AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 225311717X
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 1212 notes)
Résumé :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'his... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (97) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  14 décembre 2017
Amélie Nothomb retrace une partie de sa jeunesse avec ce roman. de la boulimie à l'anorexie il n'y a qu'un pas. Un pas que l'auteur franchi.
Les romans d'Amélie Nothomb ont une caractéristique. C'est qu'ils se lisent vite.
J'avoue ne pas avoir tellement accroché avec celui-ci. J'avoue ne pas avoir été en phase avec l'auteure. Et pourtant la notion de faim qu'elle dévoile dans son livre ne m'est pas étrangère aussi bien avec la nourriture (je suis gourmande) qu'avec les livres ( je suis extrêmement gourmande).
Je n'ai pas compris plus que cela l'enfant non plus, ni parfois les actes des parents. J'ai franchement du mal a accepter et comprendre un père servant un whisky a sa fille d'une dizaine d'année. J'ai aussi d'une certaine façon envié la chance qu'elle a eu d'avoir un père qui voyageait autant. Quelle richesse !
Il faut avouer que j'ai toujours trouvé cette auteure très étrange, mais avec le peu qu'elle raconte dans cette biographie on peut le comprendre aisément....
Commenter  J’apprécie          473
Jmlyr
  02 septembre 2017
J'avais lu ce livre il y a bien longtemps, à l'époque où je dévorais tout Amélie Nothomb, et où elle ne me laissait pas encore sur ma faim.
Je n'avais pas spécialement apprécié ce livre-là, comparé à Hygiène de l'assassin, ou encore Stupeur et tremblements, ou bien d'autres titres haletants. Mais un passage avait résonné avec violence, celui de son viol. J'avais perçu au plus profond de mes entrailles que la prêtresse de l'écriture frappait vrai. Aïe, à l'époque déjà ça m'avait fait mal.
Amélie, une vraie résiliente. On n'oublie jamais, on vit avec.
Commenter  J’apprécie          452
seshat123
  11 juillet 2017
Dans « Biographie de la faim », Amélie Nothomb décortique sous le prisme de la faim son univers, et l'univers tout court. Un parti pris loufoque pour raconter son enfance de fille de diplomate aux 4 coins du monde. Dis-moi quelle est ta faim, je te dirai qui tu es. Dis-moi de quoi ton peuple a faim, je te dirai quel pays tu es. Un pitch un peu dingue ? En fait, il est surtout très digne d'Amélie Nothomb.
Elle me plaît bien cette idée de dérouler ainsi le fil d'une vie, en contant son alimentation, ses besoins et désirs au sein de la cellule familiale ou son appétence pour la connaissance. L'auteure est une créature qui cultive une farfelue vision des choses et son grain de folie vous attend en embuscade à chaque ponctuation. Soyez donc prévenus.
Moi qui m'étais un peu ennuyée avec les derniers opus, j'ai démarré ce roman en me demandant : suis-je lassée de son excentrique plume ? Je me disais que sa folie ne savait plus me surprendre, qu'avec l'âge, l'araignée que j'élève (précieusement) au plafond de mon crâne avait appris à narguer la sienne…
Mais avec « Biographie de la faim » je retrouve l'excitation des premiers romans. le plaisir revenu, j'avale goulûment les mots, je dévore les pages, Amélie me donne envie de chocolat, d'ivresse, d'ailleurs, de frasques, elle réveille mon esprit fantasque. Elle conte une enfance à part, à son image. Impossible de se projeter. Au fond, qu'importe, elle m'emmène sur des terres inconnues, fantaisistes, improbables. du Japon qu'elle chérit tant, à Pékin, au Bangladesh, à New-York… Avec son verbe flamboyant, son surprenant talent, l'auteure épluche sa faim de sucre, de chocolat, de spéculoos, d'eau ou d'alcool. de l'excès à la privation, ses « troubles » alimentaires ont la saveur d'une géopolitique réinventée par une enfant terrible. Pile c'est tragique, face diablement joyeux. Et enfin l'adolescente découvre la gourmandise suprême : le roman à lire ou à écrire…
Un seul petit bémol, il m'est arrivée de ressentir une certaine gêne devant sa provocante excentricité, cette posture est littéraire avant tout mais surtout si adulte ! Donc pas toujours identifiable à l'enfant qu'elle raconte.
Ne cherchez pas trop de sens à mes lignes. Telle sa biographie, ma chronique n'a de sens que si vous décidez de parler à mon araignée. Un humble hommage Dame Amélie…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          282
Lorraine47
  05 novembre 2012
C'est avec avidité que j'ai lu cet ouvrage d'Amélie Nothomb.
Je ne suis pas déçue de cette première lecture découverte d'une auteure que j'avais jusque là snobée pour de multiples et fallacieuses raisons: son hypermédiatisation sans doute et son côté déjanté: "je me la joue un tantinet sorcière". Bon passons au roman, belle autobiographie de son enfance jusqu'au moment où elle se lance dans l'écriture, quand elle retrouve son Japon bien aimé.
Enfant surdouée, le passage à l'adolescence est une bien dure épreuve, Amélie parle sans fausse pudeur de son alcoolisme infantile, de son anorexie entre treize et quinze ans, et même si les mots sont crus ils ne sont jamais vulgaires!
J'ai trouvé l'écriture de cet ouvrage très fine et fluide, elle a à la fois la douceur des perles de rivière et le vrombissement d'une cascade de montagne.
Un excellent moment de lecture et une bien belle rencontre, il me tarde de découvrir d'autres ouvrages d'Amélie Nothomb!
Commenter  J’apprécie          310
Momiji
  16 octobre 2015
La faim est la constante de l'enfance et de l'adolescence d'Amélie Nothomb : faim de découvertes, de vie, de connaissances, d'ivresse, de nourriture divine et spirituelle, refus de la faim, douleur de la faim, souvenirs de l'appétit parfois salvateur, parfois destructeur…La faim, c'est ce sentiment universel qui nous relie tous.
Biographie de la faim est probablement un de mes livres préférés d'Amélie Nothomb. Un régal à lire, une écriture délicate, vive et posée en même temps, qui dégage une grande puissance poétique. Comme toujours, Amélie Nothomb me surprend. On commence ses ouvrages comme on engage spontanément une conversation chaleureuse à un moment inattendu avec un inconnu : une digression, ici sur le Vanuatu, pays qui n'a jamais connu la faim. On ne sait pas vers quoi ça va nous mener, mais on sait dès les premiers mots qu'on va savourer l'instant. Souvent évoquée dans ses livres, la nourriture est un sujet fort de l'auteur, qui entretient une relation sensuelle et parfois ambiguë avec elle. Dans cette oeuvre, l'auteur relate son appétit gargantuesque pour toutes les choses de la vie, une faim féroce et inextinguible pour le monde et la volonté de le comprendre. La faim, qui alimente nos rêves et nos existences, qui est pour l'auteur un moteur de l'être et des sociétés : «toute nation est une équation qui s'articule autour de la faim».
Cet ouvrage est un voyage : au sens propre, bien sûr, car Amélie, nous conduit dans ses souvenirs qui se sont construits beaucoup en Asie (Japon, Chine, Bangladesh), mais aussi aux États-Unis, notamment dans la grande pomme. Mais c'est davantage encore un voyage intérieur où l'auteur ravive la flamme de ses émotions passées, de son vécu, de ses questionnements, mariant le recul des années et le prisme du regard de l'adulte à une innocence toute enfantine par moments. Avec authenticité, parfois légèreté elle se livre et évoque cette partie de sa vie. Enfant surdouée, sa vie prend un tournant au moment de l'adolescence et elle évoque les passages douloureux de cette époque : un viol non prononcé directement mais décrit par métaphore (un des passages qui m'a serré la gorge), l'anorexie, le combat contre ce corps qu'elle n'aime pas voir grandir.
Mais beaucoup de joie aussi : celle de ses années à New York (« la liesse ! » en dit-elle, je comprends son exaltation !), des moments passés avec sa soeur adorée et leurs festins de lectures partagés ensemble, sa gourmandise, surtout de sucre (source il est vrai parfois aussi de frustration face aux interdits), une pulsion de vie qui se transmet dans son récit d'un bout à l'autre.
Et en fil conducteur, des réflexions sur la nostalgie du Japon, sur la Chine maoïste et les horreurs qui s'y perpétraient, qu'elle ne comprenait pas toujours au vu de son jeune âge mais un climat pesant qu'elle pouvait ressentir, tout comme l'horreur de la misère au Bangladesh soulevait son coeur. Car le père d'Amélie était diplomate et son métier a beaucoup fait voyager l'auteur qui a conscience qu'au milieu de tant de misère, c'était une personne privilégié, qui a notamment de par sa curiosité, son entourage et son contexte de vie, pu développer des connaissances et un regard aiguisé sur le monde. Autobiographie donc, mais aussi ouvrage de réflexion sur notre rapport à la faim, question de survie, d'existence, de désir.
Amélie Nothomb signe ici un roman captivant, où on ne sait pas toujours où l'on va atterrir au fil des pages mais qui se révèle être une promenade fort agréable, où elle dévoile de nombreux aspects de sa personnalité dans une prose tour à tour passionnée,caustique, légère, grave et douce. On croit s'entretenir avec elle tout au long de cette lecture et on se peut s'empêcher de se sentir nous aussi envahi par cette faim qui la talonne et la rend si vivante.

Lien : http://wp.me/p12Kl4-CJ
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   21 mars 2012
En 1978, le Bangladesh était une rue pleine de gens en train de mourir
Jamais population ne me parut aussi énergique. Tout le monde avait du feu dans les yeux. On crevait avec ardeur. La faim, omniprésente, incendait le sang des Bangladeshis.
Notre maison était un moche bunker où il y avait de la nourriture : luxe suprême.
Les jours des êtres humains avaient pour unique action la lutte contre l'agonie. (...)
J'avais onze ans. Ce n'était pas l'âge de la compassion. Dans ce mouroir géant, je n'éprouvais rien que de l'effroi. J'étais comme une soprano envoyée sur le plus sanglant des champs de bataille et à qui ce spectacle dirait soudain l''incongruité de sa voix, sans que cela le rendît capable de changer de registre. Il valait mieux se taire.
Je me tus. (...)
Sortir dans la rue nous demandait un courage sans précédent : il fallait armer ses yeux, leur préparer un bouclier.
Même prévenu, le regard restait poreux. Je recevais dans l'estomac le direct de ces corps d'une maigreur inconnue, de ces moignons surgissant là où ils étaient inconcevables, de ces plaies, de ces goîtres, de ces oedèmes, mais surtout de cette faim hurlée par tant d'yeux à la fois qu'aucune paupière n'eût pu empêcher de l'entendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
iarseneaiarsenea   05 septembre 2009
J'insiste sur "à ce point": je ne défends pas absolument la satiété. Il est bon que l'âme conserve une part de son désir. Mais entre rassasier et se payer carrément ma tête, il y avait de la marge.
Les cas les plus flagrants étaient les contes de fées. Un fabuleux créateur d'histoires tirait du néant des commencements formidables: là où il n'y avait rien, il installait des mécaniques sublimes, des astuces narratives qui mettaient l'eau à la bouche de l'esprit. Il y avait des bottes de sept lieues, des citrouilles transformistes, des animaux pourvus d'une belle voix et d'un vocabulaire étendu, des robes couleur de lune, des crapauds qui se prétendaient princes. Et tout cela pour quoi ? Pour découvrir que le crapaud était réellement un prince et qu'il fallait donc l'épouser et avoir de lui beaucoup d'enfants.
De qui se moquait-on ?
C'était un complot dont le but secret devait être la frustration. «On» (qui ? je ne l'ai jamais su) cherchait à tromper ma faim. C'était scandaleux. Hélas, à mon indignation devait très vite succéder la honte, quand je constatai que les autres enfants se satisfaisaient de cette situation-pire, ne voyaient même pas où était le problème.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
colimassoncolimasson   06 septembre 2012
- Au Vanuatu, il y a de la nourriture partout. Nous n’avons jamais dû la produire. On tend les deux mains, il tombe dans l’une une noix de coco, dans l’autre un régime de bananes. On entre dans la mer pour se rafraîchir, et on ne peut éviter de ramasser d’excellents coquillages, des oursins, des crabes et des poissons à la chair raffinée. On se promène un peu dans la forêt, où il y a trop d’oiseaux : on est forcé de leur rendre service en enlevant de leurs nids les œufs excédentaires, et parfois de tordre le cou à l’un de ces volatiles qui ne s’enfuient même pas. Les femelles phacochères ont trop de lait, car elles sont suralimentées, elles aussi, et elles nous supplient de les traire pour les en débarrasser : elles poussent des cris stridents qui ne cessent que si l’on accède à leur demande.
Il se tut. Au terme d’un silence, il ajouta :
- C’est terrible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Lorraine47Lorraine47   05 novembre 2012
Sa première réaction fut la fureur: Elle vole! Et des sucreries en plus! Et du premier choix, notre unique paquet de spéculos, un vrai trésor, on ne risque pas d'en trouver d'autres à Pékin!
S'ensuivit la perplexité: Pourquoi ne me voit-elle pas? Pourquoi se regarde-t-elle manger?
Enfin elle comprit et sourit: Elle a du plaisir et elle veut voir ça!
Elle prouva alors qu'elle était une excellente mère: elle sortit sur la pointe des pieds et elle referma la porte. Elle me laissa seule avec ma jouissance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
leluezleluez   15 janvier 2014
J’avais lu pour qu’on m’admire. Je lisais et je découvrais que j’admirais. Admirer était une activité exquise, cela donnait des picotements dans les mains et facilitait la respiration. La lecture était le lieu privilégié de l’admiration. Je me mis à lire beaucoup pour admirer souvent.
Commenter  J’apprécie          260
Videos de Amélie Nothomb (103) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amélie Nothomb
Romancière incontournable de la rentrée littéraire, Amélie Nothomb signe « Les prénoms épicènes » son 27e roman. Sur fond de vengeance amoureuse, l?histoire d?une relation père-fille dans laquelle la frontière entre l?amour et la haine se montre particulièrement ténue.
autres livres classés : anorexieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Biographie de la faim

Vanuatu est un

lieu inventé
archipel océanien
volcan

10 questions
3 lecteurs ont répondu
Thème : Biographie de la faim de Amélie NothombCréer un quiz sur ce livre
. .