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Solange Lecomte (Traducteur)
EAN : 9782757807521
336 pages
Éditeur : Points (24/01/2008)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Employé de bureau sans histoire, Frederick partage son temps entre une collection de papillons et son amour obsessionnel pour la belle Miranda, étudiante aux Beaux-Arts. Comment l'approcher, la séduire, la posséder ? Comment lui faire comprendre qu'il est l'homme dont elle a besoin. Le rêve halluciné se mue en guet-apens : cette jeune fille sera le plus beau, le plus rare, l'ultime spécimen de sa collection. Séquestrée dans une maison isolée, Miranda multipliera les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  04 janvier 2020

J'avais 19 ans lorsque j'ai vu pour la première fois le film "l'obsédé" ou "The Collector" et je vous assure que chez moi c'étaient la chair de poule ét les sueurs froides.
C'était aussi un grand succès cinématographique, grâce aux efforts conjugués de l'auteur John Fowles, le cinéaste William Wyler et 2 acteurs qui ont raflé le prix d'interprétation à Cannes, en 1965. En l'occurrence Terence Stamp dans le rôle du "collectionneur" et Samantha Eggar, dans celui de l'étudiante et victime. Samantha, d'origine mixte britannique (son père) et néerlando-portugaise (sa mère) fêtera bientôt ses 81 ans. C'est une actrice qui m'a également plu dans la version cinématographique du roman de Sébastien Japrisot au titre cocasse de "La dame dans l'auto avec des lunettes de soleil et un fusil" par Anatole Litvak, en 1970, et avec à ses côtés Oliver Reed, Stéphane Audran et Bernard Fresson. Elle a été aussi magnifique comme Arebelle dans "Le Phare du bout du monde" d'après l'oeuvre du génial Jules Verne et produit par Kevin Billington, l'année après, en 1971. En face d'elle, elle avait Kirk Douglas, Yul Brynner, Fernando Ray et le Belge Jean-Claude Drouot (de Deux-Acren/Lessines, dans le Hainaut).
Sur l'affiche originale de la "Columbia pictures" on voit un jeune couple avec le commentaire suivant : "Elle est jeune et innocente. Il est jeune, mais pas si innocent". Et un peu plus loin sur la même affiche : "Presqu'une histoire d'amour - Almost a love story".
Le jeune homme, Clegg, a pris comme habitude de suivre avec ses yeux derrière les vitres de son bureau une belle jeune fille dans la rue et de le noter dans son journal des observations. Au début, il met un X pour désigner cette beauté, mais apprend qu'elle a le sublime prénom de Miranda, que son père est le toubib Grey et que sa mère abuse de l'alcool. Il apprend aussi qu'elle fait des études à l'académie des arts de Londres.
Un jour, il a de la veine de se trouver dans le même train que la féerique Miranda, qu'il compare à un papillon de Lucerne et qu'il peut ainsi observer (non-stop) pendant 35 minutes. Seulement, il a de sérieux problèmes psychologiques, devient (littéralement) fou amoureux d'elle et veut plus qu'une simple observation, beaucoup, beaucoup plus .......
Et comme le problématique Clegg a comme violon d'Ingres la collection de papillons, la solution, en ce qui concerne le rapprochement avec cette dulcinée devient, dans son esprit "spécial" , quasiment l'évidence même !
Bref, une histoire à suspense d'une qualité rare et on peut uniquement regretter que l'auteur, à l'imagination si débordante, soit mort. Effectivement, John Fowles est décédé il y a 15 ans, en 2005, à l'âge de presque 80 ans. Toutefois, avant de nous quitter pour de bon, cet enseignant, qui après Oxford est passé par Poitiers et le Pėloponnèse, nous a laissé une autre oeuvre mémorable, également glorifiée par un film à succès : "Sarah et le lieutenant français".
Ce roman a été publié en 1969 et porté à l'écran, 2 ans plus tard, par le cinéaste Karel Reisz et c'est le dramaturge et Nobel Littérature (2005), Harold Pinter qui en a adapté le scénario. aussi bien qu'il en a fait une double histoire d'amour. Meryl Streep et Jeremy Irons incarnent en même temps les personnages du roman de Fowles, Sarah et Charles, qu'Anne et Mike, les acteurs.
"l'obsédé" a fait plus que plaire à un très large public autour du globe, il a aussi inspiré 4 grands criminels : 1) le sadique Christopher Wilder (1945-1984), responsable de 7 meurtres ; 2) le tueur Robert Berdella (1949-1992) d'Ohio, qui a zigouillé au moins 6 hommes ; 3) Charles Ng, né en 1960 à Hong Kong et actuellement dans la prison américaine de San Quentin pour l'assassinat de 11 personnes aux États-Unis ; et 4) Leonard Lake (1945-1985) de San Francisco en Californie, qui a fait plus ou moins 25 victimes. Il est à noter que les numéros 3 et 4 ont "travaillé" ensemble !
Tout ça, bien entendu, longtemps avant que Donald Trump ne devienne Président !
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Woland
  05 août 2008
he Collector
Traduction : Solange Lecomte
Bien avant qu'il ne fût à la mode d'explorer les méandres sanglants de l'imaginaire des psychopathes sexuels, John Fowles eut l'idée de dépeindre l'un d'eux et sa victime, enfermés dans une vieille maison de la banlieue londonienne. Comme son personnage principal avait, tout enfant, monté une collection de papillons - parmi lesquels il confessait un grand faible pour les spécimens frappés de mutations génétiques, les "aberrations", selon le terme d'usage - l'écrivain trouva son titre presque immédiatement : "The Collector."
Certains ont évoqué, à propos de ce roman bien particulier, la "Lolita" de Nabokov. On le comprend mal, et même pas du tout car si Humbert-Humbert, tout pédophile qu'il soit, parvient malgré tout à émouvoir le plus récalcitrant de ses lecteurs, Frederick l'Obsédé ne nous atteint pas. le talent de Fowles, même s'il est à mille lieues de la poésie flamboyante de Nabokov, n'est pas en cause : en fait, le romancier n'a pas souhaité autre chose. Pédophile improbable, Humbert-Humbert a encore un coeur, fût-il monstrueux ; le personnage de Fowles, lui, glaçant de réalisme, n'a plus, quand on le quitte, rien d'humain.
La construction du récit nous permet d'accéder aux deux points de vue, radicalement antinomiques, des deux "héros" : Frederick, qui s'est rebaptisé Ferdinand par référence au duo d'amants, Ferdinand/Miranda, d'une pièce de Shakespeare, et Miranda, sa victime, qui, tout au fond d'elle-même, finira par le surnommer Caliban.
La partie dévolue à l'Obsédé est de loin la plus impressionnante car, avec une grande habileté, Fowles nous le fait voir, glissant d'un état où, malgré tout, il ressent encore un peu de culpabilité jusqu'à celui où, après la mort de la jeune femme, cet esprit malade envisage, avec un sang-froid absolu, aussi simplement que s'il envisageait d'aller faire ses courses le lendemain au marché du coin, de réitérer l'expérience avec une partenaire qui, cette fois, se montrera plus docile.
L'impuissance sexuelle du personnage, son désir de la masquer sous une volonté de "pureté" aux fortes connotations religieuses, sont évidemment à l'origine de sa perversion. Comme dans tant d'autres histoires, réelles ou imaginées, du même type, on retrouve également une Image maternelle extrêmement ambiguë.
Au texte, on pourra reprocher quelques longueurs - surtout dans le Journal de Miranda mais, après tout, la jeune fille, emprisonnée dans la cave de la maison, doit bien occuper son temps, n'est-ce pas ? - quelques digressions sur l'art et la philosophie. Il pourra aussi déconcerter par sa sécheresse quasi clinique. Mais, tout compte fait, n'était-ce pas l'effet recherché par l'auteur ? Et Frederick et Miranda ne sont-ils pas, dans notre bibliothèque, comme deux spécimens que nous observons au travers d'un prisme littéraire, uniquement pour notre plaisir de lecteur-voyeur ? ...
Un livre dérangeant. A plus d'un titre. ;o)
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Rhodopsine
  12 août 2019
Un collectionneur de papillons qui gagne une coquette somme inespérée: jusque là, rien de trop inquiétant. Que le jeune homme en question tombe amoureux au premier regard d'une jeune étudiante, toujours d'un d'extraordinaire. Et c'est maintenant que tout se gâte. Car il faut que cette jeune fille, Miranda, tombe elle aussi éperdument amoureuse de notre collectionneur. Et pour cela, il monte un projet bien particulier.
Un roman à deux voix: celle de Fred, glaçante, dénuée d'émotion, implacable, celle de Miranda, difficile à cerner, futile parfois, vaniteuse puis pitoyable.
Si la voix de Fred-Ferdinand est convaincante dans sa folie, celle de Miranda m'a, je le reconnais, laissée sur ma faim. Peu d'empathie envers l'un ou l'autre protagoniste, des invraisemblances, reste un conte de la folie ordinaire , une curiosité , et néanmoins un livre à découvrir.
Lu en VO
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Al3x
  24 novembre 2014
Il ne faut jamais convoiter un livre trop longtemps. A attendre trop longtemps ce livre que je m'imaginais très fort, j'ai forcément été un peu déçue. En expliquer la raison précise dévoilerai la structure du roman et gâcherai le plaisir de la découverte. Aussi je peux résumer mon avis comme ceci : on est souvent plus dans l'analyse que dans l'émotion, je m'attendais à quelque chose de plus "tendu" dès le départ. En revanche, et c'est là toute la force du roman, dans les 130 dernières pages, tout s'emballe, et on entre dans un tourbillon, impossible de lacher le livre. Cette absence d'émotion du début du roman, ou plutôt ce récit assez serein au regard de la situation dramatique (séquestration), sert complètement la fin du roman. On s'attend, on se résigne à ce calme, et c'est alors que la tempête arrive. Ces 130 dernières pages valent à elles-seules de lire ce livre.
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Chrysostome
  27 août 2015
Ce roman, qui ne fait pourtant que 288 pages, m'a paru interminable ! Je n'ai jamais vu de roman construit comme celui-ci, il n'y a pas de chapitres, et je me suis rendu compte à cette occasion à quel point ceux-ci étaient bénéfiques à la lecture ! L'histoire nous est une première fois racontée d'une traite, du point de vue de l'obsédé. Puis arrivé au milieu du roman, toute l'histoire est racontée de nouveau, mais du point de vue de la victime cette fois (qui correspond au journal intime qu'elle a tenu pendant sa captivité). Une dernière partie, plus courte, nous dit comment ça se termine.
J'imagine que l'objectif de l'auteur est de nous faire percevoir ce qui se passe à l'intérieur de la tête d'un détraqué, comment il justifie ses actes vis à vis de sa propre conscience. Mais sommes nous seulement en mesure de savoir ce qui se passe dans la tête d'un détraqué ?
Au final, rien ne m'aura accroché tout au long de ce roman, et la seul chose qui m'aura fait le lire jusqu'au bout était l'envie de savoir comment ça se terminerait. Leurs digressions respectives sont plus horripilantes qu'autre chose, Frederick avec son histoire familiale et Miranda qui nous parle de son G.P. et de ses considérations politiques toutes les deux phrases.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SamASamA   13 décembre 2012
Le pouvoir des femmes ! Je ne m'étais jamais sentie à ce point pleine plein de mystérieux pouvoirs. Les hommes, c'est de la blague.
Physiquement, nous sommes terriblement faibles, terriblement impuissantes devant la réalité, même à l'époque actuelle.
Mais nous sommes plus fortes qu'eux car nous pouvons supporter leur cruauté, tandis qu'ils ne peuvent supporter la nôtre.
Je me dis : «Je me donnerai à G.P. Il peut m'avoir. Mais quoi qu'il me fasse, il y aura toujours la femme en moi qu'il ne pourra jamais toucher. »
+ Lire la suite
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SamASamA   13 décembre 2012
Ce qu'elle n'a jamais compris, c'est qu'il me suffisait de l'avoir près de moi. Rien d'autres ne comptait. Je n'en demandais pas davantage. Je voulais l'avoir là et me sentir en sécurité.
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1001livres1001livres   08 avril 2019
I can't say what it was, the very first time I saw her, I knew she was the only one. Of course, I am not mad, I knew it was just a dream and it always would have been if it hadn't been for the money. I used to have daydreams about her, I used to think of stories where I met her, did things she admired, married her and all that. Nothing nasty, that was never until what I'll explain later.
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SamASamA   13 décembre 2012
J'ai toujours cherché à m'imposer à la vie ; il est temps que je laisse la vie s'imposer à moi.
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1001livres1001livres   24 avril 2020
It gave me a feeling of power, I don't know why. All those people searching and me knowing the answer.
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