a dream and it always would have been if it hadn't been for the money. I used to have daydreams about her, I used to think of stories where I met her, did things she admired, married her and all that. Nothing nasty, that was never until what I'll explain later.
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Ce qu'elle n'a jamais compris, c'est qu'il me suffisait de l'avoir près de moi. Rien d'autres ne comptait. Je n'en demandais pas davantage. Je voulais l'avoir là et me sentir en sécurité.
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Minuit. Je ne pourrai jamais m'échapper. Cela me rend folle. Il faut, il faut, il faut que je fasse quelque chose. J'ai l'impression d'être enfouie au centre de la terre, d'avoir tout le poids de la terre sur la petite boite où je suis enfermée. Et la boite devient de plus en plus petite. Je la sent qui se rétrécit Parfois, j'ai envie de hurler à m'en écorcher la gorge, de hurler à la mort. Cela je ne peux pas l'écrire. Il n'y a pas de mots.
Complet désespoir.
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