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Anne Gaudu (Autre)
EAN : 9782070374076
160 pages
Éditeur : Gallimard (01/10/1982)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Un ancien gardien de but se croit licencié de l'entreprise où il travaille et il quitte tout. Son errance finit par se transformer en vraie fuite après qu'il a étranglé une caissière de cinéma. Il va se livrer à de gratuites et dangereuses extravagances, jusqu'au jour où il assiste à un match de football au cours duquel le gardien de but réussit à arrêter un penalty : sa peur va alors être jugulée. Cet itinéraire intérieur, aux fausses allures de roman policier, per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  08 novembre 2019
Un livre court mais d'une grande densité. le personnage principal, Joseph Bloch est un ancien footballer, gardien de but, qui a visiblement joué à un haut niveau et qui garde toujours de l'intérêt pour ce sport et des liens dans ce milieu. Il travaille actuellement en tant que monteur. Persuadé qu'on vient de le licencier, à partir d'un indice tenu, il erre ici ou là, sans but apparent. Il finit, sans l'avoir décidé, par commettre un meurtre : il étrangle une jeune femme avec qui il a passé la nuit. Il décide de fuir dans un village près de la frontière, où une de ses relation est gérante d'auberge. Là aussi il se ballade sans but, entre perceptions exacerbées, surinterprétations du moindre événement, impulsions incontrôlables, et une sorte d'inquiétude inexprimable. Un match de football termine le livre.
Le personnage principal du roman, Bloch ne renvoie que peu de choses au lecteur, il semble être une sorte de regard qui observe avec une espèce d'acuité pathologique les objets, les décors, en donnant la sensation d'être extérieur à ce qu'il voit, et qui n'a pas de véritable signification, où alors cette dernière s'est perdue en route pour le personnage, qui essaie désespéramment de la retrouver, par exemple en nommant les choses. Mais les noms peuvent devenir interchangeables et trompeurs. Il reste à la surface, comme si les choses et les êtres étaient sur des planètes différentes et inaccessibles, sans véritable réalité. Où alors, c'est la réalité de Bloch qui s'est dissoute en chemin, et le monde qu'il essaie de pénétrer lui renvoie cette défaillance. On pense à un moment à une entrée possible du personnage dans une forme de schizophrénie, on peut aussi évoquer l'idée d'un auteur qui essaie de pénétrer un monde à jamais hors d'atteinte, dans une tentative vouée d'avance à l'échec de l'enfermer dans des mots. Les deux peuvent coexister, comme d'ailleurs d'autres interprétations sans doute.
Une expérience étrange et dérangeante, pas forcément gratifiante de prime abord pour le lecteur, mais ce n'est probablement pas le but de l'auteur. A tenter pour les téméraires et curieux.
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Pirouette0001
  14 juin 2016
Bizarrement, c'est un des titres les plus connus de Peter Handke avec La Femme gauchère, mais, après lecture, ce n'est pas du tout mon préféré et, même plus, je ne le trouve pas emblématique de ce que l'on peut trouver chez cet auteur, véritablement hors du commun.
La traduction m'a déjà semblé moins léchée que d'habitude.
Mais c'est sans doute une impression d'absence de finitude de ce récit qui me l'a fait noter avec un bémol. Le quatrième de couverture ajoute même à l'histoire me semble-t-il.
La situation est à la limite de l'absurde : un ancien gardien de but reconverti en employé d'une entreprise, perd son boulot et va commencer une errance avant tout névrotique. Il ressent tout de manière exponentielle, étranglera au passage une caissière de cinéma et, je ne dévoile rien puisque le quatrième de couverture le révèle avant moi, ses déambulations chaotiques iront jusqu'à assister à l'arrêt par un autre gardien de but d'un pénalty concédé à l'équipe adverse. Comment détricoter les fils du quotidien qui nous paraissent emmêlés sans raison. La réponse est étonnante.
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chartel
  09 septembre 2014
J'ai découvert Peter Handke avec ce magnifique petit roman au titre étonnant, "L'angoisse du gardien de but au moment du penalty". Pour ceux qui aiment le foot et la littérature, autant prévenir, on n'y parle pratiquement pas de football. On sait simplement que le personnage principal, un certain Bloch, suivi tout le long du récit par le narrateur, était gardien de but. Il y est au contraire beaucoup question d'angoisse. Nous la ressentons admirablement par une identification du narrateur au personnage. Nous percevons les pensées de Bloch, nous l'accompagnons dans ses multiples sensations et ses brusques changements d'humeur. le plus remarquable dans ce roman est la perception sonore. Bloch est une oreille ultrasensible. Son environnement nous est surtout donné par les sons et les paroles, des plus virulentes aux plus infimes. Bloch devait être un bon gardien de but, à l'affût du moindre geste, du moindre signe annonciateur d'un danger ou d'une frappe. Plus que son errance, c'est le portrait quasi intérieur de Bloch qui impressionne dans ce récit.
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pleasantf
  09 juin 2017
Les deux premières phrases contiennent en germe tout ce qui va suivre dans ce roman. Dans la première, Bloch, autrefois célèbre gardien de but, est informé qu'il est congédié. Dans la seconde, Handke précise que c'est ainsi que Bloch interprète le fait qu'une seule personne lève les yeux sur lui lorsqu'il pénètre là où les ouvriers font la pause.
Le livre est l'histoire d'un homme qui a perdu la clé pour décoder les signes en provenance de la réalité, qui souffre de perturbations dans l'interprétation du monde extérieur, ce qui crée une sensation de panique et d'angoisse. De nombreux passages du roman montrent le personnage pris dans une confusion de ses perceptions (le bruit des cloches vient-il du film qu'il regarde ou de la réalité ?), dans des hallucinations et des déformations de la réalité qui ont sur lui un impact émotionnel disproportionné (par exemple dans le passage où il découvre des mouches sous un oreiller). Il a perdu la clé des code sociaux : il aborde les autres sans raison, il fait des gestes sans se rendre compte qu'ils seront interprétés d'une certaine façon. Dans le même temps, il fait preuve d'une attention anormale aux détails, d'une hypertrophie des perceptions , comme par exemple lorsqu'il remarque les grains de poussière frappant les vitres du tram. Son comportement est souvent bizarre et incohérent et bascule même dans la folie lorsque pris d'une impulsion subite, il tue la caissière de cinéma qui l'avait invité chez elle. Néanmoins le comportement de Bloch garde une part de rationalité : après le meurtre de la caissière, il fuit avec une certaine logique. Il quitte la capitale et part aux marges du pays pour un village frontalier où habite une ancienne amie. L'écriture simple, froide, clinique et très dense de Handke convient parfaitement à son sujet.
On peut se demander quelle est l'intention réelle de l'auteur dans ce livre. On pourrait voir en Bloch une métaphore de l'homme contemporain ou du moins de Handke lui-même, en écrivain inadapté au monde, seul, en butte à l'hostilité de ses congénères (dans le roman, plusieurs scènes de bagarres dans lesquelles Bloch est mêlé), un peu dans la lointaine continuité de Kafka. Je ne suis pas sûr que cela soit son intention première. Handke cherche à décrire par les mots un état psychique de malaise et de peur et s'interroge sur la difficulté du langage à refléter la réalité, sur son sens réel lorsqu'il est si souvent soumis à des rituels, sur la charge de sens que les mots portent en eux sans que nous en ayons conscience, sur les quiproquos et les larges marges d'interprétation laissées par le langage.
Lire ce roman peu épais avec attention permet de bien en saisir toutes les nuances et subtilités.
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marko59
  23 juillet 2020
Le titre de ce roman m'a longtemps intrigué mais repoussé à tort en pensant qu'il y était question de football. Alors qu'il s'agit avant tout d'une tentative d'illustration littéraire de l'expérience d'un morcellement schizophrénique. Il propose de pénétrer dans l'esprit d'un personnage en rupture avec le monde qui l'entoure et qui entame une errance pathologique. A moins qu'elle ne soit surtout existentielle à la façon de L'étranger de Camus qui lui sert manifestement de modèle. Fugue dissociative qui n'est pas sans rappeler Cosmos de Gombrowicz (écrit 3 ans avant) mais dans un registre beaucoup plus clinique, au scalpel, à travers une écriture en apparence réduite au miminum et quasi factuelle.
Le début du roman peut rebuter par cette extrême simplicité descriptive et narrative. Une sorte d'anti-style qui cherche à suivre les pas de cet homme qui à partir d'une interprétation probablement erronée de départ (il se croit licencié à son travail parce que ses collègues l'ont ignoré à son arrivée) va se mettre à trouver des signes dans chaque objet ou situation qu'il croise sur son chemin. Tout capte son attention, sans filtre. Et subtilement, progressivement, on sent la réalité basculer à travers des glissements sémantiques, le monde se désorganiser autour de lui alors même qu'il tente de le maîtriser. Il entre également en collision avec les autres par ses différentes tentatives inadaptées d'entrer en communication. On le rejette, on le frappe. Et l'intrigue est d'autant plus étrange qu'il y sera question du meurtre d'une caissière de cinéma et de la disparition d'un enfant. Quel est son rôle dans tout ça? Je n'en dis pas plus... le titre fait référence à l'ancien métier de cet homme devenu depuis ouvrier sur un chantier et à la manière dont cet écho à son passé permettra peut-être une résolution de la crise à l'arrivée. Mais c'est surtout une métaphore de son angoisse existentielle. Handke fait le portrait d'un schizophrène mais surtout d'un homme qui dans une situation extrêmement stressante et déréalisante se met à observer le monde avec une acuité tellement puissante qu'elle l'exclut d'une société dont les codes apparaissent par contraste encore plus fous que lui-même.
C'est une expérience de lecture très troublante et que je recommande
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
marko59marko59   23 juillet 2020
De retour dans le village, dans son hôtel, dans sa chambre. Onze mots en tout, pensa Bloch soulagé. Il entendit l'eau d'une baignoire qu'on vidait au-dessus de lui; en tout cas il entendit un gargouillement, puis un bruit de succion et pour finir un sifflement.
Il venait sans doute de s'endormir quand il s'éveilla de nouveau. Au premier instant, il lui sembla qu'il était séparé de lui-même. Il nota qu'il était couché dans un lit. Intransportable! pensa Bloch. Le monstre! Il avait lui-même la sensation d'une transformation soudaine. Il ne concordait plus; tout tranquille qu'il était, il n'était rien qu'une mascarade et une corvée; si flagrant et si voyant dans cet état qu'il ne pouvait se rabattre sur aucune image comparable. Tel qu'il était là, il était quelque chose de lubrique, d'obscène, d'incongru, une véritable agression; enterrer! pensa Bloch, enfouir, écarter! Il crut éprouver le contact désagréable avec lui-même, mais s'aperçut que c'était simplement sa conscience de lui-même qui était si forte qu'il la ressentait comme un toucher sur toute la surface de son corps; comme si la conscience, comme si les pensées étaient devenues agressives, méchantes, brutales envers lui-même! Il restait là, sans défense, incapable de résister; l'intérieur retourné à l'air d'une façon écoeurante; étranger, non, mais odieusement autre.
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marko59marko59   23 juillet 2020
Lorsqu'il regardait dehors, il voyait un fragment de la place du marché avec un autobus scolaire; dans le café, il voyait à droite et à gauche des fragments de mur, d'un côté le poêle éteint sur lequel se trouvait un bouquet de fleurs, de l'autre côté un porte-manteau auquel était accroché un parapluie. Il aperçut un autre fragment avec le juke-box à travers lequel se promenait lentement un point lumineux qui allait s'arrêter devant le numéro choisi, près du juke-box le distributeur de cigarettes,encore un bouquet de fleurs dessus; puis un autre fragment avec, derrière le comptoir, le patron qui débouchait pour la serveuse près de lui une bouteille qu'elle posait sur la table roulante; et enfin un fragment de lui-même qui avait allongé ses jambes, avec ses chaussures mouillées, sales, et l'énorme cendrier sur la table, près du cendrier un vase à fleurs assez petit, et le verre de vin sur la table voisine à laquelle il n'y avait personne.
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MahaDeeMahaDee   30 décembre 2018
Un penalty fut accordé. Bloch vit tous les joueurs qui reculaient les uns après les autres hors de la limite des onze mètres. L'avant-centre installa le ballon. Puis il recula à son tour.
« Quand l’avant-centre prend le départ, involontairement, juste avant le tir, le gardien de but indique avec son corps la direction dans laquelle il va se jeter et l’avant-centre peut shooter tranquillement dans l'autre, dit Bloch. Le gardien de but pourrait aussi bien essayer de crocheter une serrure avec un brin de paille. »
Soudain l’avant-centre prit le départ. Le gardien de but, qui portait un pull-over jaune vif, resta droit et immobile, l’avant-centre lui tira le ballon dans les mains.
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5Arabella5Arabella   06 novembre 2019
On aurait dit que les détails encombrants salissaient et déformaient totalement les personnages et le décor où était leur place. On pouvait lutter en les nommant un par un et en employant ces dénominations pour injurier les personnages eux-mêmes. Le patron derrière le comptoir, on pouvait le traiter de cendrier, et on pouvait dire à la serveuse qu'elle était un trou dans le lobe de l'oreille.
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chartelchartel   07 septembre 2014
Il se réveilla dans sa chambre d’hôtel peu avant l’aube. A l’instant même, il ne pouvait plus rien tolérer. Il se demanda s’il ne s’était pas réveillé parce que, à un moment donné, ce moment précis peu avant l’aube, tout était devenu intolérable d’un seul coup. Le matelas sur lequel il était couché était enfoncé, les armoires et les commodes se tenaient très loin contre les murs, le plafond au-dessus de lui se trouvait à une hauteur intolérable. Le silence était si total dans la chambre à demi obscure, au-dehors dans le couloir et surtout au-dehors sur la route que Bloch n’y tint plus. Il fut pris d’une violente nausée.
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Vidéo de Peter Handke
Peter Handke, Roman Polanski, Woody Allen, Bertrand Cantat ... Faut-il distinguer l'oeuvre de l'artiste ? Assistons-nous à un tournant moraliste ? D'où se produit le jugement ? Peut-on juger des oeuvres de manière uniquement esthétique ? Existe-t-il vraiment un « camp du bien » ? Pour en parler Emmanuel Laurentin reçoit Gisèle Sapiro (Directrice de recherche au CNRS et directrice d'études à l'EHESS au Centre européen de sociologie et de sciences politique), Carole Talon-Hugon (philosophe, spécialiste d'esthétique et de philosophie de l'art) et Eloise Wagner (avocate en propriété littéraire et artistique).
Le Temps du débat d'Emmanuel Laurentin – émission du 10 décembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/temps-du-debat
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