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ISBN : 2082131238
Éditeur : Climats (28/02/2006)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 39 notes)
Résumé :
En dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile, aujourd'hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de l'intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts en sciences de l'éducation . Le grand public est cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes mises en oeuvre. L'idée lui vient encore assez peu que la pr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  21 octobre 2015
L'auteur tire les conclusions qui s'imposent des résultats désastreux des multiples réformes dont l'éducation nationale a souffert depuis de longues années : le déclin de la lecture, le progrès de l'illettrisme, la disparition programmée des matières de réflexion au profit d'une "culture" morcelée, communautaire ou réduite à ses expressions médiatiques, tout cela ne se fait pas contre la volonté des gouvernants, mais est le fruit d'une politique délibérée. L'acquisition d'une culture (au sens fort) et l'apprentissage de la réflexion avaient pour but de créer des citoyens responsables, parties prenantes de la vie politique de leur état. Aujourd'hui, plus personne ne veut de cela : nos sociétés ont besoin de consommateurs passifs, non de citoyens responsables, et les réformes du système éducatif, vers toujours plus d'ignorance, sont faites pour cela.
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Trigor
  03 novembre 2018
Super chouette à lire, j'en ai rien retenu car j'étais globalement d'accord, mais la lecture était agréable.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   03 août 2016
En assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la Caillera se contente, en effet de recycler, à l’usage des périphéries du système, la pratique et l’imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet. L’ambition de ses membres n’a, certes, jamais été d’être la négation en acte de l’Économie régnante. Ils n’aspirent, tout au contraire, qu’à devenir les golden boys des bas-fonds. Calcul qui est tout sauf utopique. Comme l’observe J. de Maillard, « sous nos yeux, l’économie du crime est en train d’accomplir la dernière étape du processus : rendre enfin rentable la délinquance des pauvres et des laissés pour compte, qui jadis était la part d’ombre des sociétés modernes, qu’elles conservaient à leurs marges. La délinquance des pauvres, qu’on croyait improductive, est désormais reliée aux réseaux qui produisent le profit. Du dealer de banlieue jusqu’aux banques de Luxembourg, la boucle est bouclée. L’économie criminelle est devenue un sous-produit de l’économie globale, qui intègre à ses circuits la marginalité sociale (13.) »
À la question posée, il convient donc de répondre clairement que si la Caillera est, visiblement, très peu disposée à s’intégrer à la société, c’est dans la mesure exacte où elle est déjà parfaitement intégrée au système qui détruit cette société. C’est évidemment à ce titre qu’elle ne manque pas de fasciner les intellectuels et les cinéastes de la classe dominante, dont la mauvaise conscience constitutive les dispose toujours à espérer qu’il existe une façon romantique d’extorquer la plus-value.

13- J. de Maillard : Un monde sans loi, p. 84, Stock, 1998.
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MimimelieMimimelie   03 août 2016
Pour les compétences techniques moyennes – celles dont la Commission européenne estime qu’elles ont « une demi-vie de dix ans, le capital intellectuel se dépréciant de 7 % par an, tout en s’accompagnant d’une réduction correspondante de l’efficacité de la main d’œuvre s’agit, en somme, de savoirs jetables – aussi jetables que les humains qui en sont le support provisoire – dans la mesure où, s’appuyant sur des compétences plus routinières, et adaptés à un contexte technologique précis, ils cessent d’être opérationnels sitôt que ce contexte est lui-même dépassé.(9) » – le problème est assez différent. Il s’agit, en somme, de savoirs jetables – aussi jetables que les humains qui en sont le support provisoire – dans la mesure où, s’appuyant sur des compétences plus routinières, et adaptés à un contexte technologique précis, ils cessent d’être opérationnels sitôt que ce contexte est lui-même dépassé.

(9)- Rapport du 24 mai 1991. Cité dans Tableau Noir (Gérard de Selys et Nico Hirtt, EPO, Bruxelles, 1998). Ce petit livre indispensable reproduit abondamment les textes que la Commission Européenne, l’OCDE ou l’European Round Table (l’un des lobbies communautaires les plus discrets et les plus efficaces et dont Edith Cresson est la passionaria infatigable) consacrent, depuis quelques années à définir les «ajustements structurels » exigés par la réforme capitaliste de l’école. Comme ces rapports ne sont pas destinés à être lus par le peuple souverain, les auteurs s’y expriment avec un cynisme qui est tout à fait stupéfiant.
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MimimelieMimimelie   03 août 2016
D’un côté, bien sûr, nous découvrons chaque jour davantage que le « mouvement qui abolit les conditions existantes » – autrement dit le capitalisme – conduit l’humanité à un monde écologiquement inhabitable et anthropologiquement impossible. Mais de l’autre, nous prenons également conscience qu’il ne sera possible de s’opposer à ce mouvement historiquement suicidaire – ce qui veut dire, tout simplement, de sauver le monde – que si, et seulement si, les générations qui viennent acceptent de reprendre cette résistance à leur compte. Cela signifie donc que si le tittytainment a déjà en partie l’efficacité qu’il se proposait d’avoir – et ici, chacun doit juger par lui-même – alors, nous risquons de nous trouver bientôt confrontés, quel que soit par ailleurs le destin de l’École, à un problème que l’humanité avait eu, jusqu’ici, la chance de ne jamais rencontrer (ou l’intelligence d’éviter). Ce problème historiquement imprévu, personne, à mon sens, ne l’a formulé avec autant de froide lucidité que Jaime Semprun (8) dans L’Abîme se repeuple : « Quand le citoyen-écologiste –écrit-il – prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?, il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : À quels enfants allons-nous laisser le monde ? »
Telle est bien désormais la surprenante question.

(8)- L’Abîme se repeuple, Éd. de l’Encyclopédie des Nuisances, 1997.
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JulienPhilippeJulienPhilippe   22 février 2019
Le délinquant moderne, au contraire, revendique avec cohérence la froide logique de l’économie pour « dépouiller » et achever de détruire les communautés et les quartiers dont il est issu (5). Définir sa pratique comme « rebelle », ou encore comme une « révolte morale » (Harlem Désir) voire, pour les plus imaginatifs, comme « un réveil, un appel, une réinvention de l’histoire » (Félix Guattari), revient, par conséquent, à parer du prestige de Robin des Bois les exactions commises par les hommes du Sheriff de Nottingham. Cette activité peu honorable définit, en somme, assez bien le champ d’opérations de la sociologie politiquement correcte.
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JulienPhilippeJulienPhilippe   22 février 2019
Quand la classe dominante prend la peine d’inventer un mot (« citoyen » employé comme adjectif) et d'imposer son usage, alors même qu'il existe, dans le langage courant, un terme parfaitement synonyme (civique) et dont le sens est tout à fait clair, quiconque a lu Orwell comprend immédiatement que le mot nouveau devra, dans la pratique, signifier l'exact contraire du précédent. Par exemple, aider une vieille dame à traverser la rue était, jusqu'ici, un acte civique élémentaire. Il se pourrait, à présent, que le fait de la frapper pour lui voler son sac représente avant tout (avec, il est vrai, un peu de bonne volonté sociologique) une forme, encore un peu naïve, de protestation contre l'exclusion et l'injustice sociale, et constitue, à ce titre, l'amorce d'un geste citoyen.
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Videos de Jean-Claude Michéa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Michéa
Animé par Régis Penalva, directeur littéraire de la Comédie du Livre.
« Il est aujourd?hui plus facile d?imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. » Avec "Notre ennemi, le capital" (Climats), le philosophe Jean-Claude Michéa poursuit son travail de clarification et de démolition entrepris avec des livres aussi importants que "Orwell, anarchiste Tory", "L?Empire du moindre mal" ou "La Double Pensée". Mais est-il encore possible de « rassembler la grande majorité des classes populaires autour d?un programme de déconstruction graduelle du système capitaliste » ?
Vendredi 19 mai - Comédie du Livre 2017
+ Lire la suite
>Culture et normes de comportement>Pratiques culturelles>Sociologie de l'éducation (17)
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