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Anne Gaudu (Autre)
EAN : 9782070374076
160 pages
Gallimard (01/10/1982)
2.85/5   158 notes
Résumé :
Un ancien gardien de but se croit licencié de l'entreprise où il travaille et il quitte tout. Son errance finit par se transformer en vraie fuite après qu'il a étranglé une caissière de cinéma. Il va se livrer à de gratuites et dangereuses extravagances, jusqu'au jour où il assiste à un match de football au cours duquel le gardien de but réussit à arrêter un penalty : sa peur va alors être jugulée. Cet itinéraire intérieur, aux fausses allures de roman policier, per... >Voir plus
Que lire après L'angoisse du gardien de but au moment du penaltyVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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Dans le même registre, on tirera meilleur profit à lire Un homme qui dort de Georges Perec (ou toute la production de Jacques Sternberg, distillateur d'un absurde enchanteur).
L'un, pas le novateur de l'homme endormi, vous plongera dans une torpeur pélagique, l'autre éveillera en vous un enchantement insoupçonné.
A déconseiller enfin particulièrement aux amateurs de fouteballe (qui, de toute façon, lisent assez peu).
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Un livre court mais d'une grande densité. le personnage principal, Joseph Bloch est un ancien footballer, gardien de but, qui a visiblement joué à un haut niveau et qui garde toujours de l'intérêt pour ce sport et des liens dans ce milieu. Il travaille actuellement en tant que monteur. Persuadé qu'on vient de le licencier, à partir d'un indice tenu, il erre ici ou là, sans but apparent. Il finit, sans l'avoir décidé, par commettre un meurtre : il étrangle une jeune femme avec qui il a passé la nuit. Il décide de fuir dans un village près de la frontière, où une de ses relation est gérante d'auberge. Là aussi il se ballade sans but, entre perceptions exacerbées, surinterprétations du moindre événement, impulsions incontrôlables, et une sorte d'inquiétude inexprimable. Un match de football termine le livre.

Le personnage principal du roman, Bloch ne renvoie que peu de choses au lecteur, il semble être une sorte de regard qui observe avec une espèce d'acuité pathologique les objets, les décors, en donnant la sensation d'être extérieur à ce qu'il voit, et qui n'a pas de véritable signification, où alors cette dernière s'est perdue en route pour le personnage, qui essaie désespéramment de la retrouver, par exemple en nommant les choses. Mais les noms peuvent devenir interchangeables et trompeurs. Il reste à la surface, comme si les choses et les êtres étaient sur des planètes différentes et inaccessibles, sans véritable réalité. Où alors, c'est la réalité de Bloch qui s'est dissoute en chemin, et le monde qu'il essaie de pénétrer lui renvoie cette défaillance. On pense à un moment à une entrée possible du personnage dans une forme de schizophrénie, on peut aussi évoquer l'idée d'un auteur qui essaie de pénétrer un monde à jamais hors d'atteinte, dans une tentative vouée d'avance à l'échec de l'enfermer dans des mots. Les deux peuvent coexister, comme d'ailleurs d'autres interprétations sans doute.

Une expérience étrange et dérangeante, pas forcément gratifiante de prime abord pour le lecteur, mais ce n'est probablement pas le but de l'auteur. A tenter pour les téméraires et curieux.
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Il s'agit du récit des faits et gestes (dans une sorte de voix off) et du monologue intérieur d'un homme qui ne va pas bien dans sa tête. Bloch commence par tout quitter sans vrai raison (il croit avoir été licencié) puis, comme il a tué une caissière de cinéma, prend la fuite à l'autre bout du pays. Bloch se révèle plus qu'un peu dérangé, il a de sérieuses difficultés de communication avec tous ceux qu'il rencontre, il est obsédé par le moindre bruit, interprète et surinterprète tout, s'interroge pour pas grand-chose sur les convenances linguistiques, pour finalement réagir de façon inadaptée. le style est plutôt aride, la lecture laborieuse, à la fin, en dehors des 5 dernières pages (qui justifient le titre), je dois avouer que je n'ai lu qu'en diagonale tant je trouvais fastidieuse la description clinique des menus faits et gestes de Bloch, à la fois minimaliste et détaillée. Les pérégrinations et les pensées de Bloch sont passablement décousues ce qui enlève toute fluidité au texte. C'est pénible dès les premières lignes, et ça ne s'arrange pas au fil de la lecture car la paranoïa de Bloch ne fait qu'empirer. Si le but de l'auteur était d'écrire comme aurait pu le faire Bloch, c'est très réussi, mais c'est assez désagréable à lire. La chute donne son sens au texte, mais tellement tard que c'est difficile de l'apprécier, ce que j'aurais certainement fait s'il y avait eu une centaine de pages de moins !
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Bizarrement, c'est un des titres les plus connus de Peter Handke avec La Femme gauchère, mais, après lecture, ce n'est pas du tout mon préféré et, même plus, je ne le trouve pas emblématique de ce que l'on peut trouver chez cet auteur, véritablement hors du commun.
La traduction m'a déjà semblé moins léchée que d'habitude.
Mais c'est sans doute une impression d'absence de finitude de ce récit qui me l'a fait noter avec un bémol. Le quatrième de couverture ajoute même à l'histoire me semble-t-il.
La situation est à la limite de l'absurde : un ancien gardien de but reconverti en employé d'une entreprise, perd son boulot et va commencer une errance avant tout névrotique. Il ressent tout de manière exponentielle, étranglera au passage une caissière de cinéma et, je ne dévoile rien puisque le quatrième de couverture le révèle avant moi, ses déambulations chaotiques iront jusqu'à assister à l'arrêt par un autre gardien de but d'un pénalty concédé à l'équipe adverse. Comment détricoter les fils du quotidien qui nous paraissent emmêlés sans raison. La réponse est étonnante.
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Une nouvelle étape dans le labyrinthe de Peter Handke.
Cette fois-ci, Bloch, le protagoniste, ancien gardien de but de football, part à la dérive. Il quitte son boulot, ou est viré (ce n'est pas clair), erre dans la ville, recherche une femme, la tue, et part pour la campagne, le long de la frontière, où il connaît la gérante d'un hôtel. On dirait qu'il fuit, mais il n'a pas le comportement cohérent du fugitif. Au contraire, il se fait remarquer, se bagarre. Il commence à se sentir traqué, probablement à tort. Les pensées de Bloch commencent à se déliter, à déformer les faits, à devenir incohérentes. Bloch débloque, si j'ose dire.
Tout cela nous est raconté par une voix off, qui décrit aussi bien les actes de Bloch que ses pensées. C'est ce qui est étrange et fascinant chez Handke. Il décrit les événements de façon apparemment réaliste, voire froide, et il en ressort une sorte d'indétermination, voire de mystère. C'est probablement très juste. Serions-nous capables de dire de façon certaine la vérité sur tous nos actes? Nos actions ne nous échappent-elles pas dans une certaine mesure? Voilà semble-t-il ce que Handke tente de saisir et de nous montrer.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Un penalty fut accordé. Bloch vit tous les joueurs qui reculaient les uns après les autres hors de la limite des onze mètres. L'avant-centre installa le ballon. Puis il recula à son tour.
« Quand l’avant-centre prend le départ, involontairement, juste avant le tir, le gardien de but indique avec son corps la direction dans laquelle il va se jeter et l’avant-centre peut shooter tranquillement dans l'autre, dit Bloch. Le gardien de but pourrait aussi bien essayer de crocheter une serrure avec un brin de paille. »
Soudain l’avant-centre prit le départ. Le gardien de but, qui portait un pull-over jaune vif, resta droit et immobile, l’avant-centre lui tira le ballon dans les mains.
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On aurait dit que les détails encombrants salissaient et déformaient totalement les personnages et le décor où était leur place. On pouvait lutter en les nommant un par un et en employant ces dénominations pour injurier les personnages eux-mêmes. Le patron derrière le comptoir, on pouvait le traiter de cendrier, et on pouvait dire à la serveuse qu'elle était un trou dans le lobe de l'oreille.
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Tout ce qu'il voyait était frappant, littéralement. Les images ne paraissaient pas naturelles mais comme faites exprès pour vous. Elles servaient à quelque chose.
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Un penalty fut accordé. Bloch vit tous les joueurs qui reculaient les uns après les autres hors de la limite des onze mètres. L'avant-centre installa le ballon. Puis il recula à son tour.
« Quand l’avant-centre prend le départ, involontairement, juste avant le tir, le gardien de but indique avec son corps la direction dans laquelle il va se jeter et l’avant-centre peut shooter tranquillement dans l'autre, dit Bloch. Le gardien de but pourrait aussi bien essayer de crocheter une serrure avec un brin de paille. »
Soudain l’avant-centre prit le départ. Le gardien de but, qui portait un pull-over jaune vif, resta droit et immobile, l’avant-centre lui tira le ballon dans les mains.
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De retour dans le village, dans son hôtel, dans sa chambre. Onze mots en tout, pensa Bloch soulagé. Il entendit l'eau d'une baignoire qu'on vidait au-dessus de lui; en tout cas il entendit un gargouillement, puis un bruit de succion et pour finir un sifflement.
Il venait sans doute de s'endormir quand il s'éveilla de nouveau. Au premier instant, il lui sembla qu'il était séparé de lui-même. Il nota qu'il était couché dans un lit. Intransportable! pensa Bloch. Le monstre! Il avait lui-même la sensation d'une transformation soudaine. Il ne concordait plus; tout tranquille qu'il était, il n'était rien qu'une mascarade et une corvée; si flagrant et si voyant dans cet état qu'il ne pouvait se rabattre sur aucune image comparable. Tel qu'il était là, il était quelque chose de lubrique, d'obscène, d'incongru, une véritable agression; enterrer! pensa Bloch, enfouir, écarter! Il crut éprouver le contact désagréable avec lui-même, mais s'aperçut que c'était simplement sa conscience de lui-même qui était si forte qu'il la ressentait comme un toucher sur toute la surface de son corps; comme si la conscience, comme si les pensées étaient devenues agressives, méchantes, brutales envers lui-même! Il restait là, sans défense, incapable de résister; l'intérieur retourné à l'air d'une façon écoeurante; étranger, non, mais odieusement autre.
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Videos de Peter Handke (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Découvrez l'entretien de Peter Handke, prix Nobel de littérature 2019, consacré au volume Quarto, "Les Cabanes du narrateur. Oeuvres choisies".
Depuis cinquante ans, Peter Handke bâtit une « oeuvre influente qui explore les périphéries et la spécificité de l'expérience humaine ». Embrassant toutes les formes de la littérature, elle présente comme constante une fidélité à ce qu'il est, c'est-à-dire un homme de lettres, un promeneur dont la création ne peut prendre forme que grâce à la distance propice, paradoxalement, à une plongée dans l'intériorité des personnages, à la description imagée et vivante de la nature, à l'attention au quotidien. Pierre angulaire du patrimoine littéraire d'Europe centrale, servie par un style tranchant et unique, cette écriture se définit par le besoin de raconter — faux départs, difficiles retours, voyages, etc. — la recherche d'une propre histoire, de la propre biographie de l'auteur qui se fond dans ses livres : « Longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde. » Cette édition Quarto propose au lecteur de suivre le cheminement de l'écrivain à travers un choix qui comprend des récits qui l'ont porté sur le devant de la scène littéraire dans les années 1970-1980 comme d'autres textes, plus contemporains, imprégnés des paysages d'Île-de-France, et reflets de son écriture aujourd'hui. Et, le temps d'une lecture, de trouver refuge dans l'une de ses cabanes.
En savoir plus sur l'ouvrage : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Les-Cabanes-du-narrateur
+ Lire la suite
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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