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EAN : 9782743606374
428 pages
Éditeur : Payot et Rivages (02/04/2000)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 50 notes)
Résumé :

Un sénateur s'est suicidé dans un hôtel quatre étoiles. Ses responsabilités au sein de plusieurs enquêtes parlementaires lui avaient permis de réunir des informations sensibles.

Juste avant sa mort, il a vidé la mémoire de son ordinateur. Juste après, tout le monde est a la recherche d'une disquette.

L'officier de police judiciaire, chef du groupe nuit, est le premier soupçonné d'avoir fait les poches du mort. Mais l'offic... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  09 mars 2017
« Un homme en train de s'enfoncer dans le sable. » Cette phrase résume parfaitement le roman. Nous assistons à une longue descente aux enfers du héros dont nous savons peu de choses. Profession : inspecteur divisionnaire en charge de la nuit à la « Douze », une division de police judiciaire de Paris. Un goût prononcé pour la musique (classique, jazz, blues), les livres (sa bibliothèque en contient plus de trois mille), l'alcool et les cigarettes. Des douleurs articulaires, un mal de dos et des fantômes plein la tête. Les traumatismes sont nombreux : son expérience de sous-officier pendant la guerre d'Algérie et sa fonction d'officier de Police Judiciaire qui le conduit à côtoyer les morts chaque jour. le héros évoque notamment un accident ferroviaire qui s'apparente à celui de la gare de Lyon du 27 juin 1988 où il a eu pour mission d'identifier des dizaines de victimes.
L'histoire est secondaire. Un sénateur se suicide dans une chambre d'hôtel. Notre policier arrivé le premier sur les lieux du drame est soupçonné d'avoir mis la main sur une disquette contenant des informations compromettantes. Il sera soumis aux pressions de sa hiérarchie et d'officines secrètes. Mais ce qui prévaut, c'est le voyage personnel du narrateur au bout de sa propre nuit.
L'ambiance est sombre, étouffante. Un récit aux tons gris. Une météo pas très engageante :« C'était un jour gris et peu contrasté », « il faisait un froid extrême », « c'était mortellement triste sous la pluie ». Une citation de Cioran en épigraphe annonce la couleur : « Toute existence est, nécessairement, un processus de décomposition. » J'ai été gêné au départ par cette atmosphère étouffante et la succession de sentences, comme par exemple : « Je ne pressentais rien de bien folichon. Nos attachements, pour brefs et limités qu'ils soient, portent à chaque fois la marque d'une lâcheté infinie. ». C'est beau, oui, mais en trop grand nombre, ça devient indigeste. J'ai parfois eu du mal à m'y retrouver avec l'argot policier. Si certains termes sont évidents, d'autres se réfèrent à l'organisation du Quai des Orfèvres ou à celle de la hiérarchie policière et paraîtront obscurs au béotien.
Et puis, j'ai été saisi par les scènes d'une très grande force : l'assassinat d'une prostituée, l'incendie d'un squat, une expédition punitive organisée par un commissaire ripoux, une arrestation musclée dans une cité du nord de Paris, etc. C'est puissant et servi par un style impeccable. Je dirais avec emphase que certains passages sont "céliniens". Les plus réussis sont ceux qui livrent des anecdotes sur des personnages de la rue : une trapéziste de cirque devenue putain, un ancien combattant au visage dévasté par une mine antipersonnel reconverti en pilier de bar, un ancien informaticien chez Gaz de France qui dort dans la rue. Le récit de ces destinées brisées est gorgé d'humanité.
Un roman que j'ai hésité à abandonner et qui finalement m'a comblé par sa puissance sombre et poétique.
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monromannoir
  23 mai 2016
Michel Neyret, grand ponte de la PJ lyonnaise est tombé en entrainant dans sa chute une cohorte de supers flics. Et c'est la stupeur au sein des services de police où l'on peine à comprendre ce qu'il s'est passé. Pourtant ces mêmes flics ne cessent de dénoncer le manque de moyen, contrebalancé par cette culture du résultat qui perdure depuis bien des années. Cette ambivalance ne saurait excuser ces flics qui franchissent la ligne, mais permettrait tout au moins, si l'on s'en préoccupait, de prévenir les risques. Mais voilà, avec une hiérarchie qui, pareille à Ponce Pilate, préfère se laver les mains et fermer les yeux sur les moyens pour mettre en lumière les résultats, il n'est pas certain que cette hypocrisie ne cesse du jour au lendemain.
De l'étonnement ? Pourtant d'anciens flics comme Olivier Marchal n'ont pas cessé de parler de ces flics qui passent les bornes pour plonger dans la boue et franchir définitivement la frontière sans espoir de retour. Il n'y a qu'à revoir l'excellent 36 quai des Orfèvres ou la saison 1 de Braquo (la saison 2 sera diffusée sur Canal + dès le mois de novembre). Quand la fiction rejoint la réalité. Ou inversément...
Le pendant littéraire d'Olivier Marchal, n'est autre que Hugues Pagan, également ancien fonctionnaire de police, devenu écrivain et scénariste. Au fil de ces écrits, cet auteur talentueux n'a eu de cesse de dénoncer et décrire le mal-être qui règne depuis des années au sein de la Grande Maison. Vous trouverez le même langage de flic que dans les films de Marchal et une certaine exactitude des procédures judiciaires. Et puis il y a cette ambiance poisseuse qui émane de chaque page pour décrire le quotidien de ces flics torturés qui bien souvent flirtent avec la bouteille pour noyer leurs maux.
Cet auteur se fait bien trop rare et son dernier roman date de 1997. Dernière Station avant l'Autoroute relate la vie d'un OPJ de nuit qui se rend sur les lieux d'un suicide. Une mission bien ordinaire si ce n'est que le suicidé est un membre influent du gouvernement qui semblait compromis dans de sombres histoires de corruption. Une disquette disparue et c'est l'OPJ qui est soupçonné. L'intrigue devient un prétexte pour assister à la longue descente aux enfers de ce flic torturé et désabusé qui sombre, au grand dam de ses collégues, dans une espèce de folie intérieure qui fera remonter en lui des souvenirs qu'il aurait préféré rester enfoui au plus profond de son âme. Un homme dangereux pour ses supérieurs et les officines politiques car n'ayant plus rien à perdre, il refusera toute compromission. Des dialogues teintés d'humour au vitriole, une petite musique jazzy et une belle description d'un Paris très sombre, le tout parsemé d'anecdotes que l'auteur ou ses anciens collègues doivent probablement avoir vécus, font la force de ce roman qui, du polar vire au roman noir. Beaucoup de flics retrouveront dans ces pages l'univers qui est le leur et apprécieront la verve du personnage principal et ses confrontations avec une hiérarchie étouffante.
Pour ceux qui auraient vu Diamant 13 (encore une histoire de flics corrompus) avec Gérard Depardieu et Olivier Marchal, je ne peux que recommander d'oublier ce film médiocre pour se concentrer sur le livre dont il a été adapté : L'Etage des Morts (jeu de mot pour Etat-Major) du même Hugues Pagan.
Tout le monde s'étonne donc de la chute de Michel Neyret ?! Hugues Pagan, Olivier Marchal et bien d'autres vous racontent, chacun à leur manière et ceci depuis bien des années, l'histoire de ces flics qui franchissent la ligne. Mais bien sûr tout cela n'est que de la pure fiction.
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filippo
  28 mai 2017
Ce roman raconte le quotidien d'un officier de police judiciaire qui sombre dans une descente aux enfers. On assiste à sa dérive dans les plus durs moments de sa carrière. L'alcool, la violence, la vulgarité sont toujours présents dans son univers, et on comprend son besoin de se laisser aller.
L'auteur sait captiver le lecteur, à travers une écriture forte, des personnages attachants, un rythme soutenu. Il arrive à nous entraîner dans la spirale dépressive de son personnage principal et à nous donner envie d'en savoir plus, d'en lire plus.
Une oeuvre dans son ensemble dédiée au côté obscur de la profession de flic, d'une partie défavorisée de la population et surtout d'une société dont l'avenir aux yeux de l'auteur n'est guère reluisant.
C'est du bon polar, sombre, noir, amer et efficace, avec un réalisme extraordinaire. Très bon pour les amateurs du genre, à lire sans modération...
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oran
  13 octobre 2017
Rencontre avec Hugues PAGAN au Festival du Polar de Villeneuve-lès-Avignon, fin septembre 2017, organisé à la Chartreuse pontificale du Val-de-Bénédiction, fondée au XIVème siècle par Innocent VI, 5e pape avignonnais, et aujourd'hui résidence culturelle.
J'avais choisi un de ses livres mis en avant sur son comptoir, mais prestement, il me l'a retiré des mains. Effarée, j'ai cru qu'il s'opposait à la lecture de la 4e de couverture ! Non, c'était pour me proposer, de façon singulière et plutôt directive, un autre polar , celui-ci précisément, plus intéressant me dit-il .
Nous avons discuté quelques instants en multipliant les quiproquos cocasses, rencontre plutôt drôle au final .
Lecture quelque peu éprouvante parce que très réaliste - je m'y suis accrochée avec difficulté – mais j'ai compris ce choix imposé, mieux qu'une discussion, il offrait une lecture -décodage permettant de mieux percer cet auteur car c'est un peu, beaucoup d'éléments personnels que Pagan y dévoile, Pagan, l'ex-prof de philo, (pas vraiment camusien !) l'ex flic, qui joue, surjoue ce personnage de comédie noire, ce bouffon tragique, fumeur invétéré, ce baltringue « baltringue on naît, baltringue on meurt » comme il le répète sans cesse dans le roman .
Ce qu'il raconte, dans un décor où suinte le noir, sent à plein nez son vécu, remugles de ses propres souffrances, de sa désespérance, mais aussi, oui, de la nostalgie du pays natal avec sa cohorte de drames, qui reste collée à ses semelles . Un livre qui dévoile son auteur. C'est ce que je crois avoir compris après cette lecture et qui se cache vraiment derrière l'ironie et le sarcasme qu'il affiche …
Des passages poétiques, - lyrisme subtil- , qui permettent de reprendre respiration avant de poursuivre la lecture et, entre les lignes, des valeurs humaines qui réchauffent… On peut aussi entendre le staccato du zippo de l'OPJ , l'écho sans cesse renouvelé de quelques accords de blues, et le vibrato de Billie Holiday -Lady Day - qui s'échappent des pages enfumées par le tabac blond de Virginie celui des Navy Cut et des Dunhill …
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milado
  09 novembre 2012
Un roman graphique noir...très noir. le "héros", officier de police judiciaire, chef du groupe nuit est un homme blasé, asocial, déshumanisé (on ne saura même jamais son nom), trop de fantômes le hantent, son milieu l'écoeure. Ce récit ne relate pas vraiment une enquête mais bien une descente aux enfers ou ...
Un dessin très soigné dans cet univers nocturne.
L'ambiance est pesante, peu de dialogues mais une "voix" off omniprésente nous expose les états d'âme du héros, son histoire. On s'imagine beaucoup plus dans un film noir américain en compagnie d'un détective privé que dans les locaux de la P.J. française. J'ai pas mal pensé à Dashiell Hammett en suivant cette aventure
Dernière station... ? Je fais le plein et je continue !
pour le titre :
http://www.youtube.com/watch?v=r4fqrlNC9rw
pour l'ambiance :
http://www.youtube.com/watch?v=cXJP1xp5FH8&feature=related
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo   23 mai 2017
Rien de plus triste qu'un âme égarée.
La mienne, je l'ai paumée à force de trop de morts, de nuits blanches et de café. elle en a eu assez de ce que je lui faisais voir. elle est partie de son côté et moi du mien. Je ne peux pas lui en vouloir. C'était pas une vie pour elle, dans le fond. C'est infiniment plus vulnérable et fragile qu'on le croit une âme. ça a besoin de beaucoup de douceur et de prévenance, et c'est seulement quand on ne l'a plus qu'on se rend compte. Quand il n'y a plus rien à faire que verser dans le fossé et attendre qu'on ferme.
+ Lire la suite
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AthouniAthouni   25 mars 2014
C’est notre propre douleur, au fond, qui nous protège le mieux contre les pièges et les tentations de la vie, contre nos lâches ambitions de bonheur, nos tristes et déraisonnables envies de durer. Durer, d’ailleurs, c’est seulement la viande qui le veut, l’âme il y a bien longtemps déjà qu’elle a décroché, qu’elle a dévalé en pente douce, sur la pointe des pieds, le mince chemin de la vie, qu’elle s’est perdue de trop de souffrances et d’amertume, de trop de clairvoyance, surtout. De tristesse. Rien de plus triste qu’une âme égarée.

La mienne, je l’ai paumée à force de trop de morts, de nuits blanches et de café. Elle en a eu assez de ce que je lui faisais voir. Elle est partie de son côté et moi du mien. Je ne peux pas lui en vouloir. C’était pas une vie pour elle, dans le fond. C’est infiniment plus fragile et vulnérable qu’on le croît, une âme. Ça a besoin de beaucoup de douceur et de persévérance et de douceur, et c’est seulement quand on l’a plus qu’on se rend compte. Quand il n’y a plus rien à faire que verser dans le fossé et attendre qu’on ferme.

http://lecoutecoeur.wordpress.com/2014/03/25/ame-egaree-derniere-station-avant-lautoroute/

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RenodRenod   07 mars 2017
Quelque part dans notre cerveau se niche une fraction de mémoire bien embarrassante. Elle garde emmagasinées la plupart de nos hontes, bien des souffrances et la trace de chacune de nos lâchetés. Elle est le minutieux comptable de nos renoncements, le témoin à charge de notre déchéance.
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iris29iris29   30 janvier 2017
Son sang empesait le haut du fauteuil dans lequel elle était vautrée, et contre le mur derrière, il y avait des esquilles d'os, du sang séché et de la matière cérébrale qui faisait un mouchetis grisâtre . On payait très cher Pollock pour faire à peu près la même merde .
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carrecarre   29 novembre 2017
Un soir de dépresse, il m'avait montré une photo de la "maman". Il m'avait confié :
- Toute sa vie, ma femme, son rêve ça a été de ressembler à Brigitte Bardot. Maintenant, c'est fait.
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Videos de Hugues Pagan (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugues Pagan
- "Mauvaises nouvelles du front", Hugues Pagan, Rivages. https://www.librest.com/tous-les-livres/mauvaises-nouvelles-du-front-9782743645472.html - "Lumières sur la ville : une histoire de l'éclairage urbain", Agnès Bovet-Pavy, Éditions François Bourin/Arte. https://www.librest.com/tous-les-livres/lumieres-sur-la-ville--une-histoire-de-l-eclairage-urbain-9791025204177.html - "Les mauvaises herbes", Keum-Suk Gendry Kim, Delcourt. https://www.librest.com/tous-les-livres/les-mauvaises-herbes-9782413003786.html
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