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ISBN : 2715235658
Éditeur : Mercure de France (07/09/2017)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Christophe vit à Paris avec sa fille de 10 ans. Un jour, la petite fille trouve un papier accroché à leur porte avec ces mots : « Guerre et paix : contrepèterie douteuse ». Très vite, tout s’emballe, devient presque polar. Qui a écrit ces mots ? Qui le soupçonne d’être un mauvais père ? Peut-on être père et gay, c’est bien la question qu’on est venu lui poser, de façon malveillante… À partir de cet événement et de la stupéfaction qu’il produit en lui, Christophe Hon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  01 octobre 2017
Un petit livre, un témoignage sûrement autobiographique à peine scénarisé pour les besoins de la convention romanesque. Un peu moins de 200 pages .
Je l'ai ouvert hier soir, très tard.
Un brûlot.
Il m'a réveillée en pleine nuit et j'ai dû l'achever à toute force. Ou plutôt c'est lui qui m'a achevée.
Une histoire simple, à la limite de l'insignifiance: le cinéaste et romancier gay, Christophe Honoré, trouve, punaisé sur la porte de son appartement parisien, un message écrit à la main : "Guerre et paix : contrepèterie douteuse ".
Guerre et paix... Père et gay, c'est son cas: voilà l'objet du harcèlement, de la persécution, car d'autres attaques suivront, tout aussi cruelles, tout aussi anonymes.
Le vrai intérêt de ce récit fulgurant est moins dans l'énigme à éclaircir, le coupable à trouver et à neutraliser, que dans les interrogations, les mises en perspective qu'elle suscite.
L'auteur n'a jamais renié son homosexualité mais c'est son homoparentalité qu'on lui reproche: il élève à mi-temps une petite fille, conçue naturellement avec une amie hétéro et célibataire, dans une parfaite harmonie éducative et affective, avec vacances estivales communes. Mieux et plus reposant que bien des divorces hétéros.
Scénariste et cinéaste de talent, auteur de littérature enfantine et de romans pour adultes, Honoré semble hors de portée de l'homophobie à front de taureau qui torturait, par exemple, un Eddy Bellegueule, avant sa notoriété.
Pourtant ce harcèlement réveille en lui toutes les souffrances: la négation où l'a relégué son père, (heureusement) tôt disparu, celle tout aussi pernicieuse, quoique plus feutrée, où le tient sa soeur (une scène d'une rare violence...vous ne lirez plus Ouest-France de la même façon!)
Un vertige le prend: le désespoir d'une époque sans horizon, marquée par le terrorisme , la montée des fascismes, la corruption politique, les années sida, et surtout, dans son cas, les manifestations anti-mariage pour tous, ce désespoir le précipite dans une vraie crise existentielle, une interrogation sur son appartenance, ses trahisons éventuelles, ses petites lâchetés quotidiennes.

Un flot de questions le submerge.
Les livres qu'il a lus, tel ce Gide décoré aimablement d'une merde de chien, sur son paillasson, lui deviennent suspects : plus de 200 livres écrits par des homosexuels, il doit s'en séparer! Nuit de paranoïa et de folie qui donne la mesure de son désarroi.
Finalement, après le questionnement , après le vertige, se restructure le père gay, pourtant fortement mis à mal : il convoque ses divinités tutélaires, sa fille - qui ne se prénomme pas Orange...encore une scène d'un humour grinçant assez inoubliable! - dans une lettre magnifique, et ses amis cinéastes ou écrivains, morts du sida , dont les portraits érigent une galerie protectrice , émaillant les pages de ce roman-récit-essai.
Éprouvant, sincère, percutant. Et remarquablement bien écrit. Fureur, humour, mais aussi esprit de finesse, et esprit de géométrie: Pascal serait content!
A lire et à faire lire, si on en connaît, à tous ces pompeux imbéciles prompts à dénier aux autres leur droit au bonheur au nom de dieu sait quelle loi "naturelle".
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myriampele
  26 août 2017
Quel regard porte la société sur l'homme qui s'affirme dans son homosexualité et qui a choisi d'être père? dans son roman, Christophe Honoré s'offre au lecteur avec beaucoup de sincérité, dans son oeuvre et ses choix, sa fragilité et son autorité. Sont cités ici de nombreuses personnalités du cinéma, de l'écriture, du théâtre et le livre est illustré de photos, portraits et clichés insolites. Une bonne lecture, une belle réflexion sur l'affirmation de soi.
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pilyen
  20 septembre 2017

Christophe Honoré, écrivain, cinéaste, gay et père d'une petite fille ... Quelque chose vous dérange en lisant cette première phrase ? Ca tombe bien, c'est aussi la préoccupation de l'auteur qui, alors qu'il menait une vie ordinaire et tranquille, retrouve un dimanche matin, punaisé sur la porte d'entrée de son appartement, un bout de papier sur lequel on avait tracé ces mots : " Guerre et paix, contrepèterie douteuse ? " ( Père et gay, pour ceux qui ne fréquentent pas l'album de la comtesse du canard enchaîné ).
A partir de ces quelques mots ressentis comme une agression insidieuse dont la violence va s'insinuer peu à peu dans son esprit, va naître un questionnement, une mise à plat de sa vie, de son statut d'homme, du regard de la société face à la parentalité...surtout la sienne. Dans un texte où vont se mêler souvenirs, récit un peu fictionnel sous la forme d'un petite enquête pour découvrir l'auteur de ce mot, moments intimes ou présentés comme tels, photos, apparaissent surtout au fil des mots le désarroi, l'abattement, la colère de cet homme, parisien privilégié. Son quotidien, au final bien ordinaire, se trouve assailli par un sentiment de peur, peur des regards malveillants, résurgence d'une manif pour tous et de son cortège haineux qui continue à déverser ses pensées obtuses et violentes. Cette parentalité, voulue, souhaitée, vécue banalement, soudain lui saute au visage comme non conforme aux normes établies et finit par ressentir plus intensément ces regards fuyants ou ces dialogues détournés devant les grilles de l'école de sa fille, cette crainte de parents lorsqu'elle veut inviter une copine à la maison. le " Mais pourquoi ne viendrait-elle pas plutôt chez nous ? " s'enfonce comme un poignard dans l'esprit de ce père. Car voyez-vous, même à Paris ( et sans doute dans un quartier favorisé) , pour beaucoup gay signifie pédophile ! ( Faut dire que l'appellation courante " pédé " n'aide pas non plus à tuer les préjugés). Sans chercher, ni à se justifier, ni à plaider sa cause, Christophe Honoré nous ouvre la porte pour se présenter à nous, tel qu'il est dans sa vie de père gay parisien. Il évoque son enfance et son adolescence bretonne où sa découverte de la sexualité n'a jamais été envisagée sans la possibilité d'avoir des enfants, quitte à passer pour un traitre aux yeux d'une communauté gay (comme hétéro) aux diktats parfois binaires. Il raconte sans fard son projet de mettre un enfant au monde, naturellement, avec une amie proche et le quotidien qui suivit avec cette garde partagée, sans heurt, avec un amour et un respect évidents et réconfortants. ( vie que beaucoup d'enfants n'ont pas , même en rêve !).
La fin sur le blog
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topocl
  18 novembre 2017
Voila un petit "roman" poignant comme la vie quand elle grippe, que le bonheur vous est refusé, et refusé simplement parce que c'est vous. Etre soi pour Christophe Honoré, c'est être gay : déjà qu'il revendique le droit à la différence, ne voila t'il pas qu'il revendique aussi le droit au bonheur, quel culot!
Christophe Honoré aime la drague et le sexe. Il n'a jamais pensé que cela interdisait d'avoir des enfants, c'est pourquoi il a fait une fille avec une amie hétérosexuelle, une petite fille délurée et tendre qui a 10 ans maintenant. Elle
partage son temps entre ses parents, et part en vacances avec eux deux. Ils ont une relation pleine de vivacité, de respect, un attachement qui vient des tripes, parce qu'un père aime son enfant, tout simplement, et que là ça a été un combat particulier, cette paternité, et ça ne peut que magnifier les émotions.
Seulement un jour, quelqu'un se mêle de lui faire savoir que ça le contrarie, cette paternité pour un homme gay, que ça outrepasse l'acceptable, que c'est un non-droit. Et ce quelqu'un le dit de façon anonyme, et odieuse, et le répète.
Christophe Honoré raconte la grande ambiguïté de sa réaction face à cette agression. Prendre à la légère, négliger, rigoler : se réfugier derrière l'habituel "Ce n'est rien", habitué qu'il est depuis toujours à affronter cette discrimination "ordinaire" ? Tout remettre en question comme si le droit était de l'autre côté, se laisser phagocyter par le point de vue haineux de l'autre? Ou au contraire laisser ressurgir cette peur tapie qui ne l'a jamais vraiment quitté (et qui inclut sa fille, cette fois), se laisser envahir, démolir, submerger par la tristesse et la colère (une colère rageuse parfois à la limite de l'infantile). Il va de l'un à l'autre, il erre, et finalement refuse de laisser cette manipulation malveillante souiller son heureuse intimité personnelle familiale.
C'est virulent, intime, débordant d'émotion, mêlant habilement la douceur et l'horreur. A travers ce réquisitoire révolté transparaît (rayonne, plutôt) l'histoire pleine de tendresse de cette filiation, qui ne devrait normalement qu'être ordinaire. C'est souvent maladroit et sincère, comme semble l'être Christophe Honoré dans la vie, et il en ressort un charme de résistance finalement joyeuse.
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MissMylene
  26 décembre 2017
Un dimanche matin, la petite fille de Christophe Honoré, 10 ans, trouve un message anonyme punaisé sur la porte de leur appartement. le message est le suivant : « Guerre et Paix : contrepèterie douteuse ». Par ce message, quelqu'un entend reprocher à Christophe Honoré d'être à la fois père et gay et de former avec sa fille une famille douteuse. Ce ne sera pas la seule agression de l'homophobe anonyme. Il y en aura d'autres, un peu plus dégueulasses à chaque fois.
Que lui reproche-t-on finalement à travers ces agressions à répétition ? Probablement son homoparentalité, bien plus que son homosexualité. Voilà ce qui dérange vraiment, qu'un homme seul, assumant ouvertement son homosexualité, élève un enfant sur le mode de la garde alternée avec la maman de la fillette. Bien sûr l'agression va pendant un temps le déstabiliser. Elle va surtout l'amener à réfléchir à son parcours, son désir d'enfant, sa relation à son père, ses lectures et sa bibliothèque où figurent beaucoup d'auteurs homosexuels (illustré par des portraits de Bernard-Marie Koltès, Hervé Guibert, Jacques Demy…, son récit est d'ailleurs également un tombeau pour les artistes morts du sida). Jamais en tous cas le récit de Christophe Honoré ne tourne au règlement de comptes. Il relate pourtant des maladresses, de la part d'une soeur, d'une sage-femme, d'une mère d'élèves, mais il reste toujours tolérant même envers les intolérants. C'est aussi et peut-être surtout un récit poétique et émouvant, qui dit joliment comment les relations avec les parents peuvent parfois se poursuivre au-delà de la mort et comment celles avec les enfants se construisent au jour le jour à travers les petites choses du quotidien.
J'ai été consternée à la fin du récit en apprenant l'identité de l'auteur des lettres anonymes. Je crois que j'aurais préféré un harceleur d'une autre génération, car j'aurais alors pu me dire que tout cela était du passé. Au lieu de cela, la révélation finale dresse un constat particulièrement pessimiste de l'homophobie ambiante, tout en rendant le récit de Christophe Honoré nécessaire.
Lien : https://marentreelitteraire...
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critiques presse (1)
LeMonde   18 septembre 2017
Le cinéaste et écrivain signe « Ton père », roman autobiographique, texte intranquille sur l’homoparentalité et le respect qu’on doit à chacun, et à lui comme à sa fille.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   01 octobre 2017
Pourtant, tu t'en souviens, nous avions pris ça [ les premières manifestations contre le "mariage pour tous" ] à la légère. Tu étais sur mes épaules quand nous avons marché de Denfert à Bastille. Ils ne nous effrayaient pas, nous nous sentions du bon côté, celui de l'avenir joyeux. Nous avons cru leur échapper, mais non. Ils nous ont dénichés, encerclés, assoiffés. Et le manque d'espoir dont je me sens souffrant et épris, dit la victoire de ce malheur.
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myriampelemyriampele   26 août 2017
Un hiver, nous avons cassé un carreau et craint la prison et décidé de nous ranger, nous faire oublier. le printemps suivant, nos parents ont commencé à nous acheter des mobylettes.
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michfredmichfred   01 octobre 2017
(...) je dis "bonjour", "papa", "je vais mettre le couvert", "j'ai eu dix-sept en allemand", il me fait face, il ne s'approche pas, ses yeux ne prennent pas la peine d'accompagner un minuscule sourire, toujours, souveraine, l'impression qu'il me méprise. Il ne me répond jamais, il ne m'accueille pas dans sa vie et déjà , à quatre ans, à huit ans, à treize ans je pensais, un jour, je vais le tuer.
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michfredmichfred   01 octobre 2017
Je devais tout désapprendre, à la fatalité substituer la malchance; mais je ne me défaisais pas de l'idée que cette fois, le sida ne me raterait pas, il viendrait se loger dans mon corps au moment où je m'étais engagé auprès d'une femme à l'imprudence nécessaire, le rapport hasardeux absolu, celui qui devait nous permettre de procréer.
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GoncourtGoncourt   13 septembre 2017
Je réalise aujourd’hui que j’ai vécu des heures de solitude, de nuit totale. Nous sommes le vingt et un février, il pleut, c’est la fin d’après-midi, ma fille est dans sa chambre et je m’efforce d’écrire ce que j’ai fait hier après avoir poursuivi un blouson de velours beige dans les rues du troisième arrondisse- ment et c’est encore dans un état perplexe, comme ces périodes instables qui succèdent à des très courts sommeils et où on est incapable de distinguer ce qui fut vécu de ce qui fut rêvé.
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Videos de Christophe Honoré (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christophe Honoré
table ronde 25mai 2018 .Table ronde ciné autour de 3 films: "Plaire aimer et courir vite " de Christophe Honoré, "Ready player one" de Steven Spielberg , "Mes provinciales" de Jean-Paul Civeyrac.Table ronde animée par Nathalie Dassa, en présence de François Bégaudeau, Jean-François-Christophe Ferrari et Frédéric Mercier, critiques cinéma au magazine Transfuge.(Mai 2018)
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