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ISBN : 2867447518
Éditeur : P.O.L. (14/03/2000)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 26 notes)
Résumé :
L'écriture est pour moi un moyen de m'explorer, donc de me rejoindre mais aussi de me dépouiller de l'acquis, de l'inutile, et enfin, de me dépasser en me centrant sur mon centre. (26 février 1964) Loin d'y consigner ses activités quotidiennes au jour le jour, Charles Juliet entreprend dans son Journal un profond travail sur soi. Au fil des quatre volumes qui le constituent, s'étalant entre 1957 (il a 23 ans) et 1988, il s'em... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Lison67
  22 juillet 2018
Avant d'entamer ce premier volume des journaux de Charles Juliet, il est nécessaire d'avoir lu le neuvième pour ne pas sombrer dans le désespoir. Il est nécessaire de savoir qu'une issue positive existe à tout ce marasme ou bien vous risqueriez de clore ce premier volume après trois pages. Ce journal se lit comme une succession d'aphorismes quasi quotidiens sur la mort, le suicide, l'ennui, la haine de soi, le néant... le programme n'est pas reluisant mais l'exercice de connaissance de soi, de sincérité et de lucidité qu'entreprend ici Charles Juliet est saisissant de courage. Il invite à assumer l'image que le miroir renvoie à chacun d'entre nous, cette étape nécessaire à toute renaissance, à tout dépassement de l'ego, à tout amour véritable de soi et surtout d'autrui. Et puis, laborieusement, quelques lueurs émergent. A méditer longtemps...
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marguerite18
  26 avril 2019
Dans l'édition Hachette de 1978 cet ouvrage s'intitule simplement Journal I, mais le titre de Ténèbres en terre froide lui convient parfaitement tant il est sombre et oppressant. Il s'agit d'une oeuvre égotiste, autocentrée, d'une introspection acharnée où l'auteur ne s'intéresse qu'à son vécu douloureux et à son labeur d'écrivain. Les tiers n'y sont évoqués que de manière très allusive, ainsi sa femme M.L, une certaine Denise, un dénommé Descombin, son frère Robert. Il n'y fait que brièvement allusion au peintre et sculpteur Giacometti, à Reverzy, Kafka, Rilke. Peu de respiration donc, d'ouverture vers l'extérieur. Les saisons ne sont guère marquées et ne semblent pas influencer Charles Juliet en proie le plus souvent à un identique marasme. Celui-ci note quelques voyages sans en rien dire toutefois. Les mots ennui, désespoir, épuisement sont les vocables les plus fréquents et surtout celui de suicide, obsessionnel, qui revient presque à chaque page, ce qui n'empêche pas l'homme d'avoir désormais atteint 85 ans. Souffrant d'un fond dépressif hérité probablement de sa mère et aggravé par les privations et humiliations de toute sorte vécues lorsqu'il était enfant de troupe à l'école militaire d'Aix-en-Provence, l'auteur a fait le choix audacieux de se consacrer à l'écriture, sa femme acceptant d'assumer seule la charge matérielle du ménage. Ainsi Charles Juliet s'est privé de l'exercice équilibrant d'un métier, d'une activité quotidienne, ce qu'il revendique, estimant que toute profession l'aurait empêché d'écrire. Certes, il a souffert, creusé en lui-même, s'est interrogé et nombre de notes de son journal revêtent un certain intérêt, mais son égoïsme, sa morbidité agacent.
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PascalOlivier
  26 juin 2017
« 13 janvier
La triste et banale histoire de tout amour: il commence dans l'avidité, se poursuit dans les habitudes et s'achève dans l'ennui. »
Cette 3eme entrée dans le 1er journal (1957-1964) de Charles Juliet donne le ton : rien, absolument rien ne sera épargné ni à l'auteur ni au lecteur qui va assister, impuissant, à une véritable descente aux enfers spirituelle de l'écrivain. Aux journées tétanisantes d'ennui se succèdent les rencontres embarrassantes et les pensées suicidaires. « Je marche, marche… Je suis certain d'avoir tout raté, d'être un médiocre promis à une minable déchéance. Seule pensée qui me donne un peu d'apaisement, celle du suicide, qui vient pourtant tout aggraver. » La lecture de ce journal intime est réellement effrayante, d'autant plus qu'une certaine lucidité alliée à une impossible exigence font que nous ne pouvons que comprendre cet homme pris dans les filets du désespoir. Comment ne pas être saisi d'effroi lorsque nous comprenons que le jeune écrivain passe des journées assis devant son bureau sans pouvoir écrire une ligne ? « Comment veux-tu pouvoir écrire ? Tu te hais. » Charles Juliet creuse en lui, au plus profond, il veut déceler son origine, son essence même. Cette obsession lui fait passer ou renier tous les instants de légèreté que la vie lui apporte. « Vivre aux aguets de soi-même, à l'écoute de sa lucidité, c'est arracher de soi les racines de la vie. » Mais ce journal est l'occasion de découvrir un immense poète à l'orée de sa vie artistique, et on est à chaque page estomaqué par les fulgurances qui traversent les pensées de l'écrivain: » Seule une oeuvre pourrait conférer ordre, sens et continuité à ma vie. » Et c'est dans les derniers pages de ce dense journal qu'on aperçoit enfin une clarté qui vient éclairer la vie de Charles Juliet, à son grand étonnement. Les racines sont là, une vie d'écrivain peut commencer. Mourir pour mieux renaître.
Lien : https://cestarrivepresdechez..
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hubertguillaud
  20 juillet 2007
Le premier tome du grand oeuvre de Charles Juliet. On pourrait croire qu'un journal ne constitue pas un livre, mais une anecdote littéraire. Voilà la démonstration qu'il peut en être tout le contraire. Plongée en apnée dans une jeunesse qui s'éprouve à la difficulté de vivre. Puissant.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   26 février 2012
18 février 1960 : Il est des êtres qui cultivent une apparente difficulté de vivre à seule fin de se croire supérieurs à ceux que ces tourments épargnent. Mais pourquoi celui qui souffre et cherche, devrait-il s’estimer supérieur à celui qui ni ne souffre, ni ne cherche ? Face à la vie, nous sommes tous des infirmes, et nul n’est fondé à se croire supérieur ou inférieur à quiconque.
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SBysSBys   14 février 2017
Écrire, c'est soutenir le face à face avec l'insoutenable, s'acharner sa vie durant à creuser un seul et même petit dérisoire sillon. C'est une entreprise surhumaine d'une grandiose humilité. Et moi, condamné à mon sillon, je serai heureux le jour où je pourrai me comparer à un bœuf de labour, où j'aurai un peu de sa lenteur, son obstination, sa puissance.
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marguerite18marguerite18   27 avril 2019
Perds la fâcheuse habitude que tu as de ne cesser de te comparer aux écrivains que tu admires. Inévitablement, cette comparaison tourne à ta confusion, et sous le poids du doute, de l'accablement, du dépit, du manque de confiance, tu risques à chaque fois de t'effondrer. Laisse là cette manie et ne te préoccupe plus de savoir ce qu'exactement tu vaux. Ce qu'il faut, c'est tenir sa place, humblement, courageusement, sas avoir souci de soi, sans s'interroger sur ses capacités, sans s'obstiner sur ses limites.
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Alice_Alice_   26 février 2012
27 octobre 1959 : Si vivre, c’est recherche l’être, comment considérer la vie de la plupart ? Leur besoin de sécurité et de toujours plus grande sécurité ? Ils amassent, amassent, ignorant qu’ils sont promis au trou.
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Lison67Lison67   22 juillet 2018
16 juin 1960
Cet espoir en une vie éternelle qui rachèterait tout n'est qu'un moyen pour fuir une réalité trop amère. Mais que l'homme refuse de se duper, il se voit contraint de renoncer à ces échappatoires, et le champ de l'absurde s'accroît autour de lui.
A cette époque, l'exigence de vérité, de lucidité, semble pourtant l'emporter sur la peur, le désarroi, la recherche forcenée de consolations, d'illusoires raisons de vivre.
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Videos de Charles Juliet (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Dans la veine du précédent, Charles Juliet publie un nouveau « journal » intitulé « Gratitude ». Entre souvenirs, anecdotes du quotidien et rencontres, le lauréat du Grand Prix de l?Académie française en 2017, retrace à sa manière la période 2004-2008 à travers ce « carnet de vie ».
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie des écrivains (238)
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