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ISBN : 2290037532
Éditeur : Editions 84 (31/08/2011)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Lundi 6 décembre 1954, l'Académie Goncourt s'apprête à décerner son prix à Simone de Beauvoir. Comme chaque semaine, Gérard Cohen, garçon de courses chez Gallimard, se rend chez Louis-Ferdinand Céline qui vit à Meudon comme au purgatoire : le débutant se confronte alors au génie, l'adolescent au vieil homme et le juif à l'antisémite. Celui qui ne fut pas vraiment un martyr doit faire fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
XL
  08 février 2011
Grâce à Babelio et à L'Editeur, j'ai eu le plaisir de découvrir un très beau texte de Mikaël Hirsch, doublé d'un roman intéressant dont le sujet est moins Céline (ce que je croyais en raison de l'actualité, le cinquantième anniversaire de sa mort) que Paris et une balade passionnante à travers la culture des années 50, qui méritera une seconde lecture pour l'approfondir.
J'avais sélectionné le réprouvé dans la liste du programme Masse critique organisé juste avant Noël sur la base du résumé suivant :
Lundi 6 décembre 1954, l'Académie Goncourt s'apprête à décerner son prix à Simone de Beauvoir. Comme chaque semaine, Gérard Cohen, garçon de courses chez Gallimard, se rend chez Louis-Ferdinand Céline qui vit à Meudon comme au purgatoire : le débutant se confronte alors au génie, l'adolescent au vieil homme et le juif à l'antisémite. Celui qui ne fut pas vraiment un martyr doit faire face à celui qui ne fut même pas un bourreau. La '' visite au grand écrivain '' devient alors une remontée du fleuve, dans les méandres de la mémoire et les profondeurs de la jungle. Peinture du milieu littéraire des années cinquante, errance dans un Paris disparu, le réprouvé est un grand roman initiatique.
COUP DE COEUR
Si je m'attendais à un texte ardu, il n'en est rien. Fluide et agréable, sans poncifs, l'écriture invite le lecteur à suivre le fil d'Ariane que l'auteur déroule pour lui. Les tours et détours du narrateur sur sa moto sont l'occasion de merveilleuses pages d'errance descriptive dans un Paris disparu : les jardins du Palais royal, les pavillons des Halles, les usines de l'île Seguin, les remparts des faubourgs... L'histoire permet également d'entrer dans l'intimité de la maison Gallimard alors dirigée par Gaston, de sa rivalité avec Grasset avant qu'il ne soit racheté par Hachette et de la bataille renouvelée chaque année pour l'obtention du prix Goncourt. Leur garçon de course, Gérard Cohen, en sait tous les secrets et connaît in vivo la plupart des auteurs du prestigieux catalogue. Grâce à ses parents, il a vécu dès l'enfance dans le cercle étroit et la proximité réservée d'écrivains renommés. Tous ne l'impressionnent cependant pas au même titre que Louis Ferdinand Céline.
Demi-juif élevé dans l'absence de tradition religieuse mais obligé de se cacher sous la couverture d'un nom d'emprunt durant l'Occupation, il veut percer les raisons de la haine viscérale de l'antisémite radical. Craignant au début d'être trahi par des caractéristiques physiques révélatrices, il se laisse emporter peu à peu par l'intérêt que suscite, derrière le masque de l'écrivain fatigué, la personnalité du docteur Destouches.
De son côté, le misanthrope cinquantenaire, reclus volontaire à Meudon, s'habitue à la venue régulière du P'tit Gérard, porteur des missives de son éditeur. de retour d'exil, l'auteur de Voyage au bout de la nuit ne semble pas devoir retrouver un jour le chemin du succès. de nouveaux auteurs ont pris place sur la scène littéraire parisienne. L'année de la mort de Colette, l'élue de l'académie est Simone de Beauvoir pour Les madarins. Pourtant, le vieux fauve n'a rien perdu de sa vindicte et éclate en imprécations soudaines contre les jaunes, les rouges, les noirs... devant Gérard qui fait de ses visites contre-nature le terreau de sa maturation intellectuelle.
L'histoire rapporte les doutes et le cheminement du jeune homme - trop juif pour les uns, pas assez pour d'autres - qui tente de biaiser avec lui-même, ne se reconnaît d'aucune communauté et peine à ressentir un sentiment d'appartenance, mais aussi à se démarquer de sa famille et de son éducation.
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Socomplicated
  20 février 2011
J'arrive un peu tard pour dévoiler en exclusivité le scénario du livre reçu grâce à Masse Critique, le Réprouvé. Je ne vais donc pas remettre le résumé mais tenter de donner mon humble avis.
Pour moi, étudiante en métiers du livre, ce livre de Mikaël Hirsch, a été un moment de lecture riche en émotions et en informations d'autant plus que je l'ai lu dans le train qui me transportait dans la capitale.
J'ai suivi avec délectation les pérégrinations de Gérard Cohen, garçon de courses chez Gallimard le jour de la remise du Goncourt de 1954 à Simone de Beauvoir.
Ah la la que j'aurais rêvé d'être "garçon" de courses pour Gallimard à cette époque...et même toujours maintenant!
Avant de commencer la lecture, je pensais que la relation entre le narrateur et Louis-Ferdinand Céline aurait plus d'importance mais, en réalité, le roman est surtout centré sur le personnage principal, à savoir le jeune Gérard. Pour autant, aucune déception. le livre se lit facilement et rapidement (trop peut-être). On parcourt le Paris des années 50 à moto tout en s'imaginant très facilement les scènes, les lieux, les odeurs...Des bureaux des éditions Gallimard aux hôtels de passes en passant par les Halles au petit matin, c'est un véritable parcours initiatique qu'emprunte notre héros. le tout est en plus inscrit dans le monde de l'après-guerre dans lequel fourmillent les questionnements identitaires.
Merci à Babelio et à L'Editeur pour m'avoir permis de passer du temps dans le milieu littéraire des années 50 dans lequel se croisaient des figures de l'écriture presque mythiques pour moi. Rien que l'évocation de leurs noms à chaque page quasiment était un vrai régal.
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Drych
  22 septembre 2013
Un livre récent mais à la façon désuète des années cinquante. Certes, c'est bien écrit mais tellement classique que j'ai eu du mal à trouver la fièvre, la tension et les audaces dont on parle en quatrième page. L'ambiance mythique du monde littéraire du siècle passé et le parcours initiatique du narrateur sont plutôt sympathiques à qui aime la littérature, mais c'est presque une affaire de religion avec sa " Maison Gallimard". Sans cette dévotion aux grands écrivains du siècle passé, le texte perd beaucoup de son intérêt et en fin de compte, il n'en reste pas grand chose. Si vous êtes fascinés par ce milieu, je suppose que vous adorerez, moi je dois être trop réaliste.
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keisha
  11 décembre 2010
6 décembre 1954 : le Goncourt devrait être attribué à Simone de Beauvoir, pouliche de la maison Gallimard, où le jeune Gérard Cohen travaille comme coursier. "La rivalité est un jeu qui nous stimule et nous déride tous. C'est une guerre de positions à laquelle nous jouons dans un périmètre restreint, un champ de manoeuvre débordant sur deux arrondissements tout au plus. Chacun place ses pions, intrigue, rivalise de publicité et d'esbroufe. (...) C'est qu'il nous les faut ces récompenses en chocolat, ces satisfecit absurdes." "Les bandeaux rouges ont été imprimés voilà des semaines, en prévision."

Fils d'un père juif qui occupe un poste important chez l'éditeur Gallimard, et d'une mère non-juive, Gérard est en quelque sorte assis entre deux chaises."Je le serai toujours trop [juif] pour ceux qui ne le sont pas du tout et jamais assez pour ceux qui le sont tout à fait." Comble d'ironie, il a pour mission de porter le courrier chez les docteur Destouches (Céline, donc...), qui vit reclus à Meudon. Céline, antisémite notoire, qui accueille gentiment le "p'tit Gérard" dont il ignore le nom, et une relation ambigue se noue, Gérard oscillant entre dégoût et pitié.

Dans un tel milieu littéraire, Gérard se sent poussé à devenir écrivain, lui aussi, mais a-t'il le talent nécessaire? Sa décision est-elle personnelle?

Au fil de sa promenade dans Paris sur sa moto, "comme autrefois les cavaliers sans peur du Poney Express", "de relais de poste en fortins, de villes fantômes en mines abandonnées", Gérard poursuit ses cogitations, déroule ses souvenirs récents de la seconde guerre mondiale (qui a épargné la vie de sa famille), de son adolescence encore proche. Ses questionnements identitaires, sa relation face à son père et au monde littéraire passent par un mûrissement subit, et enfin, Gérard se décide à tourner le dos au grand Khan.

Bonne maîtrise narrative, style impeccable, un roman intéressant, même s'il manque un petit quelque chose pour m'emporter...
Si vous aimez l'ambiance Paris années 50, lisez Henri Calet...
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Zazette97
  17 novembre 2010
Paru le 19 août, "Le réprouvé" est le second roman, après "OMIcRON", de Mikaël Hirsch.
Saint-Germain-des-Prés, 1954. Jean Giono s'apprête à succéder à Colette à l'Académie Goncourt, Simone de Beauvoir est en passe de gagner le prestigieux prix du même nom et pendant ce temps, Gérard Cohen, coursier chez Gallimard, doit se rendre comme toutes les semaines chez le docteur Destouches alias Louis-Ferdinand Céline pour lui remettre quelques plis.
Mais au lieu d'emprunter la route qui mène à Meudon, Gérard flâne et se perd dans un monde où se confondent réalité, souvenirs et rêveries...
"Le réprouvé" ou le récit d'une journée dans les coulisses du milieu de l'édition.
Un milieu que Gérard, narrateur, connaît bien puisqu'il y a grandi et qu'il y travaille grâce à l'appui de son père. le jeune homme traverse une crise identitaire liée à sa réticence à rentrer dans le moule comme à la question de ses origines juives, origines qu'il peine à s'approprier dans cette France opulente d'après-guerre où l'on se doit de tout afficher noir sur blanc.
Gérard revient sur les événements ayant profondément marqué sa jeunesse, des souvenirs principalement liés à l'exode durant lequel il s'est mis en danger plusieurs fois et qui trouvent bien souvent une résonance dans ses préoccupations actuelles.
Il évoque également sa rencontre avec l'écrivain Céline, le "théoricien de la haine" qui lui rappelle son malaise vis-à-vis de ses origines et exerce sur lui une étrange sensation formée par un mélange de fascination et de dégoût.
Autant le dire tout de suite, j'ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman ! J'ai aimé entrer dans la peau de ce personnage coincé entre deux étiquettes, partager la colère et les doutes de cet homme qui peine à donner une direction à sa propre existence.
J'ai découvert une écriture soignée, enrichie de mots que l'on sent savamment choisis (à défaut d'être pesés) et de détails qui loin d'alourdir le récit contribuent à rendre compte d'un milieu souvent admiré de l'extérieur mais décidément peu reluisant si l'on en croit l'auteur.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
liratouva2liratouva2   11 novembre 2010
Je ne suis pas l'un d'eux,quels qu'ils soient. Je ne le serai jamais. J'ai beau faire des efforts, mentir , me cacher. Tout n'est que travestissement. Je suis comme amputé des hommes. C'est la certitude viscérale de ma propre étrangeté qui m'a permis jusqu'alors de gagner la confiance d'autrui. Je ne dérange pas. N'étant pas des leurs, j'ai facilement pu devenir un confident, un messager. On m'a prêté du talent, mais on ne prête qu'aux riches et mon seul nom me tient lieu de fortune. Je suis un animal dont on caresse l'encolure, rien qu'un élément du décor. Il est pourtant loin le théâtre!
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DrychDrych   22 septembre 2013
Lui qui a fait médecine ne comprendrait pas un seul instant que je sois encore garçon de courses. Nos hiérarchies respectives sont trop dissemblables pour être comparées. Mes attributions officielles ne correspondent évidemment en rien à la réalité de ma tâche, mais comment lui expliquer que je suis l'Hermès d'un microcosme olympien?
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Zazette97Zazette97   17 novembre 2010
La rivalité est un jeu qui nous stimule et nous déride tous. C'est une guerre de positions à laquelle nous jouons dans un périmètre restreint, un champ de manoeuvre débordant sur deux arrondissements tout au plus.
Chacun place ses pions, intrigue, rivalise de publicité et d'esbroufe. Avec l'ami Giono au coeur de la machine à médailles, l'avenir de Gallimard semble maintenant assuré pour les années à venir. C'est qu'il nous les faut ces récompenses en chocolat, ces satisfecit absurdes. Le monde fonctionne comme ça, notre monde dérisoire que l'on croit universel et qui nous obsède à longueur d'années. Triste consolation. p.114
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AifelleAifelle   12 novembre 2010
"Aujourd'hui, les portes sont ouvertes et beaucoup de bureaux vides. On se prépare sûrement aux célébrations. Quelque part, on dresse déjà les tables, on attend les petits fours avec gourmandise. Rive droite, ce sera bourriche d'huîtres, poulet et blanc de blanc, mais le fameux repas est réservé aux membres de l'Académie. Des rumeurs ont filtré. Il faut dire à quel point cette journée est ici comme une fête religieuse et républicaine, Pâques et le quatorze juillet tout à la fois. Si le prix devait revenir à l'ennemi Grasset, 1954 serait une année pour rien, une année de foutue tout simplement".

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Zazette97Zazette97   17 novembre 2010
Comme son nom l'indique, le Milieu se trouve au centre. Il ne touche pas les bords, évite soigneusement tout contact avec la périphérie. La force centrifuge est sa seule angoisse.
Lorsqu'il s'éparpille, ce n'est que pour mieux occuper le terrain disponible. Episodiquement, il se regroupe alors en un point géographique qui, l'espace d'un instant, devient l'épicentre du microcosme. p.16
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Video de Mikaël Hirsch (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikaël Hirsch
Le Réprouvé de Mikaël Hirsch sur webtvculture .Décembre 1954. Alors que Simone de Beauvoir reçoit le prix Goncourt. Louis-Ferdinand Céline vit reclus dans un pavillon de banlieue. Un jeune coursier des éditions Gallimard raconte? Un roman tendre et cruel sur le milieu littéraire et les années 50.
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