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Anne Gaudu (Autre)
ISBN : 2070374076
Éditeur : Gallimard (01/10/1982)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Un ancien gardien de but se croit licencié de l'entreprise où il travaille et il quitte tout. Son errance finit par se transformer en vraie fuite après qu'il a étranglé une caissière de cinéma. Il va se livrer à de gratuites et dangereuses extravagances, jusqu'au jour où il assiste à un match de football au cours duquel le gardien de but réussit à arrêter un penalty : sa peur va alors être jugulée. Cet itinéraire intérieur, aux fausses allures de roman policier, per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Pirouette0001
  14 juin 2016
Bizarrement, c'est un des titres les plus connus de Peter Handke avec La Femme gauchère, mais, après lecture, ce n'est pas du tout mon préféré et, même plus, je ne le trouve pas emblématique de ce que l'on peut trouver chez cet auteur, véritablement hors du commun.
La traduction m'a déjà semblé moins léchée que d'habitude.
Mais c'est sans doute une impression d'absence de finitude de ce récit qui me l'a fait noter avec un bémol. Le quatrième de couverture ajoute même à l'histoire me semble-t-il.
La situation est à la limite de l'absurde : un ancien gardien de but reconverti en employé d'une entreprise, perd son boulot et va commencer une errance avant tout névrotique. Il ressent tout de manière exponentielle, étranglera au passage une caissière de cinéma et, je ne dévoile rien puisque le quatrième de couverture le révèle avant moi, ses déambulations chaotiques iront jusqu'à assister à l'arrêt par un autre gardien de but d'un pénalty concédé à l'équipe adverse. Comment détricoter les fils du quotidien qui nous paraissent emmêlés sans raison. La réponse est étonnante.
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pleasantf
  09 juin 2017
Les deux premières phrases contiennent en germe tout ce qui va suivre dans ce roman. Dans la première, Bloch, autrefois célèbre gardien de but, est informé qu'il est congédié. Dans la seconde, Handke précise que c'est ainsi que Bloch interprète le fait qu'une seule personne lève les yeux sur lui lorsqu'il pénètre là où les ouvriers font la pause.
Le livre est l'histoire d'un homme qui a perdu la clé pour décoder les signes en provenance de la réalité, qui souffre de perturbations dans l'interprétation du monde extérieur, ce qui crée une sensation de panique et d'angoisse. De nombreux passages du roman montrent le personnage pris dans une confusion de ses perceptions (le bruit des cloches vient-il du film qu'il regarde ou de la réalité ?), dans des hallucinations et des déformations de la réalité qui ont sur lui un impact émotionnel disproportionné (par exemple dans le passage où il découvre des mouches sous un oreiller). Il a perdu la clé des code sociaux : il aborde les autres sans raison, il fait des gestes sans se rendre compte qu'ils seront interprétés d'une certaine façon. Dans le même temps, il fait preuve d'une attention anormale aux détails, d'une hypertrophie des perceptions , comme par exemple lorsqu'il remarque les grains de poussière frappant les vitres du tram. Son comportement est souvent bizarre et incohérent et bascule même dans la folie lorsque pris d'une impulsion subite, il tue la caissière de cinéma qui l'avait invité chez elle. Néanmoins le comportement de Bloch garde une part de rationalité : après le meurtre de la caissière, il fuit avec une certaine logique. Il quitte la capitale et part aux marges du pays pour un village frontalier où habite une ancienne amie. L'écriture simple, froide, clinique et très dense de Handke convient parfaitement à son sujet.
On peut se demander quelle est l'intention réelle de l'auteur dans ce livre. On pourrait voir en Bloch une métaphore de l'homme contemporain ou du moins de Handke lui-même, en écrivain inadapté au monde, seul, en butte à l'hostilité de ses congénères (dans le roman, plusieurs scènes de bagarres dans lesquelles Bloch est mêlé), un peu dans la lointaine continuité de Kafka. Je ne suis pas sûr que cela soit son intention première. Handke cherche à décrire par les mots un état psychique de malaise et de peur et s'interroge sur la difficulté du langage à refléter la réalité, sur son sens réel lorsqu'il est si souvent soumis à des rituels, sur la charge de sens que les mots portent en eux sans que nous en ayons conscience, sur les quiproquos et les larges marges d'interprétation laissées par le langage.
Lire ce roman peu épais avec attention permet de bien en saisir toutes les nuances et subtilités.
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chartel
  09 septembre 2014
J'ai découvert Peter Handke avec ce magnifique petit roman au titre étonnant, "L'angoisse du gardien de but au moment du penalty". Pour ceux qui aiment le foot et la littérature, autant prévenir, on n'y parle pratiquement pas de football. On sait simplement que le personnage principal, un certain Bloch, suivi tout le long du récit par le narrateur, était gardien de but. Il y est au contraire beaucoup question d'angoisse. Nous la ressentons admirablement par une identification du narrateur au personnage. Nous percevons les pensées de Bloch, nous l'accompagnons dans ses multiples sensations et ses brusques changements d'humeur. le plus remarquable dans ce roman est la perception sonore. Bloch est une oreille ultrasensible. Son environnement nous est surtout donné par les sons et les paroles, des plus virulentes aux plus infimes. Bloch devait être un bon gardien de but, à l'affût du moindre geste, du moindre signe annonciateur d'un danger ou d'une frappe. Plus que son errance, c'est le portrait quasi intérieur de Bloch qui impressionne dans ce récit.
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marc_tlse
  27 juin 2015
Ce roman a deux vertus: un titre original et très long (très éloigné du sujet aussi) et un faible nombre de pages. Je me suis ennuyé de bout en bout.... c'est pire qu'un match de foot
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   30 décembre 2018
Un penalty fut accordé. Bloch vit tous les joueurs qui reculaient les uns après les autres hors de la limite des onze mètres. L'avant-centre installa le ballon. Puis il recula à son tour.
« Quand l’avant-centre prend le départ, involontairement, juste avant le tir, le gardien de but indique avec son corps la direction dans laquelle il va se jeter et l’avant-centre peut shooter tranquillement dans l'autre, dit Bloch. Le gardien de but pourrait aussi bien essayer de crocheter une serrure avec un brin de paille. »
Soudain l’avant-centre prit le départ. Le gardien de but, qui portait un pull-over jaune vif, resta droit et immobile, l’avant-centre lui tira le ballon dans les mains.
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chartelchartel   07 septembre 2014
Il se réveilla dans sa chambre d’hôtel peu avant l’aube. A l’instant même, il ne pouvait plus rien tolérer. Il se demanda s’il ne s’était pas réveillé parce que, à un moment donné, ce moment précis peu avant l’aube, tout était devenu intolérable d’un seul coup. Le matelas sur lequel il était couché était enfoncé, les armoires et les commodes se tenaient très loin contre les murs, le plafond au-dessus de lui se trouvait à une hauteur intolérable. Le silence était si total dans la chambre à demi obscure, au-dehors dans le couloir et surtout au-dehors sur la route que Bloch n’y tint plus. Il fut pris d’une violente nausée.
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MolloyMolloy   13 décembre 2016
Il lui coupa la parole et lui demanda à partir de quel chiffre elle comptait. [...] Bloch dit que depuis peu il avait pris l'habitude de compter à partir de deux: ce matin, par exemple, il avait failli se faire écraser par une voiture en traversant la route parce qu'il croyait avoir le temps avant la deuxième voiture; il n'avait pas compté la première tout simplement. La gérante répondit par une banalité.
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chartelchartel   07 septembre 2014
Ici il se trouvait à la lisière de la forêt, il y avait là-bas une cabine de transformateur, il y avait là-bas une laiterie, il y avait là-bas un champ, il y avait là-bas quelques silhouettes, il se trouvait à la lisière de la forêt là-bas. Il resta immobile au point de s’oublier lui-même. Puis il s’aperçut que les silhouettes dans le champ étaient des gendarmes avec des chiens.
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chartelchartel   07 septembre 2014
L’herbe sous le banc était encore humide de la rosée de la dernière nuit ; l’enveloppe en cellophane d’un paquet de cigarettes était couverte de buée. Il vit à sa gauche… Il y avait à sa droite… Il vit derrière lui… Il eut faim et poursuivit son chemin.
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Videos de Peter Handke (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Wim Wenders : "Les cinéastes sont des gentils gangsters" .Les dernières réalisations de Wim Wenders nous ont, dans l?ensemble, déçus. Raison de plus pour se replonger dans la première période du cinéaste allemand - sa meilleure ? grâce la reprise en salles de six films impeccablement restaurés: L?angoisse du gardien de but au moment du pénalty (1971, d?après le roman de Peter Handke), Faux mouvement (1974, une adaptation contemporaine de Goethe), les superbes road-movies Alice dans les villes (1973) et Au fil du temps (1975), le polar L?ami américain (1976, où tous les personnages de gangsters sont interprétés par des cinéastes !) et L?Etat des choses (Lion d?or à Venise en 1981, que le réalisateur présentait comme « l?ultime série B »). On y retrouve sa cinéphilie partageuse (avec de multiples hommages à John Ford et Fritz Lang), sa fascination pour l?Amérique, son goût du voyage et sa passion pour le rock. Wim Wenders était cette année le parrain de Toute la mémoire du monde, le festival international du film restauré organisé à la Cinémathèque française du 7 au 11 mars 2018. C?est là que qu?il s?est livré, avec beaucoup d?humour et d?émotion, à notre ludique interview sur papiers colorés. Entretien Samuel Douhaire Réalisation Pierrick Allain Télérama.fr - Mars 2018
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