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ISBN : 2246146437
Éditeur : Grasset (05/03/2003)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 28 notes)
Résumé :

Ce premier roman de Maurois, publié en 1917, ausculte sur un ton d'ironie charmante la vie d'un état-major britannique pendant la Première Guerre mondiale. Une honorable galerie d'officiers - gentlemen exposés à la mort, fantasques et spirituels, que l'auteur connaissait bien pour avoir servi comme agent de liaison en Flandres et en Normandie. Drôle, élégant, et finalement admiratif.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  18 mai 2016
André Maurois (pseudonyme d'Emile Salomon Wilhelm Herzog), né en 1885 à Elbeuf et mort en 1967 à Neuilly-sur-Seine, est un romancier, biographe (Shelley, Byron, Victor Hugo, George Sand, Balzac…), conteur et essayiste français. Issu d'une famille de drapiers juifs alsaciens ayant quitté l'Alsace en 1870 pour ne pas devenir Allemands, Maurois a pour professeur au lycée de Rouen le philosophe Alain, à qui il sera redevable de son orientation esthétique. Il préfère en effet une carrière littéraire à la direction de l'usine familiale par laquelle il passera néanmoins durant une dizaine d'années. Interprète militaire et officier de liaison auprès du BEF (Corps expéditionnaire britannique) en France et en Flandres pendant la Première Guerre mondiale, Maurois écrit en 1918 Les Silences du colonel Bramble, son premier ouvrage, qui connaîtra un vif succès, tant en France que dans les pays anglo-saxons. Elu à l'Académie française en 1938, il s'exile aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, admirant Winston Churchill et se méfiant de Pétain.
Les Silences du colonel Bramble vient d'être réédité, précédé d'un court essai inédit, En retrouvant le général Bramble.
S'inspirant de sa propre expérience militaire durant la Première Guerre mondiale, André Maurois met en scène cinq acteurs : le colonel Bramble, un Ecossais amateur de musique et ne se séparant jamais de son gramophone ; le major Parker, un Anglais ; le docteur O'Grady, Irlandais, socialiste à l'esprit cartésien et pragmatique ; le révérend McIvor, Ecossais, surnommé le Padre et enfin, Aurelle (un alias de l'auteur), un Français qui écrit des vers durant ses temps libres, agent de liaison entre la France et la Grande-Bretagne.
Tandis que les combats font rage et que les armées progressent dans le Nord de la France, le soir au mess, nos cinq hommes faisant abstraction de la situation dans la mesure du possible, devisent de choses et d'autres. Discussions entre gentlemen autour d'une bouteille, où l'on respecte les convenances, sur un ton amical et le plus souvent humoristique qui nous ferait oublier que tout proche le canon tonne et que des hommes sont morts dans la journée. Les sujets d'échanges sont nombreux, la guerre bien sûr, les modes de gouvernance, l'Histoire, la philosophie mais plus légers parfois, comme la polygamie ou les absurdités de l'administration militaire.
On sourit souvent devant ce fameux humour anglais comme : « Les autorités discutaient sur l'origine de ces mines, que le N.T.O. disait amies, alors que le M.L.O. les croyait ennemies. Mais un point de détail n'était pas controversé : tout navire qui avait rencontré l'une d'elles s'était ouvert en deux morceaux qui n'avaient pas flotté longtemps. » Ou bien encore : « J'avais un ami, le major Featherstonehaugh, qui vers l'âge de quarante ans commença à avoir des éblouissements : il alla voir un médecin qui accusa le whisky et lui conseilla d'essayer pendant quelque temps de boire du lait… Well, dix jours après il était mort. » Vous ne manquerez pas de noter non plus, le passage relatant drôlement une chasse au lion qui rappelle furieusement la bande dessinée Tintin au Congo, quand le journaliste au toupet s'essaie au tir sur une antilope… Hergé avait donc lu Maurois.
Un bouquin délicieux devant tout à son ton léger apparent et ironique mais qui ne manque pas d'ambitions néanmoins, rapprocher les peuples Anglais et Français, passer outre leurs différences et ne s'accorder que sur ce qui les unit sans tomber dans la complaisance nunuche, « Quant à croire que les démocraties seront pacifiques, c'est une naïveté. »
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la_chevre_grise
  31 décembre 2013
Voici une lecture conseillée par mon tout nouveau chef (je vous le disais en annonçant une petite pause, j'ai changé de boulot). André Maurois s'attache à définir le gentleman anglais. Au fil d'anecdotes de campagnes de la guerre de 14-18, il tisse le portrait de ce spécimen de flegme, qu'il a pu observer lui-même en tant qu'agent de liaison auprès d'un état-major britannique. Et cela donne des dialogues assez cocasses. le gentleman est dépeint avant tout comme un adepte du sport, il est allé à l'école non pour apprendre mais pour empêcher toute velléité de rébellion ("Nous n'allons pas au collège pour nous instruire, mais pour nous imprégner des préjugés de notre classe sans lesquels nous serions dangereux et malheureux."), il aime à dominer ce qui se rebelle, mais point trop de rébellion, s'il vous plait ("Le peuple anglais, qui avait déjà donné au monde le fromage de Stilton et des fauteuils confortables, a inventé pour notre salut à tous la soupape parlementaire. Des champions élus font désormais pour nous émeutes et coups d'État en chambre, ce qui laisse au reste de la nation le loisir de jouer au cricket. La presse complète le système en nous permettant de jouir de ces tumultes par procuration.").
Il est un peu ardu par moment de comprendre certains passages faisant référence à un vécu qui n'est pas le nôtre, à des expériences de vie ou des événements que nous ne connaissons pas, nous lecteurs du XXIe siècle, mais qui devait être évident pour un contemporain. Mais cela n'empêche pas de sentir la drôlerie des conditions ou des positions parfois ubuesques que nous décrit l'auteur, comme
Chapitre 3 : "Quel avantage, dit-il, les Français ont-ils pu trouver à changer de gouvernement huit fois en un siècle ? L'émeute était devenue chez vous une institution nationale. En Angleterre, il serait impossible de faire une révolution. Si des gens s'assemblaient près de Westminster en poussant des cris, le policeman leur dirait de s'en aller et ils s'en iraient."
Les charmes de la hiérarchie, les droits de l'Homme, tout y passe ou presque. J'ai particulièrement apprécié le chapitre 18 "transmis à toute fins utiles" où les récriminations d'une garde-barrière quant au comportement d'une brigade stationnée non loin de chez elle, passent de service en service, jusqu'à ce qu'il ne serve plus à rien de traiter sa demande puisque la dite brigade a été déplacée depuis des mois. Où encore un haut gradé qui, pour éviter de se faire taper sur les doigts à la suite de la disparition d'un char, va le reconstituer en commandant petit à petit des pièces détachées. Et lorsqu'il recomptera ses chars, il s'apercevra qu'il en a désormais un de trop car le char manquant a été retrouvé.
Pendant que les hommes entourant le colonel Bramble ont ces discussions cocasses, le colonel lui, ne pense qu'à avoir son porto et à entendre des disques sur son gramophone. Dans le ton employé par l'auteur, on sent à la fois de l'ironie, mais également une forme d'attachement pour ces personnages.
Lien : http://nourrituresentoutgenr..
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pdbloti17730
  15 février 2015
Lecture facile, écriture élégante qui décrit d'une manière presque tendre le vie d'un état major anglais pendant le première guerre mondiale. L'humour anglais , son gout du non sens y est magnifié
Livre tout en retenu certes qui rappelle par son feint détachement un peu celui de Giraudoux
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   18 mai 2016
- Il y avait une fois, dit le docteur, deux officiers qui, le même jour, perdirent chacun un objet appartenant au gouvernement de Sa Majesté. Le premier égara un seau à charbon, le second un camion automobile. Or vous savez, Aurelle, que, dans notre armée, un officier est responsable sur ses propres deniers de la valeur des objets qu’il perd par négligence. Les deux officiers reçurent donc deux notes du War-Office avisant l’un qu’il aurait à payer la somme de trois shillings, l’autre qu’il lui serait retenu mille livres sur son traitement. Le premier voulut se défendre : il n’avait jamais eu de seau à charbon et prétendit le démontrer. Il compromit son avancement et dut à la fin payer les trois bobs. Le second, qui connaissait les voies du Seigneur, écrivit simplement au bas du papier : « Noté et retourné ». Et il renvoya le papier au War-Office. Là, suivant une vieille et sage règle, un scribe perdit le dossier et le bon officier n’entendit plus jamais parler de cette bagatelle.
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gdeshgdesh   20 novembre 2013
P138 tu seras un homme mon fils
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
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MistigrifMistigrif   08 juin 2015
Un homme trop fin pour la classe où le hasard l'a fait naître est d'abord simplement jaloux et malheureux. Mu par ces sentiments, il construit ensuite une critique véhémente de la société pour expliquer ses déboires et ses haines. Nietzsche avait du génie parce qu'il avait le délire de la persécution. Karl Marx était un dangereux maniaque. Seulement, quand les sentiments de mécontentement qu'il s'agit d'expliquer sont ceux de toute une classe ou de toute une nation, le théoricien passionné devient un prophète ou un héros, tandis que s'il se borne à expliquer qu'il aurait préféré naître empereur, on l'enferme.
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MistigrifMistigrif   08 juin 2015
L'amour de l'humanité est un état pathologique d'origine sexuelle qui se produit fréquemment à l'époque de la puberté chez les intellectuels timides : le phosphore en excès dans l'organisme doit s'éliminer d'une façon quelconque. Quant à la haine du tyran, c'est un sentiment plus humain et qui a beau jeu en temps de guerre, alors que la force et la foule coïncident. Il faut que les empereurs soient fous furieux quand ils se décident à déclarer ces guerres qui substituent le peuple armé à leurs gardes prétoriennes. Cette sottise faite, le despotisme produit nécessairement la révolution jusqu'à ce que le terrorisme amène la réaction.
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MistigrifMistigrif   08 juin 2015
Pour nous, les "droits imprescriptibles de l'homme" sont le droit à l'humour, le droit aux sports et le droit d'aînesse.
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