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ISBN : 2021233294
Éditeur : Seuil (11/02/2016)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Berlin-Est en 1949, sous occupation soviétique. Avant la guerre, Alex Meier, écrivain juif communiste, a quitté la ville pour se réfugier aux États-Unis. Maintenant, victime de la chasse aux sorcières, le voilà de retour, accueilli à bras ouverts par le nouveau régime en même temps qu’un réfugié célèbre, Bertolt Brecht. Dans un décor de ruines et une atmosphère délétère, Alex retrouve son amour de jeunesse, une aristocrate allemande devenue la maîtresse d’un dignita... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
andreas50
  02 janvier 2019
Allemagne 1949. Ecrasée, ruinée, elle se reconstruit peu à peu, mais elle reste divisée en quatre zones : américaine, soviétique, anglaise et française. Berlin, elle-même est incluse dans la zone soviétique, et partagée entre les quatre alliés. En 49, il est toujours facile de passer d'un secteur à l'autre, dans cette ville qui n'est encore qu'un décor de ruines, de rues séparées par des amas de gravats, de poutrelles noircies et tordues. Pour la population, c'est le règne de la débrouille pour améliorer le quotidien : marché noir, prostitution, trafics en tous genres.
C'est aussi le début de la Guerre froide. Les Soviétiques ont imposé un blocus isolant Berlin du reste du monde. Aussitôt, un immense pont aérien a été mis en place par les Américains pour ravitailler l'ancienne capitale du Reich, devenue un terrain de jeu pour les officines d'espionnage.
Alex Meier, écrivain juif allemand, dont la famille a disparu dans les camps d'extermination, est réfugié aux Etats-Unis. Il y épouse une Américaine dont il a un fils, Peter. Bientôt divorcé, le voilà en proie à la chasse aux sorcières du Marccarthysme.
Grâce à un passeport hollandais et l'appui d'un certain Campbell, il lui est possible de reprendre le chemin de l'Allemagne, moyennant quelques petits "services", condition pour revenir aux USA et récupérer Peter.
A Berlin, il rejoint quelques auteurs retour d'exil dont Bertolt Brecht, Anna Seghers, Arnold Zweig.
Ceux-ci font partie du Kunsbund, association des artistes communistes allemands, chapeautée, encouragée par les autorités russes.
Avant la guerre, Alex était proche d'une famille de l'aristocratie allemande; les von Bernuth, dont il fut l'amant de l'une des filles; Irène et l'ami de son frère; Erich et de sa soeur Elsbeth.
La guerre va décimer cette famille, mais Alex va retrouver Irène, devenue la maîtresse d'un officier russe, Markovsky,mécène et amateur de littérature allemande.
Irène est-elle vraiment amoureuse de son amant, ou cherche -t-elle a protéger son frère Erich, prisonnier dans un camp de travail, voire un site stratégique dont les activités ne sont pas connues des Occidentaux.
Le roman de Joseph Kanon est un magnifique tableau de la vie quotidienne dans le Berlin d'après-guerre. L'auteur a le don de nous décrire comme si l'on y était un univers cauchemardesque fait de ruines, de couvre-feu, de rationnement, de propagande, de délation, de guerre des services, de disparitions mystérieuses. On évolue dans le monde des réunions artistiques, des cocktails, des représentations théâtrales, le tout dans une ambiance feutrée de bonne société, mais l'intrigue n'en reste pas moins angoissante, sulfureuse. La comparaison avec le monde de John le carré n'est pas surfaite.
Dans ses romans, Joseph Kanon, prend le temps de développer ses intrigues, ce qui n'est pas à l'avantage du lecteur qui risque de se lasser, de s'embrouiller dans les évolutions discrètes du monde du renseignement.
Dès que le récit a pris son rythme, dès que l'action se décante, il devient difficile de décrocher d'un roman au réalisme époustouflant, au suspense angoissant, à la précision historique sans failles.
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umezzu
  15 octobre 2016
J'ai failli abandonner ce roman dans ses premières cent pages, qui déroulent le retour à Berlin-Est en 1949 d'Alex Meier, un célèbre écrivain juif allemand, parti avant guerre aux États-Unis, et contraint de revenir sur sa terre natale par la chasse aux communistes orchestrée par Mc Carthy et consorts. Il fallait pourtant poursuivre l'effort, passer ce stade, car la suite est un mélange savant d'espionnage à la le Carré et de géopolitique appliquée à l'Allemagne d'après guerre.
Le début du roman est assez littéraire, ou plutôt un hommage à la littérature allemande de l'époque. On y croise des écrivains célèbres de l'époque, qui ont délibérément choisi de s'installer dans le pays qui dans leurs rêves doit devenir une vraie démocratie populaire, à commencer par Berthold Brecht et Anna Seghers. Les pages défilent autour du récit de leurs exils, de leurs souvenirs d'avant guerre ; autant de propos verbeux dans une ville encore jonchée de décombres, où les Russes imposent leur loi dans leur secteur, tout en maintenant un blocus sur les autres zones d'occupation, ce qui conduit les puissances alliées à mettre en place le pont aérien qui va assurer la pérennité de Berlin-Ouest. La zone ouest survit à 1700 calories par jour, pendant que le PC allemand, le SED, tente de se faire bien voir du grand frère russe, pour récupérer le contrôle du pays lorsque Staline l'aura décidé.
Les espions foisonnent de partout et la mise en fiches de la future RDA par la future Stasi est en marche. Alex, contraint par un divorce qui se passe mal, est en fait téléguidé par la CIA qui cherche à avoir des « antennes » côté soviétique. Et cela tombe bien, avant guerre Alex était très proche de la famille von Bernuth, ancienne famille prussienne, dont une des filles, Irene, est désormais la maîtresse d'un important officier russe. Les retrouvailles vont enclencher une série d'événements, qui vont faire passer l'écrivain célèbre d'espion amateur en expert du double-jeu.
Peu à peu, le livre prend de la consistance. Les liens qui unissent Alex aux von Bernuth s'explicitent et rejaillissent sur le présent. Une soeur von Bernuth vit à Berlin-Ouest avec un médecin qui a participé à l'eugénisme décidé par les nazi, un frère, ancien soldat déclaré prisonnier en Russie, trime comme un esclave dans des mines d'uranium, et Irene s'accroche à son protecteur russe pour rester dans sa « bulle ». le monde d'hier n'est plus, le nazisme est passé par là. le monde de demain est en train de se bâtir dans un contexte de guerre froide.
Plus l'intrigue avance, plus Alex devient intéressant par son analyse de la situation et des jeux troubles des uns et des autres. de spectateur des oppositions politiques, il devient acteur du monde de l'espionnage. Certes, contraint et forcé, et avec d'immenses conséquences sur la façon dont il place sa confiance et dans ses amours.
Un roman humain dans une époque difficile, alors que les vainqueurs de la guerre se divisaient, et que l'Allemagne débutait quarante ans de césure.
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doublepage
  28 novembre 2016
Ce livre a un coté glaçant. Nous sommes en 1949, Alex Meier, jeune et brillant écrivain juif rentre en Allemagne victime du maccarthysme.
La guerre est achevée depuis 4 ans, mais une autre guerre, froide celle là, perdure entre les Alliés d'hier.
Le début du roman laisse croire à une histoire d'espionnage classique, Meier ne serait rentré au pays que pour espionner au profit de la CIA, d'ailleurs une de ses amies d'avant guerre, Irène von Bernuth, est la maitresse d'une haut responsable de l'armée soviétique : une cible toute trouvée.
Seulement, l'histoire va se révéler mille fois plus complexe. 0n ne sait plus qui espionne pour le compte de qui. La lutte entre services devient féroce.
Ce qui m'a le plus frappé, c'est la description qui est faite d'une société qui deviendra plus tard la RDA. Entre purge, fichage de la population, antisémitisme qui n'ose pas dire son nom, on assiste à la création d'un véritable Etat policier.
Il faudra des tonnes d'imagination à Alex Meier pour se sortir du piège où il semble s'être englué, il lui faudra surtout oublier tous ses idéaux de jeunesse et de foi en un monde meilleur. Cette guerre là est sans pitié, et chacun des belligérants entend bien la gagner.
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mazou31
  21 mai 2019
Brillant livre d'espionnage qui fait penser à ceux du maître John le Carré. Alex Meier, écrivain célèbre, Juif allemand, réfugié avant guerre et bien intégré aux USA, revient en Allemagne de l'Est pour fuir les purges du maccarthysme, dignes en moins radicales de celles staliniennes du camp d'en face ! Mais il est aussi un auxiliaire de la future CIA destiné à noyauter les communistes allemands et russes grâce à ses relations passées. S'amorce ainsi une lutte complexe entre agents rivaux, agents doubles, voire agents opportunistes. Tout un jeu de miroir, de chausse-trappes, de positions troubles, jeu qui se déroule dans un Berlin dévasté d'une authenticité historique. La vie décrite est digne d'un documentaire et illustre la mise en place d'une RDA qui va durer 40 ans. Si la première partie où se mettent en place les protagonistes est peu rythmée, la suite accélère et devient très captivante tout en demeurant criante de vérité. Remarquable travail, précis et stylé, de la part de l'auteur. Un bijou dans le genre.
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famillemartinet
  10 avril 2016
Après un intermède stambouliote avec le passager d'Istambul Joseph Kanon retrouve le terrain de jeu qui l'a révélé avec l'adaptation au cinéma de L'ami allemand par Steven Soderbergh (avec George Clooney,Cate Blanchett et Tobey Maguire).
Retour au Berlin de l'immédiat après-guerre au propre comme au figuré puisque le coeur de l'histoire c'est le retour d'Alex Meier un jeune et brillant écrivain. Après avoir fuit les nazis juste avant la guerre pour les USA,il se voit contraint de faire le chemin inverse autant a priori par convictions idéologiques que pour échapper aux chasses aux sorcières du sénateur McCarthy.
En janvier 49 l'avenir du monde se joue à Berlin et semble proche de basculer dans un nouveau conflit.Les Russes sont les nouveaux maitres,le blocus de la ville bat son plein et le pont aérien pour le ravitaillement de la partie ouest de la ville tourne à plein régime quand les artistes et/ou intellectuels allemands communistes ou socialistes font le retour.
Dans son style racé Joseph Kanon joue avec les ambiguïtés de la période: récupération des nazis, exploitation des prisonniers de guerre allemands,agents doubles,manipulations,trahisons...... et histoire d'amour: Alex retrouve Irene,ils vont tenter de survivre et revivre au milieu du chaos.
Comme souvent avec Kanon il faut un temps de mise en route, qui pourrait rédhibitoire pour certains, pour que son style emprunt de classicisme trouve son rythme de croisière et une fois qu'il est atteint l'histoire prend toute sa force. Un très beau roman d'espionnage dans lequel tout le monde est prêt à payer le prix du billet de retour.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   29 décembre 2018
Erich tourna la tête sur son oreiller, à nouveau ailleurs, reparti dans son cauchemar.
«Les enfants restaient avec leur mère. C'était plus facile. Parfois, ils se cachaient le visage dans leurs jupes : au moins, on n'était pas obligés de les regarder. Un jour, une fois qu'ils étaient tous tombés, on en a vu un qui rampait... on l'avait manqué... Schultz est allé au bord de la fosse et l'a tué de sa main. Deux balles pour être sûr.» Sa voix était cassée.
« Ce soir-là, ils nous ont donné de la vodka, et moi qu'est-ce qu'on m'apporte ?
Une lettre. Une lettre d'Elsbeth. Elle me disait qu'elle savait combien je devais souffrir du froid- il faisait toujours très froid en Russie-, mais en Allemagne, tout le monde nous était très reconnaissant pour ce que nous faisions, nous étions si courageux. Et je me suis demandé : " Comment est-ce que je peux lui raconter ? " Ce que nous faisions. " Un sale boulot ", il disait. Mais c'était pire que ça, n'est-ce pas ? Je ne pouvais pas lui en parler. Ni à elle ni à personne. Schultz disait qu'on ne devait pas en parler.»
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andreas50andreas50   28 décembre 2018
- Nos auteurs sont tellement importants pour nous. Savoir qu'il existe une autre Allemagne, une Allemagne de culture, qu'il n'y a pas que des nazis dans notre pays. Si ce devait être ce que l'Histoire retiendra de nous, il y aurait de quoi en mourir de honte. Nous valons mieux que cela.»
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doublepagedoublepage   20 novembre 2016
Sans danger, mais, d'une certaine manière, bien envoyé. Il cherchait à provoquer une réaction. La famille laissée derrière comme levier : la même chose qui avait intéressé Campbell.
"Je crains que ce ne soit définitif. Nous divorçons.
- Oh ! réagit Markus, sans savoir quoi faire de cette dernière information. Et vous êtes quand même venu.... C'est donc une question de conviction. Admirable ! Mais vous savez que le sujet est épineux. Tout ce temps passé à l'Ouest. Pas en ce qui vous concerne, ajouta-t-il très vite. Pas les écrivains. Mais les soldats russes, les prisonniers de guerre... Ils ne savent plus où ils en sont. Le camarade Staline a tout de suite compris le problème. Quand ils ont passé du temps à l'Ouest, il faut les rééduquer."
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doublepagedoublepage   17 novembre 2016
Je vais vous expliquer quelque chose. Nous avons deux guerres sur les bras, en ce moment. Il n'y a pas que le pont aérien. Dymshits s'occupe de la guerre de propagande et il le fait très bien. Les Soviétiques s'imaginent, que sur le plan moral, ils sont les maitres du terrain. Ne me demandez pas pourquoi. Ils entrent dans cette ville, violent tout ce qui bouge et on doit les prendre pour des héros. Les premières victimes, c'est eux. Eux que les nazis haïssaient avant qu'ils ne se mettent à haïr le reste du monde. Et c'est eux qui ont gagné la guerre. Pas nous, eux. Nous, on se contente de distribuer des bonbons et du chocolat aux petits français. Et aujourd'hui c'est nous qui fricotons avec les anciens nazis. C'est ce qu'ils racontent partout où ils sont insinués. Les anciens nazis.... C'est ça l'avenir que voulez vous? Ou le modèle soviétique? Un nouveau départ bien socialiste. Les Soviétiques se sont eux aussi servis des nazis, évidemment - il n'y avait personne d'autre bordel ! - mais ça curieusement, ils n'en parlent jamais. Il n'est question que de ceux qui travaillent pour nous.
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umezzuumezzu   16 octobre 2016
"Aucune religion ne peut survivre au doute. Et ne vous y trompez pas, ils ne connaissent pas le doute. Pas Ulbricht et les autres. Qu'ont-ils d'autre de toute façon? Ils ne vivent que pour leur Église. Qui pourrait être aussi pur qu'eux ? » Il sourit et leva un doigt en l'air. « A part l'Infaillible. C'est toujours la même chose, vous comprenez ? Rome. Moscou. En ce moment nous traversons une période d'inquisition. Après retour à la normale".
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