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Fabrice Hugot (Traducteur)
ISBN : 2020224518
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Dans un palais vénitien, somptueux et ruiné, rôde le fantôme d’un poète disparu dont on se dispute sans merci les manuscrits, les souvenirs et jusqu’à la mémoire. Chaque personnage avance masqué, chacun joue et triche. On imagine encore la victime de ce jeu, mais le piège est tendu. La plus sordide des tractations se prépare, celle où un être pourrait servir de monnaie d’échange.


(4e de couverture)
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
maltese
  30 octobre 2011
Dans ce court roman, le lecteur suit le récit d'un narrateur qui tente de se procurer les papiers de Jeffrey Aspern, poète qu'il admire et dont il tient à publier le moindre écrit. Sur les conseils d'un de ses collaborateurs, il va se rendre à Venise et s'installer dans un vieux palais occupé par une vieille dame souffrante, Miss Bordereau, et sa nièce, Miss Tita. C'est en effet Miss Bordereau qui possède les fameux papiers, si précieux et qu'elle ne compte montrer à personne.
Le narrateur va alors user de subterfuges afin de s'emparer des écrits d'Aspern, se livrant à une espèce de duel avec la vieille dame, aux dépens de la malheureuse Miss Tita, prise entre deux feux.
Henry James fait preuve tout au long de ce récit d'une subtilité étonnante, et peint à merveille les états d'âme de son narrateur, dans cette Venise omniprésente, tour-à-tour familière et inquiétante, véritable miroir des déambulations intérieures labyrinthiques de celui-ci.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   02 février 2015
« Notre maison est très éloignée du centre, mais le petit canal est très « comme il faut ».

— C’est le coin le plus délicieux de Venise et l’on ne peut rien imaginer de plus charmant », me hâtai-je de répliquer.

La voix de la vieille dame était faible et mince, mais ce murmure était agréable et cultivé, et quel émerveillement dans la pensée que ce son même qui avait frappé l’oreille de Jeffrey Aspern !

« Veuillez vous asseoir là. J’entends très bien », dit-elle avec calme, comme si je venais de hurler ; la chaise qu’elle m’indiquait était à une certaine distance.

J’en pris possession, l’assurant que j’étais parfaitement conscient de mon intrusion et de ce que je n’avais pas été présenté dans les formes, et que je ne pouvais qu’implorer son indulgence. Peut-être l’autre dame, celle que j’avais eu l’honneur de voir la veille, lui avait-elle parlé du jardin. C’était littéralement ce qui m’avait donné le courage de faire cette démarche tellement en dehors des usages. J’étais tombé amoureux, à première vue, de tout l’ensemble ; elle-même y était probablement tellement habituée qu’elle ne se rendait pas compte de l’impression que cela pouvait faire sur un étranger ; pour moi, cela valait de risquer quelque chose. Pouvais-je croire que la bonté qu’elle me montrait en me recevant était une preuve que mon calcul n’était pas absolument faux ? Je serais profondément heureux s’il m’était permis de le penser. Je pouvais lui donner ma parole d’honneur que j’étais la plus respectable et la plus inoffensive des créatures, et que, comme locataires du palais, si l’on peut ainsi parler, elles seraient à peine conscientes de mon existence. J’observerais tous les règlements, toutes les restrictions du monde, si seulement il m’était permis de jouir du jardin. D’ailleurs je serais enchanté de fournir mes références, mes garanties : elles seraient les meilleures qui se pussent avoir, tant à Venise qu’en Angleterre, aussi bien qu’en Amérique.

Elle m’écoutait dans une parfaite immobilité et je sentais qu’elle me regardait avec une grande pénétration, bien que je ne pusse voir que la partie inférieure de son visage pâli et ridé. Indépendamment de l’affinement dû à la vieillesse, il révélait une délicatesse qui avait dû être remarquable autrefois. Elle avait été très blonde, elle avait eu un teint merveilleux. Elle resta silencieuse quelque temps après que j’eus parlé ; puis elle reprit :

« Si vous tenez tant à un jardin, pourquoi n’allez-vous pas in terra ferma, où il y en a tant d’autres, supérieurs à celui-ci ?

— Oh ! mais c’est l’ensemble ! » répondis-je en souriant ; puis, comme m’abandonnant à un rêve : « C’est l’idée d’un jardin au milieu de la mer.

— Ceci n’est pas le milieu de la mer ; vous ne pouvez même pas voir l’eau. »

Je la dévisageai un moment, me demandant si elle voulait me convaincre de mensonge.

« On ne peut pas voir l’eau ? Mais, chère madame, mon bateau m’amène à votre porte même. »
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