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William Olivier Desmond (Traducteur)
EAN : 9782253151616
954 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/11/2006)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 263 notes)
Résumé :
20 histoires pour explorer des territoires connus seulement de Stephen King et rencontrer ses créatures les plus inquiétantes, les plus bizarres ou les plus monstrueuses.

20 histoires qui vous prendront à la gorge, vous glaceront le sang ou vous procureront la désagréable impression que quelqu'un vous attend, dans l'ombre.

20 histoires pour empoisonner vos rêves et blanchir vos nuits, signées par le grand maître de vos cauchemars...
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Davpunk
  04 juillet 2019
Autre recueils de nombreuses nouvelles, Rêves et cauchemars atteint presque les 1000 pages ! Autant dire qu'il y a de quoi faire. Mais comme quantité ne rime pas forcément avec qualité, voyons voir en détail ce que ça donne !


01 - La cadillac de Dolan

En 70 pages, l'auteur raconte l'histoire de Robinson, un prof dont la femme, Elizabeth, a été tué par Dolan aprés qu'elle ait témoigné contre lui dans un procés. Et Robinson veut se venger, en creusant une tombe pour lui et sa cadillac...
Une histoire qui fonctionne d'ailleurs trés bien au vu de sa taille trés courte. On va suivre en fait le plan de Robinson ainsi que sa préparation et les discussions qu'il a avec la voix d'Elizabeth, dont il s'imagine qu'elle cherche vengeance elle aussi. Une trés bonne histoire bien mené.


02 - le grand bazar : finale

L'histoire se déroule dans un futur proche. Howard, un écrivain, va nous raconter l'histoire de son frére Robert, plus jeune que lui mais aussi bien plus intelligent. Robert qui a aussi trouvé une ville dont le taux de criminalité est à 0 et qui a même trouvé pourquoi. Une solution miracle pour le monde ?
Traitant de la manipulation de la nature par l'Homme, cette nouvelle est courte (un peu plus de 30 pages) mais trés bien écrite et son style lui donne une vraie personnalité. Une excellent surprise !


03 - Laissez venir à moi les petits enfants

Miss Sidley est une professeur des écoles plus toutes jeunes. Et elle est persuadé que Robert, dans sa classe, est en fait une sorte de monstre. Aprés avoir eu un accident, elle revient et Robert la provoque de nouveau...
Difficile d'en dire plus sur cette nouvelle de moins de 20 pages. Si elle démarre de maniére un peu simple et ressemble à du pur Stephen King, son final est intéressant et lui donne plus d'intérêt !


04 - le rapace nocturne

Cette histoire d'une cinquantaine de page met en scéne Richard Dees (le journaliste qui voulait une interview de Johnny Smiths dans Dead Zone), ici à la recherche d'un scoop pour l'inside view. Et il est persuadé qu'un vampire sévit dans les environs.
Retour donc aux histoires de vampires pour King, qui offre ici une petite histoire d'enquête journalistique dont le final sera surprenant. Et une histoire qui se lit facilement et trés agréablement !


05 - Popsy

Moins de 20 pages composent cette nouvlle emttant en scéne Sheridan, qui nléve des enfants pour régler une dette. Mais l'un d'eux recherche son Popsy, qui pourrait bien être plus qu'un papy paumé...
Trop court pour que l'on puisse vraiment s'attarder dessus, voici une nouvelle assez banale, bien que plutôt bien écrite et qui part tout de même d'un bon sujet à l'origine...


06 - Ça vous pousse dessus

Une trentaine de page cette fois pour cette nouvelle qui met en scéne des personnes âgées parlant de tout et de rien à Castle Rock. Et ils reviennent souvent sur la maison Newall, qui a connu des événements étranges...
Cette nouvelle m'a fais un effet bizarre. En fait, elle ne m'a pas vraiment emballé, mais je reconnais que son style particulier fonctionne assez bien et que j'aurais aimé que l'histoire qu'elle raconte soit plus surprenante, pour l'apprécier totalement.


07 - le dentier claqueur

Lorsqu'il dit s'arrêter à une station service, Bill Hogan tombe sur un dentier claqueur. Avec ses petits pieds oranges. Sauf qu'il ne fonctionne plus et le vendeur lui laisse pour un prix dérisoire. Sur le chemin du routeur, Bill prend un auto-stoppeur qui le menace...
En soi, King se sert simplement ici d'un objet de farce et attrape assez connu et en fait une créature de son histoire. Rien de surprenant mais c'est bien écrit et ça fonctionne plutôt pas mal. PAs une nouvelle marquante mais un bon petit moment.


08 - Dédicaces

Martha est une femme de ménage dans un grand hôtel. Un jour, une de ses ex collégues la voit déballer un livre. Il a été écrit par le fils de Martha qui lui a dédicacé. Et Martha lui affirme être en partie responsable de ce succés à venir. Pourquoi ? Elle va le raconter...
Encore une nouvelle qui peut surprendre tant le genre différe de ce que propose King d'habitude. D'ailleurs, il précisera qu'il a écrit cette nouvelle, sidéré par le nombre de gens aux caractères imbuvables qu'il croisait. La résultat est trés intrigant, et bien écrit, sur prés de 60 pages.


09 - le doigt téléphonique

Howard Mitla a une drôle de surprise. Alors qu'il regarde un épisode de Jeopardy, il entend un bruit dans le lavabo. Sur place, il voir un doigt qui en sort ! Et le plus étonnant, ce doigt grandit avec le temps !
Une histoire trés étrange, qui pourrait prêter à rire, mais chez King, cela tourne vite à la folie, et à la peur. Pour 50 pages trés réussit, à ma grande surprise !


10 - Pompes de basket

John Tell, ingénieur du son, travaille dans un batiment renommé. Un jour, alors qu'il va aux toilettes, il remarque des baskets au niveau des premiers WC, avec deux mouches mortes. Les jours et semaines suivantes, il retrouve les mêmes mais avec un mont de plus en plus grand de bestioles mortes. Qu'est-ce qui se cache dans les WC ?
Née du désir de King de raconter une histoire de toilettes hantés, voici un texte d'une cinquantaine de page plutôt agréable, mais pas franchement marquant. Une histoire qui se lit, mais n'apporte pas grand chose.


11 - Un groupe d'enfer

Clark et Mary sont en vacances dans l'Oregon. Mais ils se perdent en route et se retrouve dans la petite ville de Rock'N'Roll Heaven, une ville qui semble habité par des rockstars décédées...
Une petite nouvelle qui vaut surtout par ses nombreuses références au Rock qui lui donne toute son originalité, alors que sa narration est assez classique, et même assez attendu. Mais ça reste sympathique à lire !


12 - Accouchement à domicile

Une femme attend un enfant. Son mari a été tué et celle s'apprête donc à l'accueillir seule. Timide, elle s'est toujours reposé sur son mari pour ses choix. Pendant ce temps, les morts sortent de leur tombe un peu partout...
Et voici une nouvelle qui se termine avec un petit gout de Simetierre amis qui s'avére en fait assez différente et voit une femme prendre son envol. Une bien jolie histoire... avec des zombies !


13 - La saison des pluies

Un couple se rend à Willow, dans le Maine. Ils y croisent un couple de personnes âgée qui leur annonce qu'ils feraient mieux de partir, la ville connaissant, tout les 7 ans, une pluie de crapaud. Forcément, le couple se rend tout de même dans la ville...
Courte et pas des plus intéressante, cette nouvelle est probablement une des plus faibles du recueil...


14 - Mon joli poney


Un homme, grand-pére, sent sa mort approché. Alors qu'il est avec un de ses petit-fils, Clive, il lui confie sa montre et va lui parler de la nature du temps, de ce qu'il a lui même vu sur le sujet.

Une nouvelle qui change grandement du genre habituel de King mais qui est trés plaisante à lire. Trés touchante et agréable aussi. Il est difficile d'en dire plus, il s'agit d'un long dialogue fait de réflexion sur le temps qui passe.


15 - Désolé, Bon Numéro


Il s'agit ici d'un scénario de court métrage, ou d'épisodes de série TC. Une femme est au téléphone lorsqu'elle reçoit un double appel. Il s'agit d'un appel effrayé et angoissé. Elle est persuadé de reconnaître la voix et que ça vient de sa famille mais l'appel coupe...
Une histoire touchante ici (pour le peu que l'on sache passer au delà de l'écriture scénaristique), qui peut se montrer un peu effrayante dans sa premiére partie puis cela se pose pour que l'on comprenne ses enjeux réelles. Une bonne histoire !


16 - La tribu des dix plombes

Un homme, ex-gros fumeurs qui a arrêté et a fini par reprendre, à un rythme beaucoup plus léger, voit un jour qu'un des hauts placés de sa société semble être un monstre. Sur le point de hurler, il est arrêté par un homme qui va lui expliquer que seul les gens comme, qu'ils nomment La tribu des dix plombes, peuvent les voir. Des monstres qui occupent les plus hautes places du monde...
S'il y a clairement un côté "Invasion Los Angeles" dans cette nouvelle, le résultat s'en éloigne suffisamment pour se montrer aussi étonnant qu'agréable à lire !


17 - Crouch end

Ecrite pour un magazine hommage à Lovecraft, cette nouvelle multiplient donc les références et adopte un style similaire au fameux écrivain. Et le tout en faisant dialoguer deux policiers discutant de la disparition de touristes qui se seraient perdus dans Crouch End, mais dont la femme aurait évoqué la présence d'un monstre indescriptible.
Pas d'une folle originalité, cette nouvelle tire son intérêt de son lien avec Lovecraft forcément. Et en cela, elle est plutôt bonne.


18 - La maison de Mapple Street

Trent, sa soeur et sa mére déménage dans la maison de leur beau pére tyrannique. Mais au fur et à mesure, les murs se transforment en acier et ils découvrent un compte à rebours. Alors ? Une explosion ou une fusée ?
Voilà ici un mélange entre une histoire de maison hanté... et une histoire se basant sur des désirs trés enfantins, tout en parlant de leurs peurs. ça brasse beaucoup de chose et si le résultat n'est pas parfait, voici une histoire tout à fait sympathique !


19 - le cinquiéme quart

Un homme veut venger un de ses amis, victime de trois complices malhonnête lors d'un braquage...
Une histoire pas forcément commune pour King, qui livre ici une nouvelle assez courte, et pas franchement la plus intéressante du recueil, même si ça se lit sans froncer les sourcils non plus. Il y avait surement le potentiel pour faire mieux malgré tout...


20 - le docteur résout l'énigme

Alors qu'une anthologie pastichant l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle voit le jour, Stephen King décide d'écrire une nouvelle mettant en scéne Sherlock Holmes et Watson. Et le bon docteur va nous raconter la seule fois où il a résolu une affaire plus vite que Sherlock...
Et avec cet essai, King écrit tout simplement une trés bonne histoire reprenant à merveille le style de l'auteur d'origine ! Et ce même si on y décéle parfois le style de King. Une excellent surprise malgré tout !


21 - La derniére affaire d'Umney

Hommage aux romans de Ross McDonald et Raymond Chandler, cette histoire dans laquelle une création s'oppose à son créateur (un personnage de roman à l'auteur) est trés intéressante. Et si elle peine à démarrer, elle se montre ensuite franchement passionnante, et pertinente aussi bien de par la carriére de King que par son sujet. Une excellente nouvelle !


22 - le mendiant et le diamant

King adapte ici une parabole qui lui a été raconté par un ami indien. Il remplace alors les personnages indien par Dieu et Uriel. Une histoire, plutôt jolie et trés courte (4-5 pages) sur les petits bonheurs du quotidien, qui clot parfaitement ce recueil !


Un recueil qui tient fort bien ses promesses en montrant une nouvelle fois différentes facettes du King. Avec 22 nouvelles, mais aussi des notes juste avant la parabole finale, revenant sur la genése de plusieurs des nouvelles présentées, on trouve tout ce qu'il faut sur prés de 1000 pages ! Pas parfait, certes, mais du plaisir !
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Wazlib
  19 août 2016
"Rêves et Cauchemars" est un pavé très conséquent. King n'est pas connu pour être avare lorsqu'il s'agit de collecter des nouvelles parues à droite à gauche, et il le confirme avec ce recueil qui est (certainement) le plus gros de l'auteur, dépassant même le long "Brume" (je parle bien des recueils de nouvelles, pas des romans, qui peuvent largement dépasser le millier de pages...). Et en plus d'être un des plus longs, c'est assurément l'un des meilleurs.
Je ne reviendrai plus sur les introductions des recueils de nouvelles de Stephen King, qui sont interchangeables sans trop de problèmes. le bonhomme nous présente cependant ici quelques jolies images à-propos de la croyance temporaire d'un auteur ou d'un lecteur à l'histoire qu'il crée/lit. Cela donne une petite touche originale, qui convaincra le lecteur de lire les prochaines préfaces de King, qui ressemblent en temps normal à des radotements gâteux, répétant inlassablement la même chose. Vous pourrez me dire que de toutes manières, ce n'est pas vraiment l'essentiel du bouquin, la préface, et je vous dirai que vous avez bien raison. En plus, la suite, ça se gaaaave.
On commence avec "La cadillac de Dolan", une excellente entrée en matière. La nouvelle est assez longue, et développée très finement. On glisse peu à peu dans une aventure périlleuse, avec une fin forcément macabre (le postulat de départ ne laisse pas vraiment d'espoir quant à une fin lumineuse), et très prenante. le personnage principal est très bien présenté, dans un ton simple mais direct, veuf en quête de vengeance, s'attaquant seul à une mafia. On ne s'étonnera pas du rôle central de la cadillac, symbolique, tantôt bouclier, tantôt cercueil, étant donné l'angoisse curieuse et évidente que King manifeste aux objets mécaniques. Quelle étrange peur. Ca fait tout son charme.
"Le Grand Bazar: Finale" est une nouvelle très certainement enjouée, certainement un peu trop: même si le résultat final est agréable à lire, le comble est que c'est effectivement un grand bazar. Un peu le bordel, mais encore une fois, cela reste bon, et même si le contexte est encore une fois pesant, la nouvelle se démarque par un ton léger sur une bonne partie de l'histoire, ce qui rend la fin encore plus cruel (le début pou la fin d'ailleurs, le schéma narratif étant carrément explosé).
"Laissez venir à moi les petits enfants", c'est une nouvelle très courte, et mon dieu qu'elle est terrifiante. King vous glace en quelques pages, sur un thème qui me fait particulièrement peur, et qui en l'occurence est parfaitement maitrisé par King (globalement, King a exploité bien des facettes de l'enfance, qui est peut-être le thème qui lui est le plus cher). C'est terrorisant, une grande réussite.
La nouvelle suivante, nommée "Le Rapace Nocturne" est une sorte d'incursion très réussie dans le domaine policier, qui monte crescendo, la tension devenant de plus en plus palpable, jusqu'à cette fin destructrice, tout bonnement excellente.
"Popsy" est, sur le plan fantastique, dans la même veine que la nouvelle précédente, incluant la même créature surnaturelle, mais l'aborde de manière bien plus frontale, directe. C'est bien plus court, bien moins fin mais pourtant très efficace: ça fonctionne, le temps que ça dure. On avouera facilement sa haine pour le personnage principal (kidnappeur d'enfants pour les revendre dans un trafic immonde), et on ne cherchera pas vraiment à descendre cette histoire, qui se lit tout de même avec une facilité déconcertante. Rien de bien transcendant non plus.
"Ca vous pousse dessus" est apparemment un épilogue au très long roman "Bazaar", que je possède mais n'ai pas lu. Cela a certainement diminué mon intérêt pour la nouvelle. Certains points négatifs ressortent cependant facilement: c'est très confus, les personnages sont beaucoup trop nombreux. Ca fonctionne peut-être sur un roman, mais pas sur une nouvelle. En revanche, la qualité de l'écriture est superbe, King étant au sommet de son art, livrant des phrases à tomber par terre. Cela m'a fait penser à la magnifique nouvelle "Le raccourci de Mme Todd", non pas pour l'histoire (qui n'a strictement rien à voir), mais sur l'écriture fine, poétique, magique.
"Le Dentier Claqueur" est vraiment une très bonne histoire. Comme dans la nouvelle "Le Singe" (de "Brume"), King part d'un objet banal, un jouet, pour en faire un objet totemisé, intimidant. La différence primordiale entre les deux nouvelles étant que le dentier est plutôt bienfaisant à l'égard du héros de la nouvelle, qui est par ailleurs extrêmement attachant. Très honnêtement, c'est une des meilleures nouvelles du recueil, se démarquant par un récit fluide, extrêmement original. La tempête de sable, l'auto-stoppeur flippant, et Scooter, proprio du bouiboui, clairement pathétique, inspirant une pitié instantanée.
"Dédicaces" reste sur le même niveau d'exigence, étant une nouvelle excellente. Avouons que King développe ici quelques extraits d'horreur pas vraiment fin (c'est du dégoût), mais offre une histoire au final bien tordue, mais passionante. Vraiment top. On a bien du mal à ne pas la lire d'une traite cette nouvelle, prévoyez donc un peu de temps si vous comptez la lire...
"Le doigt télescopique", c'est un scénario ridicule, de l'absurde horrifique pur et dur. On se demande ce qui s'est passé dans le tête de King à ce moment-là, mais encore et toujours, ça marche. C'est efficace et une nouvelle fois terrifiant, notamment à cause de ce côté ubuesque, incompréhensible. C'est véritablement un délire traumatisant, dont certaines images ne vous quitteront pas avant un petit moment. Pour ma part, je l'ai lu un soir à minuit, et n'ai pas vraiment été serein au moment d'aller boire un coup, à mon lavabo...
"Pompes de basket", je ne vais pas vous mentir, je l'ai trouvée nulle. Mais alors vraiment nulle. J'ai été très surpris, car vous l'aurez compris, le niveau de ce recueil est vraiment excellent. Mais là, je n'ai pas grand-chose à vous dire. La fin est prévisible dès le moment que l'intrigue est installée, les personnages sont caricaturaux, énervant, et l'histoire est sans intérêt. Une petite déception.
"Un groupe d'enfer" est une nouvelle pas mal, brillant par une excellente introduction (la dérive du couple le long de routes désastreuses, inquiétantes, est juste parfaite). le plot en lui-même n'est pas top, et flirte avec l'humour, parfois volontairement, parfois à ses dépends. Cela reste extrêmement agréable à lire, mais ce ne sera pas cette nouvelle qui vous marquera durablement.
La nouvelle suivante s'est déjà imposée par le lieu qu'elle emprunte: Little Tall Island, théâtre du tragique et machiavélique scénario "La Tempête du Siècle", superbe par ailleurs. le synopsis de cette nouvelle singulièrement entrainante ne brille pas par son ingéniosité, puisqu'il ne parvient pas, d'ailleurs, à convaincre au départ (les différents points de situations géopolitiques auraient clairement du être oubliés, car il sonne terriblement faux). Mais peu à peu, la sauce prend, l'atmosphère se pose, et il y a la scène du cimetière de Little Tall Island. Puis des explications sur les évènements récents ayant touché la narratrice. Là, on est putain de convaincu. C'est bon, on est dedans, on se fait plaisir, et on déguste (véritablement!) ce récit à l'atmosphère si travaillée, si baignée par cette aura superbe du King.
Chef-d'oeuvre s'il en est, "La saison des pluies" se démarque de ce recueil pourtant si enthousiasmant. Parfaite du début à la fin, c'est réellement un REGAL de lire cette nouvelle. Maitrisée de bout en bout, avec des personnages récoltant une adhésion immédiate et une atmosphère écrasante, absurdement épouvantable, elle présente un "rituel" terrible, qui marquera le coeur et l'esprit, symbiose de la peine et de la folie. Je le répète: un chef-d'oeuvre, et je pèse mes mots, soyez-en conscients. Je vous assure que vous vous souviendrez longtemps, très longtemps de Willow.
"Mon Joli Poney" est une nouvelle somptueuse, non-horrifique, écrite avec un géni déstabilisant, particulièrement perceptible dans les nombreuses comparaisons utilisées, sorties de nulle part mais sonnant toujours justes. C'est magnifique, l'écriture et le propos sont fascinants, et une fois encore, on aura des sentiments bien tendres, bien trop réels pour ce grand-père que l'on connait de manière émue. Un grand bravo, donc, pour cet exercice d'écriture qui en bouche un coin à la plupart des détracteurs de KIng. Que quelqu'un affirme que "King n'a pas de style". Qu'il essaye, tiens.
On trouvera peut-être "Désolé, bon numéro" d'un niveau moindre. Si une fois encore les personnages sont immédiatement touchants, il manque selon moi un intérêt flagrant à cette histoire cyclique, basée sur pas grand-chose. Je regrette surtout le caractère prévisible de ce petit scénario: le lecteur féru de fantastique en général, ou bien celui qui a feuilleté un bon Palahniuk sera coutumier du thème, et surtout la manière dont il est abordé, et ne sera surpris en rien par la fin de l'histoire. J'ai lu dans d'autres avis, extrêmement convaincants par ailleurs, que cette nouvelle a globalement plu. J'ai envie de dire: tant mieux; cela ne m'empêche cependant pas de l'avoir trouvée au mieux banale.
"La Tribu des Dix Plombes" fut pour moi la grosse déception de ce recueil, puisqu'elle était la seule nouvelle dont on m'ait vanté des louanges avant l'achat du recueil. On ne m'avait pas dit du mal du reste, ça non, on ne m'en avait simplement jamais parlé. Par contre, la tribu des dix plombes, on m'a carrément dit que c'était une des meilleures nouvelles de Stephen King, une des plus réfléc hies, une pensée sur les changements que subit l'Amérique. Alors calmons-nous dès à présent, si réflexion il y a, elle reste sommaire, le combat des héros contre les batmans étant, on l'a bien compris, une allégorie pas vraiment "fine". Et l'histoire en elle-même, très enthousiasmante au début, devient très vite chiante pour un bout, et redicule pour l'autre bout. Tout se passe beaucoup trop vite, il y avait certainement matière à novella (roman, certainement pas!). On reste en surface, on ne s'attache pas beaucoup aux personnages, le sujet ne prend pas vraiment: j'en suis ressorti carrément déçu. Elle se trouve très en recul du reste du recueil, même si le postulat de base était très alléchant.
"Crouch End" était fantastique. Un grand coup de pied au cul lovecraftien (King ne s'en cache pas une seconde, et cela aurait été difficile pour un récit mentionnant littéralement les noms impies des Dieux Anciens) qui chamboulera un paquet de lecteurs, tant il se trouve cruel et brutal. Les personnages sont ici pour être confrontés à des choses qu'aucun humain ne devrait voir, et se retrouvent bien désespérés face aux angles bizarres du Crouch End apocalyptique par intermittence. Un très, très bon récit, donc, qui marquera durablement. J'aimerais d'ailleurs énormément me plonger dans un roman prenant place à Crouch End, il y a tant à y faire...
La nouvelle suivante, "La Maison de Maple Street" est très jouissive, et on comprend au vu des notes de Stephen King qu'elle l'a été tout autant à l'écriture qu'à la lecture. le scénario est réellement bizarre, déstabilisant d'un premier abord, mais complètement efficace; et ce, grace au talent qu'a Stephen King pour décrire les enfants et ce qui trotte dans leurs têtes. Très bon, donc.
Pour "Le Cinquième Quart" et "La dernière affaire d'Ummey", je n'ai pas grand-chose à dire, les nouvelles étant assez bonnes dans le genre mais ne s'élevant pas au rang d'autres récits qui parsèment le bouquin. Enfin, tristement, je n'ai pas lu "Le docteur résout l'énigme", maintes fois vantée sur internet et ailleurs, n'ayant pas eu la motivation de me mettre dedans, le pavé énorme qu'est Rêves et Cauchemars étant depuis bien trop longtemps en cours de lecture, j'ai eu envie de passer à autre chose.
En conclusion, vous avez ici un des recueils de nouvelles les plus abouti de Stephen King, qui excelle à nous faire rêver et réfléchir. Mêlant divertissement pur à réflexions sur soi-même, ce livre est à lire d'urgence. Il est en plus long, et vous permettra plus d'une vingtaine de fois un trajet en métro... Surprenant.
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Luniver
  19 février 2020
Stephen King m'a habitué à des pavés, et en un sens c'en est un puisque ce livre fait environ 700 pages, mais Rêves et Cauchemar est un recueil de nouvelles. J'avais adoré Brume, et je me suis donc plongé avec plaisir dans cette « suite », si j'en crois les notes d'introduction.
Si la plupart des nouvelles reprennent les codes de l'horreur qui ont fait le succès de l'auteur (situations banales de la vie quotidienne, puis lente montée d'un élément dérangeant, …), j'ai pu aussi le découvrir dans des genres inattendus. On a ainsi droit à une conversation plutôt émouvante entre un grand-père et son petit-fils sur le temps qui passe, un Dracula en pilote d'avion, et même une enquête de Sherlock Holmes tout à fait crédible.
Évidemment, dans un recueil, il y a toujours quelques histoires qui intéressent moins, mais j'ai été surpris de constater, en relisant la table des matières quelques jours plus tard, à quel point la majorité des récits ont laissé des images très nettes (et parfois très dérangeantes) dans ma mémoire.
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Henri-l-oiseleur
  30 août 2019
Ce fort volume de nouvelles est bien meilleur que "Brume, La Faucheuse". Les récits qu'on y trouve sont assez longs, comme souvent chez King, qui a besoin de temps pour camper ses personnages et créer autour d'eux un temps et un lieu fictifs. Ses récits seraient plutôt des "novellae", mot désignant, dans le cadre de la nouvelle, ce qui n'est pas assez long pour faire un vrai roman, mais pas assez court pour faire un conte ou un récit bref. le critère interne est, dans chacune de ces histoires, la convergence de tous les éléments vers un unique objectif, une fin frappante, le dévoilement d'une énigme. Ici, beaucoup d'histoires sont très réussies, disais-je, et je crois que cette réussite vient de ce que l'auteur évite la première personne du narrateur-héros. Quand il tombe dans ce travers, il devient bavard, diffus et se perd dans les détails, tout au plaisir de faire parler les personnages,créations de son esprit, avec verve, humour, et un pittoresque qui échappent totalement au lecteur francophone. Quand il opte pour la troisième personne, on voit son talent de conteur s'épanouir.
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Joualvert
  06 juin 2017
Un recueil bien en chair : tout près de mille pages. Une sélection des plus variées : plusieurs thèmes horrifiques revisités de façon délectable (les amateurs de vampires y trouveront deux productions plutôt originales), du policier, un ou deux morceaux de littérature générale et quelques récits insolites assez inclassables que je trouve toujours bienvenus. C'est le cas du ''Grand bazar : finale''. Vers la fin du volume, il y a des pastiches en hommage à quelques auteurs dont Lovecraft avec l'excellent ''Crouch End'' et même une enquête de Sherlock Holmes. Bien de l'agrément donc. Ceci dit et en toute subjectivité, il ne m'a pas semblé avoir ressenti le même degré d'émerveillement que m'avait procuré la lecture du recueil ''Brume'', et ce dernier conserve ma préférence.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   31 août 2017
Des dimensions proches de la nôtre. Pleines de monstres immortels qui rendent un homme fou au premier coup d'oeil. Des âneries pour vous flanquer la frousse, évidemment. Sauf que, quand je vois débarquer un client dans ce genre, je me demande si ce ne sont que des âneries. Je me dis alors - quand tout est calme, tard la nuit, comme en ce moment - que tout notre monde, tout ce que nous trouvons bien et normal, pourrait n'être qu'un énorme ballon de cuir usé jusqu'à la corde. Sauf qu'en certains endroits, l'usure est telle qu'il n'en reste presque rien. En certains endroits, la barrière est plus mince qu'ailleurs.

Crouch End
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kuroinekokuroineko   29 août 2017
Si on creusait un peu le personnage, le fait d'être noir ou blanc n'avait plus rien à voir à l'affaire. Il appartenait à la tribu des enfants de salauds, et il y en a de toutes les couleurs.

Dédicaces
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milamiragemilamirage   04 mai 2013
L'acte de foi indispensable pour faire naître des nouvelles est devenu particulièrement difficile depuis quelques années ; j'ai constamment l'impression que toutes voudraient devenir des romans et que chaque roman aimerait bien faire dans les mille pages. (introduction page 13)
[challenge des livres sans citation]
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kuroinekokuroineko   28 août 2017
(...) je considère toujours que les histoires sont de grandes choses, des choses qui non seulement donnent plus de cachet à notre vie, mais qui vont même, en réalité, jusqu'à la sauver. Et ceci n'est pas une métaphore. Les choses bien écrites - les bonnes histoires, autrement dit - sont comme les amorces de l'imagination; et le but de l'imagination, à mon avis, est de nous consoler et de nous protéger de situations et de moments de la vie qui se révéleraient, sinon, insupportables.

Introduction: Mythes, croyance, foi... et un drôle de magazine
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kuroinekokuroineko   29 août 2017
Tu veux savoir ce que c'est que de toucher le fond? demanda-t-elle. Probablement pas, mais je vais te le dire tout de même. On croit l'avoir touché quand son homme boit et n'a pas d'emploi stable. Mais ce n'est que le premier degré. Il y a pire: quand il boit, n'a pas de boulot et te cogne dessus. Pire encore, le jour où tu fouilles dans ses poches, espérant y trouver un dollar pour aller acheter du papier-toilette au supermarché du coin, et que tu découvres à la place une petite bouteille de poudre blanche avec une cuillère. Mais le pire de tout, c'est quand tu regardes la petite bouteille et que tu espères que la poudre blanche est de la cocaïne et non de l'héro.

Dédicaces
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Vidéo de Stephen King
Extrait de "Histoire de Lisey" de Stephen King lu par Marie Bouvier. Parution numérique le 25 novembre 2020.
Pour en savoir plus : www.audiolib.fr/livre-audio/histoire-de-lisey
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