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ISBN : 2246852986
Éditeur : Grasset (27/08/2014)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Une femme hors du commun - inspirée par la grand-mère de l?auteur - se remémore et nous raconte son incroyable existence.1938. Alors que le destin de l?Europe s?apprête à basculer à Munich, un voilier anglais accoste sur l?Ile-aux-Moines. A son bord, Charles Evans et sa fille Marge. La jeune fille anglaise rencontre là deux jeunes Bretons, Blaise de Méaban et son meilleur ami Mathias. Elle épouse Blaise et, se croyant enceinte, ne peut l?accompagner à Londres lorsqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Tricia12
23 octobre 2014
Celle qui dit non est Marge, aujourd'hui octogénaire, narratrice du roman qui débute en 1938.
Cette année là, en septembre, cette jeune anglaise de 18 ans débarque un peu par hasard avec son père sur l'Ile-aux-Moines, suite à une avarie de mât sur leur voilier. Elle y restera, y ayant trouvé un mari, Blaise de Méaban, jeune homme de vieille famille bretonne, champion de France en voile (sur un Dragon pour ceux que ça intéresse...plutôt belle embarcation).
Le jour du mariage, 10 mai 1940, la guerre est déclarée et notre Blaise rejoint De Gaulle à Londres peu de temps après. Marge, se croyant enceinte, reste sur l'ile, la traversée pouvant s'avérer dangereuse. Heureusement, Mathias, meilleur ami de Blaise est présent et devient rapidement son amant. Il sera finalement le père de son premier enfant et Marge devra tout faire pour garder les apparences sauves...
Les seize chapitres du livre reprennent seize années différentes jusqu'en 1966 mais se concentrent surtout sur les années 40, mêlant, c'est assez inévitable vue la période, la grande Histoire et la petite (pas si petite que ça, au demeurant).
Marge est une femme volontaire, indépendante, libre qui est tour à tour résistante, amante, joueuse, entreprenante et finalement assez attachante. Certes, ça n'est pas une mère modèle et le blackjack ne lui est pas indifférent mais c'est ce qui fait aussi son authenticité.
Elle fait le lien avec de nombreux personnages secondaires, à commencer par une belle-mère assez caricaturale mais décrite de façon plutôt truculente: «Blaise pouvait bien me prendre pour la rose des Tudor, elle ne voulait pas de moi dans son vase. A l'annonce par son fils de notre mariage, elle avait pleuré toute l'eau du lac Léman. Depuis, elle ne m'adressait plus la parole. Lui poser une question exigeait une prudence de démineur. Si j'abordais un point d'ordre pratique, elle répondait avec la sobriété d'un dictionnaire et des mots piquants comme un fleuret. Si j'effleurais un sujet personnel, elle n'entendait pas. Que j'insiste et un petit rire métallique claquait, sec comme une porte qu'on ferme.»
Mathias, se considérant plus breton que français, verra dans les nazis les descendants des véritables celtes (on ressort au passage un peu plus érudit sur la culture celte et l'histoire de la Bretagne...) et fera des choix politiques plus que discutables. Blaise, dont on peut regretter l'absence de consistance dans le roman, restera fidèle à De Gaulle.
Gravitent également autour de Marge ses compagnons de jeu du casino de la Baule que l'occupation a rendus riches et qui sauront rebondir, quelques amis Iloits et un certain Kerzannec toujours précédé d'une odeur de souffre. Timmy, son fils héritera de la passion de la voile familiale ce qui nous vaudra un épisode intéressant aux jeux olympiques de Tokyo en 1964.
Derrière nos principaux protagonistes, Mitterrand apparait en pointillé et il n'est pas épargné...
Finalement, Marge est l'une des seules à ne pas faire preuve de manichéisme (sauf peut-être avec le personnage sus nommé...) dans un environnement d'hommes pas toujours subtils.
Gilles Martin-Chauffier a le sens de la formule, c'est efficace et l'on suit avec beaucoup d'intérêt l'évolution des différents personnages dans un décor principalement planté en Bretagne, en particulier à l'Ile-aux-Moines dont on sent l'attachement palpable de l'auteur.
Lu dans le cadre de Masse Critique: Merci à Babelio et aux Editions Grasset pour cette lecture.
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spleen
27 octobre 2014
Marge, jeune anglaise de 18 ans débarque sur l'Ile-aux-Moines avec son père pour réparer les avaries de leur voilier.
Nous sommes en 1938, et la simple escale sur cette terre bretonne deviendra pour Marge son cadre de vie à défaut d'être son havre de paix.
Elle y fait rapidement la connaissance des deux hommes de sa vie, Blaise de Méoban, beau brun ténébreux, et Mathias Gauvain , géant roux et au caractère explosif.
Et pour le lecteur, cette mise en scène brillante des personnages principaux de ce roman, raconté par Marge à l'aube de sa longue existence, est la promesse d'une lecture palpitante .
C'est un début fort habile et qui a accroché parfaitement à l'hameçon ma curiosité, même si cela a été parfois inégal par la suite.
Bien sûr, de 1938 on enchaine rapidement et pour un gros tiers du bouquin sur la seconde guerre mondiale .
L'ile-aux-Moines, épargnée par les combats ,connait comme le reste de la France ses partisans du régime de Vichy, le départ à Londres pour rejoindre de Gaulle d'un certain nombre de ses fils comme Blaise , ses résistants comme Marge puis quelques "illuminés " combattants pour la Bretagne Libre et sympathisants du régime nazi comme Mathias .
Gilles Martin-Chauffier nous donne une vision très décomplexée et loin des écrits convenus sur l'attitude des Français pendant la guerre; les communistes, en particulier et un certain François Mitterand en prennent aussi pour leur grade .
Marge, entre deux actes de bravoure va jouer au casino de la Baule entre les officiers allemands et les collabos , peu importe: à la fin de la guerre l'épuration est vite passée pour certains qui partent en Irlande ou se refont rapidement une virginité ...
La gente masculine n'a pas, ici, le plus beau rôle, et Marge, anglaise au plus profond de son être regarde avec amusement et ironie le manège des français qui se déroule autour d'elle.
Il ne faut pas croire cependant que tout est tourné en dérision, car ici comme ailleurs les juifs sont dénoncés et certains habitants de l'Ile comme Blaise connaissent les camps de concentration.
Les temps de paix apparaissent bien courts, Mathias, poursuivant son idéal bretonnant , le Bleun-Brug s'engage dans la légion et se retrouve en Indochine puis en Algérie, alors que Blaise suit De Gaulle à l'Elysée .
Marge, bourgeoise libérée , est une femme complexe et habile à louvoyer entre les coups du sort, peu encline à s'apitoyer sur elle même, elle se retrouve finalement prise au piège de son propre jeu .
L'intérêt se renouvelle tout au long des pages, les personnages secondaires sont attachants et la passion évidente de l'écrivain pour la Bretagne donne ses plus belles descriptions au roman.
On rêve d'aller naviguer sur le Nominoë, le bateau de Blaise, de se promener sur les sentiers odorants de l'ile et de fureter dans la bibliothèque de Kergantelec...
Je remercie Babelio et les Editions Grasset pour cet excellent moment de lecture .
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val-m-les-livres
28 octobre 2014
J'ai tendance à penser que Marge n'est pas vraiment celle qu'elle nous décrit, légère et frivole. Il vous faudra laisser de côté votre moralité, Marge n'était pas la Pénéloppe attendant son héros de mari parti rejoindre De Gaulle. L'autre grande réussite de ce roman, c'est le grand amour de Marge, l'Ile-aux-Moines. Les descriptions sont telles qu'on a une seule envie, faire nos bagages. Ce roman est un roman d'amour, celui qui existe entre Marge et la Bretagne mais aussi entre l'auteur et cette île bretonne et enfin, entre l'auteur et son personnage, qui est fortement inspiré de sa grand-mère, une grand-mère qu'on imagine plus facile à apprécier à sa juste valeur en tant que grand-mère qu'en tant que mère d'ailleurs. C'est aussi une radioscopie de cette époque et Gilles Martin-Chauffier égratigne De Gaulle et Mitterand devient un "séducteur pour guinguette des bords de Marne". Dans un autre domaine, Marge critique Les Misérables mais non sans tendresse. On retrouve les différents rôles joués par les hommes dans cette époque sombre et rien n'est noir ou blanc, à l'image de Mathias et Blaise qui ne forment un homme idéal que réunis, leur comparaison avec un fauve pour l'un et une murène pour l'autre dans les moments intimes m'a fait sourire et c'est ce genre de comparaisons qui nous entraîne loin du fleur bleu. Les femmes, elles, ont le beau rôle, et Marge et sa belle-mère forment un couple truculent:
Entre Hitler et ma belle-mère, nous n'avions pas le choix. Quant à savoir lequel des deux était mon pire ennemi, à l'époque, j'avais un doute.
N'étant pas très férue d'histoire bretonne, j'ai un peu appris sur les mouvements indépendantistes pendant la seconde guerre mondiale et là encore, même si on sent une certaine tendresse pour les hommes qui s'en entichent, Gilles Martin-Chauffier a parfois la dent dure. Comme pour les irlandais et Eamon de Valera, rhabillé pour l'hiver, leurs liens avec les nazis ne sont pas tus. C'est donc un roman que je recommande même si je le trouve un peu inégal au niveau de l'intrigue et même si la scène finale est un peu too much, mais tellement révélatrice de cette narratrice qui ne sait pas faire face à l'essentiel que je l'ai, moi, beaucoup aimée. Ce roman m'a souvent fait sourire.
Lien : http://vallit.canalblog.com/..
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yannquignon
20 novembre 2016
"La femme qui dit non" du titre est Marge, une jeune anglaise qui tombe amoureux de l'Ile aux Moines en même temps que de Blaise et de Matthias, deux îliens. du premier, elle fait son mari, du deuxième son amant. Mais la Seconde Guerre mondiale pointe son nez et Blaise rejoint le général De Gaulle à Londres. Son fils, né durant la guerre, n'est pas le sien mais celui de Matthias. Marge n'aura de cesse de cacher la vérité à son mari, à sa famille…
Le roman de Gilles Martin-Chauffier mêle habilement le portrait d'une femme de caractère - tantôt amante, tantôt résistante ou même joueuse de casino - et l'histoire du Golfe du Morbihan. Ce sont trois décennies de la vie politique française, du quotidien des Bretons, de l'histoire bretonne qui servent de toile de fond à cette saga familiale. de la seconde Guerre Mondiale à la guerre d'Algérie, on y croise résistants, collabos, indépendantistes bretons, communistes, pétainistes repentis, le Général de Gaulle et Mitterrand. Dans ce contexte social, Marge est un électron libre qui vit sa vie comme elle l'entend, flirtant entre prise de position politique, indépendance et frivolité. A l'image des courants du Golfe qu'elle chérit tant, Marge est changeante, forte, bouillonnante et toujours en mouvement. Un beau portrait de femme libérée donc, mais aussi un vibrant hommage à l'Ile-aux-Moines, à sa quiétude, sa beauté et ses paysages enchanteurs.
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Stemilou
22 mars 2015
Septembre 1938, Marge arrive à L'Île-aux-Moines en Bretagne avec son père, avant d'arriver là tous deux étaient en mer naviguant entre l'Angleterre et la France mais en ce 30 septembre les accords de Munich étant sur le point d'être signés son père veut mettre pieds à terre et se pencher sur le premier poste radio.
C'est à ce moment qu'ils rencontreront Mathias puis Blaise, Marge ne quittera plus cette île devenu son phare en plein brouillard.
Les deux garçons sont amis et très différents l'un de l'autre, Blaise deviendra l'époux de Marge avant de quitter la Bretagne pour rejoindre le Général de Gaulle à Londres, quant à Mathias il sera fait prisonnier par les allemands puis libéré en juillet 1940, fier de sa Bretagne il pense à tort que l'Allemagne peut aider les bretons à obtenir leur indépendance et finit donc par collaborer, même si cela déplait à Marge sa relation d'amitié se transformera en une folle histoire d'amour.
Très vite elle se rend compte qu'elle est enceinte sachant pourtant très bien qui est le père, elle ne contredira personne en avouant que son mari Blaise n'est pas le géniteur. Un secret bien gardé pendant des années jusqu'à ce que l'impensable se produise.
En attendant cette révélation qui fera un coup d'éclat à Île-aux-Moines, la guerre a éclaté, les restrictions se font ressentir mais l'amour du jeu ne quitte pas Marge, se rendant à la Baule une première fois avec Mathias elle y retournera souvent la guerre n'ayant aucun effet sur son addiction. Vie dissolue, argent, boisson et jeu telle sera la vie de Marge pendant plusieurs années avec ses nouveaux amis, jusqu'à ce que soit créer après la guerre, et grâce à un chantage des plus odieux contre des collabo, un magazine automobile qui fera sa fortune.
L'auteur nous entraîne sur les traces de cette anglaise au tempérament de feu, anticonformiste, inspirées par la vie de sa grand-mère, entre la débâcle et la guerre d'Algérie, avec un pas dans la résistance bretonne, la déportation, la guerre d'Indochine, la légion étrangère mais surtout l'amour. Au seuil de sa vie Marge nous raconte son histoire au milieu de l'Histoire, cette femme qui voulait simplement être libre en restant frivole, vivre comme bon lui semblait en ignorant son sens moral, ce tenir à l'écart de cette guerre mais qui finalement entra elle aussi dans la résistance. Puis ce secret si bien gardé qui lui éclata en plein visage empoisonnant sa vie.
Un roman magnifique, fabuleux sur des français comme les autres, ceux qui ont profité de la guerre et ceux qui l'ont subi, mettant de côté les grosses têtes De Gaulle, Pétain et compagnie, les grands collabo et Mitterand lui-même dont le portrait pas très flatteur m'a fait bien rire. J'ai aimé le ton employé par l'auteur, sa plume et son humour, ses jeux de mots et les détails qu'il utilise pour nous décrire ce beau paysage breton.
Voici donc un conseil lecture des plus important pour son côté historique mais surtout pour son héroïne haute en couleurs : Marge …. Ou plutôt La Bretagne.

Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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Les critiques presse (2)
Culturebox29 septembre 2014
Faites souffler soixante-dix ans d'histoire dans la lande bretonne. Mêlez-y des imbroglios amoureux, oscillant entre vaudeville et drame passionnel, avec la fluidité d'écriture de Gilles Martin-Chauffier, rédac chef de Match et romancier habile. Recette éprouvée, résultat efficace.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro26 septembre 2014
Si l'histoire stimule sa verve critique, ses véritables convictions vont cependant à sa chère Bretagne, qu'il dépeint admirablement dans des pages qui sont autant de déclarations d'amour au golfe du Morbihan. Planté dans son fauteuil, on en viendrait presque à songer appareiller pour sa belle île.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Tricia12Tricia1223 octobre 2014
Monsieur savait tout, comprenait tout, tranchait de tout. Il était à Alger à titre officiel, comme chef de cabinet du garde des Sceaux, François Mitterrand- ou sous-chef, il a été évasif; cela n’avait d’ailleurs aucune importance car, comme tous les proches du pouvoir, il s'attribuait chacune de ses décisions. C’est fatal: dès qu’ils sont dans la soute, ils se prennent pour le moteur.
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Tricia12Tricia1223 octobre 2014
Entre Hitler et ma belle-mère, nous n’avions pas le choix. Quant à savoir lequel des deux était mon pire adversaire, à l’époque, j’avais un doute. L’Allemand n’avait pas encore donné toute sa mesure. La Bretonne, elle, ne m’avait rien laissé ignorer de ses talents.
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Tricia12Tricia1223 octobre 2014
Nous faisions l’amour tous les deux l’amour pour la première fois. Quand Blaise a prononcé tout bas un mot dans le creux de mon oreille, il a murmuré: «Tu sais, je suis vierge.»Toujours dans un songe, j’ai juste répondu: «Pas moi, je suis capricorne.» Et je l’ai serré à l’étouffer.
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rkhettaouirkhettaoui27 septembre 2014
Aujourd’hui, à part mon nerf optique, mes conduits auditifs et mes artères qui durcissent, chez moi tout s’affaisse – et, d’abord, ma mémoire. Autrefois elle débordait, à présent elle me fuit. Des détails insignifiants me reviennent à l’esprit mais j’oublie des gens, des lieux et des scènes.
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rkhettaouirkhettaoui27 septembre 2014
Oh, lady Macbeth, relisez les classiques. Les camélias n’ont pas d’odeur. Rappelez-vous la devise de Marguerite Gautier : “J’aime les raisins glacés car ils n’ont pas de saveur, les hommes riches car ils n’ont pas de cœur et les camélias parce qu’ils n’ont pas d’odeur.
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