AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782869592889
125 pages
Éditeur : Arléa (18/06/2004)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 10 notes)
Résumé :
A quoi bon gagner du temps si nous ne savons pas en profiter ? Se reposer est un art. Un " professionnel " du loisir et de la fantaisie vagabonde nous offre cet éloge - nuancé - du repos.
Pour éviter que le temps gagné ne soit aussitôt perdu, Paul Morand se livre ici à une pédagogie ironique : les vacances et les voyages s'apprennent comme le reste. Cette pratique du farniente n'est pas seulement une question de lois et de congés payés, c'est d'abord avec l'â... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  11 novembre 2016
Né à Paris en 1888, Paul Morand commence en 1913 une carrière de diplomate qui le conduira aux quatre coins du monde. Révoqué après la seconde guerre mondiale, il est rétabli dans ses fonctions d'ambassadeur en 1953 et mis à la retraite des Affaires étrangères en 1955. Elu à l'Académie française en 1968 il décède à Paris en 1976. Considéré comme l'un des pères du « style moderne » en littérature, il s'est imposé comme l'un des grands écrivains français du siècle dernier. Eloge du repos date de 1937, un texte assez court, genre d'essai, écrit rapidement après l'adoption de la loi sur les congés payés par le gouvernement du Front Populaire.
Paul Morand assoit sa réflexion sur un constat simple : si on apprend un métier, on devrait aussi apprendre à se reposer et à prendre des vacances ! Et Morand s'y connait en « vacances » puisque ce petit bouquin a été écrit après onze ans de voyages autour du monde, entre sa mise en congé du quai d'Orsay (1926) peu avant son mariage avec la riche princesse Soutzo et son retour à la diplomatie (1938).
L'oisiveté doit s'apprendre, le repos véritable est dans la tête et tout l'argent du monde n'y changera rien, le repos de l'esprit ou de l'âme ne s'achète pas. L'auteur donne des conseils aux Français lorsqu'ils voyagent à l'étranger (ils ont des devoirs). Les temps libres permettent aussi la pratique de sports ou d'activités physiques (un esprit sain dans un corps sain). Mais la grande vérité reste dans « la vie intérieure, maîtresse de notre vrai repos. »
Je ne vais pas vous vendre ce bouquin comme étant exceptionnel ou à lire toutes affaires cessantes, néanmoins le lecteur qui s'y penchera sera étonné par la modernité de son écriture et surtout de son contenu qui reste souvent d'actualité. J'ai souligné un nombre invraisemblable de phrases ou coché des paragraphes me laissant pantois d'étonnement devant leur aspect visionnaire. Seule critique, au détour d'une phrase ou d'une autre, un nationalisme discret peut agacer le lecteur…
Réflexions sur les Français (« Il craint de ne pouvoir s'adapter au lendemain parce qu'en effet il a l'adaptation lente ; de là sa peur de l'avenir qui n'est qu'un excès de doute en face de tout devenir »), sur la mode (« dont on croit qu'elle invente, tandis qu'elle ne fait que s'adapter puis surenchérir »), sur son époque (« Notre époque est asphyxiée par la peur »), le monde littéraire (« les auteurs ont peur de la critique, les critiques ont peur des éditeurs, les éditeurs ont peur du lecteur et le lecteur a peur du miroir grimaçant que lui tendent les auteurs »), sur l'éducation scolaire… Quant aux voyageurs d'aujourd'hui, « Si les gens, actuellement, se déplacent tant, c'est qu'ils son malheureux : d'où les voyages d'agrément. » Enfin, sans condamner la vitesse, ce qui serait malvenu de la part de cet homme pressé ( !), il nous met en garde néanmoins contre elle, « puisque la mort c'est l'immobilité, le mouvement c'est la vie ; d'où beaucoup concluent que la grande vitesse, c'est la grande vie. »
Ce texte est loin d'être le plus connu de Paul Morand mais si vous tombez dessus n'hésitez pas à y jeter un oeil : il se lit très vite et vous serez très étonné/amusé par sa clairvoyance et son actualité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
lafilledepassage
  03 septembre 2014
Ecrit en 1936, au moment des premiers congés payés, l'auteur, un oisif voyageur, propose au peuple laborieux des conseils pour occuper leurs nouveaux temps libres. Son titre d'origine est d'ailleurs « apprendre à se reposer », titre assez provocateur dans notre contexte actuel de manque d'emploi endémique ... Et dans l'ensemble, c'est tout l'ouvrage qui a plutôt mal vieilli.
L'auteur dresse d'abord le portrait de la société de cette époque, une société où l'on ne se réjouit plus, où le mot joie semble avoir été oublié. Une société faite d' « enfants gâtés » (ce qui n'est pas sans rappeler un essai récemment paru), qui évite toute prise de risque et qu'on pourrait taxer d'immobilisme. Ensuite, il passe en revue différentes façons d'occuper ce temps, plaçant sous l'étiquette de « sport », les balades en forêt, le camping, la nage en rivière et le canotage, de quoi sourire aujourd'hui … Avec naïveté, il espère que le sport fera passer au bon peuple le goût des révoltes, voire qu'il démodera les guerres, à quelques petites années de la deuxième guerre mondiale !!!
Enfin il termine par le constat que le vrai repos c'est avec soi-même, dans la retraite intérieure, loin de toute agitation qui ressemble à des travaux forcés, simulacre pour échapper à nos questionnements, à notre pesanteur, à nous-mêmes … et fait le procès de la vitesse, seuls points sur lesquels le lecteur de notre temps pourra trouver matière à réflexion.
C'est cependant joliment écrit et agréable à lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
vincentf
  01 novembre 2016
Le titre séduit le paresseux et le style le lettreux. Paul Morand, qui fut en son temps un oisif professionnel, propose un mode d'emploi du temps perdu, un apprentissage du ne rien faire. Il réduit les voyages à leur essence, raccourcit les distances, ralentit la fuite en avant. Il évoque des sports tranquilles, champêtres, actifs sans l'être trop. Il calme le jeu. le repos n'est pas la mort ni le sommeil. Il est l'activité contrôlée, la course qui s'arrête en chemin, la maîtrise de soi. le rappeler n'est pas inutile.
Commenter  J’apprécie          51

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   08 novembre 2016
À voir ce que l'école exige aujourd'hui de nos fils, je me demande combien de pères seraient capables d'êtres des enfants.
Commenter  J’apprécie          559
Corboland78Corboland78   11 novembre 2016
Le Français souffre, car il se raidit et il se raidit parce qu’il refuse de laisser aller les choses ; il croit que ce qui arrive depuis quelques milliards d’années a été inventé spécialement pour le contrarier ; et dans ce monde hostile, il entend chevaucher seul l’évènement ; c’est un cavalier qui récuse tout contact avec sa monture et qui ne veut pas se poser sur le sol par l’entremise de ce socle vivant ; au lieu de s’asseoir, il se redresse, s’érige, réclame, raisonne ; il ne sait pas se mettre en boule, il ne sait pas se mouvoir selon des lignes courbes, il ne sait que marcher droit et il en est fier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Bastien75015Bastien75015   06 mai 2017
Rien dans son aspect un peu las, dans sa manière de parfait homme du monde ne laisser deviner le petit garçon en culotte courte qu'il cachait en lui, enfouit sous les serres du temps.
Il en est souvent des apparences de maturité comme des autres façons de s'habiller et l'âge à cet égard est le plus adroit des tailleurs.
Je venais d'avoir 17 ans et je ne savais encore rien de moi-même. J'étais donc loin de soupçonner qu'il arrive aux hommes de traverser la vie, d'occuper des postes importants et de mourir sans jamais parvenir à se débarrasser de l'enfant tapi dans l'ombre assoiffé d'attentions, attendant jusqu'à la dernière ride une main douce qui caresserait sa tête et une voix qui murmurerait: "oui mon chéri, oui, maman t'aime toujours, comme personne d'autre n'a jamais su t'aimer".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
TomsolubleTomsoluble   17 janvier 2013
L'oisiveté exige tout autant de vertus que le travail: il y faut la culture de l'esprit, de l'âme et des yeux, le goût de la méditation et du rêve, la sérénité
Commenter  J’apprécie          140
TomsolubleTomsoluble   17 janvier 2013

À voir ce que l'école exige aujourd'hui de nos fils, je me demande combien de pères seraient capables d'êtres des enfants.
Commenter  J’apprécie          100

Videos de Paul Morand (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Morand
PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE
Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).
+ Lire la suite
autres livres classés : ReposVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
509 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre