AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Hélène Frappat (Traducteur)
EAN : 9782330144401
352 pages
Actes Sud (06/01/2021)
4.05/5   197 notes
Résumé :
Danny Conroy grandit dans une somptueuse demeure en banlieue de Philadelphie. Malgré un père distant et une mère partie sans laisser d'adresse, il peut compter sur l'affection des sa soeur adorée, Maeve, l'intelligence et la drôlerie incarnées. Unis par un amour indéfectible, ils vivent sous l'oeil attentif des "Hollandais", les premiers propriétaires de la maison, figés dans les cadres de leurs portraits à l'huile.
Jusqu'au jour où leur père leur présente An... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
4,05

sur 197 notes
5
26 avis
4
30 avis
3
4 avis
2
1 avis
1
0 avis

palamede
  28 mars 2021
Depuis le départ de leur mère personne n'était jamais invité à la Maison des Hollandais. Maeve et Danny Conroy sont donc surpris par le mariage de leur père et l'installation d'Andrea et de ses filles dans leur domaine. D'autant que cette présence au fil du temps s'avère toxique, Andrea ayant épousé leur père pour s'emparer de sa superbe demeure. Ce qu'elle parvient à faire après sa mort prématurée, en chassant Maeve et Danny, qui n'auront de cesse à l'âge adulte de revenir devant la Maison des Hollandais.
À travers deux adolescents à la complicité affectueuse capable de faire d'eux des adultes solidaires, mais pas de les guérir des traumatismes de leur enfance, en dépit de quelques longueurs (et d'une traduction faiblarde 😏), Ann Patchett évoque avec beaucoup de finesse les liens qui unissent un frère et une soeur, et une maison, et c'est là toute la force de ce roman, qui d'une certaine manière nous ramène irrésistiblement à celle de notre enfance.
Challenge MULTI-DÉFIS 2021
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          804
Cannetille
  12 juin 2021
Sans nouvelles de leur mère partie quand ils étaient très jeunes, Danny et Maeve Conroy grandissent entre un père distant, des employés de maison dévoués, et les portraits des Hollandais, les anciens propriétaires de leur somptueuse demeure de la banlieue de Philadelphie. Leur vie bascule quand y entre Andrea, bientôt leur belle-mère, en vérité bien plus intéressée par la magnificence de l'édifice que par ses habitants. Devenus adultes, le frère et la soeur reviendront régulièrement rôder autour de leur ancienne maison, théâtre de leur passé, si douloureux qu'il ne cesse de les hanter.

Imposante construction héritée des années vingt dont on imaginera le faste en pensant à Gatsby le Magnifique, la maison des Hollandais est le point focal du roman. A l'exception de la mère, tournée vers une autre quête, tous les personnages en font, jusqu'à l'obsession, le réceptacle de leurs désirs et de leurs fantasmes, au point qu'elle en finit par prendre des airs d'allégorie d'un bonheur éternellement inaccessible. Enviée par les ambitieux qui rêvent de la posséder, regrettée par les orphelins qui l'ont perdue en même temps que l'affection d'une famille, elle s'avère en tous les cas un mirage et une trompeuse coquille vide, incapable de combler les béances intérieures de ses habitants. Lorsque sera passé le temps de l'orgueil et de l'ivresse de la possession pour les uns, celui de l'éternel ressassement du manque et de la perte pour les autres, restera le tardif et cruel constat de vies enfuies, passées à courir derrière des chimères.

Placé sous les auspices de la rancune et de la frustration, ce roman désenchanté illustre l'accumulation des malentendus et des incompréhensions, venue gâcher la vie d'êtres qui auraient dû s'aimer. La narration prend le temps de camper avec soin ses personnages, suivis sur cinq décennies. Leur portrait crédible s'avère d'une remarquable acuité. Et c'est étreint d'une douce tristesse que l'on achève cette lecture si juste et si fine, portée par une plume agréable, fluide et précise.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          784
Kittiwake
  06 juillet 2021
Découverte de cette autrice américaine, reconnue et récompensée outre-atlantique.
La maison des hollandais est une demeure extravagante, cossue, déraisonnablement ornée de bois précieux et d'or, du sol au plafond. Cadeau d'un époux à la femme de vie, avec une erreur d'appréciation monumentale : Elna n'aimera jamais cette maison, au point de quitter sa famille et de laisser l'éducatiion de Maeve et de Danny, le narrateur, aux bons soins de son mari et des employées fidèles.
Il faut dire que, hormis son décor d'un autre âge, la maison semble exercer sur ses propriétaires une influence plutôt néfaste. Des hollandais qui en furent les premiers occupants, à Andrea la deuxième épouse du mari délaissé, la vie n'est pas tendre pour ses occupants.
A l'image de la mère disparue, le destin de Danny se construit sur des choix qui sont loin d'être spontanés, de l'école de médecine au mariage avec Celeste.
On assiste donc à la vie tourmentée d'une famille à la recherche d'une mer apaisée, mais qui doit pour cela affronter l'océan sur un radeau de fortune. Les personnages de Maeve et Danny sont bien entendu très attachants, mais on finit par comprendre aussi Elna et sa fuite du foyer.
Une autrice de plus à suivre …

Lien : https://kittylamouette.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          710
Bruidelo
  19 septembre 2021
J'aime bien quand les demeures ont de l'importance dans les romans, dans Gatsby, les Bellefleur de Joyce Carol Oates, les romans gothiques, comme gamine j'aimais rêver sur les châteaux des contes de fées... Est-ce parce qu'elles nous invitent à être les architectes de notre imaginaire, nous donnent l'espoir d'y bâtir des merveilles de refuges quand le réel se fait trop laid, trop inhospitalier? J'ai un peu cette impression, mais bon, en fait, ce n'est en général pas la joie, et encore moins la douceur, la sérénité, qu'elles procurent à leurs habitants.
La maison des Hollandais est impressionnante, luxueuse, extravagante, «trop grande pour qui que ce soit, un immense, un ridicule gaspillage», mais auquel on ne voudrait rien changer. Et du point de vue narratif, elle fait bien le job. Elle ne rend pas ses habitants heureux, non - les maisons heureuses n'ont peut-être pas d'histoire -, elle exerce une force d'attraction ou de répulsion qui met en branle des mécanismes bouleversant les destinées.
Le père du narrateur croyait offrir un rêve à sa femme en la rendant propriétaire de cette fastueuse demeure qu'elle va détester et fuir, abandonnant sa famille pour aller aider les pauvres à l'autre bout du monde.
Sa seconde femme, Andrea, est au contraire fascinée, obsédée par la maison qu'elle considère comme une oeuvre d'art, elle met le grappin sur son propriétaire et en vraie marâtre va éjecter les enfants du bercail.
Maeve et Danny, eux, restent comme aimantés par la maison, ne pouvant s'empêcher d'aller se garer devant de manière obsessionnelle, comme mus par un désir masochiste de rouvrir sans cesse la blessure de l'exil.
J'ai aimé les personnages: la merveilleuse fratrie, qui en dernier recours constitue sans doute le vrai foyer, le home sweet home pour Danny et Maeve; l'horrible belle-mère; la mère qui est une Sainte - et ce n'est vraiment pas un cadeau pour ses enfants.
La narration, confiée à Danny, avec ses va-et-vient dans le temps, est vivante et efficace, la dimension psychologique plutôt fine.
Bref, une bonne lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          535
Zakuro
  01 février 2021
Maeve et Danny vont m'accompagner longtemps. Ce sont plus que des personnages pour moi, ils sont l'incarnation même de la force et la fragilité d'un être dans toute sa vérité.
L'écriture de Ann Patchett est un joyau brut ciselant les émotions jusqu'à la fibre la plus ténue dans un cadre romanesque éblouissant.
Maeve et Danny sont frère et soeur unis par un amour fraternel très fort construit sur le manque et la perte. Leur lien entre eux n'a d'égal que l'attachement sans borne que tous les deux vouent à la maison de leur enfance, la sentinelle vivante de leur histoire, la preuve archéologique de ce qu'ils ont vécu.
Des années plus tard et pendant longtemps, Maeve et Danny viendront la voir, de loin en voiture et en cachette, fumant cigarette sur cigarette, partageant entre eux les souvenirs d'un passé fantôme.
On l'appelle la Maison des Hollandais. Une belle et grande demeure des années 1920 avec un parc aux magnifiques tilleuls, une maison étrangère, un peu étrange à la fois austère et offerte aux regards à Elkins Park, dans la banlieue de Philadelphie de la période des années 50-60.
Comme j'aime aussi cette belle demeure telle qu'elle est décrite par Ann Patchett. C'est vraiment un personnage à part entière où ceux qui l'habitent sont comme ensorcelés, possédés par l'envie folle de l'habiter ou de la fuir à tout prix. Les murs peuvent tendre les liens ou les rompre brutalement comme une mauvaise fée. Elle est à la fois si austère avec ses vieux portraits et si légère avec ses baies ouvertes à tous les regards comme si les yeux pénétraient l'âme entière.
C'est un lieu unique sans retour en arrière pour tout ce qu'on y laisse et pour tout ce que l'on garde. Et nous fait grandir.
C'est si beau et fort, ce lieu, ce lien magique, que rien ne peut séparer. C'est si déchirant et émouvant, la séparation brutale avec les derniers souvenirs d'une mère, d'un père que rien ne peut réparer.
Des noeuds et des liens difficiles à démêler entre amour, haine et pardon quand un seul lieu concentre tant de sentiments vécus plus forts et plus profondément quand on est enfant ou adolescent.
J'ai aimé suivre Danny dans ce long apprentissage à devenir homme, toujours sous le regard attendrissant et maternel de Maeve. Danny est le fil conducteur du roman, Maeve l'aînée est son ange gardien allant jusqu'au sacrifice d'abandonner sa propre vie pour guider son jeune frère. Autant de bouts de soi à assembler et d'étapes à construire pour sauver une vie telle qu'on rêve de la vivre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          445


critiques presse (4)
LeFigaro   18 février 2021
Ann Patchett jongle avec le passé et les générations, dépeint les malentendus qui existent entre des gens qui devraient s’aimer, parle de vocations gâchées.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaPresse   08 février 2021
La maison des Hollandais, c'est d'abord une grande demeure dans la petite ville d'Elkins Park, en banlieue de Philadelphie. Elle a été construite par un couple de Néerlandais, les VanHoebeek, dont le portrait trône dans le grand salon de la maison. Grâce à ses immenses fenêtres, on peut voir « à travers » cette maison que tout le monde connaît dans la région.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   02 février 2021
Finaliste du prix Pulitzer 2020, La Maison des Hollandais de l’Américaine Ann Patchett est notre premier coup de cœur de l’année.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   13 janvier 2021
Un frère et une soeur font tourner toute leur vie autour du souvenir de leur maison d'enfance dont ils ont été chassés au décès de leur père.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB   25 septembre 2022
Grandir avec une mère qui s'est enfuie en Inde, sans plus jamais donner de ses nouvelles, c'était quelque chose_ça implique un deuil, une sorte de mort. Mais découvrir qu'elle se trouvait à quinze arrêts sur la ligne 1 direction Canal Street, et qu'elle n'avait pas repris contact, c'était carrément barbare.
Toutes les notions romantiques que mon cœur avait pu abriter, toutes les excuses ou statues d'exception qu'il lui avait accordés ont été soufflées aussi vite qu'une allumette.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   25 septembre 2022
Il y a peu d'occasions dans la vie où il arrive qu'on fasse un bond, et que le passé qui avait été notre socle s'écroule, tandis que l'avenir sur lequel on voudrait atterrir n'est pas encore en place. Pendant un moment, on demeure suspendu, sans rien connaître, ni personne, pas même soi.
Commenter  J’apprécie          20
ManouBManouB   25 septembre 2022
Contrairement à ce que croyait Maeve, je pensais très peu à notre mère quand j'étais petit. Je ne la connaissais pas, et je trouvais ça dur, de regretter une personne ou une époque que j'avais oubliées. La famille à laquelle elle m'avait abandonné_une cuisinière, une gouvernante, une sœur aimante et un père distant_ fonctionnait à mon avantage...
Pourtant, le jour de l'enterrement de mon père, j'étais obsédé par ma mère, et je désirais tellement qu'elle me console que cela me causait une douleur insoupçonnée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ManouBManouB   25 septembre 2022
Je me suis souvenu de ce que mon père m'avait dit, qu'il fallait arrêter de penser aux choses qui ne dépendaient pas de nous. J'ai essayé et j'ai trouvé ça plus facile que prévu.
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   25 septembre 2022
Le fait que je n'aie jamais eu aucune envie de devenir médecin représentait seulement la note en bas de page d'une histoire qui n'intéressait personne. Il parait inimaginable que quelqu'un puisse réussir des études aussi difficiles que celles de médecine sans en avoir vraiment envie...
Nous répondions aux attentes qui avaient été placées en nous.
Commenter  J’apprécie          00

Video de Ann Patchett (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ann Patchett
Bande annonce du film Bel Canto (2018), adaptation du roman d'Ann Patchett
autres livres classés : fratrieVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
1303 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre