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Thierry Bodin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253109235
738 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/06/2004)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 19 notes)
Résumé :
A l'occasion du bicentenaire de la naissance de George Sand (1804-1876), la réédition de la biographie que lui a consacré André Maurois s'imposait, car l'ouvrage n'a pas été véritablement remplacé. Cette Lélia est avec ses vies de Victor Hugo (Olympio) et de Balzac (Prométhée), l'un des modèles souvent cités du genre biographique. André Maurois a découvert très jeune l'oeuvre de George Sand, par Proust qui admirait la prose fluide et lisse de François le Champi ou d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Vestia
  22 novembre 2020
Quelle plongée dans le 19e siècle! André Maurois nous le rend si proche! Biographie d'un bout à l'autre passionnante.
La correspondance entre les hommes et femmes célèbres de cette époque (milieu littéraire, artistique) était si abondante, si riche en détails… qu'on sait tout de leur vie intime !
André Maurois défend formidablement bien la femme de génie qu'était George Sand. Il bat en brèche des préjugés tenaces. Mais, mais, mais…
Il ne va pas jusqu'au bout. Il ne défend pas l'oeuvre romanesque (beaucoup de bémols). C'est bien regrettable.
George Sand est une femme libre. Elle ose tout. Et surtout, elle ose être elle-même. Ne dit-elle pas : « Il faut se faire un caractère en toile cirée sur lequel le monde extérieur coule tant qu'il veut…» (cité par A. Maurois).
Sans crainte des jugements, elle avance ses opinions, ses ressentis, ses émotions dans sa vie comme dans son oeuvre. Qu'elle irrite, c'est donc tout naturel…
Pour moi, sa vie et son oeuvre sont indissociables. L'ensemble forme un tout magnifique. Elle ne peut s'empêcher de prêter à ses personnages son intelligence. Elle ne peut s'empêcher de déployer sur le papier ses rêves et ses espoirs de vie meilleure. On peut presque dire qu'elle invente un genre…
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claudeparis
  16 janvier 2014
"Elle a été "la voix de la femme en un temps où la femme se taisait". Elle a parlé de la musique aussi bien que Stendhal, et bien mieux que Balzac ou Hugo. Elle a décrit la vie des paysans français avec une grandeur tantôt idyllique, tantôt épique. Elle a éprouvé et exprimé un amour sincère du peuple, bien avant que le suffrage universel imposât cette attitude. "Je ne suis pas, disait-elle, de ces âmes patientes qui accueillent l'injustice avec un visage serein". Elle a, dans Lélia, abordé la première des problèmes sensuels que l'on commence seulement aujourd'hui de traiter avec franchise. Enfin, elle a été, dans ses meilleurs jours, le roman même (...). Voilà pourquoi j'ai eu envie d'écrire se biographie.
(André Maurois).
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corally4
  07 juillet 2020
Une Biographie peut être monotone ou hyper intéressant et saturée de notes, d'explications; celle de Georges Sand par André Maurois est entre les eux.
J'ai appris bien des choses sur cette dame, et ayant visité Nohant, je me l'a représentée fort bien dans les lieux. Sa vie sentimentale compliquée, mais parfois volontairement, sa vie de mère différente avec Maurice, et Solange pour laquelle il est difficile de connaître le géniteur.
Mais elle fut écouté en politique, et peut être sur le plan religieux
Elle écrivit beaucoup parfois des écrits alimentaires sur la fin de vie.
Souvent souffrante, elle a été surprenant de dynamisme avec ses proches et ses invités
Une belle dame.
Cet ouvrage reflète bien l'atmosphère de Noyant aux différentes époques ..on se laisse porter par l'écriture, même si parfois les lettres sont longues et fastidieuses à lire.
mais Intéressant.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
emdicannaemdicanna   03 mars 2021
Dans sa province, irritée contre les mesquineries des petites villes, elle avait cru au monde des arts, de la politesse et de l'éloquence ; elle avait imaginé, à Paris, "une vie de choix, une société affable, élégante, éclairée, où les êtres doués de quelque mérite pouvaient être accueillis et trouver à échanger leurs sentiments et leurs idées". Elle ne savait pas que le génie est toujours solitaire et qu'il n'existe pas de hiérarchie morale unanimement acceptée par les meilleurs. Elle avait pris pour des poètes tous les gens qui faisaient des vers. Deux ans de dure expérience lui avaient montré que les grands hommes ne sont pas des géants, "que le monde est pavé de brutes et que l'on ne peut faire un pas sans en faire crier une". Elle avait cherché des maîtres ; elle avait trouvé de pauvres êtres prudents et hypocrites. Elle avait appris les dangers de la franchise.
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
Sous les arbres de Nohant, l'été de 1837 fut une admirable saison, tantôt illuminée par les éclairs du génie, tantôt assombrie par les orages des passions. Soleil brûlant. Tilleuls étincelants, immobiles. Or des rayons sous la feuillée. George tenait, chaque soir, le journal intime du docteur Piffoël : « La chambre d'Arabella est au rez-de-chaussée, sous la mienne. Là est le beau piano de Franz, au-dessous de la fenêtre d'où le rideau de verdure des tilleuls m'apparaît, la fenêtre d'où partent ces sons que l'univers voudrait entendre, et qui ne font ici de jaloux que les rossignols. Artiste puissant, sublime dans les grandes choses, toujours supérieur dans les petites. Triste pourtant et rongé d'une plaie secrète. Homme heureux, aimé d'une femme belle, généreuse, intelligente et chaste. Que te faut-il, misérable ingrat ? Ah ! si j'étais aimée, moi !... Quand Franz joue du piano, je suis soulagée. Toutes mes peines se poétisent, tous mes instincts s'exaltent. Il fait surtout vibrer la corde généreuse. Il attaque aussi la note colère, presque à l'unisson de mon énergie, mais il n'attaque pas la note haineuse. Moi, la haine me dévore [...]. J'aime ces phrases entrecoupées qu'il jette sur le piano, et qui restent un pied en l'air, dansant dans l'espace comme des follets boiteux. Les feuilles des tilleuls se chargent d'achever la mélodie, tout bas, avec un chuchotement mystérieux, comme si elles se confiaient l'une à l'autre le secret de la nature... »
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
En 1842, la serviable et redoutable Mme Marliani trouva, pour Chopin et Sand, deux appartements dans le square d'Orléans, sorte de cité bien éclairée, sablée, avec des arbres et un air noble de palais à l'italienne, qu'elle habitait elle-même et qui est située au 80, rue Taitbout, où ce décor demeure intact [...].
Le square d'Orléans devint une sorte de phalanstère : « Nous avons même inventé de ne faire qu'une marmite et de manger tous ensemble, chez Mme Marliani, ce qui est plus économique et plus enjoué que le chacun chez soi » [...]. Sand et Chopin avaient uni leurs amis. Ceux de Sand étaient Pierre Leroux, Delacroix, Balzac, Henri Heine, Emmanuel Arago, dit le Bignat, Bocage, Marie Dorval, Hortense Allart et tous les Berrichons ; ceux de Chopin, des musiciens, des femmes du monde et des Polonais : la princesse Sapieha, la princesse Marceline Czartoyska, Mickiewicz (poète en exil et professeur au Collège de France), la comtesse Delphine Potocka dont il admirait la voix, James et Betty de Rothschild. Le résultat fut que Sand devint slavisante et chanta la gloire de Mickiewicz, cependant que Chopin se liait intimement avec Eugène Delacroix, qui partageait son dandysme.
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
Sur la terrasse, autour de la lampe, on parla de Dieu, de Dorval et d'une fauvette recueillie par George. Celle-ci faisait du punch dont les flammes bleues, la nuit, éclairaient sa robe écarlate. Arabella observait, avec une sympathie un peu moqueuse, la nature ombrageuse de Charles Didier : « [...] retranché derrière ses lunettes d'or, son œil scrutait attentivement l'expression de nos visages, et souvent le sourire s'arrêtait sur ses lèvres, glacé soudain par une pensée de défiance et de doute. Caractère malheureux, ambition éthique, cœur de lion dans une boule de hérisson ! »

In les Mémoires de la Comtesse d'Agoult (Daniel Stern)
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MedelieMedelie   14 décembre 2012
Parmi les aïeux de George Sand, tous les personnages sont extraordinaires. Les rois s'y mêlent aux chanoinesses, les grands soldats aux filles de théâtre. Toutes les femmes s'appellent Aurore, comme dans les contes de fées ; toutes ont des fils, des amants, et préfèrent les fils aux amants. Les enfants naturels y tombent comme grêle, mais sont reconnus, exaltés, royalement élevés. Tous sont séduisants, anarchistes, tendres et cruels. « À cette race impolie et forte, dit Maurras, George devait quelques grands traits de son caractère physique, la brutalité de la vie, l'audace impudente à la vivre ».
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Video de André Maurois (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Maurois
Les grandes conférences : La littérature et la vie par André Maurois.1ère diffusion : le 20 avril 1953 sur la Chaîne Nationale. Par Radiodiffusion Télévision Française (RTF).
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