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EAN : 9791028106683
Éditeur : Bragelonne (16/10/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Par l’auteure de Block 46, traduit dans 20 pays.
[Sång] : nom fém. En suédois, signifie « chanson ». En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés. Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rej... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  31 octobre 2019
Le tableau est idyllique, de la neige, belle et silencieuse, celle du Grand Nord à peine foulée. le froid qui bleuit les doigts, même celui des cadavres. L'air frais de la Suède, et de belles suédoises pour faire frémir le caleçon. Mais oublions, le temps d'un roman, ces saunas où mon état vaporeux se prélasse dans une fantasmagorie des plus libidineuses. Car la réalité est nettement plus sanguine. Cruelle même, affreuse, abjecte. Une vision d'horreur.
Petite revue en détail de l'équipe, petit déj de présentation genre café noir et brainstorming, de quoi broyer du noir. Emily Roy, la profileuse qui semble partager sa vie entre Londres et cette région suédoise, Alexis Castells, écrivaine spécialisée dans les crimes en série, le commissaire Bergström et son équipe aux noms bien suédois, et la jeune Aliénor Lindbergh, autiste Asperger qui complète l'équipe de ses incroyables connaissances… Ça en fait du monde à suivre, pour un troisième épisode pour qui n'a pas lu les précédents - j'en fais partie. C'est d'ailleurs mon seul reproche, cette difficulté à intégrer l'équipe et à comprendre leur rôle respectif, n'ayant pas abordé auparavant les précédents opus.
Revenons à Aliénor qui en plein de mois de décembre, voit son père et sa mère poignardés à plusieurs reprises, langues coupées post-mortem, pantalons baissés. Sa grande soeur a subi le même sort dans sa propre chambre. Pause, je vais aller poser une gerbe.
Entre ces cadavres suédois sur fond de neige et de PMA, se mêlent des chapitres concernant les orphelinats espagnols du temps de Franco, humiliations et tortures, pour ces enfants, enfants d'opposants et de traîtres au régime bien nommé. Bien sûr, tu t'en doutes, un lien restera à faire entre ces deux ambiances, mais la partie espagnole montre bien l'horreur des dictatures. Pause, je vais aller poser une seconde gerbe. En souvenir. D'ailleurs, à propos de souvenir, il y a eu plusieurs langues coupées ces derniers temps, un tueur en série ou un boucher…
Le rythme de l'épisode est soutenu, peu de temps morts, le temps du polar nordique est bien maîtrisé. Pas le temps de s'ennuyer entre deux verres ou deux chapitres, courts comme de bons shots réchauffant de vodka suédoise. Bon sur ce, moi, je vais aller me faire mousser, une petite blonde dans un sauna m'attend, une brune mousseuse y dévoile ses arômes.
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bilodoh
  02 mars 2020
Ce n'est pas un polar nordique. Malgré son nom, l'autrice est française, d'origine catalane, mais elle doit à son époux le patronyme suédois.

L'intrigue est tout aussi métissée, des enquêteurs britanniques en Suède pour un crime qui a un rapport avec l'Espagne franquiste, puisque dès le départ les chapitres alternent entre la Suède contemporaine et les prisons espagnoles.

Si les crimes de 2016 sont odieux, les chapitres concernant l'Espagne sont difficiles à supporter. Des pelotons d'exécution, une femme enceinte qu'on éventre pour en retirer un bébé qu'on a tué aussi, le terrible sort les femmes violées qu'on exécute après leur accouchement, leurs bébés qui seront placés dans des institutions, des abus sadiques envers ces enfants rendus orphelins par les assassinats politiques.

Un bon polar, mais j'ai regretté de ne pas avoir lu d'abord les deux tomes précédents. J'ai eu du mal à démêler les personnages principaux qui sont peu décrits, Emily la profileuse, Alexis qui se marie, Olofsson, Bergström et Mona la jeune policière, sans compter la famille d'Aliénor, etc. Ce début laborieux a un peu pour moi gâché le plaisir de lecture.
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Saiwhisper
  22 mars 2020
Quel plaisir de replonger dans une oeuvre de Johana Gustawsson ! Cette dernière m'avait déjà conquise avec « Block 46 » et « Mör », car elle mélangeait subtilement Histoire et enquête grâce à une double narration mêlant le passé et le présent. Dans ses ouvrages mettant en scène les mêmes enquêtrices que dans « Sång », l'auteure avait confronté ses héroïnes à des affaires remontant en 1944 dans le camp de concentration de Buchenwald ainsi qu'à personnages malsains et intelligents nés « dans l'ombre de Jack l'Éventreur » ! Cette fois-ci, l'intrigue va trouver des liens avec le Franquisme. Ce choix m'a plu, car il m'a permis de plonger dans une période espagnole que je connaissais peu et que je n'avais pas l'habitude de croiser en littérature. Cela dit, ce que j'ai lu m'a à la fois révoltée, écoeurée et terrifiée ! L'horreur humaine est vraiment bien retranscrite, que ce soit pour la pauvre Teresa et sa famille ou encore pour la jeune Gordi. C'était glaçant ! Certes, on est sur de la fiction toutefois celle-ci est basée sur des actes historiques ainsi que des faits réels ignobles. Attention aux âmes sensibles, car vous ne serez pas épargnées ! Je vous déconseille cet écrit, si vous êtes mal à l'aise avec les thématiques de la guerre civile, des viols, de la violence et de la pédophilie.
Une fois encore, l'auteure a su judicieusement ficeler son enquête (même si j'ai trouvé certains points tirés par les cheveux lors du dénouement…). La tension augmente crescendo et se voit alimenter par un rythme soutenu grâce à la narration alternée ainsi que des chapitres courts. de ce fait, je suis rentrée rapidement dans le livre et j'ai tourné les pages avec intérêt. Malgré leur dureté, les chapitres dédiés aux protagonistes espagnols étaient ceux qui m'interpelaient le plus. Il me tardait d'arriver à comprendre quel lien il y avait entre ces scènes barbares du passé et ce meurtre multiple de la famille d'Aliénor. Était-ce quelqu'un qui en voulait à la jeune recrue Asperger ? Un membre de la famille était-il spécifiquement visé ? Y avait-il un secret de famille derrière tout ça ? Pourquoi les victimes avaient-elles la langue coupée ? Tant de questions (auxquelles d'autres s'ajoutent) m'ont hanté durant ma lecture… J'ai réellement apprécié me retrouver aux côtés d'Aliénor, Emily et Alexis pour les élucider ! Les retrouver toutes les trois m'a fait plaisir. Certes, on ne peaufine pas leur personnalité toutefois, les choses avancent, notamment pour Alexis qui est en plein préparatifs de mariage. J'ai néanmoins quelques réserves sur ce trio : une personne qui n'a pas lu les opus précédents est-elle réellement capable de les apprécier ? J'avais déjà un doute en lisant « Mör »… Et j'en ai encore plus maintenant ! À mon sens, il est primordial d'avoir lu au préalable au moins l'une des enquêtes pour apprécier « Sång ». Sans cela, je pense qu'il n'y aura pas d'attachement pour les héroïnes qui sont peu décrites. Pire : le lecteur sera peut-être perdu entre tous les personnages qu'il devra apprendre à connaître en même temps…
En plus de toucher au Franquisme, cette publication va aborder une thématique qui semble me poursuivre dans mes lectures du moment : l'infertilité et le désir d'enfanter grâce à la PMA. En voyant le sujet arriver, j'ai serré les dents, car je craignais que cela prenne autant de place que dans « Un mur entre nous » de Caroline Corcoran. Heureusement, ce n'est pas le cas ! Johana Gustawsson a très bien su doser cet élément avec les autres points qu'elle a abordé. Un cocktail osé, sensible et addictif ! En outre, ce choix est expliqué de façon touchante à travers ses remerciements (origines catalanes et vie personnelle)… Un troisième opus qui est donc bouleversant, fluide, plaisant et intéressant, à condition d'avoir découvert au moins l'un des deux autres polars de l'auteure. Une ambiance différente, mais encore une réussite.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Soukiang
  20 octobre 2019
Après Block 46 et Mör, je ne vous pas cache combien l'impatience de retrouver deux des personnages féminins les plus captivants de ces dernières années dans l'univers du thriller, cette attente fut proportionnelle à la succession des saisons, entre la profileuse Emily Roy et l'écrivaine Alexis Castells, les enquêtes prennent des tournures inédites autant qu'intrigantes, une narration qui ne trahit pas le lecteur à le projeter dans les vestiges de l'histoire avec un grand H, le spectre de la mort hante les fantômes, la violence jette son dévolu sur le monde et transforme radicalement les êtres humains, irréversiblement et irrésistiblement la destinée s'en trouve percutée à jamais, l'horloge biologique continue pourtant de tourner et de résonner à travers les affres du temps, les compteurs sont remis à zéro, balle au centre, SÅNG poursuit un cycle dépeignant les ravages du passé mais pas seulement, la découverte d'un triple meurtre dans une villa suédoise va ouvrir une boîte de Pandore, c'est un peu l'effet papillon qui agira comme un feu nourri de haines et de rancunes, pour les protagonistes à la merci de révélations, quitte à puiser dans leur ressources mentales, quitte à expurger des zones d'ombre, ils comprendront que la fatalité et les effets destructeurs prendront un nouveau sens.
La force de l'écriture de Johana Gustawsson réside dans la pluralité des thématiques qu'elle harmonise de façon magistrale, comme de jeter plusieurs ingrédients dans un plat afin d'obtenir l'attente miraculeuse à la première cuillerée, ni trop peu ni trop plein, tout doit être méticuleusement doser pour trancher dans le vif du sujet, susciter de l'émotion quand on ne s'y attend pas, un contexte géographique et une sincérité dans la reconstitution d'une époque pour le moins de sinistre mémoire, cette Espagne de Franco n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre et de sang, d'autres auteurs se sont essayés avec succès à raviver un pan méconnu mais indispensable pour comprendre une nation limitrophe à la France, ce n'est pas un hasard si l'auteure ayant des origines catalanes l'a choisie comme le fil rouge pour son troisième roman.
Et dans la tourmente des événements actuelles qui touchent Barcelone, si Sang est certainement un thriller dans la forme, il pourrait trouver un écho supplémentaire dans le fond, le titre éponyme dont vous trouverez la traduction en quatrième couverture est plus subtile que la première impression pourrait laisser supposer.
Peu importe que vous ayez ou non lu les précédentes enquêtes du duo improbable Roy/Castells, une chose est sûre, rien ne vous fera perdre le nord représentée par la Suède ou l'Angleterre, vous connaissez déjà le sud évoqués plus haut, des chapitres courts impriment une sensation de vitesse, c'est parfois vertigineux, souvent d'une puissance décuplée que de ressentir progressivement cette boule au fond de l'estomac, d'éprouver une empathie croissante, à redonner un visage à ces personnages oubliées dans la barbarie humaine, le poids de l'héritage et du dévouement, cette redoutable et impitoyable faucheuse n'est jamais loin, il serait réducteur de s'arrêter à cette alternance pour trouver des clés au regard des réflexions multiples, une histoire qui se décline à plusieurs niveaux, des interrogations ancrées dans la réalité quotidienne interpellent les consciences, sans dévoiler plus avant certains thèmes majeurs, la récurrence de constater la cruelle désillusion devant l'impuissance, à se donner les moyens de créer plutôt que de détruire, la renaissance des âmes prend une ampleur démesurée lorsque la résistance égrène ses dernières volontés.
Un suspense qui ne ménage pas le lecteur devant la cadence imposée par la fulgurance des surprises que l'auteure se gardera bien de révéler jusqu'au bouquet final, émouvant et si profondément ... humain.
Dévorer un thriller dirigé de main de maître par une plume incisive, tant dans ses descriptions cliniques des scènes de crime que des portraits d'êtres pourtant de chair et de sang, c'est l'assurance de catalyser des énergies dans l'axe temporelle pendant la lecture, l'ascenseur émotionnel emprunte des voies détournées, le résultat n'en demeure que plus jouissif, ne pas s'étonner si le roman fait moins de 300 pages pour le constater, comme si l'auteure condensait le meilleur dans l'intensité narrative, on avance l'image de rester scotcher devant l'écran, c'est un peu le pendant ici avec SÅNG, chaque mot se voudra un choix judicieux pour peser dans la balance des vivants et des morts, les blessures secrètes ensablent les réactions, les cris muets renferment des âmes à l'orée de leur détresse, ce qui ramène au paradoxe, des scènes de joie remplacent d'autres plus intimistes ou d'une tristesse insondable, j'évoque souvent l'impermanence des choses quand rien n'est garanti, ni les apparences trompeuses, ni la quête personnelle identitaire venant enfreindre des lois universelles, plus qu'un suspense maîtrisée de bout en bout, Sang risque de vous assommer par la solennelle musique imprégnant chaque page, la personnalité unique d'Emily Roy et Alexis Castells évite de noircir davantage un tableau peu reluisant d'une frange de l'humanité ainsi que de lire une énième enquête de meurtres multiples, de subir encore toutes la panachée des codes intrinsèques propre au genre, la recherche des indice ou l'analyse brillante reprises à maintes reprises, donner une voix c'est ne pas oublier et rendre hommage, de graver définitivement dans la pierre ce qui peut surpasser la simple épitaphe sur une tombe.
Dans cette atmosphère baignant dans la tourmente de l'histoire, des épreuves du sang mêlées à toutes les exactions possibles et inimaginables, quand le pire de l'horreur cohabite avec l'innocence perdue et meurtrie, l'auteure n'oublie pas de soulever et défendre certaines valeurs essentielles comme la famille et la solidarité bienveillante, des liens filiaux qui se forgent au fil des années, unis dans la complicité et dans l'amour des siens, SÅNG peut se révéler comme une ode à la liberté, une antidote à la bêtise humaine.
Afin que la douce et mélodieuse musique de la vie puisse continuer de vibrer, dans le coeur de chacun, des vivants comme des disparus.
SÅNG est disponible dans toutes les bonnes librairies, son éditeur Bragelonne, sous la supervision de sa directrice de la collection Thriller, Lilas Seewald, fait désormais parti du paysage incontournable du thriller français et à l'international, une des rares auteures françaises à être traduites dans plus de 20 pays, ce n'est pas surprenant de savoir que tous ses livres feront bientôt l'objet d'une adaptation cinématographique.
Pour les passionnés du genre de plus en plus nombreux, comment continuer à prendre du plaisir dans les thrillers en invitant la grande histoire à enlacer la petite ?
Par le talent d'une plume gagnant encore plus en maturité si c'était possible, par le prisme des personnages criants de vérité et de leur essence humaine, ils sont juste envoûtants et addictifs pour vouloir les retrouver avec un plaisir non dissimulé, par des séquences d'une brutalité inouïe, par le prisme du miroir de l'histoire, l'être humain recèle des ressources inavouées et Johana Gustawsson le prouve une fois de plus avec ce thriller exceptionnel dont la couverture symbolise la souffrance et l'espérance, tout un programme !
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gruz
  02 novembre 2019
En moins de quatre ans, Johana Gustawsson est devenue une auteure incontournable dans le monde du roman noir. Ce troisième roman ne fera qu'asseoir sa position, pour preuve il est sorti en langue anglaise peu avant la version française (sous le titre : Blood song). Pour un écrivain « frenchy », c'est une destinée exceptionnelle, amplement justifiée.
Si vous n'avez pas encore lu ni rencontré la lumineuse Johana, vous avez raté votre vie (de lecteur), comme dirait l'autre ;-).
Sång porte bien son nom, en version originale suédoise (chanson), comme avec son extrapolation française. Oh, je ne parle pas de roman gore, certaines scènes sont violentes mais ce n'est pas la seule raison.
Dans son formidable second thriller (Mör), les lecteurs ont rencontré le touchant personnage d'Aliénor Lindbergh, autiste Asperger analyste à Scotland Yard. La voilà touchée en plein coeur par cette nouvelle affaire.
L'occasion de réunir à nouveau le duo exceptionnel que forment l'écrivaine Alexis Castells et la profileuse Emily Roy. Des personnages de papier que Johana Gustawsson connaît maintenant sur le bout des doigts posés sur son clavier, et qui font déjà partie de l'imaginaire collectif des amateurs de romans noirs.
Autre livre, autre ambiance. Les personnages sont connus, mais l'atmosphère et le rythme sont dictés par l'endroit. La Suède n'est pas Londres. Et les réminiscences de l'Espagne de Franco encore moins…
Car oui, l'écrivaine la plus cosmopolite du paysage français aime jouer sa partition entre passé et présent, en soufflant le chaud et le froid (et pas seulement pour des raisons de différence de climat).
Sång est un thriller davantage dans la mouvance scandinave. Mais ce sentiment est régulièrement contrebalancé par la brutalité des scènes espagnoles et l'horreur des exactions durant la période franquiste.
Avec ce roman, Johana Gustawsson a mis ses tripes sur la table. Ce n'est pas la première fois, mais c'est d'autant plus prégnant. Ses origines catalanes y sont pour beaucoup, mais pas seulement…
L'écrivaine parle indirectement de ses racines, mais aussi de thématiques fortes et récurrentes. Dont celles liées aux enfants et à l'enfantement. Avec un ton qui sonne vrai, toujours avec subtilité.
C'est vrai, sentiment tout personnel, je lui ai préféré Mör, qui pour moi est presque parfait. Mais ça n'enlève rien aux très belles qualités de Sång.
L'intrigue est prenante, les rebondissements ahurissants parfois. Et puis (surtout ?), il y a ces personnages atypiques qui pour certains contrebalancent l'hyper émotion des faits par une certaine froideur. Ça rend la lecture émotivement saillante.
Des coups de scalpel au coeur, mis en valeur par la qualité de l'écriture et à l'effet accentué par ce profond sentiment de tristesse qui émane de ces pages.
Sång prouve qu'on peut rester sur une même ligne tout en se renouvelant. Ambiance différente, mais émotions fortes garanties. Johana Gustawsson écrit du noir, mais surtout de l'humain.
Lien : https://gruznamur.com/2019/1..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 octobre 2019
- Lennart souhaiterait, nous souhaiterions, précisa Emily, que tu nous parles des conflits et des tensions qui existaient entre vous, ou avec des tiers.
Elle s'avança sur sa chaise et posa ses mains près de celles d'Aliénor.
- Tu t'en sens capable ?
- Je commence par qui ?
- Qui tu veux.
- Je commence par moi, alors. J'ai causé beaucoup de problèmes à ma famille avant qu'on découvre mon autisme. Mes parents ne comprenaient pas pourquoi je réagissais différemment. Je n'étais pas comme mon frère et ma soeur, ni comme mes camarades de classe, les enfants des amis de mes parents ou ceux des voisins.
Aliénor pencha la tête sur le côté ; ses yeux voyageaient dans le temps.
- Mon père m'a beaucoup grondée lorsque j'étais enfant, parce que je ne comprenais pas ce qu'il me demandait. Ni ce qu'il me reprochait. Maman me supportait difficilement. Si elle était là, elle dirait que je mens. Mais c'est vrai. Ma soeur me défendait. Elle tolérait ma différence. Louise aimait cette différence. Et elle m'aimait malgré ça. Lorsque, à mes douze ans, Owe Edwardson, mon professeur d'histoire, a suggéré que je souffrais du syndrome d'Asperger, puis que les médecins ont corroboré ce diagnostic, mes parents se sont montrés bien plus patients. Comme m'a dit Louise, ils avaient enfin un manuel qui leur expliquait comment interagir avec moi. Ça devenait plus facile pour eux. Mon autisme a crée beaucoup de tensions et de disputes dans notre famille.
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mimo26mimo26   14 octobre 2019
Suède, Falkenberg, hôtel Strandbaden,

samedi 3 décembre 2016, midi.



Alexis Castells remplit son verre et celui de sa mère de bière de Noël.

— Bon Dieu, qu’il est bon, ce saucisson ! C’est fait avec quoi ? demanda goulûment Mado Castells en avalant sa troisième tranche.

— Tu es sûre que tu veux savoir, maman ?

— Je te préparais des beignets de cervelle de mouton quand tu étais petite et on mange bien du lapin, alors croquer du Bambi ne me fait pas peur. Dis-moi ce que c’est.

— De l’élan.

— Voilà, madame Eklund.

Dans deux semaines, Alexis deviendrait « Mme Stellan Eklund », comme la taquinait sa famille. Pourtant, ils s’unissaient selon la mode suédoise et Stellan prendrait le patronyme d’Alexis. M. Stellan Castells, véritable poster boy du multiculturalisme ! Le père d’Alexis était fou de joie : son gendre embrassait si bien l’héritage catalan de la famille qu’il le gravait sur son arbre généalogique.

Mado termina son assiette et s’offrit une nouvelle tournée à la julbord, le traditionnel buffet de Noël proposé par les restaurants suédois à l’approche des fêtes de fin d’année.

Leur matinée mère-fille au marché d’Halmstad avait été joviale et légère, avec une dégustation de glögg, le typique vin chaud sucré et saupoudré de raisins secs et d’amandes effilées. Mado avait acheté quantité de bougies et de décorations de Noël en s’amusant par avance de la réaction de Bert, son mari, quand viendrait le moment de faire les valises. De toute façon, les kilos de sassenage et de morbier apportés de France pour Alexis et sa belle-famille avaient laissé suffisamment de place dans leurs bagages.

— C’est très sympathique, cette tradition, en tout cas, concéda Mado en trempant une saucisse dans de la moutarde de Västervik. C’est comme des tapas de Noël, tu ne trouves pas ? Bon, c’est moins raffiné que chez nous, mais ce n’est tout de même pas mauvais.

— Tu crois que tu arriveras un jour à les complimenter, ces pauvres Suédois ? Ça fait un peu snob, non, de toujours critiquer leur bouffe ?

— Snob, ta mère ? Moi qui collais des affiches pour le Parti communiste ! Toi, alors, tu m’en sors de belles !

Une bourrasque fouetta la baie vitrée.

Mado sursauta.

Le vent jouait avec la mer ; des brassées de vagues mousseuses titubaient avant de s’écraser contre la jetée.

— Tu vas t’installer ici définitivement, je le sais bien…

Le ton de Mado portait le caractère tragique d’un verdict.

Alexis se raidit. Garde ton calme, se sermonna-t-elle.

— M’an… C’est plus facile pour moi de venir vivre en Suède, tu le sais bien. Je peux écrire mes livres partout, mais le business de Stellan est avant tout scandinave ; ce serait impossible pour lui de travailler depuis Londres. Leur entreprise avec Lena est ici, tu comprends ?

Alexis caressa le visage de sa mère. Mado blottit sa joue dans la paume de sa fille.

— Je conçois que ce soit compliqué pour vous de venir à Falkenberg, continua Alexis, mais tu as toujours trouvé Londres tentaculaire et intimidante. Falkenberg est une ville à taille humaine…

Mado se dégagea de l’étreinte d’Alexis.

— Oui, bon, d’accord, mais passer de plusieurs millions d’habitants à vingt mille, ça va te faire un choc. Encore, si c’était Stockholm, je me dirais, ma foi… Mais Falkenberg ? Autant t’enterrer vivante. Et puis, avec toi, je n’ai pas le temps de m’habituer qu’il y a déjà un autre changement…
— Oh, maman, arrête, enfin ! J’ai passé plus de dix ans à Londres !

La patience d’Alexis s’érodait déjà. Elle se tapa mentalement sur les doigts.

— Bon, d’accord, d’accord… Explique-moi ce qui te dérange vraiment. Il y a un problème avec Stellan ?

— Non, pas du tout, répondit Mado, le regard vissé à son assiette.

Alexis eut soudain la sensation que les rôles s’inversaient. Ou peut-être pas. Les mères avaient certainement le besoin et le droit d’être rassurées par leurs grands enfants…

— C’est… la culture scandinave, Alexis… Elle est à mille lieues de la nôtre… C’est… plein de petites choses… Ils sont flegmatiques, impassibles, limite coincés, alors que nous autres, Méditerranéens, on est communicatifs, spontanés, pour ne pas dire démesurés. Chaque fois que j’ouvre la bouche, ils sursautent ! Comme si j’étais une extraterrestre exubérante ! Ils ont une sorte de tiédeur qui me donne envie de leur coller des baffes, tiens ! Non, mais c’est vrai, il est bizarre, ce peuple… Prends seulement l’exemple de ce dessin animé avec le canard, là, comment il s’appelle ?

— Donald.

— Non, le dessin animé…

— Kalle Anka.

— Oui, voilà. Tous les 24 décembre, le même dessin animé, à la même heure et depuis plus d’un demi-siècle ! Tu te rends compte ? Sans parler de ce pain sec qu’on te met à table et qu’il faut tartiner de beurre et de fromage pour espérer lui donner du goût ! On dirait des galettes de paille ! On ne le filerait même pas aux poules, chez nous ! Et leur obsession du golf… Bref, c’est ton choix…

— Et moi qui pensais que tu passais un bon moment…

— Si tu me disais que tu fais tout ça parce que vous comptez avoir des enfants, là, je comprendrais, poursuivit sa mère sans l’entendre.

Ah, voilà. Mado avait craché le morceau. On arrivait enfin au cœur du problème. Alexis, presque quarantenaire, et sans enfant. Rien de pire, pour Mado Castells, que de laisser le sacro-saint utérus en jachère. La femme se réalisait et se révélait dans la maternité. La femme était mère avant tout. Et mère louve, s’il vous plaît. Donc, après avoir sorti l’utérus, mesdames, sortez les dents !

Alexis étala du beurre sur un morceau de knäckebröd qui se brisa dans sa main.

— Tu vois ! Qu’est-ce que je te disais ? De la paille, ce truc !

— Oh, arrête, m’an ! Tu ne vas pas me sortir la rengaine francofrançaise sur la baguette, si ?

— Je n’en ai même pas besoin ! claironna Mado en repoussant du bout des doigts les miettes de pain azyme.

Alexis soupira.

L’après-midi allait être long. « Comme un jour sans pain », aurait ajouté sa mère.
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le_Bisonle_Bison   24 octobre 2019
Olofsson détailla les jambes de Birgit moulées dans un legging en vinyle.
- Eh ben ! Madame a déjà retrouvé la ligne, dis donc !
- Te fais pas d'illusions, Olofsson, je porte une gaine. Dès que je me mets à poil, ma peau ressemble à de la glace fondue qui s'échappe d'un cornet : mon ventre fait tablier et je pourrais me passer les nichons en écharpe. C'est pas l'éclate.
- Oh, putain, l'angoisse ! Faut te remettre au sport illico.
- Pour l'instant, le seul sport que je pratique est en chambre, et c'est déjà une sacrée prouesse, crois-moi.
- T'as chié trop de mioches, Pedrén.
- Ne m'en parle pas. Je t'en file un, si tu veux. Ou deux.
- Tu me fais tellement de peine que je pourrais presque dire oui !
La légiste sourit et lui tira la joue comme à un enfant polisson.
- Hej, Birgit ! Comment tu vas ? lança le commissaire en déboulant dans la salle d'autopsie.
Olofsson se redressa, bomba son torse bodybuildé et scella ses lèvres pour effacer toute trace de sourire.
- Ah, merci, Lennart ! Enfin quelqu'un qui se préoccupe de la mère ! On me demande toujours comment vont les gamins, en oubliant qu'accessoirement c'est moi qui les ai pondus par un trou pas plus gros qu'un dé à coudre. Quelle idée à la con, quand même !
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le_Bisonle_Bison   30 octobre 2019
Olofsson dissimula un bâillement derrière son poing.
Une réu à sept heures du mat’, c’était violent. Surtout lorsqu’on avait fermé l’œil à quatre heures passées. Il fallait vraiment qu’il s’accorde une nuit de sommeil en solo ; sinon, il ne tiendrait pas le choc, vu la tournure des évènements.
Il n’avait jamais assez de Mona. C’était bizarre, d’ailleurs. Il n’avait jamais ressenti ça, ce besoin irrépressible d’être avec une fille. Toute la journée, il luttait pour ne pas penser à elle, pour ne pas revisiter les images qu’ils créaient ensemble, la nuit. Il pourrait passer tout son temps à contempler Mona. A la regarder jouir. Sourire. Rire. Manger. Se préparer, se vêtir, se dévêtir, et même dormir. Ouais, dormir : il adorait le pli boudeur qui ourlait ses lèvres et la ride qui apparaissait entre ses yeux. Bon sang… il devenait complètement fleur bleue. Mou du cerveau. Mais toujours dur du…
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le_Bisonle_Bison   27 octobre 2019
Cette putain de dictature, quand même ! On n'aura jamais fini de laver le sang qu'a fait couler Franco. Et ce putain de pacte du silence... Gauche comme droite, à poser des couches de béton sur les cadavres, à oublier les crimes de guerre, alors qu'il aurait fallu creuser, punir, réparer. Et pas seulement le pays, mais toute notre histoire, tout notre héritage. On n'a pas eu notre Nuremberg, nous, ici ; Franco est mort en serrant la main de Juan Carlos. Le roi est mort. Vive le roi.
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Video de Johana Gustawsson (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Johana Gustawsson
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Sortie en AVRIL 2016 !
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Falkenberg, Suède. le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d'une femme. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d'enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie... En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu'aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.
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