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ISBN : 2246142520
Éditeur : Grasset (06/02/1985)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Face à face, un criminel au visage séduisant et un prêtre de campagne privé de charme. Tout les oppose : et pourtant, François Mauriac fait se rencontrer ces deux Anges noirs entre les pages brûlantes d'un roman qui célèbre l'amour et la rédemption.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
marguerite18
  24 mars 2019
Gabriel Gradère est le fils d'un ancien métayer devenu homme d'affaires d'une famille de la bourgeoisie landaise. Enfant, aussi intelligent que mignon, il exerçait son charme sur tout un chacun et a gardé tout au long de sa vie cette faculté de séduction. Il était familier de propriétaires voisines, les soeurs du Buch, dont chacune avait une fille, Adila, âgée de dix-huit ans quand Gabriel en avait douze et Mathilde, un peu plus jeune que lui. La première, très pieuse et d'une grande charité, adorait Gabriel. Après avoir fréquenté le petit séminaire, celui-ci s'inscrit à la faculté de lettres de Bordeaux, sans en suivre les cours. Il entretient une liaison avec Adila, bien que cette dernière soit devenue obèse et asthmatique, et tente de la persuader de réclamer à sa mère la part de la fortune paternelle. Après la naissance de leur fils Andrès, Gabriel se marie avec Adila, bien que la perspective d'une vie commune avec celle-ci lui fasse horreur et qu'il soit attiré par sa cousine Mathilde, elle-même éprise de lui , qui, par dépit, épouse Symphorien Desbats, son aîné de vingt ans. Après la mort d'Adila, Mathilde recueille Andrès et le chérit plus que sa propre fille. Avide de possessions terriennes, Symphorien se propose d'annexer à ses biens deux métairies, propriétés d'Andrès. Gabriel, qui résidait à Paris, revient au pays pour défendre les intérêts de son fils. Il est conduit à tuer Aline, une ancienne prostituée avec laquelle il avait mené une vie délictueuse et débauchée, qui le faisait chanter et dont Symphorien avait réclamé la présence en pays landais pour se débarrasser de Gabriel. Ce dernier, qui a déjà transmis le récit de sa vie à l'abbé Alain Forcas, lui confesse son crime.
Ce roman, très sombre, est beaucoup plus explicitement empreint de religiosité que les oeuvres antérieures de Mauriac et, à mon avis, pas entièrement réussi. Il est assez peu vraisemblable que Gabriel, avant même le meurtre d'Aline, fasse parvenir à l'abbé Forcas un cahier narrant son existence, qui constitue le prologue du livre. On croit comprendre que ces deux êtres incarnent le mal et le bien, l'oeuvre glissant ainsi du réalisme au fantastique. Les motivations des personnages ne sont pas aisément perceptibles, mis à par l'attrait de l'argent et la soif de possessions. L'auteur semble avoir une vision très pessimiste du mariage, aucune des unions des protagonistes - celle de Gabriel et d'Adila, celle de Symphorien et de Mathilde, celle, projetée, d'Andrès et de Catherine - n'étant caractérisée par un amour ou même une affection réciproques.
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Ingannmic
  09 décembre 2015
Périlleux sujet que celui du combat entre le bien et le mal, auquel s'attelle François Mauriac dans "Les Anges noirs"...
Chez son personnage principal, Gabriel Gradère, il semblerait que le second ait vaincu...
Gabriel a toujours offert au monde une gueule d'ange propre à séduire tous ceux qui l'ont approché, et à créer l'illusion que le bon Dieu pouvait lui être donné sans confession. Il a vaguement hésité, d'ailleurs, adolescent, à rejoindre les rangs de ceux qui consacrent leur vie au "tout-puissant", mais cette vocation n'a pas survécu longtemps à l'appel du tourbillon du monde, à l'attrait que le jeune homme exerçait sur les femmes.
Et il faut bien dire que le coeur de Gabriel n'est guère à l'unisson de son angélique physionomie, dont il joue avec ruse, pour manipuler à l'envi son entourage.
Le début du récit met en scène un Gabriel vieillissant mais toujours séduisant. Il subit les conséquences de sa roublardise et de la vie dissolue qu'il a mené, ces deux dernières décennies, à Paris. Endetté, empêtré dans une sombre affaire de chantage, il regagne sa terre natale des Landes. Il y retrouve notamment Andrès, le fils naturel qu'il eut avec Adila du Buch, l'une de ses premières "victimes". Mathilde, la cousine de cette dernière, a élevé le garçon à la mort de sa mère.
Ils sont loin, les jeux et la complicité enfantine du trio naguère formé de Gradère et des deux cousines du Buch... Mathilde, pragmatique, et ravalant l'affection qu'elle éprouvait pour Gabriel, a épousé Symphorien : une histoire d'intérêt commun, de terres et de forêts qui s'unissent, avec sans doute plus d'harmonie que les êtres. le couple a eu une fille, Catherine, devenue une jeune femme au physique ingrat, que l'indifférence maternelle a aigri.
Tout ce petit monde cohabite dans le château familial, dans une atmosphère lourde de ressentiments, de méfiance, de désir de vengeance et de cupidité...
Face à ce panier de crabes, placé là par l'auteur comme un pendant à la duplicité qui régit les actes des occupants du château, se dresse la figure d'Alain Forcas. Ce jeune prêtre récemment installé dans la paroisse est la risée du village. Conspué, harcelé, depuis qu'il a accueilli chez lui celle que ses concitoyens ouailles n'ont jamais cru être sa soeur, il endure les brimades et la malveillance en silence.
Pourquoi Gabriel Gradère a-t-il choisi d'adresser à cet homme de dieu qu'il ne connait pas la confession écrite de ses crimes, de ses manquements ?
"Les Anges noirs" est un roman sur lequel plane une sourde tension. L'auteur y assemble des personnages dont la plupart ont comme point commun d'être mal aimés, avec pour résultat une accumulation explosive de frustrations et de détresses. Cet entrelacement de destins malheureux confère au récit sa densité, et le rend très prenant.
J'avoue moins d'enthousiasme concernant la conclusion de l'intrigue, sur fond de rédemption et de pardon, où il est question d'homme bon prenant sur lui le péché et la souffrance de celui qui s'est égaré... Ce qui m'a finalement surtout intéressé dans cette lecture, n'est pas la finalité de la lutte entre le bien et le mal orchestrée par l'auteur. C'est d'avoir cheminé le long des sentiers tortueux de la complexe psychologie humaine... peu importe le vainqueur !
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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ptitepao
  14 juillet 2012
Un style simple, très accessible, qui n'a, a priori, rien d'original ni particulier mais qui pourtant permet une lecture fluide, comme si chaque mot de chaque phrase coulait de source...
Un roman à l"ambiance sombre et pesante. L'auteur est intransigeant avec ses personnages, aucun ne semble trouver grâce à ses yeux, et il ne leur accorde aucune circonstance atténuante. Il nous les livre bruts, dans toute leur noirceur, mais aussi dans toute leur complexité, crises de conscience comprises.
Un autre thème important, celui du rapport de chacun à la foi, traité d'une manière que j'ai trouvée très lucide, bien qu'implacable.
Bref, pour moi une bonne lecture, qui m'a appris sur les moeurs de certaine classe à certaine époque, sur certains aspects de la nature humaine, aussi, même si je ne partage pas totalement cette vision sombre.
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ADAMSY
  27 août 2018
Gabriel a toujours eu une figure d'ange et a su profiter dès son plus jeune âge de son profil. En vieillissant, il a été porté de plus en plus vers le mal. Il a préféré l'argent à l'amour. Il s'est pourtant toujours considéré comme victime de son entourage et jusqu'à la fin de sa vie, il va calculer pour récupérer sa liberté. Quant aux personnes qui l'entourent, elles laissent seulement apparaître leurs bonnes âmes mais toutes ont un côté noir.
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luis1952
  07 août 2018
On retrouve ici, la façon de raconter de François Mauriac. Une ambiance glauque, souvent lugubre, des personnages maléfiques, des non-dits, la vie de château.
Un style simple, très accessible, qui n'a, a priori, rien d'original ni particulier mais qui pourtant permet une lecture fluide, comme si chaque mot de chaque phrase coulait de source...
Un roman à l'ambiance sombre et pesante. L'auteur est intransigeant avec ses personnages, aucun ne semble trouver grâce à ses yeux, et il ne leur accorde aucune circonstance atténuante.
Très bon roman tout de même, j'ai mis 4 étoiles.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
luis1952luis1952   06 août 2018
Il observait la jeune fille, étique, et qui serrait frileusement autour de son corps fluet une robe de chambre pareille à celle de sa mère, taillée dans la même laine marron. Ses cheveux épais et ternes étaient nattés en deux tresses et, tirés en arrière, découvraient le front bas : une Landaise de la petite race des volailles noires, particulière à ce pays. sa mère l'observait avec inquiétude.
-Avoue que tu t'amusais à nous écouter ?
Catherine souleva un peu ses épaules. Elle fixait le bout de sa sandale trouée d'où jaillissait son gros orteil et tripotait le ruban fané d'une de ses tresses.
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ptitepaoptitepao   14 juillet 2012
Mathilde se sentait légère, délivrée. Elle ne souffrait pas. Le monde rayonnait. La vie avait un goût délicieux, une odeur oubliée… Elle comptait sur elle ne savait quoi ; elle attendait le lendemain. Cet homme lui avait inoculé l’espérance.
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ADAMSYADAMSY   27 août 2018
La vie offre souvent de ces extraordinaires disproportions entre l'âme qui se confie et celle qui recueille la confidence. C'est que nous n'avons pas le choix : à certaines heures, notre douleur sort de nous, s'arrache de nos entrailles et n'importe quels bras se tendent pour recevoir le sombre enfant.
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luis1952luis1952   07 août 2018
Le loquet de la porte qui s'ouvrait sur l'escalier remua doucement et Mathilde entra. elle avait revêtu sa chemise de nuit marron et natté ses cheveux pour la nuit. Comme ses pieds étaient nus, il ne l'avait pas entendue venir.
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luis1952luis1952   07 août 2018
Un cimetière dont elle n'était pas digne. C'est nous, nous trois qui aurions dû y reposer, dans ce sable chaud et doux à nos pieds nus... Il ne s'y est rien passé depuis l'époque où je vous prenais par la main, Adila et toi, et je vous entrainais...
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Videos de François Mauriac (94) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac
Présentation du "Dictionnaire François Mauriac", dirigé par Caroline Casseville et Jean Touzot. Cette conférence porte sur une présentation de la collection des dictionnaires par Jean Pruvost, directeur éditorial des Éditions Honoré Champion, une présentation de l?ouvrage par l?un des deux directeurs, Caroline Casseville et Jean Touzot, et une contribution des auteurs présents, Jean-Yves Guérin et Yann Delbrel. La séance est animée par Jean-Claude Ragot.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2317220/dictionnaire-francois-mauriac
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