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ISBN : 2707316717
Éditeur : Editions de Minuit (18/03/1999)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Lorsque Luc est parti, ses parents, Jean et Marthe, ont pensé que c'était mieux pour eux trois. Gilbert et Geneviève, son oncle et sa tante, eux aussi ils y ont cru. Mais pas Céline, sa cousine.
Elle, c'est la seule qui n'a pas été surprise, la seule à avoir craint que ce qui en Luc les menaçait tous finisse par s'abattre sur eux.

J’ai commencé à écrire vers huit ou neuf ans, pendant une période d’hospitalisation. On m’avait offert des livres e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
gavarneur
  06 juin 2016
J'apprends après lecture que c'est le premier roman de Laurent Mauvignier : joli coup !
Loin d'eux, c'est le souhait de Luc, pensant à ses parents, plus qu'à son milieu insupportable de banalité. Il part ; lui et ses parents réalisent combien il y a d'amour entre eux. Mais pas plus après qu'avant il ne leur sera possible de communiquer : des silences et des paroles conventionnelles remplaceront toujours ce qu'il faudrait qu'ils s'avouent. Dans la première partie, cinq narrateurs nous livrent leur monologue intérieur, cinq vies qui sont très proches, fils, père, mère, oncle et tante, qui passent du temps ensemble, parlent, mais ne trouvent pas les bons mots ou les retiennent au dernier moment. le sujet est l'impossibilité de communiquer.
Dans la deuxième partie, le deuil et la douleur compliquent le jeu, mais il est toujours impossible de se comprendre : ou si chacun comprend la douleur de l'autre c'est pour rejeter sa spécificité.
Enfin une projection sur un passé parfois heureux apparaît, mais c'est pour mieux accuser une communication indirecte, cause supposée du malheur présent.
Peu de matière, dans cette grosse centaine de pages, mais une narration impressionnante : c'est un peu Stephen Dedalus vu par le quintette d'Alexandrie : cinq points de vue qui tricotent une histoire banale et douloureuse en interrogeant leurs pensées, en interprétant celles des autres. Rien n'est simple, mais tout m'a paru clair : d'une clarté sombrement triste. Les mots sont simples, les sentiments complexes à force de ressassement et d'analyse chez des gens qui paraissaient simples au début. Et vers la fin, les phrases longues de ces sentiments complexes font des entrelacs pas simples.
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Petitebijou
  17 novembre 2012
Je suis restée loin de ce roman. Je reconnais à l'auteur une écriture singulière, originale, personnelle, intéressante, mais les phrases interminables, les changements de prises de parole brusques, les tentatives on le comprend très vite à mettre en mot l'incommunicabilité, faire parler les silences tout en les respectant, dire l'impossible, m'ont littéralement étouffée. J'ai cherché en vain à respirer entre les mots, et m'y suis épuisée. Je ne me suis pas ennuyée, ne me suis pas énervée, mise en colère, j'ai juste rendu les armes dans ce combat avec une oeuvre irrespirable, désertée d'un air qui m'est nécessaire pour ne pas mourir.
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Sivoj
  28 octobre 2016
Un suicide – ce n'est pas un spoiler, on comprend vite ce qui est arrivé. le mot n'est jamais prononcé mais c'est ce que raconte, chacun son tour, les membres de la famille de Luc, et Luc lui-même : leur cheminement à eux, et son cheminement à lui, les relations familiales, ce qui aurait pu être mieux, se passer autrement, entrainer des conséquences différentes, ou peut-être que non, ce qu'on pouvait voir venir dans son comportement, ce qu'ils ont refusé de voir ou ne pouvait pas comprendre. Des tas de choses auraient pu être pires ou meilleures, mais ce qui est arrivé serait peut-être arrivé de toute façon. Il est difficile de comprendre un suicide ; on en a pas subitement marre pour une raison spécifique ; c'est un travail de sape qui prend toute une vie (jeu de mots involontaire). L'alternance des narrateurs crée une sorte de récit épistolaire oral, où chacun raconte de manière réaliste son point de vue, sans vrai destinataire, plutôt comme on se confierait à un journal intime.
Le style, voilà ce qui marque dès les premières pages ; une nouvelle manière de recréer par la littérature l'oralité du langage : pas juste par le vocabulaire mais par la structure des phrases, les répétitions, les redondances, les mots d'apparence inutile qui, plus qu'à meubler, servent à ponctuer le parler, dans lequel les points n'existent pas, pas plus qu'on ne peut savoir avec certitude si une phrase est finie ou si elle va reprendre ; les phrases littéraires (Majuscule-point.) peuvent contenir plusieurs phrases orales, ou au contraire, une orale peut enjamber plusieurs littéraires (certaines sans sujet ou sans verbe), la ponctuation marquant alors les pauses plutôt que la fin de l'information transmise.
Je n'ai pas à hésiter pour louer la subtilité de l'auteur, et toutes les nuances des relations familiales et des ressentis personnels qu'il est parvenu à saisir pour créer un roman sociologique crédible et tristement réaliste dans tous ses détails. Le seul reproche qu'on peut lui faire serait d'être parfois surécrit, de chercher à styliser toutes ses phrases sans exception, alors qu'il aurait pu en laisser glisser certaines dans la simplicité sans endommager le traitement du sujet (déjà grave et intéressant par lui-même), voire l'améliorant en le rendant, par une écriture moins insistante, d'autant plus capable de toucher le lecteur sur un registre émotionnel, ce qui en l'état actuel des choses tarde à venir.
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Seraphita
  02 avril 2017
Deux parents, Marthe et Jean, un fils désoeuvré, Luc, 25 ans. Une cousine, Céline, un oncle et une tante, Gilbert et Geneviève. du jour au lendemain, Luc décide de partir, monter à Paris où il a trouvé un travail de serveur. Abruptement, c'est la distance qui s'instaure entre le fils et les parents, le silence qu'impose l'éloignement. L'espace de ce silence est-il le gage de l'autonomie conquise de Luc ? Quand ses parents, son oncle et sa tante veulent y croire, Céline, elle, doute….
« Loin d'eux » est un superbe roman de Laurent Mauvignier, auteur doté d'un style très particulier qui vient donner un contour et un relief encore plus poignants au contenu.
« Loin d'eux » conte l'histoire d'une tentative d'autonomie d'un fils qu'il s'efforce de conquérir dans l'éloignement d'avec sa famille. Tour à tour, chacun des protagonistes de ce drame prend la parole. Quelques indices aident le lecteur à deviner de qui il s'agit. L'intrigue est construite comme un dédale, avec le noeud central de l'événement dramatique, à la fois fin et commencement. La structure d'ensemble est complexe, constituée de nombreux sauts et reculs dans le temps et changements de voix narrative. Les phrases sont longues, maintenant le lecteur en apnée, l'incitant à accélérer son rythme pour se mettre au diapason de chaque conteur.
Et l'histoire s'écrit, progressivement, dans cette tentative de donner sens à l'existence. Elle s'écrit en creux des mots, dans ces silences qui forgent une famille, rapprochent ou éloignent chacun de ses membres, les inscrivant parfois dans des trajectoires parallèles.
L'auteur questionne la solitude dans le rapport à soi et aux autres. La distance à consentir pour exister peut être synonyme de solitude. D'ailleurs, l'un des protagonistes souligne combien : « Ce qu'on dit, la solitude toujours comme un grand mot qui contiendrait toute la vérité des choses qu'on ressent en soi et qui ne peuvent pas émerger de soi, et retombent toujours alors plus profondes en soi quand les autres ne veulent pas les entendre, ou ne peuvent pas, jamais, malgré tout l'effort qu'il a fallu pour les remonter jusqu'à eux » (p. 80-81). Paradoxalement, être seul peut éloigner de la solitude. C'est Luc qui le pense, se disant : « Car on rentre toujours à pied. Pas parce que passé une heure il n'y a plus de métro et que ça obligerait à ça, la marche, mais parce qu'il faut ce moment où être seul un peu éloigne de la solitude, et vous ramène profond en vous, là où à creuser vous trouvez un espace de repos » (p. 17.)
« Loin d'eux » est une oeuvre sensible, douloureusement humaine, superbement écrite. Pour peu qu'on consente à se laisser entraîner dans le dédale des temps et des voix narratives, on arrive au terme du roman bouleversé par l'énigme de l'humain dans sa démesure.
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meeva
  27 août 2017
Faire parler les silences, écouter les taiseux.
C'est un livre très court.
Il ne m'a pas plu.
Parce que je l'ai trouvé compliqué à lire. Ce sont les pensées des gens, elles tournent en rond. Ces gens ressassent. Tous.
Il y a plusieurs voix, six au moins. Voilà ce qui m'a gêné : j'ai trouvé que le style était le même pour tous les personnages. Et depuis, une question me turlupine : est-ce qu'on pense tous de la même façon ? Et je pense que la réponse est non. On ne s'exprime pas pareil, on ne réagit pas pareil, pourquoi penserait-on de la même façon ?
C'est dommage, le propos était intéressant.
Une histoire de pudeur pour ses sentiments, pour ceux des autres. Une histoire de respect, réel ou superficiel, dans l'absence de jugement porté ou seulement révélé.
Avec de très beaux passages tout de même :
« Et je sais aujourd'hui que j'aurais dû parler quand même, oser dire : non, je ne comprends pas mais je veux comprendre, j'ai besoin de comprendre, dire peut-être que ne pas comprendre ça n'empêchait rien, pas de vouloir être là avec lui, et qu'ensemble on cherche comment se dire tout ce dont on avait besoin, faut que ça sorte à un moment ou à un autre, c'est tout, voilà par quoi tout cru on aurait dû commencer, plutôt que comme un idiot rester à trembler sur ce qui bloquait. J'aurais dû dire autre chose, quoi, je ne sais pas vraiment. En tout cas, ne pas rester comme j'étais, et rompre les silences invisibles qui tuent. »
Dommage.

Lien : https://chargedame.wordpress..
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
MerikMerik   29 avril 2017
Il y a cette odeur de friture qui pénètre les vêtements, et la fumée des cigarettes qui pique tard les yeux dans la nuit, bien après qu'on est rentré chez soi à pied. Car on rentre toujours à pied. Pas parce que passé une heure il n'y a plus de métro et que ça obligerait à ça, la marche, mais parce qu'il faut ce moment où être seul un peu éloigne de la solitude, et vous ramène au plus profond en vous, là où à creuser vous trouvez un espace de repos.
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gavarneurgavarneur   08 juin 2016
|...] parce que je ne pouvais pas parler, rien dire sans gueuler, je croyais ça : que je ne pourrais pas leur faire comprendre, sinon, que sans ça ils ne verraient pas combien c'était dur, et ce qu'il fallait dire aussi, aux gars, à l'atelier, pour qu'on soit respecté un peu. Alors chez soi on voulait l'être sans avoir à faire la manche pour ça. Oui, patron chez soi pour regagner un peu de ce quelque chose qu'on nous volait le reste du temps, à pinailler pour une minute de retard et remettre en question n'importe quoi à partir du moment où pour nous c'était un soulagement.
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IndiaSongIndiaSong   28 avril 2016
(..) M, j’ai voulu je ne sais pas, qu’elle soit impossible sa présence, sa figure toute rabougrie de malheur. Qu’il ne soit pas possible non plus, le miroir de ma vie sur son visage, voir l’image de ça, qu’il faudrait porter toujours et reconnaître dans les traits familiers , ceux de M, dans son visage où il n’ya pas si longtemps il me semblait voir toute la solidité des rêves, et puis la confiance, et cette tendresse à jamais partagée entre nous, tout le temps, même dans les lassitudes, dans tout ça qui chaque jour un peu déshabille l’autre des prodiges qu’on lui voulait. ……
+ Lire la suite
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IndiaSongIndiaSong   28 avril 2016
(..) M, j’ai voulu je ne sais pas, qu’elle soit impossible sa présence, sa figure toute rabougrie de malheur. Qu’il ne soit pas possible non plus, le miroir de ma vie sur son visage, voir l’image de ça, qu’il faudrait porter toujours et reconnaître dans les traits familiers , ceux de M, dans son visage où il n’ya pas si longtemps il me semblait voir toute la solidité des rêves, et puis la confiance, et cette tendresse à jamais partagée entre nous, tout le temps, même dans les lassitudes, dans tout ça qui chaque jour un peu déshabille l’autre des prodiges qu’on lui voulait. ……
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gavarneurgavarneur   18 juin 2016
Ce qu'on dit, la solitude toujours comme un grand mot qui contiendrait toute la vérité des choses qu'on ressent en soi et qui ne peuvent pas émerger de soi, et retombent toujours alors plus profondes en soi quand les autres ne veulent pas les entendre, ou ne peuvent pas, jamais, malgré tout l'effort qu'il a fallu pour les remonter jusqu'à eux.
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Videos de Laurent Mauvignier (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Mauvignier
Vendredi 2 novembre, dans le cadre du banquet d'automne intitulé "Histoires du moi, histoires du monde" qui s'est déroulé du 2 au 4 novembre 2018, Johan Faerber tenait une conférence : "Histoire du contemporain ou comment écrire après la littérature ?"
Histoire du monde, histoire de soi : tel est le destin double qui se donne dans l?Après-littérature, dans le moment post-litté- raire que les écrivains inventent au présent. de David Boscà Nathalie Quintane, de Tanguy Viel à Laurent Mauvignier en passant par Simon Johannin et Célia Houdart, se donne à lire une littérature du sensible qui cherche à étreindre l?atome, à rendre le récit physique et politique. La littérature est un sentiment : telle est la loi du moment post-littéraire qui est le nôtre.
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