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Patrick Joly (Traducteur)
EAN : 9782852260528
94 pages
Éditeur : Gérard Monfort (30/11/-1)

Note moyenne : 2/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lanard
  10 janvier 2015
Il s'agit d'une critique de la notion de culture telle qu'elle se concevait dans le champ de l'histoire culturelle (Geistesgeschichte) jusque dans les années 1960 et probablement au-delà. le terme allemand Geistesgeschichte se traduit souvent pas histoire intellectuelle mais Gombrich est d'abord un historien de l'art et de la culture.
Au cour des premières pages, il déplore l'ambiguïté du mot culture qui dénote souvent des jugements de valeurs qui n'ont pas leur place dans l'épistémologie de l'histoire.
Les faiblesses de ce concept (existe t'il des éléments concrets accessibles à l'étude qui permettent de définir une culture passée ou "l'esprit" d'une époque) proviennent de l'influence de la philosophie hégélienne de l'histoire. Cette dernière est interprétée comme une tentative pour substituer aux anciennes eschatologies judéo-chrétiennes (l'Histoire comme réalisation finalisée d'un plan divin) un plan déterministe développé dans une cosmogonie athée seyant à l'esprit rationaliste mais tout aussi arbitraire sur le plan heuristique d'après l'auteur.
Il ne s'agit pas de mettre Hegel en accusation mais de montrer comment sa philosophie de l'histoire a constitué par son encyclopédisme l'expression la plus brillante d'une tendance de l'intellect qui cherche à structurer un ensemble de faits hétérogènes dans un schéma mécanique finalisé (l'avènement de l'Esprit) et par là, rassurante.
Ce qui est d'abord contesté c'est la possibilité d'extraire parmi les traces léguées par le passé des faits qui seraient l'expression de l'esprit d'une époque : Napoléon n'est pas l'âme du monde à cheval (Hegel) et Gertrude Stein n'incarne certainement pas à elle seule l'esprit son temps (Volkgeist). Gombrich remet en question cette aspiration partagée par beaucoup d'historiens qui consiste à vouloir montrer l'unité organique de toute une époque. Il montre comment cet ambition a porté l'oeuvre des plus grands historiens ; Burckhardt en particulier dont l'influence sur la manière de faire de l'histoire est encore importante aujourd'hui.
Malgré tout Gombrich semble ne pas vouloir abandonner complètement l'idée de cohérence des faits en histoire ; l'historien de la culture doit mettre en évidence des continuités. Il s'agit toujours de rapprocher des faits mais de le faire dans la diachronie plutôt que dans des études synchroniques (pour employer les termes des linguistes) comme Burckhardt l'a entrepris avec la Renaissance italienne.
Le dernier chapitre est un plaidoyer pour l'histoire culturelle. le passé s'éloigne de nous de plus en plus vite. L'espace humain en pleine mutation dans sa fuite en avant semble ne pas se soucier de conserver la mémoire de ce qu'il tient désormais pour révolu et les moyens pour les hommes d'aujourd'hui de comprendre ce que furent les hommes du passé semblent tomber en une fine poussière qui file entre nos doigts. Gombrich redoute que sa critique mette de l'eau dans le moulin de ceux qui voient dans l'histoire culturelle une matière qui mobilise des crédits publics qui seraient peut-être mieux utilisés si on les affectait à la recherche sur les nano-technologies par exemple. Dans la citation suivante il essaie de proposer une façon de travailler: "Il est plus judicieux de connaître Shakespeare ou Michel-Ange que de "faire des recherches" sur leurs oeuvres. La recherche n'apporte pas forcement quelque chose de neuf, mais la connaissance des oeuvres est un plaisir et un enrichissement. Il semble vraiment dommage que les universités soient organisées de manière à occulter cette différence. Une bonne partie du malaise qui règne autour des humanités pourrait se dissiper du jour au lendemain si nous prenions conscience du fait que nous n'avons pas à singer les scientifiques pour rester respectables. Il y a peut-être une science de la culture, mais celle ci relève de l'anthropologie et de la sociologie. L'historien de la culture se doit de devenir un érudit, non un scientifique. Il se doit de rendre accessible à ses étudiants et à ses lecteurs les créations d'autres esprits ; la recherche, à cet égard, est accessoire. Non qu'elle ne soit jamais nécessaire.(…) le véritable but de l'historien culturel est de servir la culture et non d'alimenter l'industrie universitaire.
Cette industrie, je le crains, menace de devenir l'ennemie de la culture et de l'histoire culturelle. Peu de gens peuvent lire et écrire en même temps ; et pendant que nous nous consacrons à nos recherches, sur des questions importantes ou d'un intérêt mineur, les chefs-d'oeuvre du passé que nous laissons moisir sur les étagères nous regardent avec un air de reproche. "
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
lanardlanard   15 août 2010
Il est plus judicieux de connaître Shakespeare ou Michel-Ange que de "faire des recherches" sur leurs œuvres. La recherche n'apporte pas forcement quelque chose de neuf, mais la connaissance des œuvres est un plaisir et un enrichissement. Il semble vraiment dommage que les universités soient organisées de manière à occulter cette différence. Une bonne partie du malaise qui règne autour des humanités pourrait se dissiper du jour au lendemain si nous prenions conscience du fait que nous n'avons pas à singer les scientifiques pour rester respectables. Il y a peut-être une science de la culture, mais celle ci relève de l'anthropologie et de la sociologie. L'historien de la culture se doit de devenir un érudit, non un scientifique. Il se doit de rendre accessible à ses étudiants et à ses lecteurs les créations d'autres esprits ; la recherche, à cet égard, est accessoire. Non qu'elle ne soit jamais nécessaire.(…) le véritable but de l'historien culturel est de servir la culture et non d'alimenter l'industrie universitaire.
Cette industrie, je le crains, menace de devenir l'ennemie de la culture et de l'histoire culturelle. Peu de gens peuvent lire et écrire en même temps ; et pendant que nous nous consacrons à nos recherches, sur des questions importantes ou d'un intérêt mineur, les chefs-d'œuvre du passé que nous laissons moisir sur les étagères nous regardent avec un air de reproche.
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