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ISBN : 225304153X
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1987)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 144 notes)
Résumé :
Kyôto, qui fut écrit en 1962, est sans doute l'oeuvre de Kawabata qui explique le mieux son suicide, dix ans plus tard - comme d'ailleurs le suicide de tant d'écrivains et de grands intellectuels japonais postérieurs à la révolution " (autrement dit : l'européanisation forcenée) de l'ère Meiji. Kyôto raconte l'histoire de deux jumelles, très tôt orphelines, qui ont été élevées séparément. Elles ne se retrouvent qu'une fois devenues jeunes filles. Mais elles ont été ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
KATE92
25 août 2012
Kyôto : c'est la visite de l'ancienne capitale impériale, ses quartiers, ses fêtes, ses coutumes, à travers les yeux de deux jumelles séparées à la naissance qui se retrouvent à la frontière de leur majorité.
Kawabata décrit ainsi un rapprochement délicat entre l'opposition de la tradition et de la modernité à Kyôto et l'opposition entre une enfant ayant vécu à la ville, et l'autre à la campagne.
Son style aérien et direct retranscrit à merveille les sentiments ambigus de ses personnages et semble vouloir solidifier pour toujours un Kyôto populaire et folklorique en voie de disparition à l'époque et pratiquement disparu aujourd'hui.
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kuroineko
24 juin 2017
Je n'ai lu, jusqu'à présent, que quelques ouvrages de Kawabata Yasunari. A chaque fois, je me sens transportée par la beauté et la délicatesse qui s'en dégagent. Kyôto ne déroge pas à cette impression.
L'ancienne capitale de l'Empire constitue le véritable protagoniste du roman, avec ses venelles et ses petites maisons à clairvoie, ses quartiers de geishas comme Gion ou Pontocho, ses fêtes - matsuri - si nombreuses et rattachant les habitants aux siècles passés, ... Kyôto reste encore un des coeurs historiques du Japon, un lieu où la tradition resplendit plus fort. On sent néanmoins sous le pinceau de Kawabata les changements en cours, quelques années après la fin de la guerre, alors que l'occupation militaire américaine se restreint. On le voit par les hordes de touristes qui mitraillent à tout va les sanctuaires les plus connus. Mais surtout par les évolutions dans le domaine économique : les tisserands manuels entrent en concurrence avec le tissage mécanique. le commerce tend vers une modernisation qui s'allie à une globalisation des ventes. Un des personnages s'étonne qu'une maison de tissu pour kimono vendent des postes de radio Sony. Comme lui rétorque un jeune homme, "un dollar est un dollar". le vieux Japon semble se fondre dans de nouvelles conceptions qui englobent tous les secteurs de la vie. Écrivain très classique, voire passéiste, Kawabata constate en s'en désolant.
Ce qui demeure fort, dans Kyôto, c'est la prégnance de la nature et l'attrait qu'elle continue d'exercer sur les Japonais. L'auteur met dans ses descriptions de cerisiers en fleurs, de cryptomères ou de camphriers une profonde sensualité. Son écriture si poétique et sensible restitue pour notre plus grand plaisir les merveilles du hanami ou d'un étang de carpes koi. Son pinceau nous emporte vers de somptueux jardins où mousses et pins se marient en une superbe harmonie.
L'histoire des humains s'inscrit dans ce cadre et s'en trouve presque mis au second plan. Il n'y a cependant pas moins d'intérêt à découvrir l'histoire de Chieko et de sa jumelle Naeko, séparées alors qu'elles étaient au berceau. A travers ces soeurs, Kawabata dépeint deux éducations, deux types d'existence très différents.
Dans leurs relations comme celles avec les autres protagonistes, beaucoup de choses sont laissées dans l'ombre, dans les interstices du non-dit. C'est une caractéristique qu'on retrouve très fréquemment dans la littérature japonaise. Cela apporte une grande pudeur et une profondeur rendue plus subtile au texte.
Une fois de plus, Kawabata a montré son excellence en ce domaine. Je ne peux, par conséquent, qu'encourager les lecteurs à se précipiter sur son oeuvre si riche.
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philo15
05 septembre 2012
Deux soeurs jumelles séparées à la naissance et élevées dans des milieux différents se retrouvent à l'âge adulte. Voilà, le point de départ et la trame de ce court roman écrit dans le début des années soixante.
En toile de fond, on y découvre le Japon impérial, avec ses fêtes, ses traditions, son rythme de vie et sa culture si particyulière.
On voit aussi se dessiner l'arrivée d'un nouveau mode de pensée, plus moderne, plus mercantile qui bouleverse ce kyoto traditionnel, qui renverse tout.
Plein de poésie, de subtilité, un livre tout en émotion et en pudeur avec lequel, pour bien en saisir le sens, il faut savoir lire entre les lignes. Un très beau moment.
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BrunoA
03 avril 2013
Magnifique roman de Kawabata qui compte parmi les (nombreux) écrivains et intellectuels japonais qui se sont donné la mort face à la modernisation à marche forcée qu'a connue le Japon après la seconde Guerre Mondiale.
L'histoire de ces jumelles élevées séparément illustre parfaitement le déchirement que nombre de Japonais ont pu connaître alors que le Japon traditionnel laissait place à un pays occidental comparable à tant d'autres.
Leur décision commune de ne plus se revoir traduit la rupture irrémédiable entre deux mondes que tout, ou presque, sépare.
On lit ce roman avec beaucoup d'intérêt et au rythme si particulier que savent créer les auteurs japonais.
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diablotin0
12 mai 2016
Je suis déçue, je m'attendais à plus d'émotions. Tout est feutré, le rythme est lent et les sentiments retenus. Je sais que c'est un style que l'on retrouve souvent dans la littérature asiatique mais ici, je n'ai pas retrouvé l'intensité de l'atmosphère. Peut-être trop de pudeur ?
Ce livre reste toutefois agréable à lire et Kawabata montre bien la rupture entre un Japon moderne et la tradition. Rupture qui le fait souffrir comme on le sait ...
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
KATE92KATE9206 août 2012
"Sur le tronc du vieil érable les violettes avaient éclos, Chieko le découvrait (...) A la hauteur des hanches de Chieko, le tronc s'incline légèrement vers la droite; un peu plus haut que sa tête, il penche fortement à droite. Après ce mouvement, les branches surgissent, s'étendent, et prennent possession du jardin. Les longues branches, pesantes à leur extrémité, ploient légèrement.
A l'endroit où l'arbre penche fortement, un peu en dessous, on devine deux petites cavités dans le tronc; dans chacune de ces cavités, ont poussé des violettes. Et, à chaque printemps, apparaissent les fleurs. D'aussi loin que Chieko se souvienne, il y a toujours eu ces deux souches de violettes sur l'arbre."
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KATE92KATE9224 août 2012

"[...] De nos jours, on ne parle que d'« idea », de « sense ». Même pour les couleurs, on se réfère aux modes occidentales.
- Tout ça n'est pas de grande qualité, non ?
- Moi, en tout cas, j'ai en horreur tout ce qu'on affuble de mots occidentaux. Est-ce que par hasard, au Japon, depuis les règnes des temps anciens, nous n'avons pas eu des couleurs d'une indicible délicatesse ?"
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AnasseteAnassete12 mai 2010
Les papillons, eux, les connaissent. Quand Chieko découvrit les fleurs, voletait au ras du jardin un essaim de petits papillons blancs que leur danse éleva le long du tronc jusqu'aux violettes. Les bourgeons de l'érable, petits et légèrement rouges, étaient sur le point de s'ouvrir, et, blanche, la danse des papillons se détachait comme une tache claire. Fleurs et feuilles des deux souches de violettes jetaient, sur la mousse verte tendre du tronc, un reflet léger.
C'était une journée de printemps tout en douceur, où le ciel s'embrume comme arbre en fleur.
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SachenkaSachenka23 septembre 2016
- Dans ce monde, si l'homme n'existait pas, une ville comme Kyôto n'existerait pas non plus, et il n'y aurait que des forêts sauvages et des champs d'herbes folles. Et ici, ce serait le domaine des sangliers ou des cerfs, non? Pourquoi les hommes existent-ils? Ils sont effrayants...
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AnasseteAnassete12 mai 2010
Des fleurs, il y en avait, chaque printemps, trois, cinq, ou plus, c'était à peu près le compte. Pas d'avantage, et pourtant, dans les petites cavités du haut de l'arbre, à chaque printemps, surgissaient des boutons et s'épanouissaient les fleurs. Chieko les contemplait de la galerie, ou, au pied de l'arbre, levant la tête; s'il lui arrivait d'être frappée par la "vie" de ces violettes sur le tronc, parfois leur "solitude" l'envahissait.
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Videos de Yasunari Kawabata (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasunari Kawabata
"les Belles endormies", de Yasunari Kawabata (Alchimie d'un roman n°52)
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