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ISBN : 2234071577
Éditeur : Stock (21/08/2013)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Il a l'air d'un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l'argile, rivière Rouge, c'est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s'élancent, à leurs mères qui disent,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
carre
  09 octobre 2013
Tout d'abord un grand merci aux Editions Stock du regretté Jean-Marc Roberts et à Babelio pour cette masse critique.
Après le remarqué « Les chagrins » que j'avais beaucoup aimé, le nouveau roman de Judith Perrignon vient confirmer de bien belle manière son talent de romancière.
A partir d'un fait divers tragique (la noyade de 6 jeunes adolescents afro-américains), Perrignon construit un récit pour tenter d'expliquer, à travers le portrait d'une famille noire américaine, les véritables causes d'un tel drame. En remontant aux années 60, Marie-Lee la grand-mère, petite fille à l'époque découvre la bêtise, le racisme lors de la première ouverture d'une piscine municipale aux gens de couleurs. Et si cette interdiction de profiter d'un lieu public et d'y apprendre à nager étaient la cause de cet insupportable gâchis quarante plus tard ?
Avec une justesse formidable, Judith Perrignon prête sa plume à ces petites gens, portraits magnifiques d'êtres qui restent dignes et debout malgré les injustices. Puis dans une deuxième partie, elle démontre que si un grand nombre de la population afro ne sait pas nager, cela vient justement de cette insupportable ségrégation subit pendant des décennies.
Un livre bouleversant, chant funèbre et coup de gueule désespéré devant l'inimaginable. A ne pas rater.

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Ellane92
  08 mars 2016
Les faibles et les forts est un roman en trois parties bien distinctes, aussi bien dans l'écriture que dans le temps, de J. Perrignon. La première période, "chorale", se déroule en 2010 en Louisiane. Elle donne voix à toute une famille, de la grand-mère aux plus jeunes. Dans cette partie sont évoqués pêle-mêle les difficultés d'argent, le racisme, la violence, le chômage, le manque d'avenir des plus jeunes, l'éveil à la vie et à la beauté, l'amour, et cette fichue ligne qui sépare le nord du sud des Etats-Unis, toujours existante.
La seconde partie remonte le temps, dans les années 50, et décrit les évènements relatifs et consécutifs à une annonce qui a fait scandale dans le Missouri : "Légalement, rien n'empêche un noir qui veut nager d'entrer dans une piscine." Bien sur, c'est la loi. Mais dans les faits ? Pour le savoir, nous suivons une bande de jeunes noirs, dont notre vieille grand-mère de 2010 alors petite fille, bien décidés à se baigner ce jour-là. Mais c'est bien plus compliqué que ça.
Enfin, la dernière partie, qui nous permet de revenir en 2010 en Louisiane, prend la forme d'une retransmission d'une émission de radio, au cours de laquelle l'animateur fait réagir des spécialistes et des auditeurs, au sujet d'un fait divers tragique.
Les faibles et les forts, c'est aussi une sorte d'exploit au cours duquel J. Perrignon, en un peu moins de 200 pages, évoque des vies, des points de vue, des explications et tout un tas de sujets qui en découlent. le lecteur reste accroché à cette lecture dont on devine qu'elle sera tragique, ce qui ne l'empêche pas de recevoir en pleine poire la réalité des statistiques et des préjugés qui ont cours aujourd'hui encore au pays de la liberté. Et l'on se rend compte, à peine croyable, que ces disparités si énormes, si basiques, simplement liées à une couleur de peau, héritées d'un esclavage que même les bien-pensants peinent à planquer sous le tapis, sont toujours d'actualité. A peine les a-t-on légèrement maquillées...
A lire !
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ssstella
  30 juin 2015
Un livre grave sur un fait divers de 2010 à Saint Louis, Missouri... répercussion de la ségrégation ordinaire depuis des décennies.
Comme une mélopée funèbre, toute une famille afro-américaine mêle leurs voix pour dire les conditions de vie difficile, et les débuts d'une journée qui augurait de bons moments mais qui se terminera en drame.
On entend surtout le chant douloureux de la grand-mère, les souvenir des émeutes, de l'injustice, de la haine qui ont déjà frappé. Avec l'expérience du passé, c'est la plus lucide sur les risques toujours présents.
Si elle ne le réalise pas totalement, nous comprenons que c'est ce racisme passé et présent, qui a encore conduit à cette affligeante tragédie.
Une lecture poignante, rythmée par la violence raciale... entrecoupée de pauses éplorées.
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trust_me
  18 novembre 2013
« Negro are pushing too far !! […] Un travail ! Une place dans le bus ! Ou au restaurant ! C'est déjà leur faire grand honneur ! Mais dans l'eau ! Dans nos vestiaires ! A poil ! Leur peau ! Leurs microbes ! Veulent pas coucher avec nos femmes pendant qu'on y est ? »
St Louis, juin 1949. Un adjoint au maire déclare : « Légalement, rien n'empêche un noir qui veut nager d'entrer dans une piscine. » le lendemain des noirs ont accès pour la première fois aux bassins municipaux. Un « événement » qui va déclencher la colère d'une partie de la population blanche et engendrer des émeutes urbaines. le maire de St Louis déclarera quelques temps plus tard que cette décision d'accepter les noirs dans les piscines était légalement juste mais inapplicable.
Louisiane, août 2010. Six adolescents se noient dans une rivière. Six adolescents noirs. Aux États-Unis, 60% des enfants afro-américains ne savent pas nager. L'héritage de l'esclavage, de la ségrégation et de la pauvreté a inconsciemment poussé les noirs à intérioriser l'idée que l'eau n'était pas faite pour eux. Ce constat sonne pour Mary Lee comme une douloureuse évidence. Elle a assisté aux émeutes de 1949 et elle est la grand-mère de trois des noyés. Présente le jour du drame au bord de la rivière, elle n'oubliera jamais : « Je suis entrée dans l'eau. Vos cris, les enfants. Vos lèvres cherchant l'air, vos mains tendues vers le ciel. J'ai avancé. J'ai marché dans l'eau, avec vous. Je ne pouvais rien, je le savais, j'allais avec vous. Il y a toujours un fleuve qui sépare les vivants des morts, c'était celui-là, la rivière rouge, le moment était venu pour moi de le traverser. »
Un texte puissant, habilement construit. La voix de chacun des protagonistes résonne avec force, et vous serre les tripes. Les temps ont changé, parait-il, mais dans l'Amérique d'Obama, certaines barrières ne sont pas prêtes de tomber. La démonstration faite par Judith Perrignon en est la preuve limpide.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Sando
  05 septembre 2013
Pour la famille Baker, la journée n'avait pas très bien commencé. Une descente de police infructueuse, de bon matin dans leur appartement, a suffi à créer des tensions entre Marcus, l'adolescent renfermé, Dana, sa mère et Mary Lee, sa grand-mère, inquiète de voir ses petits-enfants mal tourner. Deborah, la soeur, Wes et Jonah, les frères de Marcus observent quant à eux la scène, tout en évitant de prendre part au conflit. Heureusement, l'après-midi prévu sur les bords de la rivière Rouge devrait réconcilier les uns et les autres, apaiser les tensions et faire oublier ce désagrément malheureusement fréquent pour la population afro-américaine de Louisiane… Mais la journée va virer au cauchemar lorsque Marcus, suivi par six autres enfants, se retrouve entraîné au fond de la rivière sous le regard impuissant des adultes. Lui seul sera sauvé et survivra à la noyade. On découvre alors que, comme 60% de la population afro-américaine, aucune des personnes présentes ce jour-là ne savait nager…
On fait ensuite un saut dans le temps pour revenir en 1949, où Mary Lee nous raconte un épisode marquant de sa jeunesse. A cette époque, la politique de ségrégation fait que les Noirs n'ont pas accès aux piscines où vont les Blancs. Mais la déclaration malencontreuse d'un politique va remettre en question ce droit, provoquant des émeutes et une véritable guerre civile dans la ville de Saint Louis. Mary Lee assiste, terrorisée, à ce déchaînement de haine et de violence à l'encontre des siens, qui laissera de lourdes séquelles à son frère Howard qui avait osé aller se baigner… Comment ces deux évènements, pourtant séparés par soixante années, s'avèrent être intimement liés ?
C'est ce que nous explique, avec beaucoup de pertinence, Judith Perrignon dans ce roman habilement tissé, inspiré par des faits réels. En liant ces deux époques, elle révèle la transmission d'une peur, d'un traumatisme chez l'ensemble d'une population. Elle fait remonter la peur de l'eau chez les Noirs au temps de l'esclavage, une peur transmise de génération en génération, comme un héritage et qui reste, aujourd'hui encore, profondément ancrée chez une grande partie d'entre eux. Par le récit d'un drame en particulier, l'auteur pointe du doigt une réalité désolante liée à un passé douloureux. Elle nous confronte également à l'injustice, à la discrimination et la violence dont sont victimes de nombreux afro-américains, auxquels on reproche leurs dérives, sans pour autant leur donner une chance de s'intégrer… L'écriture de Judith Perrignon et la construction de son récit sont percutants et réellement bouleversants. Difficile de ne pas céder aux larmes qui montent face au drame humain qui se joue sous nos yeux et dont on découvre qu'il est loin d'être un fait isolé. J'ai été profondément émue par la force de ce récit, par sa justesse et par les vérités effrayantes qu'il renferme. Un texte à découvrir absolument !
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critiques presse (1)
LePoint   18 juillet 2013
D'abord, on pense que Les faibles et les forts va nous entraîner en terrain connu, déjà lu.[...] On pense trop vite. Car il n'est pas question de ça dans ce court roman choral qui invite le lecteur dans les pensées de chacun des protagonistes, la part belle étant réservée à l'aïeule, qui a vécu la ségrégation de plein fouet.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   23 juin 2015
Ma ville en ruine et moi, on se ressemble, on est deux vieilles mal en point, on suffoque en août et on grelotte en hiver, on a les mêmes souvenirs, les mêmes fantômes, la même nostalgie, on a cru trouver de l'or, connu la folie des grandeurs et des cadences infernales, ici Ford, General Motors et Chrysler ont dicté la taille du capot et des routes, ici a été calibré le rêve américain, ici la fièvre des modernes fomentait les cancers des maris, hommes-machines soudés à l'usine douze heures par jour et brisés lorsqu'ils rentraient chez eux, mais jamais nous ne l'avouerons, ma ville en ruine et moi, nous sommes trop fières. Et moi, plus que ma mère, plus que ma fille, j'ai pu me poser quelque part, c'était au coin de Cochrane et Butternut Street à Detroit, et j'y habite encore.
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carrecarre   10 octobre 2013
Papa Bell, c'était le plus grand joueur des Negro Leagues au base-ball, mon père disait que ce type-là, s'il sortait de son lit et allait éteindre la lumière de sa chambre, il était de retour sous ses couvertures avant même qu'il fasse noir.
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Ellane92Ellane92   08 mars 2016
Monsieur, le poids de ces enfants, la taille de leurs biceps, la longueur et la largeur de la rivière où ils se baignaient, n'ont aucune importance. Il suffisait de leur apprendre à nager pour qu'ils nagent. Ce qui pèse lourd, c'est la peur.
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yv1yv1   02 novembre 2013
Tu vois bien comment c'est dans ce pays, comment fait la police, et puis les juges ensuite. Tu l'attends on dirait. Tu t'habilles déjà comme si tu étais là-bas [en prison]. Avec ton pantalon qui laisse voir ton cul, tu plaides coupable. Tu sais ce que ça veut dire, là-bas, en prison, ce pantalon qui tombe ? Bien sûr que tu le sais. Mon cul est à prendre, c'est ça que ça veut dire. Tu veux que quelqu'un s'occupe de ton cul en prison, Marcus ? Oh, boy ! J'ai honte. Envie de te battre. Tu ne comprends pas que tu ressembles à ce qu'ils pensent de toi, à ce qu'ils attendent de toi, que tu fais mal aux tiens, à ceux qui sont là comme à ceux qui sont morts !" (p.12/13) "C'est tout ce que je vous demande, mes enfants, tenez-vous droits. Tiens-toi droit, Marcus, ne donne pas à ceux qui nous méprisent depuis la nuit des temps de quoi justifier encore cette vieille haine contre nous. (p.17)
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carrecarre   07 octobre 2013
Nous étions promis à la classe moyenne, moyenne, c'est déjà haut quand on est tout en bas.
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Videos de Judith Perrignon (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Judith Perrignon
Jacqueline Pétroz a eu la chance de rencontrer sur la scène des déblogueurs en juin 2017 lors du salon du livre de poche de Saint-Maur-des-Fossés, deux auteurs françaises Alexandra Lapierre et Judith Perrigon qui ont écrit sur des personnages hors normes
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