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EAN : 9782070377169
176 pages
Éditeur : Gallimard (12/03/1986)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Le narrateur, un écrivain autrichien, trouve à son arrivée aux États-Unis un mot de sa femme lui interdisant de la revoir. Il lui obéit, la fuit à travers les États-Unis sans cesser de s'interroger sur elle et sur lui-même et en la tenant indirectement au courant de ses déplacements. Lorsque la jeune femme, qui n'a cessé de le poursuivre, finit par le rejoindre, le couple parvient de façon inattendue et spectaculaire au bout de la haine amoureuse et se réconcilie av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  12 août 2019
Un autrichien aux États Unis.....Un asocial arrogant au Pays des faux sociables,
" Et malgré mon désir d'être attentif et ouvert à ce qui m'entourait, j'évitais pourtant aussitôt quiconque venait à ma rencontre sur le trottoir, mécontent des autres visages, plein de mon vieux dégoût pour tout ce qui n'était pas moi-même."
Il a reçu une courte lettre de sa femme, qui a aussi débarqué aux E.U. et disparut, qui lui écrit simplement de ne pas la chercher. Lui écrivain, il y est en vagabond intello et cultivé, avec trois milles dollars en poche pour un voyage oisif......
Un road-movie en deux parties dont la forme est empruntée au septième art, et le fond s'appuie sur le western et le roman policier, le titre du récit faisant allusion à " The long good-bye" de Raymond Chandler. ( titre français " Sur un air de Navaja"),
Dans la première partie, "La courte Lettre", solitaire, introverti, l'angoisse existentielle du narrateur se déploie sur tout ce qu'il voit, regarde et observe.
Alors que dans la deuxième, "Un long adieu", il s'ouvre à autrui et aspire à changer d'identité.
Bref, énoncé comme cela, ça semble simple mais l'oeuvre de Handke est complexe, pas toujours facile à suivre dans ses réflexions. Il est souvent dans cet " AUTRE TEMPS", son espace à lui, où enfin débarrassé de sa nature toujours en proie à ses accès et à ses mesquineries, il voit plus clair, alors que nous lecteurs et lectrices beaucoup moins.

C'est un écrivain insolite, comme ses deux compatriotes Thomas Bernhard et Elfride Jelinek. Ce roman qu'il qualifie "d'un roman de formation trompe-l'oeil ", est en effet trop court et aucune moral ressort du parcours du narrateur, pour en être un vrai. Pourtant ce voyage en terre inconnu ( en fin de compte pas si inconnu que ça ) aux périples et secousses divers, sera bel et bien pour lui la voie d'une reconstruction de soi. Il atteindra une dépersonnalisation relative à laquelle il aspirait pour remettre les compteurs à zéro et quitter sa relation compliquée avec son Moi, " ce n'est pas de la compagnie que je désirais, c'était de ne plus me retrouver sur mon chemin". L'Amérique, où comme dit John Ford à leur rencontre, magnifique passage vers la fin du livre " Nous les américains, nous disons "nous".... Nous n'avons pas de relations aussi solennelles avec notre moi que vous", sera le catalyseur pour sa réconciliation avec ce Moi, son enfance et son mariage compliqués.
C'est un livre intéressant riche en références littéraires et cinématographiques, en rêves bizarres, en observations et réflexions intéressantes et même redoutables, qui bousculent notre zone de confort, comme celui du "couple d'amoureux", au début de la deuxième partie, "Un long adieu", où il nous relate superbement la complexité des relations humaines. Ce que nous béatifions ou voyons comme utopie souvent s'il s'avérait réel , peut se révéler malsain. Malheureusement le passage est trop long pour le mettre ici en citation.
Peter Handke n'est pas un auteur pour tous les goûts, mais si vous aimez les défis, êtes curieux ou curieuses, je vous le conseille.
Merci beaucoup Ambages, sans toi je ne l'aurais probablement pas lu, et ca aurait été trés dommage !
"Peut-être connaît-tu des gens...qui veulent toujours réduire tout ce qu'ils voient, même ce qu'il y a de plus étonnant, à un concept, qui veulent le dompter par une formulation et cessent ainsi de l'éprouver . Ils ont des mots pour tout."
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Ambages
  24 mai 2019
« Une courte lettre... » de rupture de Madame
Un narrateur, européen, arrive aux États-Unis et apprend, par le petit mot de son épouse laissé à son intention lors de son arrivée à l'hôtel qu'elle ne veut plus le voir. Ce n'est pas qu'elle ne désire plus ; non, elle ne veut plus ! Au fil de la lecture on comprend que c'est allé très loin entre eux, jusqu'aux coups. Donc elle ne veut plus rien, sauf peut-être le tuer ?
J'avoue que je partais, en commençant ce roman, sur une idée préconçue (rupture, tristesse, désir, envie, souvenirs, regrets...) et qu'au fil des pages j'ai été très surprise car Peter Handke, en laissant parler cet homme va nous faire découvrir une partie de sa vie, comment il voit et ressent les choses depuis son enfance «  (…) je laissais en même temps monter le souvenir en moi. », mais également il évoque de nombreuses différences entre les sentiments des Européens et ceux des Américains, y compris vis-à-vis de leur pays.
C'est beaucoup plus que l'histoire d'une séparation d'un couple qui est presque passée au second plan, c'est surtout l'évolution du narrateur lui-même qui est évoquée au travers de son périple américain
« ...pour un long adieu » de Monsieur avec lui-même
« A Saint Louis, j'avais à ce point été déshabitué de moi-même que je ne savais que faire de moi. Seul avec moi, je me sentais de reste. » Il m'a semblé qu'il avait dit au revoir à ses souffrances enfantines, à sa manière d'être hors du reste des hommes, à son sentiment d'une existence sans prise avec le monde réel. « Est-il donc toujours nécessaire que je me mette en représentation pour qu'on remarque mon existence ? » C'était un homme en dehors de lui et ce voyage va lui faire prendre conscience de certaines choses, le faire changer.
J'ai eu du mal pendant les premières pages avec ce roman et puis la magie est passée et j'ai refermé le livre ravie de cette découverte très dense, prenante et qui interroge beaucoup sur nous-même finalement.
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Pirouette0001
  21 mai 2018
Véritable "road movie" à travers les Etats-Unis que nous offre là Peter Handke, auteur autrichien, nous racontant le parcours à partir de New-York ... d'un écrivain autrichien à la recherche de sa femme qui lui a laissé une lettre se résumant à une phrase en guise d'adieu. Il la cherche et peut-être est-ce l'inverse. Comme d'habitude chez cet auteur, rien n'est fait pour faciliter la route du lecteur. C'est lent, il y a beaucoup d'indicible, comme pourrait l'être une ballade de JJ Cale. Cela ressemble parfois aux errances des personnages de Vila-Matas. Il est question de cinéma aussi et de musique. Il y a la présence, troublante et quelque peu répulsive, de l'enfant de sa maîtresse. Et surtout, le héros est un anti-héros, loin d'être sympathique, faraud et autocentré.
Ce n'est donc pas la porte idéale à laquelle venir frapper si l'on veut découvrir l'univers si riche de cet auteur, car cela pourrait rebuter. Pour ceux qui connaissent déjà, c'est un jalon sûr à découvrir.
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5Arabella
  10 octobre 2019
Un homme fait un voyage aux USA. Nous ne saurons que très peu de choses de lui, il est Autrichien, en train de se séparer de sa femme. Une histoire visiblement passionnelle, entre amour et haine. Vient-il la rejoindre ? Veux-t-elle ou non le voir ? Ils s'évitent et se recherchent, de ville en ville, d'hôtel en hôtel, de souvenir en souvenir. Parviendront-ils à se rejoindre ? Quelle sera l'issue de cette rencontre ? Voilà comment est construit ce livre. Les souvenirs ou impressions de voyage du narrateur sont tous suspendus à ces interrogations, à cette historie de couple.
L'écriture de Handke, précise, au scalpel, au millimètre près, fait de ce récit un texte magnifique, d'un lyrisme qui vient paradoxalement d'une écriture qui semble descriptive et peu émotive au premier abord. le ressenti du narrateur se déroule devant nous comme les paysages américains à travers la vitre d'un bus, aride parfois, répétitif, ne prenant pas forcement sens à première vue. Un beau voyage que j'aurais envie de prolonger par la lecture d'autres textes de l'auteur.
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lafilledepassage
  12 décembre 2017
Voilà l'un des livres qui traine depuis trop longtemps dans ma bibliothèque … Un des livres que j'ai acheté à la (seule) librairie de la petite ville voisine, perdu dans les rayons au milieu des classiques imposés (quel mot détestable) par les professeurs de français.
C'est probablement la couverture qui m'avait séduite alors, le dessin un peu naïf d'une grosse cylindrée américaine, où un couple semble prêt à s'embrasser … ou à s'engueuler. Non pas qu'à l'époque j'étais passionnée par les voitures mais plutôt par l'Amérique, plus exactement par la perspective d'un ailleurs, d'une autre vie loin des mornes plaines de ma Belgique.
Eh bien, il a fallu que je m'accroche et je ne suis pas fâchée d'avoir enfin terminé ce roman.
Le propos – celui de la rupture entre un homme et une femme - est assez banal. Certes le traitement est particulier : il est beaucoup question du jeune homme (narrateur), assez peu de sa relation avec son amie dont on ne saura quasiment rien. Car oui, ce monsieur est avant tout un monstre d'égoïsme, qui s'écoute parler et n'a qu'une préoccupation : sa difficulté d'être au monde. Tout au long du roman, il se plaint en longues jérémiades et s'étend sur sa peur des autres, du monde, de la vie, sur son manque de repères dans cette Amérique des années septante bien loin de son Autriche natale, sur son incapacité à mener à bien des relations sociales.
C'est long, lourd, pénible. Voilà un livre dont je me séparerai sans regret …
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   11 août 2019
À côté du téléviseur était posée une cage où un canari donnait des coups de bec dans un os de seiche........Lorsque nous traversames le parking pour retourner à la voiture, je vis par- dessus le dos d'une colline un petit nuage mince qu'éclairait encore le soleil derrière elle. Il était si blanc ce nuage au-dessus de la colline sombre redevenue une simple surface plate, que je vis d'abord sans le vouloir dans le ciel un os de seiche. Et tout à coup je compris comment des métaphores peuvent naître à partir des erreurs des sens et d'illusions optiques.
p.75
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Pirouette0001Pirouette0001   21 mai 2018
Maintenant les détenteurs du pouvoir ne sont plus les bienfaiteurs de l'humanité, tout au plus se comportent-ils en bienfaiteurs à l'égard d'individus isolés et ce ne sont plus que les pauvres, ceux qui n'ont ni moyens, ni pouvoir, qui imaginent des choses nouvelles. Seuls ceux qui pourraient changer quelque chose ne se posent jamais de questions et c'est ainsi que tout reste comme cela a toujours été.
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AmbagesAmbages   20 mai 2019
(...) Mais, en réalité, je suis sûr que tu n'as pas le sens du temps parce que tu n'as pas le sens d'autrui. » Elle répondait : « Non, ce n'est pas ça, seulement, voilà, je n'ai pas le sens de moi-même. (...)
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AmbagesAmbages   22 mai 2019
A Saint Louis, j'avais à ce point été déshabitué de moi-même que je ne savais que faire de moi. Seul avec moi, je me sentais de reste.
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Pirouette0001Pirouette0001   20 mai 2018
Nous ne nous embrassions pas encore, ne nous touchions pas même, mais déjà être l'un près de l'autre nous paraissait être un échange de tendresse.
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Videos de Peter Handke (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Découvrez l'entretien de Peter Handke, prix Nobel de littérature 2019, consacré au volume Quarto, "Les Cabanes du narrateur. Oeuvres choisies".
Depuis cinquante ans, Peter Handke bâtit une « oeuvre influente qui explore les périphéries et la spécificité de l'expérience humaine ». Embrassant toutes les formes de la littérature, elle présente comme constante une fidélité à ce qu'il est, c'est-à-dire un homme de lettres, un promeneur dont la création ne peut prendre forme que grâce à la distance propice, paradoxalement, à une plongée dans l'intériorité des personnages, à la description imagée et vivante de la nature, à l'attention au quotidien. Pierre angulaire du patrimoine littéraire d'Europe centrale, servie par un style tranchant et unique, cette écriture se définit par le besoin de raconter — faux départs, difficiles retours, voyages, etc. — la recherche d'une propre histoire, de la propre biographie de l'auteur qui se fond dans ses livres : « Longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde. » Cette édition Quarto propose au lecteur de suivre le cheminement de l'écrivain à travers un choix qui comprend des récits qui l'ont porté sur le devant de la scène littéraire dans les années 1970-1980 comme d'autres textes, plus contemporains, imprégnés des paysages d'Île-de-France, et reflets de son écriture aujourd'hui. Et, le temps d'une lecture, de trouver refuge dans l'une de ses cabanes.
En savoir plus sur l'ouvrage : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Les-Cabanes-du-narrateur
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