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Pierre Alien (Traducteur)
ISBN : 2253056774
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/2009)

Note moyenne : 2.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Recueilli dans la rue, sans qu'aucun indice permette de savoir qui il est ni d'où il vient, un amnésique est pris en charge par une équipe de psychiatres.
Il croit être Ulysse, Jason ou Sindbad, et en de longs monologues il raconte le souvenir d'expériences dans un monde inconnu, fait de contrées improbables aux habitants singuliers. Dans ce roman, l'un des plus étonnants qu'elle ait donnés, l'auteur du " Carnet d'or " et des " Nouvelles africaines " a poussé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Marple
  11 mai 2015
Après une pause de presque deux ans, je me suis enfin décidée à reprendre ma 'Descente aux enfers' commencée dans le cadre du Challenge Nobel. Une descente un enfers, c'est bien de cela qu'il s'agit puisqu'on passe 400 pages dans la tête d'un homme dérangé et obsessionnel enfermé en hôpital psychiatrique. Mais aussi, plus prosaïquement, parce que la lecture peut se révéler un vrai calvaire, bizarre, dérangeante et ennuyeuse...
Le début est à cet égard particulièrement frappant : pendant plus de 70 pages, on est sur un radeau au milieu de l'océan, seul. Et tourne et tourne et tourne. Et rien d'autre que tourne et tourne. Puis on se retrouve sur une terre, peuplée d'hommes à tête de chiens qui se battent et vivent des orgies. Pendant à nouveau 70 pages.
Et là s'était arrêtée ma première rencontre infernale, me laissant un vrai malaise et pas du tout envie de découvrir la suite ! Pourtant, j'en ai gardé un souvenir très précis, bien plus que pour certains autres livres lus à la même période et appréciés. Puis je m'étais promis d'aller au bout, ne serait-ce que pour comprendre (ou pour voir s'il y avait quelque chose à comprendre). Alors je l'ai repris.
La suite immédiate est tout aussi hypnotique et pénible : par associations d'idées, le héros passe de la terre à un mystérieux cristal qui l'envoie dans l'espace et lui fait rencontrer les dieux de la mythologie, notamment Mercure et Minerve qui deviennent bientôt les chefs de guerre Merk Ury et Minna Erve. Vous l'aurez compris, à ce moment-là le héros est toujours aussi atteint, la lecture aussi ardue et j'avoue que j'ai sauté des passages et lu en diagonale.
Puis ça s'améliore un peu, on sort des délires pour en venir aux échanges, avec les médecins, les autres malades ou son entourage d'avant. la lecture devient plus fluide et on arrive au bout sans trop souffrir (mais sans forcément tout comprendre, en tout cas pour moi).
Plus qu'une histoire, c'est donc à mon sens une expérience littéraire que Doris Lessing nous livre ici, un peu comme celles des surréalistes ou de l'écriture automatique... à moins que ce ne soit carrément un trip sous acide ! Si je peux comprendre l'intérêt pour l'auteure elle-même, je suis nettement plus dubitative sur l'intérêt pour des lecteurs, sauf à vouloir devenir fous d'angoisse ou d'ennui !
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fanfan50
  08 juin 2014
Avril 1969 : Charles Watkins fut admis à l'hôpital central. Il était amnésique, délirant et sans papiers d'identité. de longues pages suivent racontant ses délires et ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressée. J'ai lu en diagonale jusqu'au moment où son entourage témoigne : sa femme, sa maîtresse, son meilleur ami et j'en passe ! Charles raconte à sa façon la guerre de Yougoslavie alors qu'il n'y a jamais participé ! Il y a une description de l'univers des hôpitaux psychiatriques assez exacte, comme si Doris Lessing y avait eu une expérience concrète. Ou l'on découvre à la fin que Charles Watkins est un professeur renommé et maintenant qu'il est guéri, il doit retourner à Cambridge par une lettre de lui datant d'avril 1970. Son internement en psychiatrie n'aura donc duré qu'un an. Ce que l'auteure dit dans l'épilogue est intéressant : "Il y a quelques années, j'ai écrit une histoire pour le cinéma. Cette histoire provenait d'une amitié étroite avec un homme dont les sens étaient différents de ceux des gens normaux". Il faut aller jusqu'au bout de la lecture de ce petit livre ne serait-ce que pour cette petite réminiscence pertinente qu'est l'épilogue ! Bon courage dans votre lecture.
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Bruno_Cm
  15 mai 2014
Ce livre est prenant. Il part un peu dans tous les sens et tous les styles, on tend à de la science-fiction ou du fantastique un peu à la Will Self (les parties qui me plaisent le moins) à des pages assez spirituelles et de simples moments de littérature toute classique de relation d'événements quasi anodins... Avec un monologue dans des dialogues et échanges épistolaires plus ou moins réussis... Les thèmes abordés me plaisent, si tout ne me semble pas maîtrisé c'est peut-être que je ne connais pas suffisamment bien l'auteure et donc ne sait pas quelle place à ce livre dans son oeuvre. Ce livre est assez bien tombé dans le décours de ma vie, donc il m'a été facile de l'apprécier. A voir ce qu'il (m')en restera le temps passant.
A voir aussi si je vais prolonger le parcours avec Doris Lessing...
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Rodin_Marcel
  26 mars 2015
Doris Lessing - "Descente aux enfers" – Albin Michel (ISBN : 978-2253056775) ("Briefing for a descent into hell" cop. 1971 pour l'original)

J'avoue que je n'ai fait que survoler tout le début, soit un bon tiers du récit, dans lequel l'auteur décrit des rêves de science-fiction du héros supposé avoir perdu la mémoire : je n'ai jamais accroché à ces innombrables récits "oniriques" qui me semblent profondément barbant dans un texte littéraire.

En revanche, le texte redevient passionnant à partir du moment où le lecteur découvre les différentes facette de ce personnage momentanément en suspension, par le biais d'un échange de courriers entre diverses personnes l'ayant connu.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   08 juin 2014
Cette petite bête luisante qui se tenait là, abaissant ses cornes élégantes, semblant attendre sans aucune raison, ne faisait qu'ajouter au flou aigu de cette scène.
Je me suis arrêté en face de l'animal et l'ai contemplé. J'étais à une quinzaine de mètres. Cette fois j'ai vu que l'animal était une biche. Et qu'elle avait un air chancelant et défait - épuisé. J'ai vu qu'elle avait récemment mis bas. et puis j'ai vu le faon.
Le petite créature était couchée près des rochers face au soleil couchant. Sa robe rayonnait doucement, pleine de santé. Au-dessus d'elle, comme une sentinelle, se dressait une grande plante aux feuilles claires et brillantes qui se déployaient en éventail tout autour du faon si bien qu'il reposait sous une fontaine. Le faon était parfait, un triomphe, trop éblouissant même, comme si ces vastes montagnes et forêts avaient élu ce bébé animal dans cette clairière ensoleillée pour les représenter, mais la scène était surchargée de sens et de beauté.
Puis j'ai vu qu'il restait sur son pelage des traînées séchées du fluide de naissance, et que pendait sur son ventre crémeux le cordon rouge et gras de naissance, neuf et luisant. Trois ou quatre jours plus tard, le cordon desséché, et le faon, comme un enfant humain, ou comme les plants de maïs que j'avais vus ce matin, serait au faîte de sa promesse et de sa perfection. Mais assister à une naissance c'est être admis dans l'atelier de la nature, où la vie et la mort travaillent ensemble. La vue du cordon, du pelage pas encore léché, sauvait la créature du pathos, la rendait à son immense vulnérabilité, à sa terrible faiblesse. Pourtant, ses yeux me regardaient calmement, sans peur. Car entre elle et moi se tenait sa mère.
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Bruno_CmBruno_Cm   15 mai 2014
Et maintenant, je dois veiller à transcrire fidèlement les mouvements de mon esprit. Car il était soudain passé à cette vitesse où le temps est plus lent – de même qu’en tombant d’une échelle on a le temps de penser : je tomberai comme ça, juste à cet endroit, et je dois me tourner un peu en l’air pour que mon épine dorsale ne heurte pas cet angle vif. Et on tourne en l’air et on a même le temps de penser : cette chute peut me faire très mal, y a-t-il quelqu’un à la maison pour m’aider ? – et ainsi de suite. Le tout dans un espace de temps normalement trop court pour la moindre pensée. Mais nous avons tort de séparer du temps la machinerie mentale : c’est la même chose. C’est en de tels instants d’intensité aiguë que nous pouvons le reconnaître.
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Bruno_CmBruno_Cm   15 mai 2014
Il y a quelque chose que je dois atteindre. Il faut que je le dise aux gens. Les gens ne le savent pas mais c’est comme s’ils vivaient dans un air empoisonné. Ils ne sont pas éveillés. Ils ont reçu un coup sur la tête, il y a longtemps, et ils ne savent pas pourquoi ils vivent comme des zombies et se tuent entre eux.
[…]
Il y a tout le temps dans monde des gens qui savent, dit le professeur. Mais ils se taisent. Ils agissent sans faire de bruit et sauvent ceux qui savent qu’ils sont dans un piège. Et alors, pour ceux qui en sortent, c’est comme de sortir d’une anesthésie. Ils comprennent qu’ils ont passé toute leur vie à dormir et à rêver. Et ensuite c’est à leur tour d’apprendre les règles et le choix du moment. Et ils deviennent ceux qui vivent tranquillement dans ce monde, comme le feraient des êtres humains s’il n’y en avait que quelques-uns sur une planète peuplée par des singes, mais des singes ayant la faculté d’apprendre à penser comme des êtres humains. Mais, à moitié enfoui dans les pauvres et tristes cerveaux abîmés des singes, il se trouve un savoir. Ils pensent parfois que si seulement ils savaient, si seulement ils pouvaient se souvenir vraiment, alors ils pourraient sortir du piège, ils pourraient arrêter d’être des zombies. C’est quelque chose ça, Violet. Et il faut que je prenne le risque.
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Bruno_CmBruno_Cm   15 mai 2014
Dans cette dimension les esprits sont côte à côte, poissons dans un banc, alvéoles dans une ruche, flammes dans le feu, et tous nous formions un ensemble de telle façon qu’il n’était pas possible de dire : Ici commence Charles, ici finit John ou Miles ou Felicity ou Constance. Et ainsi de nous tous. Mais tandis que ce nouvel élargissement à la compréhension avait lieu dans mon esprit – une avancée dans la compréhension possible uniquement à cause de ma fusion avec les gens qui étaient des amis, des compagnons, des amantes et des partenaires, une complétude parce que j’étais collé comme un morceau de verre coloré dans une mosaïque – […]

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Bruno_CmBruno_Cm   15 mai 2014

L’important c’est ceci : se souvenir que certaines choses montent jusqu’à nous depuis ce niveau d’existence jusqu’à celui-ci. L’angoisse en est une. Le sentiment d’urgence. Oh, ils en font une maladie, ils le charment avec leurs drogues magiques. Mais ce n’est pas là pour rien. Ce n’est pas déconnecté. Ils disent un « état d’angoisse », comme ils disent paranoïa, mais toutes ces choses, elles ont un sens, elles sont des reflets de cette autre part de nous, et cette part de nous sait des choses que nous ne savons pas.
[…]
Mon sentiment d’urgence est très simple, dit le professeur. Je me suis souvenu de cela en tout cas. C’est parce que ce qu’il faut que je me rappelle est en rapport avec le temps qui va manquer. Et c’est cela l’angoisse, chez plein de gens. Ils savent qu’ils ont quelque chose à faire, qu’ils devraient être en train de faire autre chose, pas seulement de vivre au jour le jour, de se peindre le visage et de décorer leur cavernes et de jouer de méchants tours à leurs rivaux. Non. Ils ont autre chose à faire avant de mourir – et alors les hôpitaux psychiatriques sont pleins et les pharmaciens prospèrent.
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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