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Jean Richer (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070321278
373 pages
Gallimard (06/03/1974)
4.11/5   74 notes
Résumé :
Singulier paradoxe que ces Chimères, une centaine de vers à peine, qui ont alimenté depuis des milliers de pages d'exégèses et de commentaires. Tour à tour symbolistes, rimbaldiennes, mallarméennes ou surréalistes, voire fertile terreau pour la psychanalyse, elles n'ont pourtant pas fini d'interroger le lecteur. Joyaux ciselés, enflammés de lueurs et de couleurs, avec leurs parfums secrets, leurs scintillements d'étoiles et leur musique envoûtante, ces poèmes exerce... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Lamifranz
  23 juillet 2022
A l'instar de Victor Hugo, le Romantisme littéraire coche toutes les cases : roman, poésie, théâtre, essais, et c'est essentiellement dans la poésie qu'il s'est le plus épanoui. La tradition veut qu'on évoque toujours le quatuor mythique « Lamartine-Vigny-Hugo-Musset », mais depuis quelques dizaines d'années on y ajoute volontiers Nerval et Gautier (enfin, le premier Gautier d'avant 1850)
Qu'on rattache Gérard de Nerval aux « quatre mousquetaires » romantiques n'est que justice. Il était même anormal de l'avoir écarté si longtemps des figures de proue du mouvement. Il mérite largement sa place, et à plusieurs titres : primo, sa participation particulièrement active aux grandes heures du Romantisme : présenté à Victor Hugo dès 1828 (il adapte au théâtre « Han d'Islande »), il fréquente à la fois le Petit Cénacle de Victor Hugo et le cercle des « petits romantiques » avec Théophile Gautier, Pétrus Borel, Célestin Nanteuil, etc. Il est au premier rang lors de la bataille d'Hernani (25 février 1830) et participe à toutes les grandes premières… Secundo, son oeuvre est profondément romantique : aussi bien dans l'intention (il est le premier à traduire le Faust de Goethe, et à éditer une anthologie des poètes romantiques allemands), que dans l'exécution : poésie (« Odelettes », « Petits châteaux en Bohème »), prose (« Les filles du feu », « Aurélia ») théâtre (« Léo Burckhart ») et souvenirs de voyage (« Voyage en Orient »).
Le présent recueil rassemble toutes les poésies écrites par Gérard de Nerval, soit le quart de l'oeuvre complète, le reste étant composé des oeuvres en prose (Aurélia, les filles du feu, etc.), le théâtre, les récits de voyage, les oeuvres écrites en collaboration, etc.
C'est quand on lit la poésie de Nerval dans sa continuité que l'on peut en mesurer l'évolution : jusqu'aux années 1850, le poète imite d'autres oeuvres (poètes allemands ou anglais, poètes de la Renaissance, appropriation de ballades populaires) et les fait siennes. A partir des « Petits Châteaux de Bohême » (1853), des « Filles du Feu » (1854) et surtout des « Chimères » (1854), son chef-d'oeuvre, il construit une oeuvre originale à partir de son expérience personnelle (souvenirs, amours, déceptions), de sa propre conception de la poésie (un chant spontané qui est à la fois personnel et universel, profane et divin, empirique et idéal) de ses fantasmes, et aussi un peu de la folie qui va l'emporter.
Ce mélange d'inspirations diverses donne à Nerval une originalité certaine qui vient corroborer une quête d'absolu que ses confrères romantiques connaissent également mais à un niveau inférieur (à part peut-être Vigny et Hugo, les plus « métaphysiques » des romantiques).
Et tout ceci magnifiquement mis en vers – j'allais dire en musique – par une poésie simple, fluide, évocatrice, qui en quelque sorte, s'adresse à l'âme du lecteur.
Lisez bien les vers de Nerval, vous y trouverez en gestation ceux de Baudelaire et de Verlaine, et plus loin, ceux d'Apollinaire d'Aragon et d'Eluard….
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frandj
  03 avril 2017
De Nerval, on connait surtout "Les chimères" et la merveilleuse prose de "Sylvie" ou "Aurélia". Ce recueil contient la majeure partie de son oeuvre poétique, je pense. A côté des sonnets des "Chimères" (que je connaissais déjà), j'ai découvert de très jolis poèmes qui n'ont pas la notoriété qu'ils méritent. Certes, tout n'y est pas chef d'oeuvre, notamment parmi les plus anciennes pièces. Mais beaucoup de textes me paraissent bien venus. Certaines odelettes sont très délicates: "Une allée au Luxembourg", par exemple, évoque évidemment une poésie de Baudelaire bien connue. D'autres textes sous le titre "Poésies diverses" me semblent étonnants, car ils sont éloignés de tout esprit élégiaque: je pense notamment à "Chanson de Han d'Islande" ou à l'ultra-romantique "Lénore". A noter qu'il y a aussi dans ce livre de nombreux textes en prose, mais ce n'est pas ceux-ci qui ont retenu mon attention.
Cette lecture me conforte dans l'idée que Nerval a été un écrivain de premier plan. Ses vers sont VRAIMENT très poétiques, contrairement à ceux d'autres auteurs pourtant plus célèbres.
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Cularo
  29 avril 2013
J'adore Nerval sa poésie me touche beaucoup elle est sublime,il est souvent méconnu car on étudie plus Baudelaire et c'est fort dommage,il faut absolument le lire.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LamifranzLamifranz   23 juillet 2022
EPITAPHE


Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.

C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.

Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : « pourquoi suis-je venu ? »
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frandjfrandj   03 avril 2017
.
LENORE

(…) Contre une grille en fer le cavalier arrive,
Y passe sans l’ouvrir… et d’un élan soudain,
Transporte Lénore craintive
Au milieu d’un triste jardin.
C’était un cimetière. « Est-ce là ta demeure ?
Oui, Lénore; mais voici l’heure,
Descendons de cheval… Femme prenez ma main ! »
Ah Seigneur Dieu ! plus de prestige…
Le cheval, vomissant des feux,
S’abîme ! et de l’homme (ô prodige !)
Un vent souffle les noirs cheveux
Et la chair qui s’envole en poudre…
Puis, à la lueur de la foudre,
Découvre un squelette hideux !

« Hourra ! qu’on commence la fête !
Hourra ! » Tout s’agite, tout sort,
Et, pour la ronde qui s’apprête,
Chaque tombeau vomit un mort.
+ Lire la suite
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frandjfrandj   03 avril 2017
(ODELETTES) Une allée au Luxembourg

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau ;
A la main une fleur qui brille,
A la bouche un refrain nouveau

C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !

Mais non – ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon qui m’as lui,
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait – il a fui !
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StefEleaneStefEleane   22 août 2012
Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance;
Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé.
Elle élève le cœur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.
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GalinonGalinon   11 juin 2022
Vers dorés
Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !
+ Lire la suite
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Poésie - Une femme est l'amour - Gérard de NERVAL
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