AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782221241097
234 pages
Éditeur : Robert Laffont (20/08/2020)
4.03/5   48 notes
Résumé :
C'est l'histoire d'un homme entré dans l'Histoire car il a découvert Lascaux à treize ans et des poussières et que la même Histoire a voulu anéantir. Réduire en poussière.

" Aujourd'hui, c'est le dernier des quatre copains de Montignac encore en vie. Le dernier inventeur, Simon. Quand je quitte son appartement, sur le palier, il me dit "la grotte elle est là' en me désignant son crâne, "elle est dans ma tête'. Dans l'ascenseur, je prends conscience qu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
4,03

sur 48 notes
5
15 avis
4
7 avis
3
3 avis
2
1 avis
1
0 avis

Fandol
  13 avril 2021
Quelle belle idée ! Avoir rencontré le dernier inventeur de la grotte de Lascaux au soir de sa vie. Avoir su gagner son amitié ainsi que celle de Gisèle, son épouse, leur confiance. Raconter tout cela de façon très originale en donnant même la parole à la grotte, Héloïse Guay de Bellissen l'a réussi pour mon plus grand régal dans ce roman en lice pour le Prix des Lecteurs des 2 Rives 2021.
Comme elle axe son roman sur la découverte par des enfants de ce que les adultes ne savent pas ou ne veulent pas voir, elle n'évoque pas la Grotte Chauvet en Ardèche (36 000 ans), ni la Grotte Cosquer près de Marseille (entre 27 000 et 19 000 ans). Je le regrette mais tout est concentré sur Montignac – Lascaux, avec quelques allusions à la grotte des Combarelles (13 000 ans) et à Font-de-Gaume (15 000 ans), deux grottes ornées que, comme l'autrice, j'ai eu le bonheur de visiter après Lascaux II. Là, pas de fac-similé mais des gravures réelles, ce qui décuple les sentiments, remue encore plus notre imaginaire.
L'autrice axe donc son roman sur la découverte, oeuvre d'enfants comme cette María Sanz de Sautuola (8 ans) qui, la première, en 1879, découvrit les taureaux (15 000 ans) sur les parois de la grotte d'Altamira, en Espagne, alors que son père ne les avait pas repérés, ces fameux dessins.
Pour Héloïse Guay de Bellissen, c'est son père qui lui a raconté l'histoire de la découverte de la grotte de Lascaux (17 000 ans) par quatre garçons : Simon, Jacques, Marcel et Georges, nommés les inventeurs.
C'est en 2018, à Paris, Champs-Élysées, que l'autrice rencontre enfin Simon Coencas (91 ans), le dernier des inventeurs, et sa femme Gisèle. Entre va-et-vient avec le passé, sauts dans le temps, j'ai été passionné par ce récit des rencontres, le détail de la découverte puis le drame.
1940 : la guerre fait rage. La famille Coencas a fui Paris pour s'installer à Montignac (Dordogne) où, le 12 septembre, Jacques Marsal (14 ans), Georges Agniel (15 ans), Marcel Ravidat (18 ans) le plus âgé, et Simon Coencas (13 ans) élargissent un trou où aurait disparu un chien et découvrent ces merveilles d'art pariétal que nous ne nous lassons pas d'admirer.
Hélas, quelques temps plus tard, la famille rentre à Paris où Simon découvre qu'il est juif et se retrouve plongé dans l'horreur conduisant à la Shoah. Arrêté, il est interné à Drancy où les images de la grotte l'aident à tenir. L'autrice réussit là une performance littéraire mêlant le fantastique au sordide, à l'horreur d'une extermination programmée et orchestrée par une partie de nos compatriotes. Victorine et Michel Coencas, les parents de Simon, déportés à Auschwitz, ne reviendront pas.
Les rencontres avec le dernier inventeur rythment le récit mais la santé de Simon décline rapidement. Héloïse Guay de Bellissen enregistre toutes leurs rencontres et les restitue fidèlement, son talent réussissant la liaison avec la grotte qui se confronte avec la maladie et la mort.
Le dernier inventeur est un beau roman que j'ai aimé lire car il permet de ne pas oublier, mêlant des instants glorieux aux plus terribles événements de notre Histoire.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1168
Cancie
  08 avril 2021
Le dernier inventeur, titre du cinquième roman de Héloïse Guay de Bellissen est en fait l'histoire de l'un des découvreurs que l'on nomme inventeurs de la grotte de Lascaux. le dernier faisant référence au fait qu'il est le seul des quatre copains de Montignac encore en vie lorsque l'écrivaine décidera d'écrire son roman.
L'auteure est entrée en contact avec lui pour les besoins de son livre et celui-ci, alors âgé de 91 ans, emballé par ce projet va lui raconter sa vie et comment, en cherchant le souterrain du château voisin et espérant y découvrir un trésor, avec ses copains, ils en ont trouvé un auquel ils ne s'attendaient pas ! Elle nous raconte comment Simon Coencas, ce jeune ado parisien de treize ans, s'est retrouvé à Montignac début 1940, le Périgord étant une zone libre pendant la guerre. Elle nous apprend également comment il a fait connaissance avec les trois autres jeunes et notamment Jacques Marsal, son voisin d'en face qui restera son meilleur copain jusqu'à sa mort, continuant à échanger même lorsque Simon sera rentré à Paris. Sur la maison qu'il habitait, a été apposée depuis, une plaque et une photographie du jeune Simon sur laquelle est écrite : « Simon Coencas, né en 1927, est l'un des quatre inventeurs de la grotte de Lascaux. En septembre 1940, originaire de Paris, il était réfugié à Montignac depuis plusieurs mois et logeait avec sa famille dans cette bâtisse. le jeudi 12 septembre 1940 en compagnie de Georges Agniel et Jacques Marsal, il rencontre Marcel Ravidat au pied de la colline de Lascaux. Tous les quatre font, ce jour-là, la plus belle découverte de la Préhistoire. »
Simon Coencas dont les parents étaient des Juifs d'origine grecque établis à Paris et possédant des magasins de vêtements, vivait donc en 1940 à Montignac, mais le 17 octobre de la même année, la famille doit rentrer. Et ce n'est qu'en janvier 1941 qu'il prendra vraiment conscience qu'il est juif en découvrant Paris coloré de pancartes et notamment celle apposée sur sa vitrine à lui : VITRINE JUIVE.
C'est alors L Histoire dans toute sa laideur qu'il va devoir affronter. Arrêté en 1942 avec sa famille, il est interné au camp de la Muette à Drancy. C'est son jeune âge (moins de seize ans) qui lui permettra d'être relâché, son père et sa mère seront déportés à Auschwitz et n'en reviendront pas.
Simon Coencas est donc entré dans l'Histoire le 12 septembre 1940 mais L Histoire, celle de la deuxième Guerre Mondiale a bien failli l'anéantir. Et c'est l'affrontement entre ces deux histoires que l'écrivaine a su si bien mettre en scène, l'une « magnifique, bouleversante, l'autre immonde, difforme », un affrontement entre la lumière et l'obscurité, entre la joie pure et la tragédie. Simon a toujours gardé la grotte dans sa tête et elle était là lorsqu'il était à Drancy. Cet enchevêtrement entre la grotte et la guerre donne toute sa force à ce roman et j'ai particulièrement apprécié ces allers-retours entre la survie et la mort qui a plané au-dessus de la tête de Simon durant son adolescence. L'originalité de l'auteure a été de rendre cette grotte vivante, d'en faire un personnage qui, avec une écriture singulière, en italique, introduit chaque chapitre et prend la parole pour exprimer son ressenti, ses impressions et donner son avis sur les garçons, sur l'époque ou parler des artistes qui sont intervenus sur ses parois, des dessins eux-mêmes ou encore des scientifiques.
Le dernier inventeur est un bouleversant et magnifique témoignage et également un hommage à cet homme qui a connu à la fois la sublime beauté et le mystère de l'art préhistorique et les ténèbres avec le camp de Drancy. Une belle, intéressante et intense réflexion poétique !

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          996
fanfanouche24
  30 août 2020
[ouvrage choisi pour un cadeau... vendredi 28 août 2020- Librairie Caractères- Issy-les-Moulineaux ]
Une trouvaille dont je suis ravie… qui ne fait que passer rapidement entre mes mains pour aller , j'espère, réjouir, un ami, grand lecteur assidu. Une lecture bouleversante que j'achève la gorge complètement nouée !
Je trouvais l'idée de cet ouvrage , merveilleuse : l'auteure , ayant la chance de rencontrer le dernier survivant de la bande de 4 gamins, ayant découvert, en septembre 1940, la grotte de Lascaux. Notre écrivaine va donc rencontrer Simon, aujourd'hui vieillard vénérable et son épouse, Lisette. Héloïse Guay de Bellissen va tomber sous le charme de ce couple lumineux et chaleureux, au parcours extraordinaire…
« Je suis destinée à quelque chose sans être concernée. Je ne suis pas un départ mais un commencement.
j'ai 17.000 ans, je suis la grotte de Lascaux.
Comme la tienne, mon existence est peuplée de dessins et de signes et j'ai besoin du regard des autres pour être vivante, le 14 septembre 1940, des adolescents m'ont trouvée. C'est parce que les enfants vivent dans un univers puéril et magnifique qu'ils nous captent dans les profondeurs de la terre. Nombre de grottes ornées ont été accouchées par eux. (p. 20)”
Lecture poignante réunissant des questionnements, réflexions sur l'enfance, les amitiés de l'adolescence, la beauté faisant espérer et endurer la « barbarie », la persistance du mal…
Une astuce narrative , très déroutante dans un premier temps, ajoute un personnage à part entière, qui discute, philosophe comme un véritable interlocuteur humain : La grotte Lascaux devenant un être vivant et parlant, alternant avec les réponses et le récit de l'existence incroyable de Simon Coencas !!
Un très, très beau livre…qui nous saisit à la gorge !... que j'ai déposé dans la boite aux lettres, ce soir...pour aller réjouir l'ami [et son épouse, grande lectrice, également ]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          384
Ichirin-No-Hana
  30 août 2020
Le Dernier inventeur d'Héloïse Guay de Bellissen se penche sur le récit d'un jeune garçon de treize ans qui découvre avec trois autres de ses copains la grotte qui abrite les plus magnifiques peintures préhistoriques et également celui d'un presque homme de 15 ans envoyé au camp de Drancy. Roman à double voix ? Non c'est l'histoire d'un seul homme, Simon Coencas, le dernier inventeur des Grottes de Lascaux qui nous a quittés au mois de février.
Héloïse Guay de Bellissen nous propose ici un récit plein de retenue et de respect pour Simon Coencas, un homme qu'elle a rencontré à de nombreuses reprises et avec qui elle a créé des liens forts. Avec un talent d'autrice certain, elle nous partage ici ce récit. le dernier inventeur fut une belle découverte pour moi. J'y ai découvert une histoire que je ne connaissais pas, l'histoire d'un jeune garçon qui a apporté énormément à L Histoire et à la science et qui, quelques mois plus tard est envoyé dans le camp de Drancy pour des origines juives lointaines dont il ne connaissait même pas l'existence.
Héloïse Guay de Bellissen nous touche et nous scandalise par cette histoire mais c'est surtout son respect et son amitié pour cet homme que je retiendrai le plus et qui m'a touchée. Merci à elle d'avoir partagé l'Histoire de ce grand monsieur à travers ce récit très personnel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          331
blandine5674
  30 octobre 2020
Septembre 1940, quatre enfants et un chien réalisent le voeu d'une personne comme moi : découverte de LA grotte. La plus fabuleuse qui soit : Lascaux. La narratrice est jalouse de Maria, comme je l'ai été d'eux.
Héloïse Guay de Bellissen va côtoyer Simon Coencas (mort en février 2020) et sa femme dans leur appartement parisien. Un échange plein de tendresse et de confiance où Simon y parlera de ses parents déportés. Un livre court et intense où LA grotte est une personne. Une interprétation intéressante qui renforce ce qui, pour moi, a été la grande découverte du siècle dernier.
Commenter  J’apprécie          341


critiques presse (1)
LaTribuneDeGeneve   22 septembre 2020
Il y a huitante ans aujourd’hui qu’une bande de copains découvrait la grotte ornée. Héloïse Guay de Bellissen consacre un roman poignant à Simon Coencas, le plus jeune d’entre eux.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   22 avril 2021
Chevaux, cerfs, biche, aurochs, bisons, félins, bouquetins, hyènes, ours, renne, oiseau, rhinocéros, ovibos, gravés, peints, aimés, adorés, tranquilles et beaux, immortels, que l’homme ne pourra pas tuer ni même le cycle naturel, en train de vivre une vie dessinée qui épouse les formes de la grotte. Devant les mômes, un monde clandestin, fantastique. L’unité entre le monde animal et humain, l’homme et la bête, l’animal et l’animalité, ensemble dans un même geste caché. (pages 95-96)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
FandolFandol   28 avril 2021
Quand vous arriviez à Drancy, les bijoux, l’argent, ils vous prenaient tout, et vous faisaient un reçu, alors les gens, bon ben, ça les rassurait. Mais en fait ils allaient mourir. C’est la police française qui était avec les nazis, ils partaient avec des paniers entiers de montres, d’objets en or et en argent, incroyable ! Et à tous ceux qui rentraient, ils faisaient un reçu, le reçu de la mort. Y en avait qui restaient là-bas, provisoirement, y avait des rafles, après y avait un wagon qui partait à mille personnes. On leur mettait deux seaux d’eau. (page 180)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
FandolFandol   29 avril 2021
Train, mains tendus avec des bouteilles vides, trois jours, trois nuits, enfant portés à bout de bras par les femmes qui se relayent, wagons à bestiaux, interdiction par les soldats allemands de remplir les bouteilles tendues sur les quais, dessèchement de l’espoir, corps serrés, pressés, corps à genoux dedans, hallucinations, miracle trompeur, souffle coupé en plusieurs morceaux, cris d’animaux humains, pleurs, trois jours, trois nuits. (page 195)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
FandolFandol   27 avril 2021
Le génie de l’art pariétal, au fond, c’est que l’on ne saura jamais pour quelle raison il a été créé. La beauté des cavernes décorées, c’est aussi ce renoncement-là : ne pas en savoir plus. Dès lors, on peut tout imaginer, le champ des possibles est sans limites. De toutes les hypothèses (lieu consacré au chamanisme, à des rituels de passage, sorte de sanctuaire sacré, etc.), une qui m’a paru étonnante : les animaux de Lascaux auraient été peints selon l’emplacement des étoiles. Une sorte de constellation animale… (page 158)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
FandolFandol   20 avril 2021
Jacques et Simon, ils ont toujours voulu faire mentir l’enfance. La prendre par le col, la molester, la faire briller comme une étoile pour la recracher dans le ciel. Elle leur collait à la peau, on ne pouvait rien y faire, Simon avait treize ans, Jacques quatorze, et ils voulaient balafrer l’enfance à toute blinde, pour grandir vite et bien. (pages 64-65)
Commenter  J’apprécie          290

Videos de Héloïse Guay de Bellissen (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Héloïse Guay de Bellissen
📻 L'émission "Le coup de coeur des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h45. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec votre libraire Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • 📚 Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! ❤ 👉🏻 • • 📚 Papa de Clémence Rochefort aux éditions Plon 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/1054389... • 📚 Betty de Tiffany McDaniel et François Happe aux éditions Gallmeister 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/1049891... • 📚 Le Dernier inventeur de Héloïse Guay de Bellissen aux éditions Robert Laffont 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/1049572... • 📚 Le Roman de Boddah de Héloïse Guay de Bellissen aux éditions Pocket 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/36373-d... • 📚 Du côté des Indiens de Isabelle Carré aux éditions Grasset 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/1049059... • 📚 Marx dans le jardin de Darwin de Ilona Jerger aux éditions Pocket 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/1049681... • • 🐝 Chinez & découvrez nos livres coups d’coeur dans notre librairie en ligne ❤ 👉🏻 lagriffenoire.com • 📺 Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • 👀 Notre Newsletter 👉🏻 https://www.lagriffenoire.com/?fond=n... • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel
+ Lire la suite
autres livres classés : lascauxVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2636 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre