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Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaye (Traducteur)Gilles Tordjman (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Chloé Radiguet (Traducteur)Sébastien Cessa (Illustrateur)
ISBN : 2842051106
Éditeur : 1001 Nuits (30/11/-1)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Grand connaisseur de l'âme humaine et des mécanismes de domination, celui qui ne voulait pas seulement vaincre par la force mais aussi par la manière, livre là un édifiant traité de morale et de survie politique.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Allantvers
  28 février 2016
Je ne peux que conseiller ce court et édifiant recueil de maximes à tous ceux qui désespèrent et se décharnent au contact ou à la vue de milieux où la mauvaise politique fait loi : il y a en effet dans ces pages matière à remettre l'église au milieu du village, le courtisan à sa place et l'homme de bien dans ses bottes.
Et cela est fort réjouissant, car bien que l'on sente entre les lignes l'amertume désabusée d'un Baltasar Gracian qui a fait les fais de cette société dont il décrypte les usages, chaque lecteur épris de bon sens y trouvera aphorisme à son pied. En voici quelques uns pour la bonne bouche :
« Les vraies bêtes sauvages sont où il y a le plus de monde ».
Ou encore :
« Une beauté doit adroitement prévenir son miroir, en le rompant avant qu'il lui ait montré que ses attraits s'en vont. »
« La galanterie et la civilité ont cet avantage que toute la gloire reste à leurs auteurs ».
Une petite dernière, pour prendre toute la distance quant à sa place dans le commerce des hommes :
« Les gens d'esprit sont craints; les médisants sont haïs; les présomptueux sont méprisés; les railleurs sont en horreur; et les singuliers sont abandonnés de tout le monde. Il faut donc estimer pour être estimé. Celui qui veut faire sa fortune fait cas de tout. »
Bienvenue à la cour !
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steka
  26 juin 2014
Il semblerait donc que certains milieux, chargés de la formation des petits soldats de la logique marchande, aient découvert depuis quelque temps l'existence des ouvrages de Baltasar Gracian.
Conscients de l'affligeante médiocrité de leur enseignement et cherchant à donner quelques parures à son âpre stérilité, ils ont introduits, dans leurs cursus d'apprentissage à la servitude marchande, des oeuvres de Sun Tzu, de Machiavel, de Clausewitz et plus récemment donc, de Gracian. C'est qu'il est en effet très important de maintenir dans les esprits de ces futurs larbins du système, l'illusion de l'appartenance à une élite ; le mirage des gros salaires s'avérant désormais de plus en plus incertain.
Il n'y a guère, toutefois, qu'un crétin arriviste et superficiel, pour croire qu'il est possible de réduire L'Homme de cour à un vulgaire manuel pour parvenir. Ce remarquable ouvrage, si subtile dans sa forme et son contenu, ne se laissera pas si facilement déformer. Ne serait-ce que parce qu'il réservera exclusivement ses trésors de "savoir-vivre" à ceux qui, de par leur expérience propre, seront en mesure d'en discerner la portée et le champ d'application, sa dialectique interne. A ceux donc qui de par leur nature, ne peuvent que mépriser les chemins de l'arrivisme.
C'est sans doute en cela que L'Homme de cour se révèle être également un livre très amusant : qui n'apportera que frustrations et déceptions à ces âmes de boue.
On méditera ainsi par exemple avec intérêt sur les applications pratiques de la thèse XXIX :
ÊTRE HOMME DROIT
"Il faut toujours être du coté de la raison, et si constamment que ni la passion vulgaire, ni aucune violence tyrannique ne fasse jamais abandonner son parti. Mais où trouvera-t-on ce phénix ?
Certes, l'équité n'a guère de partisans, beaucoup la louent, mais sans lui donner entrée chez eux. Il y en a d'autres qui la suivent jusqu'au danger, mais quand ils y sont, les uns, comme faux amis, la renient, et les autres, comme politiques, font semblant de ne la pas connaître.
Elle, au contraire, ne se soucie point de rompre avec les amis, avec les puissances, ni même avec son propre intérêt; et c'est là qu'est le danger de la méconnaitre.
Les gens rusés se tiennent neutres, et, par une métaphysique plausible, tâchent d'accorder la raison d'État avec leur conscience. Mais l'homme de bien prend ce ménagement pour une espèce de trahison, se piquant plus d'être constant que d'être habile. Il est toujours où est la vérité, et s'il laisse quelquefois les gens, ce n'est pas qu'il soit changeant, mais parce qu'ils ont été les premiers à abandonner la raison."
Un manuel d'arrivisme l'Oraculo manual ?
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GabyH
  16 novembre 2012
L'Homme de Cour est à la littérature espagnole ce que Les Caractères de la Bruyère sont à la littérature française : tout à la fois un recueil de maximes décrivant les moeurs des courtisans, un guide pratique pour défendre au mieux ses intérêts dans l'univers de la Cour, et un pamphlet contre ce monde qui fait vivre son auteur.
Néanmoins, alors que le lecteur francophone peut s'amuser de l'ironie grinçante et des jeux de mots ingénieux dont fait preuve la Bruyère, il sera sans doute déçu par la traduction de Gracian, qui fait perdre au récit de sa saveur.
Je conseillerais donc à ceux qui sont intéressés par la littérature classique, au sens strict du terme, de lire Gracian en espagnol car sinon, comme moi, la lecture de L'Homme de Cour risque bien de vous ennuyer.
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Nicolas3636
  31 août 2016
Il y a Machiavel pour l'action publique, et Gracian pour la prudence en société. Les sentences sont inépuisables.
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Taphys
  01 décembre 2010
Un vrai livre de chevet
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   27 juin 2014
ÊTRE HOMME DROIT
Il faut toujours être du coté de la raison, et si constamment que ni la passion vulgaire, ni aucune violence tyrannique ne fasse jamais abandonner son parti. Mais où trouvera-t-on ce phénix ?
Certes, l'équité n'a guère de partisans, beaucoup la louent, mais sans lui donner entrée chez eux. Il y en a d'autres qui la suivent jusqu'au danger, mais quand ils y sont, les uns, comme faux amis, la renient, et les autres, comme politiques, font semblant de ne la pas connaître.
Elle, au contraire, ne se soucie point de rompre avec les amis, avec les puissances, ni même avec son propre intérêt; et c'est là qu'est le danger de la méconnaitre.
Les gens rusés se tiennent neutres, et, par une métaphysique plausible, tâchent d'accorder la raison d’État avec leur conscience. Mais l'homme de bien prend ce ménagement pour une espèce de trahison, se piquant plus d'être constant que d'être habile. Il est toujours où est la vérité, et s'il laisse quelquefois les gens, ce n'est pas qu'il soit changeant, mais parce qu'il ont été les premiers à abandonner la raison.
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stekasteka   21 octobre 2012
Ne pas se laisser aller au dernier
Il y a des hommes de dernière impression (car l'impertinence va toujours à quelque extrémité ); ils ont un esprit de cire; le dernier y met le sceau, et efface tous les autres. Ces gens-là ne sont jamais gagnez, parce qu'on les perd avec la même facilité; chacun leur donne sa teinture, ils ne valent rien pour confidens; ils sont enfans toute leur vie, et, comme tels, ils ne font que flotter parmi le flux et le reflux de leurs sentiments et de leurs passions; toujours boiteux de volonté et de jugement, parce qu'ils se jettent tantôt d'un coté, tantôt de l'autre.
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stekasteka   26 décembre 2012
Quelques-uns commencent à voir quand il n'y a plus rien à voir. (...) Il est difficile de donner de l'entendement à qui n'a pas la volonté d'en avoir, et encore plus de donner la volonté à qui n'a point d'entendement. Et d'autant qu'ils sont sourds pour ouïr, ils n'ouvrent jamais les yeux pour voir.
Cependant, il se trouve des gens qui fomentent cette insensibilité, parce que leur bien-être consiste à faire que les autres ne soient rien.
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AllantversAllantvers   28 février 2016
Il y a des gens qui n'ont que la façade, ainsi que les maisons que l'on n'a pas achevé de bâtir faute de fonds. L'entrée sent le palais, et le logement la cabane (...) Il leur est facile d'en tromper d'autres qui n'ont aussi, comme eux, que l'apparence, mais ils sont la fable des gens de discernement, qui ne tardent guère à découvrir qu'ils sont vides au-dedans.
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AllantversAllantvers   28 février 2016
Les gens d'esprit sont craints; les médisants sont haïs; les présomptueux sont méprisés; les railleurs sont en horreur; et les singuliers sont abandonnés de tout le monde.
Il faut donc estimer pour être estimé. Celui qui veut faire sa fortune fait cas de tout.
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Baltasar Gracian : L'Homme de cour
Dans les jardins du palais impérial de Tokyo, Olivier BARROT présente le livre de l'Espagnol Baltasar GRACIAN, "L'Homme de cour", écrit en 1647, receuil de 300 maximes, véritable "manuel d'arrivisme".
Dans la catégorie : Mélanges littérairesVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Mélanges littéraires (71)
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