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ISBN : 2234075440
Éditeur : Stock (20/08/2014)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Dans les années 1990, un homme qui se croit possédé quitte métier, maîtresse, femme et enfants pour s’exiler au bout du monde. En 1812, juste avant le passage de la Bérézina, un soldat napoléonien est fait prisonnier par les Russes et confie à des feuilles volantes le détail de ses deux terribles années de captivité. En 2013, deux amis, l’un franco-chinois, l’autre franco-argentin, partent en Patagonie à la recherche de l’oncle de l’un d’eux, disparu depuis vingt an... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  05 août 2014
Dans ce roman, vous trouverez un poisson rouge nommé Mao Zedong, le carnet d'un soldat napoléonien prisonnier des Russes, un chaman, un homme qui se croit possédé par un renard, un franco-chinois, un franco-argentin, une médaille qui montre Vénus et Napoléon, une expédition astrologique en Terre de Feu, et le propriétaire de la Lune. Tout cela se conjugue pour mener à la révélation d'un drame qui n'est pas plus terrible qu'un autre, mais qui est insurmontable pour ses protagonistes. « Les horreurs que recèle le monde réel seront toujours supérieures à l'imagination, si sordide et galopante soit-elle, des romanciers. » (p. 49)
Dans ce roman, il y a un peu de tout, mais certainement pas du n'importe quoi. Il faut laisser le temps aux différentes histoires de s'agencer : comme dans un puzzle, l'absence d'une pièce ne donne qu'une vision partielle de l'ensemble. La narration est multiple, comme si la responsabilité du récit était trop lourde pour une seule voix. Différentes époques et différents lieux concourent à la tragédie qui ne se dévoile qu'à l'ultime récit. Les histoires gigognes ne valent que parce que la plus terrible d'entre elles est aussi la plus petite. Selon Vincent est un roman déconcertant dans la forme et parfaitement bouleversant dans le fond. À découvrir sans attendre !
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mfgaultier
  29 septembre 2014
J'ai découvert Christian Garcin l'an passé avec les Nuits de Vladivostok, épatant roman qui m'avait fait voyager de la Russie vers les souterrains de New York, en croisant d'étonnants personnages, de ceux qui nous font ressentir le bonheur d'être lecteur ! Je ne l'avais pas chroniqué à l'époque – j'en ai toujours conservé une forme de regret- je ne me souviens plus pourquoi, certainement parce que j'avais des chroniques de bandes dessinées en attente, BD dont je suis désormais la spécialiste attitrée, incontestable et incontestée sur ce blog réputé (moi qui confond le 7ème et 9ème art !!!).
En abordant Selon Vincent, le dernier roman de Christian Garcin, je m'attendais à retrouver sa folle dextérité à manier la fiction, comme de la pâte à modeler très souple. Je ne l'ai pas retrouvé avec autant de force – sans doute ne le retrouverais-je jamais- mais son dernier roman vaut quand même le détour, ne serait-ce que pour lire des pages très belles, au gré des multiples chemins que se plaît à prendre Christian Garcin.
Deux amis de lycée, Rosario et Paul, désormais adultes, partent en Patagonie rechercher l'oncle de l'un d'eux, prénommé Vincent, qui a disparu mystérieusement voilà vingt ans. Sur ce canevas, de multiples greffes de récits vont prendre, imbriquées les unes dans les autres, à la faveur de déplacements géographiques ou historiques. Les deux compères vont ainsi croiser Wilfried La Brea, « un massif Etats-Unien » qui se dit être propriétaire de la Lune, de Mars et de Vénus, ou encore découvrir les écrits d'un soldat de Napoléon, survivant miraculeux de la terrible bataille de Russie… Rosario communique aussi à Paul, traducteur, le journal de Vincent où il relate son ennui, doublé par la croyance d'être possédé par une force maléfique, animale serait plus juste.
Difficile de résumer ce roman, il faut le lire pour voir combien l'auteur parvient à jongler avec tous ces éléments et à les relier entre eux de façon presque naturelle. Ceci dit, j'ai eu parfois du mal à saisir toutes les subtilités de ces liens, me perdant un peu entre tous ces personnages. Ce qui n'est pas grave, car le plaisir de certains passages compense largement cette perte de repères. Et notamment ce journal de Vincent qui est vraiment le noyau central du livre. J'ai regretté de ne pas le suivre plus longtemps et de devoir l'abandonner au profit d'autres personnages qui ne me semblaient pas avoir autant de charisme, comme ce médecin astronome qui relate son expédition vers l'Amérique du sud en 1882.
Christian Garcin nous mène en bateau, aux côtés de ses vrais faux explorateurs de tous poils. Son écriture a la particularité de recéler une part non négligeable de documentaire, sans pour autant le céder à la fiction pure. Ajoutez l'impression de voyager dans plusieurs époques, sans se perdre le moins du monde et vous aurez sa marque de fabrique. Et dans ce roman précis, sa patte a tout du rusé renard, à moins qu'il n'imite le zigzag du serpent…

Lien : http://blogs.lexpress.fr/les..
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chrisylivres
  12 octobre 2017
Tout le monde connaît plus ou moins le principe du récit enchâssé, un procédé mis en oeuvre par exemple dans les Mille et une nuit. 
Dans son roman Selon Vincent, Christian Garcin se sert astucieusement de ce procédé pour délivrer au lecteur un récit sombrement ludique et incroyablement captivant.
Christian Garcin est né en 1959 à Marseille. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Les nuits de Vladivostok (Stock, 2013), et Les vies multiples de Jeremiah Reynolds ( Stock, 2013). Selon VIncent est d'abord publié en 2014 aux éditions Stock, puis en août 2017 aux éditions Babel.
L'histoire est celle du personnage éponyme Vincent, professeur d'histoire dans un collège, père de deux enfants et époux à ses heures perdues. Tout ce qu'il y a de plus banal. Enfin...presque. Cela fait maintenant un certain temps qu'il ressent des troubles. Faim insatiable, Désir sexuel décuplé, Nuits cauchemardesques - durant lesquelles un renard s'empare de son esprit - sont désormais devenus son quotidien. Sur les conseils de l'une de ses maîtresses, il s'en va voir un chamane qui le pousse à "retrouver son visage d'avant" et à rejoindre "l'envers du monde". Se pourrait-il qu'il soit possédé par l'esprit d'un renard, et que la seule façon de lui échapper est de fuir cette vie qui l'étouffe? Alors que Vincent n'a pas donné de vie depuis 20 ans, Rosario, son neveu - avec qui il a toujours eu une très grande complicité - reçoit une lettre de sa part. Il part alors dans les contrées de la Patagonie à sa recherche.
A l'intérieur même de cette trame, se dessine l'histoire de Louis Folcher, soldat mort à Waterloo, de Wilfried La Brea, un Etats-Unien aussi cupide que désolant, propriétaire de la Lune, Vénus et Mars. et par la même occasion très cosmique.
La focalisation est interne, durant tout le roman mais le narrateur change constamment : Vincent, puis Rosario, puis Paul - ami de Rosario, puis encore Rosario, puis un homme mort depuis plus d'une centaine d'années... Tous ces récits ne prennent pas toujours la même forme. le roman se compose ainsi de journaux de bord, de parties narratives, de sortes de "scénarios", de carnets, etc. le tout est spectaculaire. Les informations que l'auteur a réuni, les points idéologiques présentés sur différents termes, laissent imaginer un travail de recherche impressionnant qui n'est pas pour déplaire au lecteur averti. D'ailleurs, Rosario est celui qui introduit le plus ces points idéologiques.
"Entre les années 1880 et 1990, il n'avait donc fallut qu'un peu plus d'un siècle pour passer de l'exploitation forcenée des terres, associée au progressif anéantissement des populations indiennes, à la victoire inéluctable et définitive de l'idéologie néolibérale occidentale - ce dernier point outrepassant par ailleurs largement les frontières de la Patagonie." (Rosario)
"Histoire peut-être de rester fidèle au gamin passionné d'espace que j'étais, je n'ai pas été loin de faire comme des milliers d'autres gogos, et lui acheter quelques dizaines d'hectares de Vénus et de mars - la Lune m'intéresse moins, souvenir sans doute à ma relative déception en voyant Armstrong effectuer ses tous petits pas de géants pour l'humanité." (Rosario)
"Dans le domaine de la science comme dans celui de l'horreur, la réalité est toujours plus inventive de la fiction, c'est bien connu." (Rosario).
 
Enfin, faisons remarquer que les tons diffèrent d'un personnage à l'autre et l'auteur a su rendre la personnalité de chacun avec brio. Tandis que la personnalité de Vincent est plutôt sombre, Rosario apparaît être un personnage doté d'un sens de l'humour (noir) très développé.
"Les mots étaient des insectes muets qui s'enfuyaient à mon approche. Des coquilles vides et friables que je ramassais et rejetais aussitôt." (Vincent).
"Les rues, la ville entière semblaient vides. Non pas vides de gens, puisqu'il y en avait partout, ni vide d'énergie puisque tout faisait du bruit et allait très vite, mais comment dire? Vide d'évidence, de nécessité." ( Vincent).
"Il m'avait rétorqué que, question tortures, sa moitié chinoise plurimillénaire n'avait pas grand chose à envier à ma moitié argentine plus récente, et que par surcroît, vu ma capacité étonnante à pouvoir, en toutes circonstances, boire n'importe quoi dans n'importe quoi, mon opinion sur ce sujet n'était pas recevable - et ainsi le débat avait été clos. Il n'avait pas tort." (Rosario, à propos de sa conversation avec son ami Paul).
 
 
Lecteurs en recherche de casse-tête, ne cherchez plus, vous avez trouvé le bon roman. Focalisez donc votre attention sur cet épatant récit et vous ne le lâcherez plus jusqu'à ce qu'il ait vous dit tout ce qu'il avait à vous dire.
Lien : http://chrisylitterature.jou..
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Sharon
  29 octobre 2014
Selon Vincent, ou un roman complexe et exigeant.
J'ai eu du mal à rentrer dans ce récit, parce que je n'ai ressenti d'entrée de jeu aucune empathie pour Vincent, qui donne son prénom au roman. Il est marié, il a une/deux/plusieurs maîtresses, sa femme a un amant, chacun d'eux s'accommode de cette vie, sans songer à une séparation possible. Il considère que ses enfants sont davantage ceux de sa femme que les siens, se désintéresse de son métier d'enseignant, bien que son travail transdisciplinaire avec son collègue de français ferait les délices du rectorat. Il a tout quitté, du jour au lendemain, pour des motifs qui seront expliqués lors du dénouement, sans que personne ne se préoccupe vraiment de lui, si ce n'est Rosario, son neveu, qui part à sa recherche quand son oncle lui adresse un signe de vie, comme les cailloux semés par le petit Poucet.
Cependant, j'ai aimé ces récits entrecroisés, aux liens subtils entre eux, ses changements de narrateur maîtrisés, ses sauts dans le temps. Selon Vincent est un livre très riche, qui se laisse doucement apprivoiser.
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Jenouch
  17 septembre 2014
Vincent, Rosario, Paul, Louis Folcher, Augustin Hyades, Wilfried de Brea. Un soldat napoléonien, le propriétaire de la Lune et de Vénus, un traducteur, un professeur d'histoire possédé, un globe-trotter et un médecin astronome. Voilà un panorama des bouts de vie que vous allez rencontrer dans ce livre.
Ils sont tous liés, de 1812 à nos jours, chacun va laisser sa trace et permettre au suivant de s'y raccrocher. Les différents protagonistes vont se confronter au meilleur comme au pire. Et comme le glisse l'auteur « les horreurs que recèle le monde réel seront toujours supérieures à l'imagination, si sordide et galopante soit-elle, des romanciers. ». Ici, tout se construit à partir de Vincent, un professeur d'histoire qui mène une vie rythmée par la routine. Jusqu'au jour où il plaque tout et disparaît sans explication. Est-il mort ou encore en vie quelque part ? 20 ans après, son neveu Rosario accompagné de son ami Paul, vont mener leur enquête, parcourir les îles de Patagonie et faire des rencontres impromptues.
Un patchwork d'histoire qui peut vous perdre dans un premier temps mais continuez ! Lisez le jusqu'à la fin et vous comprendrez, vous comprendrez tout, promis.
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critiques presse (1)
Telerama   17 septembre 2014
Autant d'histoires, d'aventures, de personnages, de registres littéraires, portés par la tendresse d'un regard teinté de mélancolie, piqué d'humour et de fantaisie, qui brossent, page après page, un monde à la magie secrète, irrésistible et fascinant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
mfgaultiermfgaultier   29 septembre 2014
Ceci n’est pas une fiction. Ou plus exactement, ceci est peut-être une fiction, puisque la réalité ne se vit qu’une fois, et que dès lors qu’on entreprend de la retranscrire par le jeu des souvenirs, on la tord, la déforme, la gauchit, l’enrichit parfois, l’appauvrit souvent : on l’invente.
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itzamnaitzamna   12 décembre 2014
La lune est pleine. Je sais bien qu'ailleurs, des bêtes invisibles s'entretuent dans la nuit des forêts. Je sais bien que partout de fragiles créatures meurent dans l'indifférence de tous. Mais je me dis que je verrai peut-être ce soir les eaux soudain agitées de mouvements secrets, puis une forme oblongue crèvera la surface luisante avant de disparaître en silence, et ce sera le dos d'une baleine, suivie de son baleineau. J'en aurai les larmes aux yeux. Ensuite il sera temps.
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LiliGalipetteLiliGalipette   05 juillet 2014
« Les horreurs que recèle le monde réel seront toujours supérieures à l’imagination, si sordide et galopante soit-elle, des romanciers. » (p. 49)
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topocltopocl   13 décembre 2014
Il y avait des tonnes de savoirs, des myriades de documents sur absolument tout, du mouvement aléatoire des photons à la structure des trous noirs rien n'échappait au recensement, au catalogage généralisé du monde, le moindre objet de connaissance devenait instantanément répertorié, disséqué, éparpillé, disponible, et moi, je ne savais rien, minuscule et vulnérable au milieu de ce rien, baigné d'immensité froide et lumineuse, en route vers un lieu dont je ne savais guère plus, juste qu'il était isolé de tout, point minuscule dans un entrelacs de fjords et de péninsules glacées, et qu'il avait sans doute été le dernier refuge de l’oncle de Rosario.
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flag_flag_   21 janvier 2018
« Tempête effroyable et magnifique ces deux derniers jours. Les bêtes sont stressées. Je vais les voir, les rassure, leur glisse des mots d’espagnols, de français, et aussi quelques-uns de kawesqar dont Frasia parfois émaillait nos brèves et rares conversations, « kawahltigattah », « barokhtchulah », « ksharukekruth », « kwokstallakurei » : des mots qu’elle prononçait indistinctement, n’articulant rien, semblant plutôt les psalmodier de sa voix monotones, en remuant à peine les lèvres, comme à regret. Des mots, ou peu-être des groupes de mots, que j’avais notés approximativement et sans connaître leur sens, si bien qu’ils ne sont sans doute pas adaptés. Je berce peut-être les bêtes en leur disant « angoisse », « tempête »,
« mort » et « peur ». Ou « péninsule éclairée par le soleil », « combat d’otaries », « la forêt brûle en silence » et « souvent je pense à elle ». Comment savoir ? Quoi qu’il en soit, j’éprouve une certaine satisfaction à faire résonner ici, dans leur environnement originel, des mots que plus personne jamais n’utilisera. »
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