AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2234063922
Éditeur : Stock (12/05/2010)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 191 notes)
Résumé :
« Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s'en vont poussés par un rêve. Bien des historiens ont déjà commenté et commenteront la Découverte de Christophe et disputeront de ses conséquences.
Étant son frère, celui qui, seul, le connaît depuis le début de ses jours, j'ai vu naître son idée et grandir sa fièvre.
C'est cette naissance, c'est sa folie que je vais raconter. »
Le 13 août 1476, au large du Portugal, Christophe Colomb fait naufr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  21 janvier 2013
Mieux qu'un récit de plus traitant de la découverte des « Indes de l'ouest » par Christophe Colomb, ce roman d'Erik Orsenna nous décrit une ambiance : celle de Lisbonne au XVème siècle, le siècle des « découvertes ».
Le narrateur, Bartoloméo, est le propre frère de Christophe Colomb ; géographe et cartographe : il aime la mer et écrit petit…
Et Christophe, me direz-vous ? Il entre en scène au tiers du récit… avant cela, Erik Orsenna nous narre par le menu les préparatifs de l'entreprise…dans le monde des cartographes. On découvre que les cartes réelles sont dissimulées et que seules sont visibles les fausses destinées à tromper la concurrence.
On découvre également toute une « industrie » autour des voyages maritimes de l'époque comme celle mise en place par Ze Miguel - un notaire de la ville - qui consiste à fabriquer des veuves avec les épouses sans nouvelles de leurs marins de maris à fin de remariage… et mille autres anecdotes.
Le jour où Christophe Colomb appareillera, la chasse aux juifs se déclenchera dans Lisbonne la catholique… mais il s'agit là d'une autre histoire. Une histoire complémentaire à cette « Entreprise des Indes » admirablement détaillée (entre autres histoires) dans l'excellent ouvrage de Jacques Attali « 1492 », publié chez Fayard en 1991 et qui décrit l'année 1492 comme une année charnière ; une de celles après lesquelles rien n'est plus comme avant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Magenta
  22 mars 2013
Il y a de nombreux livres qui parlent de Christophe Colomb et de sa découverte des Indes, celui-ci n'est pas pareil.
C'est l'histoire de celui qui est resté dans l'ombre de son frère aîné, Bartolomé.
Il va nous parler de Christophe, un peu, mais surtout de lui, de sa vision des choses, de sa participation à l'établissement du rêve de son frère. On découvre aussi Lisbonne, la vie des cartographes associée à celle des marins.
Et aussi les horreurs faites à ces peuples, au nom de la découverte, au nom du roi, au nom de l'avidité des hommes et du désir de puissance et de renommée...
Comme toujours, la plume d'Eric Orsenna m'a enchantée, j'aime sa façon de nous narrer l'envers d'un décor, les chemins détournés et toutes ces choses qui font malgré tout partie de l'histoire.
Commenter  J’apprécie          251
Davalian
  19 mars 2015
Erik Orsenna se place sous les auspices de la controverse de Valladolid, de cette époque très particulière qui nous est aujourd'hui transmise par les écrits en faveur de la tolérance, notamment ceux de Montaigne (comprendre un certain programme de littérature en lycée) pour rendre hommage à la cartographie et aux livres.
L'Entreprise des Indes en elle-même n'est évoquée que dans son devenir. Il est ici question du devenir de Christophe Colomb vu au travers de son frère Bartolomé sur la fin de sa vie que l'on sait difficile. Il n'est donc pas question (ou très peu) de la traversée, des découvertes en elles-mêmes. le récit s'intéresse d'ailleurs plutôt à la ville de Lisbonne et son ambiance bien particulière malgré quelques intermèdes (dont celui de Louvain qui n'est pas sans rappeler le périple d'une certaine Ouvre au noir).
Le sujet n'est pas de faire ici un récit historique mais de rendre hommage à la condition humaine, aux livres (notamment l'Imago Mundi, les écrits de Colomb, de Marco Polo). le texte n'est jamais ennuyeux car composé d'une main de maître. le style est d'une pureté... c'est incroyable ! Tout est clair, précis, limpide, agréable à lire, sans complication inutile.
La passion de l'auteur se vérifie à chaque page, à chaque chapitre. le lecteur se trouve embarqué et y prendra plaisir. Promis, celui qui entre ici ne verra plus jamais une carte ou un livre de la même manière.
Il est toutefois dommage que le propos ne soit pas plus long, qu'il insiste peu sur certains épisodes (outre ceux qui sont déjà évoqués, pourquoi parler si peu de l'expérience gouvernante du protagoniste ?).
Tout cela ne fait toutefois pas obstacle à la lecture d'un texte de grande qualité. Un livre à mettre entre tous les mains : les lycéens(ne)s, les apprentis historiens et géographes, les curieux et tous les autres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
traversay
  31 août 2012
L'Entreprise des Indes s'ouvre sur le prêche du dominicain Montesinos, qui dénonce le génocide des indiens par les conquérants espagnols. Nous sommes en l'an 1511 dans la ville de Saint-Domingue. le livre se ferme par les pogroms contre les juifs, à Lisbonne, quelques années plus tôt. Pourquoi la découverte d'un nouveau monde, aventure humaine incomparable, s'accompagne t-elle d'atrocités innommables ? L'homme qui s'interroge ainsi, dans le roman d'Erik Orsenna, n'est autre que Bartolomé Colomb, frère de Christophe, qui à la fin de son existence se souvient et se lamente. L'Entreprise des Indes n'est pas le énième récit glorieux du voyage de Christophe Colomb, qui n'apparait d'ailleurs qu'au milieu du livre, mais l'histoire de son ombre, ce frère qui avant de l'épauler dans ses projets, et avec quel dévouement, travailla comme cartographe plusieurs années dans la bonne ville de Lisbonne. On sait le talent de conteur d'Orsenna, il ne déçoit pas ici dans un style chamarré et imagé, d'où l'ironie impertinente n'est jamais absente. L'auto-portrait qu'il brosse de Bartolomé, le Colomb obscur et oublié de l'Histoire, est bienveillant et impitoyable à la fois. Il est surtout prétexte à saisir l'atmosphère enivrante d'une époque où l'univers s'agrandit chaque jour. Avant que cette fièvre ne débouche sur l'intolérance et le folie criminelle. "Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s'en vont poussés par un rêve", écrit Orsenna. Avant de se transformer en cauchemar, ajoute t-il entre les lignes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
VanilleBL
  18 septembre 2013
Après nous avoir fait voyager sur les routes escarpées et surprenantes de la langue française, contempler les façades maritimes et emmenés au pays du coton, Erik Orsenna nous emporte dans ce roman sur les chemins de l'Histoire, celle de la découverte de l'Amérique, mêlant amour de la langue, de la mer et de l'aventure. Mais avant la Grande Histoire des Grandes Découvertes, il y a les petites histoires qui précédent et sans lesquelles l'explorateur ne serait pas devenu ce qu'il a été et n'aurait pas réussi sa folle Entreprise. Sans curiosité naturelle, sans fièvre, sans aplomb, sans amour de l'inconnu et sans capacité à faire entrer ses proches dans son univers et dans ses rêves, Christophe Colomb n'aurait pas été celui qui a découvert l'Amérique... Mais pour raconter la genèse de cette formidable épopée, Erik Orsenna prend le parti audacieux, subtil et pertinent de faire parler le frère cadet de Christophe, Bartolomé Colomb. Celui qui adore son frère solaire et si envahissant ; celui qui va prendre un peu de distance avec le "héros" de la Découverte et révéler l'envers du décor, tout en conservant un immense respect et un amour infini pour ce frère envers lequel il fait preuve d'un dévouement extrême. Cartographe, amoureux des traits de côte plus que des mers, Bartolomé est aussi le complémentaire idéal du navigateur. Avec lui, Erik Orsenna n'aborde pas Christophe Colomb de face mais par le biais d'un personnage à la fois historique et romancé ; tout comme, avec ce roman, il n'aborde pas la découverte de l'Amérique de face mais en revenant à la genèse de l'expédition. Il évite ainsi habilement et fort agréablement le piège du didactisme au profit d'un récit sensible, peuplé de personnages dignes de la littérature picaresque, où l'aventure côtoie la métaphysique, où la mesquinerie se mêle à la noblesse, où la scène de rue succède à la disputatio. Tout le livre est écrit avec le soin calligraphique d'un manuscrit ancien, enluminures, finesse, détails, sans oublier les cartes qui nous font pénétrer dans l'atelier d'Andrea et Bartolomé. Cette construction en cercles concentriques, cette évocation patiente et méthodique, l'écriture ciselée vont peu à peu lever le voile sur les aspects secrets et cachés de la Découverte de l'Amérique. Et alors éclate avec encore plus de force et de violente horreur le fanatisme, l'inhumanité, la cruauté des conquistadors dénoncés par le sermon de Montesinos et les écrits de las Casas. Plutôt que de nous embarquer dans une épopée maritime, dans le sillage du grand Christophe Colomb, lancé dans une quête insatiable d'inconnu à la poursuite de son rêve insensé, Erik Orsenna nous invite à plonger au plus profond de l'âme humaine pour découvrir la face cachée du fabuleux voyage et de la Grande Découverte... Empreint de beauté et de rêves d'ailleurs, le livre ne néglige pas pour autant de rendre compte, comme l'annonçait au début l'accusateur "pourquoi ?" de Montesinos, des horreurs commises, laissant en suspens la question essentielle posée par l'impitoyable réquisitoire De Las Casas en 1542 : le massacre des Indiens n'a-t-il pas souillé à jamais l'exploit maritime ? Parvenu au crépuscule de sa vie, poussé à la narration par le dominicain, Bartolomé est amené à repenser aux heures les plus sombres et les plus inhumaines de cette conquête de territoires et de peuples. Ce récit à la fois biographique est romancé est fascinant tant pour son intérêt historique que pour ses qualités littéraires admirables. La plume est vraiment belle, elle parsème le récit de jolies surprises, de digressions passionnantes, elle désoriente le lecteur : détours poétiques, contes enchanteurs, promenades délicieuses... Décidément un très beau livre, un livre qui de plus, développe des images qui résonne à nos coeurs de lecteurs, comme cette métaphore magnifique entre l'île et la vieillesse ou celle qui unit l'écriture et la navigation, "la page blanche de[venant] une voile que l'on hisse"... Avec Erik Orsenna, "lire ressemble à regarder l'horizon. D'abord on ne voit qu'une ligne noire. Puis on imagine des mondes."
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

critiques presse (1)
LeFigaro   13 septembre 2011
C'est un livre que je conseille vivement. Erik Orsenna est au meilleur de sa forme. Tel un artiste conteur, il séduit autant par le contenu de son récit que par la verve de sa langue.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
MagentaMagenta   22 mars 2013
Dieu seul sait comme j'ai aimé mon travail de cartographe, tout de précision et de rêverie mêlées. Mais, dans une autre vie, je sais que je m'adonnerais à la dissection ; avec une préférence pour les cadavres de dominicains. Quelle tâche plus exaltante que de chercher dans le corps d'un de ces saints hommes l'origine de la violence? Il doit s'agir d'un organe minuscule en forme de trébuchet, une balance interne qui le fait passer sans prévenir de l'extrême bonté à la pire sauvagerie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
PLUMAGILEPLUMAGILE   17 juillet 2010
*Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes.
Commenter  J’apprécie          510
PersepolisPersepolis   29 octobre 2010
Un jour, comme il annonçait une neuvième ou peut-être dixième naissance, je lui demandai pourquoi il avait à coeur de tant engendrer. Il me répondit que sa raison n'était pas différente de celle qui me faisait aimer les îles. Je le regardai avec des yeux ronds.
- Les îles forment un gué dans l'espace. Les enfants, un gué dans le temps.
Et comme je ne devais pas avoir l'air de bien comprendre, il ajouta:
- En naviguant d'île en île, on traverse la mer et passe d'un continent à l'autre. En égrénant des enfants, on traverse les jours et relie le passé au futur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
joedijoedi   31 décembre 2010
Pourquoi, demanda l'un de nous, l'Asie est-elle placée au-dessus des autres continents ?
C'est un choix, mes enfants, le choix qu'impose la logique. Tous les géographes de bon sens "orientent" les cartes. L'Asie se trouve à l'Orient, non ? Et Jérusalem ? Qui peut me dire où Dieu a placé Jérusalem ? Au commencement de l'Orient ? Parfait. Vous ne voudriez quand même pas que la Ville sainte soit dominée par une autre partie du monde ?
Nos applaudissements saluèrent la démonstration. Comment étions-nous restés si longtemps sans deviner qu' "orienter" signifiait placer l'Orient au-dessus de tout?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
PersepolisPersepolis   29 octobre 2010
J'ai une question à poser au dominicain que vous êtes. Les dominicains ne se prétendent-ils pas l'ordre de la Chrétienté le plus préoccupé de logique et de connaissance? Depuis deux millénaires, les Grecs ont deviné, puis démontré que la Terre était ronde. Pourquoi le christianisme a-t-il voulu croire, pourquoi nous a-t-il tous contraints de croire qu'elle était plate? Pourquoi cette haine du savoir chez les prêtres?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Erik Orsenna (116) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erik Orsenna
Moby Dick et Sacha Guitry : le questionnaire culturel d'Erik Orsenna : .Découvrez le questionnaire culturel d'Erik Orsenna : Économiste, conseiller d'Etat, romancier et académicien français.
autres livres classés : christophe colombVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Erik Orsenna, presque...

Erik Orsenna est un pseudonyme ?

vrai
faux

5 questions
77 lecteurs ont répondu
Thème : Erik OrsennaCréer un quiz sur ce livre
. .