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Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070423557
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 186 notes)
Résumé :
Comment à force de bluff, de supposés miracles et de faux certificats délivrés par des médecins complaisants on parvient à fabriquer une ville d'eaux et à lotir au plus haut prix un paysage entier en exploitant la crédulité des uns et en s'appuyant sur la malhonnêteté des autres.
Le conflit de la bourgeoisie locale, du propriétaire paysan âpre et rusé et de la banque, de l'affairisme parisien. Un des plus cruels portraits du corps médical que l'on ait jamais ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
cmpf
  23 avril 2015
Il y a beaucoup dans ce roman sur le thème de l'argent et de la spéculation. C'est une satire sur d'une part la médecine et d'autre part la bourgeoisie. C'est aussi une histoire d'amour.
Christiane a épousé sur les instances de son père et de son frère, le banquier Andermatt, « un juif faiseur d'affaires. Il en faisait de toutes sortes et s'entendait à toutes choses avec une souplesse d'esprit, une rapidité de pénétration, une sûreté de jugement tout à fait merveilleuses. ». Quoiqu'amoureux de son épouse, il n'a, là encore, pas oublié ses intérêts. « Il avait épousé, par adresse, la fille du marquis de Ravenel pour étendre ses spéculations dans un monde qui n'était point le sien.». Après deux ans de mariage, pas d'enfant, la famille se retrouve donc à la station thermale d'Enval où la jeune femme pourra soigner les vagues maux dont elle souffre. Elle est accompagnée de son père le marquis de Ravenel, de son frère le comte Gontran qui lui-même a amené un ami Paul Brétigny. Toute l'action se situe d'ailleurs dans cette région d'Auvergne, la Limagne même si un retour à Paris entre deux séjours est évoqué. Cette station a été fondée par le docteur Bonnefille qui a découvert une source. Deux autres médecins l'ont rejoint cependant la station vivote. Mais voilà qu'un riche paysan, le père Oriol en faisant sauter un morne a fait jaillir une nouvelle source. Tout de suite le banquier voit tout le parti qu'il y aurait à créer une station rivale.
Il faut attirer une riche clientèle et comment mieux le faire qu'en attirant des médecins parisiens. « Nous mettrons gratuitement ces demeures aussi élégantes que confortables à la disposition de nos médecins. S'ils s'y plaisent, ils achèteront seulement la maison de la Société Bernoise ; quant au terrain, nous le leur donnons… et ils nous le payeront… en malades. Donc, Messieurs, nous obtenons ces avantages multiples de couvrir notre territoire de villas charmantes qui ne nous coûtent rien, d'attirer les premiers médecins du monde et la légion de leurs clients, et surtout de convaincre de l'efficacité de nos eaux les docteurs éminents qui deviendront bien vite propriétaires dans le pays. »
Tandis que son époux réussit tous ces projets : acheter les terres du vieux paysan, marier Gontran qui lui doit beaucoup d'argent à l'une des filles Oriol, qui apportera en dot d'autres terres, Christiane qui a vécu une très belle histoire d'amour avec Paul Brétigny, se voit repousser. « Elle ne comprenait pas qu'il était, cet homme, de la race des amants, et non point de la race des pères. Depuis qu'il la savait enceinte, il s'éloignait d'elle et se dégoûtait d'elle, malgré lui. Il avait souvent répété, jadis, qu'une femme n'est plus digne d'amour qui a fait fonction de reproductrice. ».
Vaut-il mieux tabler sur l'argent que sur l'amour pour réussir sa vie ?
C'est aussi une satire sur les médecins. Les médecins, Maupassant les connaissait, lui qui était atteint de syphilis. Il s'en moque particulièrement dans une pseudo ordonnance. « Attendu que M. X… est atteint d'une maladie chronique, incurable et mortelle ;
« Il prendra : 1º du sulfate de quinine qui le rendra sourd, et lui fera perdre la mémoire ;
« 2º du bromure de potassium qui lui détruira l'estomac, affaiblira toutes ses facultés, le couvrira de boutons, et fera fétide son haleine ;
« 3º de l'iodure de potassium aussi, qui, desséchant toutes les glandes sécrétantes de son individu, celles du cerveau comme les autres, le laissera, en peu de temps, aussi impuissant qu'imbécile ;
« 4º du salicylate de soude, dont les effets curatifs ne sont pas encore prouvés, mais qui semble conduire à une mort foudroyante et prompte les malades traités par ce remède ;
« Et concurremment :
« du chloral qui rend fou, de la belladone qui attaque les yeux, de toutes les solutions végétales, de toutes les compositions minérales qui corrompent le sang, rongent les organes, mangent les os, et font périr par le médicament ceux que la maladie épargne. »
Les portraits sont très vivants. Celui du paysan, forcément madré chez Maupassant, est assez amusant, et sa ruse concernant le vagabond dans le but de vendre mieux ses terres est savoureuse. La malice du vagabond n'est d'ailleurs pas moindre. Il y a des traits d'humour tout au long du roman.
Il serait dommage de limiter Maupassant à ses nouvelles, même si elles sont généralement excellentes.
Lu dans le cadre du challenge XIXè siècle 2015
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spleen
  05 août 2013
Intriguée par les bonnes critiques des romans ou nouvelles De Maupassant, j'ai passé outre mon à priori concernant cet écrivain, classé, à tort dans la catégorie "scolaire"...
Mon choix s'est porté sur ce court roman de 200 et quelques pages, Mont-Oriol ,un peu au hasard pour m'apercevoir qu'il y avait très peu de critiques: peu importe ma lecture a été plaisante.
Caricature du milieu bourgeois séjournant dans une ville thermale de l'Auvergne avec une jolie description de la Limagne qui m'a donnée envie d'aller visiter ce coin d'Auvergne que je ne connais pas.
Plus que la plongée dans le milieu des curistes en soi, c'est une critique d'une part du microcosme des médecins souvent directeurs de la station thermale, en proie aux jalousies, à la concurrence et aux mesquineries entre confrères : ridicules , suffisants et incompétents: Les ordonnances du Docteur Bonnefille sont hilarantes et la description des appareils de gymnastique auto-motrice font sourire .
Et surtout Maupassant décrit avec acuité, les combines et coups bas des hommes d'affaires qu'ils soient banquiers juifs profitant d'un séjour dans l'hotel de la station ou riche paysan propriétaire des terrains voisins, filou et roublard à souhait .
On y trouve également le portrait peu flatteur de jeunes hommes de bonne famille, désoeuvrés ou désargentés à la recherche d'une maitresse facile ou d'un mariage juteux.
Les grandes perdantes sont, comme souvent à ce siècle, les femmes , d'abord les jeunes filles traitées par leur père comme marchandise, et par leurs prétendants comme valeur rajoutée et lorsque par hasard elles découvrent la passion amoureuse comme Christiane, c'est pour également connaitre la souffrance de l'abandon !
Je pense que je vais continuer mon incursion dans l'oeuvre De Maupassant: Merci aux amis de Babelio de m'avoir donné envie de redécouvrir ce grand écrivain.
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sylvaine
  09 mars 2016
"_ C"est incroyable ces villes d'eau.Ce sont les seuls pays de féerie qui subsistent sur la terre! En deux mois il s'y passe plus de choses que dans le reste de l'univers durant le reste de l'année. On dirait vraiment que les sources ne sont pas minéralisées, mais ensorcelées. Et c'est partout la même chose........Les femmes y font des farces avec une facilité et une promptitude exquises. A Paris, on résiste, aux eaux on tombe, vlan! Les hommes y trouvent la fortune, comme Andermatt, d'autres y trouvent la mort comme Aubry-Pasteur,,d'autres y trouvent pis que ça..... et s'y marient .....comme moi ...... et comme Paul " ( p 216 )
Voilà le décor est planté! Enval, petite station thermale, nichée dans les monts d'Auvergne, accueille comme chaque année ses curistes. Parmi eux nous trouvons le marquis de Ravenel venu aux eaux accompagné de sa fille Christiane jeune épouse de William Andermatt, banquier prospère, de son fils le comte Gontran, toujours à court d'argent et pas innocent dans le choix comme époux pour sa soeur d'un homme d'affaires riche et avisé .Les accompagne aussi Paul Brétigny, jeune homme passionné toujours prêt à s'enflammer , fervent admirateur de Baudelaire et très vite de Christiane Andermatt ....
Maupassant nous offre avec Mont-Oriol un court roman où l'on retrouve ses sujets de prédilection . Pour lui il ne peut y avoir d'amour heureux , les hommes ne peuvent pas vraiment fusionner , ils ne font que marcher côte à côte,avec au bout du compte la solitude pour seule compagne! Et puis on retrouve son regard fasciné par ces hommes capables de transformer en or tout ce qu'ils touchent , ces hommes d'affaire , juifs pour la plupart, qui font des affaires par passion, par plaisir, par orgueil. A son habitude Maupassant dresse un fidèle tableau de ses contemporains, ici nous sommes hors Paris et sous sa plume vivent des gens plus simples, des paysans , et toute une ribambelle de médecins , Maupassant déjà très malade commence à beaucoup les fréquenter et croyez moi il brosse des portraits jubilatoires.
Séduite une fois de plus par Maupassant, je ne peux que me réjouir d'avoir à le découvrir encore et encore !
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Allantvers
  24 octobre 2017
Voilà un Maupassant un peu déroutant à première vue. Il m'a fallu un petit moment pour retrouver mon ami Guy dans ce roman qui débute sur deux jambes, l'une vaudeville champêtre autour de jeunes gens fortunés, l'autre chronique sociétale de l'affairisme grand siècle avec un banquier affamé de fortune devant une petite station thermale prometteuse du Puy de Dôme.
Mais il apparait rapidement que ces deux jambes marchent bien de concert, et le trait de plume acéré de mon peintre de moeurs préféré apparait vite derrière ces débuts rieurs : les bourgeois sont fats, immoraux et vulgaires, les amours cachés de l'épouse du banquier se retrouvent au coeur des intérêts financiers du mari, seuls qui comptent au final, les désillusions de l'amour l'emportent sur les passions naïves des jeunes années ; et pendant tout ce temps, les paysans se gaussent.
Si ce n'est pas Maupassant, ça ! sa lucidité, son humour, son amertume, son amour immodéré de la nature aussi, porté cette fois-ci non sur sa Normandie mais sur les merveilles de cette région de volcans que l'argent vient défigurer tout aussi férocement qu'il dénature le coeur des hommes.
Une promenade pour laquelle je ne suis pas fâchée d'avoir fait le détour, même s'il m'a semblé qu'il lui manquait un peu de la teneur parfaite de « Une vie » ou de « Bel ami ».
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ladyoga
  04 février 2015
Mont-Oriol de Maupassant est paru en 1886 et a été écrit après Bel-ami.
Le cadre est évidemment merveilleux puisqu'il se situe dans ma belle région. Toute la première partie du roman est comme une parenthèse de jouissance amoureuse lors d'un bel été, au sein du paysage à la fois majestueux et doux de l'Auvergne.
Mont-Oriol, c'est aussi une critique des médecins et de la médecine, sous prétexte du développement d'une station thermale par un financier. On sent tout le scepticisme de l'auteur et les descriptions des pseudo prescriptions et des machines inventées valent le détour. Maupassant se livre à toute une étude de la société française dans ce microcosme de ville d'eaux, paysans du coin, banquiers et financiers brassant des richesses et dont le seul objectif est de faire fructifier le capital, juifs, femmes, bourgeois désoeuvrés, médecins...
Ce roman est une oeuvre très pessimiste, même si l'auteur cherche à cacher ce pessimisme derrière de belles descriptions.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
LSHLSH   02 janvier 2016
Cependant elle se sentait changée, comme si cette crise eût modifié son âme. Elle souffrait moins et songeait davantage. Les événements terribles, si proches, lui paraissaient reculés dans un passé déjà lointain, et elle les regardait avec une clarté d’idées dont son esprit n’avait encore jamais été éclairé. Cette lumière, qui l’avait envahie soudain, et qui illumine certains êtres en certaines heures de souffrance, lui montrait la vie, les hommes, les choses, la terre entière avec tout ce qu’elle porte comme elle ne les avait jamais vus.

Alors, plus même que le soir où elle s’était sentie tellement seule au monde dans sa chambre en revenant du lac de Tazenat, elle se jugea totalement abandonnée dans l’existence. Elle comprit que tous les hommes marchent côte à côte, à travers les événements, sans que jamais rien unisse vraiment deux êtres ensemble. Elle sentit, par la trahison de celui en qui elle avait mis toute sa confiance, que les autres, tous les autres ne seraient jamais plus pour elle que des voisins indifférents dans ce voyage court ou long, triste ou gai, suivant les lendemains, impossibles à deviner. Elle comprit que, même entre les bras de cet homme, quand elle s’était crue mêlée à lui, entrée en lui, quand elle avait cru que leurs chairs et leurs âmes ne faisaient plus qu’une chair et qu’une âme, ils s’étaient seulement un peu rapprochés jusqu’à faire toucher les impénétrables enveloppes où la mystérieuse nature a isolé et enfermé les humains. Elle vit bien que nul jamais n’a pu ou ne pourra briser cette invisible barrière qui met les êtres dans la vie aussi loin l’un de l’autre que les étoiles du ciel.

Elle devina l’effort impuissant, incessant depuis les premiers jours du monde, l’effort infatigable des hommes pour déchirer la gaine où se débat leur âme à tout jamais emprisonnée, à tout jamais solitaire, effort des bras, des lèvres, des yeux, des bouches, de la chair frémissante et nue, effort de l’amour qui s’épuise en baisers, pour arriver seulement à donner la vie à quelque autre abandonné !
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sylvainesylvaine   07 mars 2016
Celui d'aujourd'hui n'avait rien gardé de l'autre, rien, ni le visage, ni les allures, rien, car son image première avait passé peu à peu, jour après jour,par toutes les lentes modifications que subit dans un esprit un être aperçu qui devient un être connu, puis un être familier, un être aimé. On prend possession de lui heure par heure, sans s'en douter, on prend possession de ses traits, de ses mouvements, de ses attitudes, de sa personne physique et de sa personne morale. Il entre entre vous, dans le regard et dans le cœur ,par sa voix , par tous ses gestes, par ce qu'il dit et par ce qu'il pense.On l'absorbe, on le comprend, on le devine dans toutes les intentions de son sourire et de sa parole; il semble enfin qu'il vous appartienne tout entier, tant on aime inconsciemment encore tout ce qui est de lui et tout ce qui vient de lui. (p 84)
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LSHLSH   02 janvier 2016
— Ah ! vous ne comprenez pas, vous autres, comme c’est amusant, les affaires, non pas les affaires des marchands ou des commerçants, mais les grandes affaires, les nôtres ! Oui, mon cher, quand on les entend bien, cela résume tout ce qu’ont aimé les hommes, c’est en même temps la politique, la guerre, la diplomatie, tout, tout ! il faut toujours chercher, trouver, inventer, tout comprendre, tout prévoir, tout combiner, tout oser. Le grand combat, aujourd’hui, c’est avec l’argent qu’on le livre. Moi, je vois les pièces de cent sous comme de petits troupiers en culotte rouge, les pièces de vingt francs comme des lieutenants bien luisants, les billets de cent francs comme des capitaines, et ceux de mille comme des généraux. Et je me bats, sacrebleu ! je me bats du matin au soir contre tout le monde, avec tout le monde. Et c’est vivre, cela, c’est vivre largement, comme vivaient les puissants de jadis. Nous sommes les puissants d’aujourd’hui, voilà, les vrais, les seuls puissants ! Tenez, regardez ce village, ce pauvre village ! J’en ferai une ville, moi, une ville blanche, pleine de grands hôtels qui seront pleins de monde, avec des ascenseurs, des domestiques, des voitures, une foule de riches servie par une foule de pauvres ; et tout cela parce qu’il m’aura plu, un soir, de me battre avec Royat, qui est à droite, avec Châtel-Guyon, qui est à gauche, avec le Mont-Dore, La Bourboule, Châteauneuf, Saint- Nectaire, qui sont derrière nous, avec Vichy, qui est en face !
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LSHLSH   02 janvier 2016
Christiane songeait : « Voici donc mon mari. » Et elle le contemplait avec des yeux surpris comme s’ils l’eussent regardé pour la première fois. C’était lui, l’homme à qui la loi l’avait unie, l’avait donnée ! l’homme qui devait être, d’après les idées humaines, religieuses et sociales, une moitié d’elle ! plus que cela, son maître, le maître de ses jours et de ses nuits, de son cœur et de son corps ! Elle eut presque envie de sourire, tant cela, à cette heure, lui parut étrange, car, entre elle et lui, aucun lien jamais n’existerait, aucun de ces liens si vite brisés, hélas ! mais qui semblent éternels, ineffablement doux, presque divins.

Aucun remords même ne lui venait de l’avoir trompé, de l’avoir trahi ! Elle s’en étonna, cherchant pourquoi. Pourquoi ?… Ils étaient trop différents sans doute, trop loin l’un de l’autre, de races trop dissemblables. Il ne comprenait rien d’elle ; elle ne comprenait rien de lui. Pourtant il était bon, dévoué, complaisant.

Mais seuls, peut-être, les êtres de même taille, de même nature, de même essence morale peuvent se sentir attachés l’un à l’autre par la chaîne sacrée du devoir volontaire.
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LSHLSH   02 janvier 2016
Christiane, navrée, bouleversée, voyait toute cette misérable vie d’animal finie ainsi au bord d’un chemin : le petit bourricot joyeux, à grosse tête où luisaient de gros yeux, comique et bon enfant, avec ses poils rudes et ses hautes oreilles, gambadant, libre encore, dans les jambes de sa mère, puis la première charrette, la première montée, les premiers coups ! et puis, et puis l’incessante et terrible marche par les interminables routes ! les coups ! les coups ! les charges trop lourdes, les soleils accablants, et pour nourriture un peu de paille, un peu de foin, quelques branchages, et la tentation des prairies vertes tout le long des durs chemins !

Et puis encore, l’âge venant, la pointe de fer pour remplacer la souple baguette, et le martyre affreux de la bête usée, essoufflée, meurtrie, traînant toujours des fardeaux exagérés, et souffrant dans tous ses membres, dans tout son vieux corps, râpé comme un habit de mendiant. Et puis la mort, la mort bienfaisante à trois pas de l’herbe du fossé, où la traîne, en jurant, un homme qui passe, pour dégager la route.

Christiane, pour la première fois, comprit la misère des créatures esclaves ; et la mort aussi lui apparut comme une chose bien bonne par moments.
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