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EAN : 9782842612696
276 pages
Le Serpent à plumes (16/05/2001)
4.08/5   152 notes
Résumé :
Ce livre de Dany Laferrière est l'histoire d'un retour. Après vingt années passées à Montréal et Miami, l'hauteur rentre chez lui, à Port-au-Prince, Haïti. Le pays, en apparence, est le même. L'odeur du café est la même, la pauvreté aussi, crue et violente, jusqu'aux amis qui sont restés fidèles à leur jeunesse. Mais au fil des jours, des silences de ses proches, des mots chuchotés par la rue, c'est à une enquête sur les morts que se livre l'auteur, zombis haïtiens ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Qu'est-ce que ça fait de revenir chez soi après vingt ans d'exil ? de retrouver les siens et son pays chéri où la misère et la violence côtoient les mystères et les secrets du vaudou ? C'est ce qu'évoque Dany Laferrière dans Pays sans chapeau : il jette un oeil presque candide, innocent, sur Haïti, son pays natal, qu'il redécouvre après avoir passé vingt ans à Montréal puis à Miami.

Dans son Pays sans chapeau, Dany Laferrière raconte tour à tour son « pays réel » et son « pays rêvé ».
Le « pays réel » c'est Haïti, et plus précisément Port-au-Prince, ses odeurs, ses habitants, sa vie chaotique, sa misère et sa surpopulation. À la manière d'un « peintre primitif », Dany Laferrière observe et décrit de la façon la plus objective possible ce qu'il voit. Il est un « écrivain primitif ». Il raconte également ses retrouvailles avec sa mère Marie, avec sa tante Renée, avec ses amis Philippe et Manu. Il retrouve les lieux qu'il fréquentait avant son départ en exil. le tout est donc très empreint de nostalgie. Comme toujours chez Laferrière. Voilà, c'est donc ça ce « pays réel », un pays en noir et blanc et en couleur, un pays où la beauté côtoie sans cesse le nauséabond, un pays où il pleut des mangues…
Dans le « pays rêvé », Dany Laferrière évoque les mystères d'Haïti, un pays où la mort est omniprésente, et d'autant plus que, selon les rumeurs, les cimetières sont vides et les morts vont et viennent parmi les vivants. C'est ce qui intrigue l'auteur qui va tenter de mener son enquête pour comprendre comment (et pourquoi) des gens qui sont morts et enterrés sont régulièrement vus en train de se balader dans les rues de Port-au-Prince (entre autres). Ont-ils, à l'instar des chats, plusieurs vies, sont-ce des zombis, des fantômes ou est-ce une sombre histoire de vaudou ? En tout cas, le « pays sans chapeau » (l'au-delà en Haïti parce qu'on n'enterre pas les morts avec un chapeau) et le « pays réel » finissent par se rejoindre et c'est ce dont il est question dans ce livre.

Je suis mitigée à l'issue de ma lecture. J'ai trouvé les chapitres sur le « pays réel » fascinants pour leur description d'Haïti, ce pays où le temps ne coûte rien, pour les souvenirs de l'auteur alias Vieux Os et pour les mangues qui ne cessent de tomber. En revanche, je n'ai pas trop accroché avec les chapitres sur le « pays rêvé ». Mais c'est vraiment personnel, j'ai toujours eu du mal avec les histoires de zombis et de vaudou. J'en avais peur quand j'étais petite et je crois que cette peur ne s'est pas complètement dissipée. Et je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir, ce qu'il voulait montrer. En fait, je me suis même ennuyée à l'évocation des dieux du vaudou, à cette balade dans le « pays sans chapeau » et lors des discussions de l'auteur avec des spécialistes de la question – discussions qui, je trouve, ne menaient nulle part. J'ai commencé à regarder le nombre de pages qu'il me restait à lire et je me suis dit que non, décidément, je n'aimais pas ces chapitres et que j'avais hâte de passer à autre chose.

Heureusement, ce petit livre se lit vite et j'ai quand même trouvé certains passages très intéressants pour les connaissances qu'ils apportent sur ce pays, l'un des plus pauvres du monde mais d'une immense richesse culturelle.
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Après une longue absence, Vieux Os revient sur son île natale qu'il avait du quitter précipitamment pour fuir les tontons macoutes. Il redécouvre les parfums et les couleurs d'Haïti, retrouve sa famille et ses amis, portant sur ce qui l'entoure un regard neuf. Il se demande si au cours des vingt années passées en Amérique du Nord, il ne serait pas devenu étranger à son pays d'origine. Il décide alors d'entreprendre une quête intérieure au-delà de ce qu'il a gardé en mémoire depuis son départ et qui touche à la fois à l'identité, la culture, la spiritualité, la langue et la logique de l'âme haïtienne.

Mettant dos à dos deux mondes, le pays réel et le pays rêvé, Pays sans chapeau entremêle dans un jeu captivant l'ici et l'ailleurs, la certitude et le doute, le réel et l'imaginaire, l'humain et le divin. Au fil des pages, la frontière entre les mondes devient poreuse pour finir par se dissoudre.
Dans cette étrange histoire de revenant(s), Dany Lafferière affirme qu'Haïti serait devenue un immense cimetière, un pays où tout le monde est mort sans le savoir. Un pays de zombies, de créatures que l'on ne peut plus distinguer des vivants mais qui ne meurent pas malgré le manque d’eau et de nourriture et ne s'écroulent pas quand on leur tire dessus...
Bien que l'auteur ne l'exprime pas clairement, je présume que ces zombies symbolisent ceux que des années de dictature ont vidés de leur substance vitale et doivent encore supporter l'oppressante occupation postcoloniale américaine.

" Tous les haïtiens ont un dictateur et un dieu vaudou qui dansent dans leur tête."

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Après 20 ans d'exil au Canada, le narrateur revient en Haïti.
Retrouvailles avec sa mère, sa tante, ses amis, les voisins....
Mais aussi les odeurs, les couleurs, les ambiances des quartiers.....
Beaucoup de choses ont changé bien que paradoxalement tout soit resté pareil.
Il y est beaucoup questions de morts, de zombis, de vaudou.....
J'aime vraiment beaucoup Dany Lafferrière, et son écriture bien sûr.
C'est toujours un plaisir de le retrouver.
Haiti, quitté depuis si longtemps est toujours en lui
Et il réussit toujours à nous faire apprécier son pays en proie a tellement de difficultés, de misère, de croyances... 
Difficile d'être exilé !
Mais il sait trouver les mots, avec chaleur et simplicité
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Il y a plusieurs années, j'avais lu et beaucoup aimé L'odeur du café du même auteur. En refermant Pays sans chapeau, je me demande bien pourquoi j'ai tant tardé à continuer de découvrir l'oeuvre de Dany Laferrière, écrivain Haïtien émigré à Montréal. Un bijou de roman ! L'auteur raconte son retour à Port-au-Prince, après vingt ans d'exil. Dans de courtes vignettes, tendres, douces-amères ou drôles, il décrit sa mère, sa tante, les gens, les lieux, les odeurs… En parallèle, il raconte sa drôle d'enquête (imaginaire) sur les morts, évoquant les croyances des Haïtiens et leurs relations très particulières avec les défunts. La prose est superbe, d'un grand pouvoir d'évocation.
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Dany Laferrière, haïtien voyageur, nous emmène avec lui dans son retour au pays natal, quitté alors qu'il était jeune homme, vingt ans auparavant. Par petites touches - petits paragraphes titrés - le Pays sans chapeau se dessine dans sa chaleur, son décor de mangue mûre et de ville surpeuplée, sa pauvreté, son rythme, ses croyances (le vaudou, les zombis)... Pays réel, pays rêvé, souvenirs et instants présents, vivants et morts, ce roman est un voyage-tableau qui se lit avec une joyeuse simplicité pleine de richesses. Une bonne porte d'entrée vers la littérature haïtienne d'après ce que j'en connais.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Tout va trop vite pour moi dans ce pays. Je suis un scientifique, je suis habitué à travailler sur des objets très anciens [...] et voilà que maintenant, on me demande mon avis sur des histoires qui se déroulent sous nos yeux. Il me faut du temps. Dans mon analyse d'Haïti, je suis encore en Afrique, vous comprenez. Il faut aller à la racine des choses. Les peuples ont une histoire, il faut commencer par le début, mais ces gens veulent que je réagisse comme un journaliste, à chaud sur l'événement. C'est impossible ! Ils refusent de comprendre.
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J’aurais pu continuer longtemps à avaler cette poussière blanche, si je n’avais pris la décision de changer de direction, ou tout simplement de prendre un autre chemin moins poussiéreux. Qui m’obligeait à aller sur cette route poussiéreuse ? Personne. Qui m’empêchait de prendre le sentier parfumé ? Personne. Pourtant j’acceptais comme un fait accompli cette situation intenable. Cette route déjà tracée, quoique poussiéreuse, semblait mener quelque part. C’était ça ma certitude jusqu’à ce que je comprenne que quel que soit le chemin pris, il nous mènera toujours quelque part.
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L'odeur.
Ce qui frappe d'abord, c'est cette odeur. La ville pue. Plus d'un million de gens vivent dans une sorte de vase (ce mélange de boue noire, de détritus et de cadavres d'animaux). Tout cela sous un ciel torride. La sueur. On pisse partout, hommes et bêtes. Les égouts à ciel ouvert. Les gens crachent par terre, presque sur le pied du voisin. Toujours la foule. L'odeur de Port-au-Prince est devenue si puissante qu'elle élimine tous les autres parfums individuels. Toute tentative personnelle devient impossible dans ces conditions. La lutte est par trop inégale.
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Tante Renée est aussi Blanche qu'une Noire peut l'être sans être une vraie Blanche. Elle n'est pourtant pas une mulâtresse. Toutes ses soeurs sont noires. Sauf tante Raymonde. Tante Renée a des idées très arrêtées sur l'hygiène. Elle croit que c'est le manque d 'hygiène qui rend certaines personnes si noires.
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À dix-neuf ans, je devenais journaliste en pleine dictature des Duvalier. Mon père, lui aussi journaliste, s'était fait expulser du pays par François Duvalier. Son fils Jean-Claude me poussera à l'exil. Père et fils, présidents. Père et fils, exilés. Même destin. Ma mère, elle, ne quittera jamais son pays. Et si jamais elle le quitte, j'aurai l'impression qu'il n'y a plus de pays. J'identifie totalement ma mère avec le pays. Et elle est assise à côté de moi dans ce taxi qui file maintenant vers Martissant. Le torse bombé sous la douleur : ma mère, mon pays.
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Vidéo de Dany Laferrière
Augustin Trapenard accueille Dany Laferrière, pour "Un certain art de vivre" publié aux éditions Grasset. Sous la forme d'Haïkus et de maximes, l'académicien livre un récit intime et nous donne sa vision d'un certain art de vivre… Des maximes fulgurantes qui en trois lignes tentent de saisir le monde, un pèle mêle de sensations, de réflexions faites de pulsions de vie, d'ouverture aux autres, au monde et au rêve.  Il y a des sociétés dans lesquelles le jeu de l'amour est prédominant, c'est le cas en France. À l'origine de ce livre un chagrin d'amour réel ou imaginaire dont le narrateur essaie de se remettre en partant à Bornéo. Au fond on en revient toujours à l'amour lorsqu'on parle d'art de vivre. Ici le narrateur plongé dans une mélancolie amoureuse s'attarde sur ces petits plaisirs simples qui font la beauté de la vie et le rapport au temps. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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