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Dominique Palmé (Traducteur)
EAN : 9782070424962
314 pages
Gallimard (20/11/2002)
3.71/5   102 notes
Résumé :
Reiko "n'entend plus la musique", autrement dit, elle est incapable d'éprouver du plaisir sexuel. Mishima, en empruntant la docte apparence de son narrateur-psychanalyste le docteur Shiomi, nous conte son histoire et nous entraîne, avec une joie non dissimulée, dans les chausse-trapes de l'univers mental de la jeune mythomane.

De mensonges en coups de théâtre, dans une perspective en trompe l’œil où les situations les plus tragiques sont passées au f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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andman
  03 mars 2013
La psychanalyse est une science très particulière et complexe voire ésotérique pour bon nombre de nos contemporains. Avec ce roman intitulé « La Musique », Mishima nous entraîne dans les méandres de la complexité des relations humaines. Et pourtant, le lecteur va adhérer tout de go à cette magnifique tonalité d'écriture souvent proche de la vulgarisation, toujours éloignée de la vulgarité.
C'est à travers le récit du docteur Shiomi, imminent psychologue à Tokyo, que Mishima va peu à peu porter à notre connaissance le passé de Reiko, une belle jeune femme en très grande souffrance psychologique.
Le docteur Shiomi arrive avec patience à cerner le côté hystérique et mythomane de Reiko dont la frigidité est manifeste. Bien que follement amoureuse du beau Ryûichi, jamais dans ses bras elle n'entend la musique du plaisir.
Profondément interpelé par cette patiente au parcours de vie si particulier, il faut tout le professionnalisme du thérapeute pour amener Reiko à avouer dans le détail les faits marquants de son enfance.
Mais des évènements imprévus bousculent constamment les certitudes du spécialiste. le jour où Reiko, confrontée à des circonstances tragiques, laisse subitement retentir en elle la musique du plaisir, le docteur Shiomi comprend que Reiko a déjà entendu dans le passé la musique de l'enfer.
Le chemin de la guérison est semé d'embûches : une fois les symptômes identifiés, la mise en place de la phase thérapeutique nécessite elle aussi une approche toute en douceur qui contre toute attente se termine dans les bas fonds de Tokyo.
Reiko et Ryûichi, accompagnés du docteur Shiomi et d'Akemi son assistante, vont faire dans un quartier sordide une étrange rencontre empreinte des symboles de la Nativité que le lecteur gardera longtemps en mémoire.
Le grand éclectisme de Mishima apparaît de façon très nette à travers ce très beau roman intimiste, chargé de pudeur.
Personnellement, je ne serais pas surpris que de temps à autre la vue d'une banale paire de ciseaux me rappelle avec émotion le jeune parcours de vie, bien triste, de la belle Reiko !
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kuroineko
  06 novembre 2017
La Musique ou Mishima dans la légèreté. Ça peut surprendre, ses histoires étant le plus souvent tournées vers le drame et la tragédie.
Le docteur Shiomi, narrateur de la Musique, est psychanalyste et tout le roman s'orchestre autour de cette discipline. Plus exactement autour d'un seul cas: celui de Reiko. Celle-ci vient le consulter car elle "n'entend plus la musique"... Amoureuse d'un homme et aimée de lui, la jeune femme souffre de ne plus ressentir de plaisir en faisant l'amour. Débute alors, en même temps que la thérapie, un jeu de duperie et de manipulation où l'on finit par ne plus savoir qui dit vrai et qui ment.
L'intrigue psychanalytique prend même, par moment, des allures policières avec un docteur Shiomi enquêtant sur sa singulière patiente.
Si La musique n'est peut-être pas le roman le plus marquant de Mishima, il m'a néanmoins procuré une agréable surprise. Celle de le découvrir dans une tonalité moins sombre, voire un Mishima doté d'humour. de plus, les aspects psychologiques des principaux personnages sont fort bien mis en avant et captivent l'attention.
Une mention particulière pour la couverture de la version poche Folio. Elle est aussi troublante qu'elle me met très mal à l'aise. En tout cas, elle ne me laisse pas indifférente. Et colle plutôt bien à l'esthétique de Mishima.
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Osmanthe
  15 février 2015
Voici un Mishima hautement psychologique, mais cette fois plus ludique que tragique...
La narrateur est psychanalyste et va suivre Reiko, belle et fascinante patiente qui, bien qu'amoureuse d'un jeune homme, Ryûichi, dit "ne plus entendre la musique", en un mot, être frigide. Dès lors, leurs échanges au fil des séances vont tourner au jeu du chat et de la souris : le psy est très perspicace, mais attiré et troublé par cette jeune femme, qui elle-même n'a pas son pareil pour brouiller les pistes et mentir...Alors finalement, qu'est-il arrivé à Reiko ? Faut-il remonter à son enfance ou à son passé plus récent ? Après avoir exploré une série d'hypothèses avec sa patiente énigmatique et perverse, le psy parviendra-t-il à la vérité et à redonner le goût du plaisir partagé aux deux tourtereaux ?
Ce roman est assez alambiqué, et mon sentiment est un peu mitigé. Pendant un temps, on se prend au jeu de la belle Reiko, et on entame une enquête qu'on attend passionnante...Mais dans le ventre mou du livre, on se surprend à s'ennuyer un peu, le propos du psy étant me semble-t-il prétexte pour Mishima à mettre en avant ses propres thèses psychanalytiques et des opinions un rien mysogynes. Les hypothèses avancées sont à la fois assez bateau et, pour celle que l'auteur a décidé de retenir, pas très crédible, je trouve...
Bref, pas le meilleur Mishima sans doute, mais à lire quand même pour le sujet qui sans être très original est assez peu traité dans la littérature romanesque, et pour le style d'écriture toujours très fin et élégant du maître.
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GabyH
  25 avril 2013
Après avoir dévoré les fameuses Grenouilles de Mo Yan, j'ai eu envie de continuer mon incursion dans la littérature asiatique, qui m'est jusqu'à présent assez étrangère. Ayant découvert « La Musique » au détour d'une librairie, l'idée m'a paru intéressante de découvrir la littérature japonaise à travers une science éminemment occidentale de l'individu : la psychanalyse. Déception.
Sous couvert d'un faux essai de vulgarisation psychanalytique, Yukio Mishima nous raconte l'histoire de Reiko, une jeune femme qui consulte un psychanalyste, le docteur Shiomi car elle « n'entend pas la musique » : il s'agit pour l'auteur de construire un livre sur la frigidité féminine à partir de cet exemple.
Le style de Yukio Mishima m'a paru très fade. Bien que l'on comprenne que l'attachement aux personnages est impossible du fait de la volonté pseudo-scientifique du narrateur, on ne trouve pas non plus dans cet ouvrage de réelles indications de théorie psychanalytique. L'auteur n'assume ni vraiment l'une ni vraiment l'autre de ces deux positions, au grand dam du lecteur, qui finit par s'ennuyer ferme. Tant et si bien que finir le roman devient presque aussi difficile que de terminer une cure psychanalytique.
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sultanne
  20 juin 2018
Si comme moi, vous vous êtes ennuyé à lecture de ce récit pourtant dense et riche en émotion, comment expliquez-vous que la magie n'aie pas opéré ?
A l'issue de cette lecture on ne peut plus enrichissante, vous serez de nouveau au clair avec les notions si chères à maître Freud et que Reiko, la patiente au centre de toutes les attentions de cette narration, sait manier et manipuler avec dextérité.
Un jeu de dupes qui simulent l'innocence, une enquête quasi policière dans les tréfonds de l'âme humaine, un secret de famille étouffant dont la "musique" se fait entendre plus fort qu'il ne faudrait.
Après ce roman, vous ne verrez plus jamais vos ciseaux sous le même angle, votre fratrie sous le même jour et vos propres désirs sous le même angle...
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman une réussite qui réconcilie le ying et le yang, l'Orient et l'Occident, le ça et le surmoi, mais dont le contenu n'a pas réellement su me transporter. Pourquoi ? C'est un mystère que je ne m'explique pas.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   04 février 2015
Dans la lumière douce, presque voilée, il y avait les lèvres de Reiko qui s'apprêtait à parler. Chaque fois que je les regardais, je ne pouvais m'empêcher de songer au mystère de la nature humaine. Dans ce décor aux couleurs neutres, elles se détachaient à la manière d'une petite fleur éclatante, et les mots qui allaient en jaillir contenaient au fond d'eux-mêmes toute la mémoire de l'immense univers. Car pour faire éclore ne serait-ce qu'une seule petite fleur, on sait bien que l'ensemble des problèmes posés par l'Histoire et l'esprit humain doivent, même à un degré infime, se bousculer et mobiliser leur énergie.
Nous, les analystes, nous sommes tenus de nous relier, à travers cette belle petite fleur, à tous les souvenirs de la terre et de la mer.
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andmanandman   27 février 2013
La métaphore utilisée par Reiko était trop transparente, et son interprétation trop plate, pour me satisfaire. La jeune femme prétendait qu’avec son « je n’entends plus la musique » elle avait menti, tout simplement, mais était-ce vraiment le cas ? Fallait-il voir uniquement dans la « musique » un beau symbole de l’orgasme ? N’y avait-il pas plutôt, entre la « musique » telle qu’elle l’évoquait et l’orgasme qu’elle désirait ardemment, quelque lien symbolique caché, difficile à saisir ?
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andmanandman   01 mars 2013
Attendre patiemment qu’une graine, s’ouvrant au fond de la terre obscure, se mette peu à peu à germer, jusqu’au jour ou s’épanouira la fleur de la solution ; attendre ainsi en arrosant, en ajoutant de l’engrais, tel est le rôle du psychanalyste, mais moi je n’en pouvais plus de cette attente.
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andmanandman   02 mars 2013
Tandis que nous parlions ainsi, j'ai senti passer entre Akemi et moi un courant de chaude sympathie que je ne percevais pas d'ordinaire. Il rappelait la connivence qui peut unir deux personnes assurant leur tour de garde, la nuit, dans un poste de surveillance côtière, quand vient d’être transmise une alerte de typhon, et que le bruit du vent s’amplifie au dehors.
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andmanandman   27 février 2013
Confronté en tant que psychanalyste à des cas très divers, je crois avoir acquis assez d’expérience pour ne plus m’étonner de rien. Mais en s’approfondissant, mes connaissances à ce sujet ne font que renforcer en moi cette conviction : la sexualité de l’homme est un domaine sans limites, difficile à maîtriser. Et dans ce monde-là, la notion de « bonheur unique, valable pour tous », n’existe pas.
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Videos de Yukio Mishima (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima (1925-1970), le labyrinthe des masques (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 20 février 2021. Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Marie-Laure Ciboulet. Prise de son, Philippe Mersher ; mixage, Éric Boisset. Archives INA, Sandra Escamez. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. 25 novembre 1970 : Yukio Mishima, écrivain iconoclaste japonais âgé de 45 ans, met en scène sa propre mort ; alors qu’il s’apprête à quitter le monde, il livre à son éditeur "La mer de la fertilité", véritable testament littéraire et spirituel de cet auteur tourmenté, fasciné par la mort rituelle. Cet homme nostalgique, avec son goût du vertige et de l'absolu, son amour des corps vierges et des âmes chevaleresques, sa quête effrénée des horizons perdus laisse une œuvre considérable qui raconte sans aucun doute la recherche d’une pureté illusoire et la laideur du monde. Lectures de textes (tous écrits par Mishima) : Barbara Carlotti - Textes lus (extraits) : "Patriotisme. Rites d’amour et de mort" (film de et avec Yukio Mishima, 1965. À partir de "Yūkoku", nouvelle parue en 1961) - "Confessions d’un masque" - "Le Lézard noir" - "La Mer de la fertilité". Archives INA : Ivan Morris et Tadao Takemoto - Flash info annonçant la mort de Mishima le 25 novembre 1970. Extraits de films : "Mishima" de Paul Schrader (1985) - "Le Lézard noir" de Kinji Kukasaku (1968) - Extrait du discours de Mishima juste avant son seppuku, le 25 novembre 1970.
Intervenants :
Pierre-François Souyri, professeur honoraire à l’université de Genève spécialiste de l’histoire du Japon Fausto Fasulo, rédacteur en chef des magazines "Mad Movies" et "ATOM" Tadao Takemoto, écrivain, spécialiste et traducteur de Malraux au Japon et vieil ami de Mishima Dominique Palmé, traductrice de Mishima chez Gallimard, spécialiste de littérature japonaise et de littérature comparée Julien Peltier, spécialiste des samouraïs, auteur de plusieurs articles parus sur Internet et dans la presse spécialisée, en particulier les magazines "Guerres & Histoire (Sciences & Vie)" et "Actualité de l'Histoire". Il anime également des conférences consacrées aux grands conflits de l'histoire du Japon Thomas Garcin, Maître de conférences à l’Université Paris 7 - Diderot, spécialiste de Mishima et de littérature japonaise Stéphane du Mesnildot, critique de cinéma, et spécialiste du cinéma japonais
Source : France Culture
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