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ISBN : 9782226229717
Éditeur : Albin Michel (01/08/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.34/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Il faut se méfier des enfants sages. Ils portent parfois en eux des océans de désespoir.

Une fillette, qui semble avoir vécu l’enfance ordinaire des années 1960, cache secrets et blessures.
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Symphonie
  17 janvier 2014
A quoi bon vivre quand on craint à ce point d'être soi-même ? A quoi bon rester en vie lorsque l'on se sent rejetée par ses parents, sa grande soeur, son oncle et les élèves de sa classe ?
La narratrice est une fillette de douze ans surnommée " La petite " . du désamour de ses parents, elle se replie sur elle-même, ne parle quasiment plus depuis le décès de son grand-père, la seule personne qui savait lui porter un tant soit peu d'affection. Aussi, afin de rompre son isolement, à défaut d'avoir une véritable amie, La petite s'en invente une qu'elle baptise Laure. Cependant, l'arrivée d'une certaine Bernadette, nouvelle élève dans sa classe, va lui donner un regain d'espoir. Bernadette est une fille dénuée de charme, ce qui la rend précieuse aux yeux de la petite, vêtue de chemisiers démodés, les oreilles décollées et portant d'épaisses lunettes.
Et que ne ferait t-on pas pour garder une amie ? Aussi, La petite n'hésite pas à voler de l'argent à sa mère, pour satisfaire la gourmandise toujours grandissante de Bernadette.
Ce court récit ( 147 pages ) de Michèle Halberstadt peut paraître naïf au premier abord, cependant, je l'ai perçu comme un message que la narratrice tente de transmettre : la détresse d' une fillette de 12 ans en mal d'amour et d'amitié, dont la peur des réprimandes prend une proportion titanesque. Même si l'on doute qu'une fillette de cet âge puisse songer au suicide, l'auteure nous laisse entrevoir le mal-être d'une enfant fragilisée et influançable par manque d'amour.
Une écriture fluide, des mots simples, profonds pour exprimer le désarroi de l'enfance.

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Commenter  J’apprécie          309
araucaria
  25 octobre 2016
Un très beau roman au style fluide, à l'écriture très agréable. L'auteur donne la parole à une enfant en grande souffrance psychologique, isolée et incomprise par sa famille. L'analyse psychologique est très fine. Ce livre est vrai, rien n'y est exagéré, rien ne sonne faux. Un roman qui pourrait aider les lecteurs à comprendre le mutisme des enfants que les parents ne considèrent pas, ne regardent pas. Il ne s'agit pas ici d'une maltraitance physique, mais bel et bien d'une maltraitance psychologique qui peut conduire à l'irréparable. Un ouvrage d'une grande sensibilité que je conseille.
Commenter  J’apprécie          290
Sharon
  09 août 2012
J'ai beaucoup aimé ce livre - je sens que ce commentaire lapidaire ne va pas beaucoup vous aider.
Dès la première ligne, l'enjeu est donné : la toute jeune narratrice, âgée de douze ans, tente de se suicider et met tout en oeuvre pour réussir ce qu'elle a entrepris. Nous sommes dans les années soixante, ces années où le bonheur peut se résumer à la réussite matérielle et à l'ambition qu'ont les parents que leurs enfants auront une vie meilleure - en l'occurrence, leurs deux filles. Dans ce contexte, la "petite" ne peut rien dire des tourments qui l'habitent, tout simplement parce que personne ne peut la comprendre. La seule personne qui aurait pu le faire est morte, et même de cette morte, la "petite" a été dépossédée, puisqu'elle a été tenue à l'écart. En voulant la protéger, comme on le faisait à l'époque (et comme certaines familles le font toujours), ses parents ont nié la possibilité de sa douleur et l'ont mise à l'écart. Elle est et restera "la petite".
Le livre est aussi l'occasion de nous dresser un instantanée des enseignants de cette époque, pas même de manière satirique, non un constat devant des formules toutes faites et une impossibilité à se remettre en cause. Effrayant, mais juste, y compris quand j'étais élève.
Présenté ainsi, vous pourriez croire que le livre sonne comme daté. Il n'en est rien, la souffrance est intemporelle, ce sont les manières de réagir qui ancrent ce texte dans un contexte particulier. L'écriture, limpide, précise, fait que je n'ai pas vu passer ses presque 150 pages - le temps d'une renaissance ? La "petite" est presque trop lucide dans ce texte, et j'aime à penser qu'il s'agit là d'un texte rétrospectif, et donc la preuve qu'elle s'en est sortie - définitivement.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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Sando
  30 août 2011
Elle n'a que douze ans et pourtant, celle que l'on surnomme « la petite », est résolue à mettre fin à ses jours. Oh, il ne s'agit pas là d'un simple coup de tête, encore moins d'un geste, certes stupide mais efficace, pour attirer l'attention sur elle. Non, bien au contraire. « La petite » a tout organisé pour sauver les apparences…
Elle commence sa journée d'école presque normalement, seule sa pâleur inhabituelle inquiète son professeur et lui vaut un passage à l'infirmerie. Mais, même là, elle ne dit rien du mal qui la ronge. Elle l'accepte, sereine, presque pressée. Face à la froideur de sa mère, elle se tait toujours. du haut de ses douze ans, la jeune adolescente est déterminée.
Qu'est-ce qui peut pousser une enfant si jeune à vouloir mettre fin à ses jours ? Est-ce la mort prématurée d'un grand-père tant aimé ? le poids d'un vide indicible qui la ronge ? Peut-être est-ce l'indifférence générale avec laquelle on la traite, simplement parce qu'elle n'est que « la petite » ? Ou encore l'ombre oppressante d'une soeur adulée mais impossible à égaler et l'impression d'être toujours celle qui déçoit ? Et si c'était l'implacable solitude qui étreint ceux et celles qui sont un peu différents ?
La voix de « la petite » est un savoureux mélange de fragilité et de force. Déterminée, elle nous fait partager un regard mature sur son monde, mais aussi très naïf. Son interprétation des choses reste celle d'une enfant de douze ans et ne correspond pas toujours à la réalité. Il y a donc énormément de tendresse à suivre cette petite fille qui, malgré un acte désespéré, s'avère pleine de fraîcheur et de vie. L'écriture de Michèle Halberstadt est très agréable, à la fois juste et intelligente et m'a offert un bon moment de lecture.
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yv1
  25 août 2011
Le roman est court (148 pages) et ne tombe pas dans la psychologie de comptoir -merci, merci. Il est bien écrit : les extraits que je cite sont assez représentatifs du style de l'auteure : clair, net, rapide, franc et direct. J'aime bien lorsque les écrivains vont au coeur des choses et de leurs personnages rapidement, sans tergiverser, même si parfois tergiverser n'est pas mal non plus.
A la lecture, j'ai eu l'impression du regard d'une adulte sur ce qu'elle eut pu être et ce qu'elle eut pu faire adolescente. Une sorte de mise au point sur une idée -ou un passage à l'acte- des années plus tôt. Pas forcément une autobiographie, mais une vieille pulsion enfouie depuis des années qui remonte à l'esprit, et qui loin d'inciter au passage à l'acte fatal, incite à l'acte de création artistique, littéraire pour le coup. (Ouah ! Là, je crois que je suis super bon sur ces dernières phrases, peut-être totalement à côté de la plaque -mais seule Michèle Halberstadt peut me contredire ou au contraire me dire que j'ai raison-, mais mon analyse -qui se rapproche très dangereusement de la psychologie de comptoir que je dénonçais juste au-dessus- me plait bien. Alors je la garde.)
Roman pas révolutionnaire mais sensible, juste, touchant avec une petite héroïne attachante à qui l'on aimerait dire qu'elle a encore plein de choses à dire et à accomplir et que la solution qu'elle choisit nous privera de sa charmante compagnie.
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critiques presse (1)
Lexpress   12 septembre 2011
Michèle Halberstadt signe un roman sur la fin de l'enfance, raconté par une enfant de 12 ans sans pour autant tomber dans la caricature.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
SymphonieSymphonie   18 mars 2014
La radio met à portée d'imaginaire un monde en noir et blanc dont vous êtes libres d'inventer les couleurs, les contours, les reliefs. Comme elle ne parle à personne en particulier, elle vous incite à croire que c'est à vous seul qu'elle s'adresse.
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yv1yv1   25 août 2011
J'ai douze ans, et ce soir, je serai morte.
Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que Maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école.
Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce qu'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître. (p.11)
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yv1yv1   25 août 2011
Il était facétieux, impérial. Il comprenait tout et je pouvais lui confier des secrets effrayants dont il n'aurait pas songé à se moquer. Il ne jugeait pas, ne condamnait jamais et, mis à part les bonnes manières sur lesquelles il était intransigeant, il avait la pardon facile (p.37)
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babounettebabounette   29 novembre 2012
Il faut se méfier des enfants sages. Ils portent parfois en eux des océans de désespoir.
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araucariaaraucaria   25 octobre 2016
Depuis ma première année d'école, je m'étais rendue à l'évidence : je ne serais jamais jolie. Je n'avais aucun des traits réguliers que décrivent les romans. Ni le nez délicat, ni les pommettes saillantes, ni le front haut, ni la bouche ourlée, ni les yeux en amande, ni la chevelure soyeuse. Mon nez plutôt droit était doté d'une bosse qu'en ruinait le profil. Mon front assez haut ne servait qu'à souligner un strabisme divergent que des lunettes rondes ne pouvaient cacher. Mes oreilles étaient décollées, mon menton pointu, mes dents mal plantées. Je ressemblai à ce que j'étais : une enfant banale.
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Videos de Michèle Halberstadt (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michèle Halberstadt
La petite - Michèle Halberstadt .« J'ai 12 ans ce soir et je serai morte » Méfiez-vous des enfants sages
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