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EAN : 9782253117179
188 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 1346 notes)
Résumé :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'his... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  14 décembre 2017
Amélie Nothomb retrace une partie de sa jeunesse avec ce roman. de la boulimie à l'anorexie il n'y a qu'un pas. Un pas que l'auteur franchi.
Les romans d'Amélie Nothomb ont une caractéristique. C'est qu'ils se lisent vite.
J'avoue ne pas avoir tellement accroché avec celui-ci. J'avoue ne pas avoir été en phase avec l'auteure. Et pourtant la notion de faim qu'elle dévoile dans son livre ne m'est pas étrangère aussi bien avec la nourriture (je suis gourmande) qu'avec les livres ( je suis extrêmement gourmande).
Je n'ai pas compris plus que cela l'enfant non plus, ni parfois les actes des parents. J'ai franchement du mal a accepter et comprendre un père servant un whisky a sa fille d'une dizaine d'année. J'ai aussi d'une certaine façon envié la chance qu'elle a eu d'avoir un père qui voyageait autant. Quelle richesse !
Il faut avouer que j'ai toujours trouvé cette auteure très étrange, mais avec le peu qu'elle raconte dans cette biographie on peut le comprendre aisément....
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Jmlyr
  02 septembre 2017
J'avais lu ce livre il y a bien longtemps, à l'époque où je dévorais tout Amélie Nothomb, et où elle ne me laissait pas encore sur ma faim.
Je n'avais pas spécialement apprécié ce livre-là, comparé à Hygiène de l'assassin, ou encore Stupeur et tremblements, ou bien d'autres titres haletants. Mais un passage avait résonné avec violence, celui de son viol. J'avais perçu au plus profond de mes entrailles que la prêtresse de l'écriture frappait vrai. Aïe, à l'époque déjà ça m'avait fait mal.
Amélie, une vraie résiliente. On n'oublie jamais, on vit avec.
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seshat123
  11 juillet 2017
Dans « Biographie de la faim », Amélie Nothomb décortique sous le prisme de la faim son univers, et l'univers tout court. Un parti pris loufoque pour raconter son enfance de fille de diplomate aux 4 coins du monde. Dis-moi quelle est ta faim, je te dirai qui tu es. Dis-moi de quoi ton peuple a faim, je te dirai quel pays tu es. Un pitch un peu dingue ? En fait, il est surtout très digne d'Amélie Nothomb.
Elle me plaît bien cette idée de dérouler ainsi le fil d'une vie, en contant son alimentation, ses besoins et désirs au sein de la cellule familiale ou son appétence pour la connaissance. L'auteure est une créature qui cultive une farfelue vision des choses et son grain de folie vous attend en embuscade à chaque ponctuation. Soyez donc prévenus.
Moi qui m'étais un peu ennuyée avec les derniers opus, j'ai démarré ce roman en me demandant : suis-je lassée de son excentrique plume ? Je me disais que sa folie ne savait plus me surprendre, qu'avec l'âge, l'araignée que j'élève (précieusement) au plafond de mon crâne avait appris à narguer la sienne…
Mais avec « Biographie de la faim » je retrouve l'excitation des premiers romans. le plaisir revenu, j'avale goulûment les mots, je dévore les pages, Amélie me donne envie de chocolat, d'ivresse, d'ailleurs, de frasques, elle réveille mon esprit fantasque. Elle conte une enfance à part, à son image. Impossible de se projeter. Au fond, qu'importe, elle m'emmène sur des terres inconnues, fantaisistes, improbables. du Japon qu'elle chérit tant, à Pékin, au Bangladesh, à New-York… Avec son verbe flamboyant, son surprenant talent, l'auteure épluche sa faim de sucre, de chocolat, de spéculoos, d'eau ou d'alcool. de l'excès à la privation, ses « troubles » alimentaires ont la saveur d'une géopolitique réinventée par une enfant terrible. Pile c'est tragique, face diablement joyeux. Et enfin l'adolescente découvre la gourmandise suprême : le roman à lire ou à écrire…
Un seul petit bémol, il m'est arrivée de ressentir une certaine gêne devant sa provocante excentricité, cette posture est littéraire avant tout mais surtout si adulte ! Donc pas toujours identifiable à l'enfant qu'elle raconte.
Ne cherchez pas trop de sens à mes lignes. Telle sa biographie, ma chronique n'a de sens que si vous décidez de parler à mon araignée. Un humble hommage Dame Amélie…
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Lorraine47
  05 novembre 2012
C'est avec avidité que j'ai lu cet ouvrage d'Amélie Nothomb.
Je ne suis pas déçue de cette première lecture découverte d'une auteure que j'avais jusque là snobée pour de multiples et fallacieuses raisons: son hypermédiatisation sans doute et son côté déjanté: "je me la joue un tantinet sorcière". Bon passons au roman, belle autobiographie de son enfance jusqu'au moment où elle se lance dans l'écriture, quand elle retrouve son Japon bien aimé.
Enfant surdouée, le passage à l'adolescence est une bien dure épreuve, Amélie parle sans fausse pudeur de son alcoolisme infantile, de son anorexie entre treize et quinze ans, et même si les mots sont crus ils ne sont jamais vulgaires!
J'ai trouvé l'écriture de cet ouvrage très fine et fluide, elle a à la fois la douceur des perles de rivière et le vrombissement d'une cascade de montagne.
Un excellent moment de lecture et une bien belle rencontre, il me tarde de découvrir d'autres ouvrages d'Amélie Nothomb!
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Momiji
  16 octobre 2015
La faim est la constante de l'enfance et de l'adolescence d'Amélie Nothomb : faim de découvertes, de vie, de connaissances, d'ivresse, de nourriture divine et spirituelle, refus de la faim, douleur de la faim, souvenirs de l'appétit parfois salvateur, parfois destructeur…La faim, c'est ce sentiment universel qui nous relie tous.
Biographie de la faim est probablement un de mes livres préférés d'Amélie Nothomb. Un régal à lire, une écriture délicate, vive et posée en même temps, qui dégage une grande puissance poétique. Comme toujours, Amélie Nothomb me surprend. On commence ses ouvrages comme on engage spontanément une conversation chaleureuse à un moment inattendu avec un inconnu : une digression, ici sur le Vanuatu, pays qui n'a jamais connu la faim. On ne sait pas vers quoi ça va nous mener, mais on sait dès les premiers mots qu'on va savourer l'instant. Souvent évoquée dans ses livres, la nourriture est un sujet fort de l'auteur, qui entretient une relation sensuelle et parfois ambiguë avec elle. Dans cette oeuvre, l'auteur relate son appétit gargantuesque pour toutes les choses de la vie, une faim féroce et inextinguible pour le monde et la volonté de le comprendre. La faim, qui alimente nos rêves et nos existences, qui est pour l'auteur un moteur de l'être et des sociétés : «toute nation est une équation qui s'articule autour de la faim».
Cet ouvrage est un voyage : au sens propre, bien sûr, car Amélie, nous conduit dans ses souvenirs qui se sont construits beaucoup en Asie (Japon, Chine, Bangladesh), mais aussi aux États-Unis, notamment dans la grande pomme. Mais c'est davantage encore un voyage intérieur où l'auteur ravive la flamme de ses émotions passées, de son vécu, de ses questionnements, mariant le recul des années et le prisme du regard de l'adulte à une innocence toute enfantine par moments. Avec authenticité, parfois légèreté elle se livre et évoque cette partie de sa vie. Enfant surdouée, sa vie prend un tournant au moment de l'adolescence et elle évoque les passages douloureux de cette époque : un viol non prononcé directement mais décrit par métaphore (un des passages qui m'a serré la gorge), l'anorexie, le combat contre ce corps qu'elle n'aime pas voir grandir.
Mais beaucoup de joie aussi : celle de ses années à New York (« la liesse ! » en dit-elle, je comprends son exaltation !), des moments passés avec sa soeur adorée et leurs festins de lectures partagés ensemble, sa gourmandise, surtout de sucre (source il est vrai parfois aussi de frustration face aux interdits), une pulsion de vie qui se transmet dans son récit d'un bout à l'autre.
Et en fil conducteur, des réflexions sur la nostalgie du Japon, sur la Chine maoïste et les horreurs qui s'y perpétraient, qu'elle ne comprenait pas toujours au vu de son jeune âge mais un climat pesant qu'elle pouvait ressentir, tout comme l'horreur de la misère au Bangladesh soulevait son coeur. Car le père d'Amélie était diplomate et son métier a beaucoup fait voyager l'auteur qui a conscience qu'au milieu de tant de misère, c'était une personne privilégié, qui a notamment de par sa curiosité, son entourage et son contexte de vie, pu développer des connaissances et un regard aiguisé sur le monde. Autobiographie donc, mais aussi ouvrage de réflexion sur notre rapport à la faim, question de survie, d'existence, de désir.
Amélie Nothomb signe ici un roman captivant, où on ne sait pas toujours où l'on va atterrir au fil des pages mais qui se révèle être une promenade fort agréable, où elle dévoile de nombreux aspects de sa personnalité dans une prose tour à tour passionnée,caustique, légère, grave et douce. On croit s'entretenir avec elle tout au long de cette lecture et on se peut s'empêcher de se sentir nous aussi envahi par cette faim qui la talonne et la rend si vivante.

Lien : http://wp.me/p12Kl4-CJ
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Citations et extraits (159) Voir plus Ajouter une citation
Marylou26Marylou26   31 mai 2020
Mais dès qu’un objet respirait l’ennui, j’avais à peine besoin de regarder la légende : c’était un peigne (ou un masque, ou une effigie) originaire du Vanuatu, qui ressemblait singulièrement aux peignes (ou masques, ou effigies) que l’on voit dans quatre-vingt-dix-neuf pour cent des musées de vieilleries municipales du monde entier, où l’on soupire d’avoir à contempler les éternels bouts de silex ou colliers de dents dont nos lointains ancêtres ont cru nécessaire de remplir leurs grottes. Exposer de telles choses m’a toujours semblé aussi absurde que si les archéologues du futur se mettaient en tête d’exposer nos fourchettes en plastique et assiettes en carton (p. 10).
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Marylou26Marylou26   31 mai 2020
À vingt ans, lire sous la plume de Catulle le vers par lequel il s’exhorte en vain, « Cesse de vouloir », me laissa entrevoir que si un tel poète n’y avait pas réussi, je n’y parviendrais pas davantage. La faim, c’est vouloir. C’est un désir plus large que le désir. Ce n’est pas la volonté, qui est force. Ce n’est pas non plus une faiblesse, car la faim ne connaît pas la passivité. L’affamé est quelqu’un qui cherche. Si Catulle s’enjoint à la résignation, c’est précisément parce qu’il n’est pas résigné. Il y a dans la faim une dynamique qui interdit d’accepter son état. C’est un vouloir qui est intolérable (p. 20).
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Marylou26Marylou26   31 mai 2020
Plus tard, j’appris l’étymologie du mot « maladie ». C’était « mal à dire ». Le malade était celui qui avait du mal à dire quelque chose. Son corps le disait à sa place sous la forme d’une maladie. Idée fascinante qui supposait que si l’on réussissait à dire, on ne souffrirait plus (p. 25-26).
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Marylou26Marylou26   31 mai 2020
Ma mère décida très vite que j’étais mon père. Là où il y avait une ressemblance, elle vit une identité (p. 29).
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Marylou26Marylou26   31 mai 2020
Honte typique de la petite enfance : au lieu de tirer orgueil de sa plus grande exigence, la vivre comme une coupable singularité, puisque l’idéal consiste à se montrer semblable aux individus de son âge (p. 23).
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