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EAN : 9782373057348
160 pages
Aux forges de Vulcain (25/08/2023)
3.53/5   90 notes
Résumé :
La beauté sauvera peut-être le monde, mais elle ne paye pas les factures.

C'est l'histoire d'un homme, metteur en scène de théâtre, qui apprend un matin que sa future mise en scène de la "Tempête" de Shakespeare ne se fera pas. Sa femme, qui l'a toujours soutenu, lui explique qu'ils vont devoir, le soir, discuter argent, car il ne rapporte plus rien à la maison depuis longtemps. Et elle lui indique qu'il doit garder leur fille car la crèche est en grè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
3,53

sur 90 notes
David, le narrateur est un metteur en scène au chômage après qu'il a appris que la production de son spectacle La Tempête de Shakespeare, sur laquelle il a travaillé trois ans, ne se fera pas faute de subvention. Son analyse de la pièce s'intègre à sa vie sur une journée, alors que sa femme, professeur de français, est partie travailler et qu'à cause d'une grève à la crèche il doit s'occuper de sa petite fille qui porte le même nom qu'un des personnages de la Tempête, Miranda. ● le roman est divisé en cinq actes, suivant la structure de la pièce de Shakespeare, avec une unité de temps (une journée), de lieu (l'appartement familial) et d'action, formule aristotélicienne des pièces classiques que celles de Shakespeare ne suivent pas toujours, cf. Othello par exemple. ● Pour pleinement apprécier ce livre, je pense qu'il vaut mieux être féru de l'oeuvre de Shakespeare, ce qui n'est pas vraiment mon cas. ● A mi-chemin entre des notes des mise en scène et un journal intime, cet ouvrage ne m'a guère convaincu et je l'ai trouvé très ennuyeux, malgré quelques remarques intéressantes, comme : « Toujours, David a trouvé étrange que les gens parlent d'être acteur de leur vie, il est acteur, un acteur joue les mots pensés par un autre, pourquoi ne dit-on pas que l'on devrait être auteur de nos vies ? » ● Je n'ai pas apprécié non plus la rivalité entre David et son frère, caricaturale et manichéenne, ni – c'est lié – les jérémiades incessantes sur le statut des intermittents du spectacle qui ont en France le système le plus généreux du monde et ne cessent de se croire des victimes sacrificielles sur l'autel de ce qu'ils appellent le « néolibéralisme » ou l'« ultralibéralisme » dans un pays champion du monde des prélèvements obligatoires et des redistributions sociales. On a vu pendant le Covid combien c'étaient des enfants gâtés qui n'étaient jamais contents et en voulaient toujours plus. ● Les comparaisons entre les pièces commerciales à succès et les pièces exigeantes sans public me paraissent également caricaturales. Ce n'est pas parce qu'une pièce n'a pas de succès qu'elle est nécessairement bonne et inversement une pièce populaire peut être de qualité. Il y a là un manque d'ouverture d'esprit, une (auto-)complaisance jusqu'auboutiste dans le complexe et parfois l'incompréhensible. le public a presque toujours tort, contrairement aux metteurs en scène qui conçoivent des productions capillotractées, comme lorsque David veut faire « péter » et « roter » ses acteurs dans La Tempête… ● Je remercie #NetGalley et les éditions #AuxForgesDeVulcain de m'avoir permis de lire cet ouvrage qui paraîtra le 25 août 2023. #ChallengeNetGalleyFR #MaTempête.
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David garde sa fille Miranda à la maison. Sa femme travaille et la crèche est fermée. Sa carrière d'acteur est en pause, faute de subventions la pièce qu'il mettait en scène ne verra pas le jour.
Dehors, l'orage devient tempête. À l'intérieur, David joue et explique « La tempête » de William Shakespeare à Miranda.
En même temps, il se livre à une réflexion sur les joies de la paternité, son métier d'acteur, le grand « Will » et le statut d'artiste fort mal nanti de nos jours où la rentabilité fait loi. Seul ce qui plaît au plus grand nombre est retenu.
« La culture pensée comme un divertissement sans importance et jamais comme une émancipation, comme une émotion, et surtout pas comme un effort. »
J'aime beaucoup Shakespeare et n'ai eu aucun mal à apprécier la passion et l'intérêt pour le théâtre Élisabéthain. C'est presque de l'histoire du théâtre !
Après je comprends la frustration de David face à notre société du profit où l'artiste n'a pas sa place.
J'ai été séduite par l'écriture fluide et agréable d'Éric Pessan auteur que je ne connaissais pas. Un très bel hommage au théâtre avec une unité de temps, de lieu et d'action comme dans une tragédie grecque que je n'ai pas manqué d'apprécier.
Ma tempête sortira le 25 août 2023
#matempêtePessanShakespeare # Challenge NetGalley 2023 # NetGalleyFrance
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Si ce jeune père garde sa fille à la maison, c'est d'une part parce que la crèche est en grève, d'autre part parce que son métier de metteur en scène lui permet de rester chez lui lorsqu'il ne doit pas diriger sa troupe. D'ailleurs, il vient d'apprendre que la pièce à laquelle il a consacré beaucoup de temps récemment vient d'être annulée. La conversation avec une fillette au stade préverbal du langage risque fort de tourner au monologue mais cela ne décourage pas notre admirateur de Shakespeare. C'est grâce à ce qu'il explique à l'enfant que nous, lecteurs, faisons connaissance avec La tempête, célèbre drame de l'auteur anglais le plus connu.

Ce roman m'a captivée à plus d'un titre, et en particulier pour cette mise en scène de la pièce de Shakespeare qui se déroule au fil des pages, interprétée par le narrateur.

On comprend aussi ce que signifie le mot précarité pour les artistes, dépendant du bon vouloir des pouvoirs publics pour les subventions qui permettront ou pas de mener à bout leurs projets.
Tout cela implique aussi un défaut de reconnaissance de l'entourage, qui ne parvient pas à identifier à un métier cette occupation aléatoire et mouvante.


Enfin on apprécie le côté papa poule et l'intensité du lien qui se crée entre l'enfant et le père, en lien étroit par le langage, malgré le gouffre qui les sépare sur le plan de l'expression.

J'ajouterai la beauté des descriptions, qui concernent surtout la pièce de théâtre.


Un court roman que j'ai vraiment beaucoup aimé.

160 pages aux forges de Vulcain 25 août 2023
#matempêtePessanShakespeare #NetGalleyFrance

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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En cette journée de grève de la crèche, David garde sa fille. le temps est à la tempête, dans tous les sens du terme : météorologique d'abord ; théâtralement parlant ensuite puisque c'est le nom de la pièce de Shakespeare que David devait mettre en scène avant que le projet soit annulé faute de financements ; émotionnellement enfin, cette annulation plongeant David dans une sorte de rumination dépressive dont il peine à sortir.

Pour occuper sa fille en cette journée donc, David lui raconte, ou plutôt lui déclame, « La tempête ». Dans un glissement très fluide, peut-être trop, on passe de la pièce proprement dite aux pensées et analyses de David sur celle-ci, sur la catastrophe que son annulation provoque en lui et sur son couple, ses pensées sur l'état de la culture en France et sur l'intermittence du spectacle, le tout dans une espèce de monologue ininterrompu dans lequel il est parfois difficile de savoir sur quel plan on se trouve, ni à qui David s'adresse — à sa fille ? à quelqu'un d'autre ?
J'ai eu d'ailleurs l'impression que David perd franchement pied dans sa dépression (« A cet instant, une brusque sensation d'irréalité le saisit, c'est comme si le monde venait de se retourner, comme s'il était sur scène, dans son salon, face au décor peint de la rue détrempée et que le réel s'était échappé, mais où ça ? Il se sent artificiel, la tempête n'existe pas, une bande sonore imite le tonnerre tandis que le régisseur lumière fait flasher ses projecteurs, l'immeuble d'en face a été conçu par un scénographe pour faire illusion, il est une découpe d'aggloméré maintenu par des contrepoids métalliques. Jusqu'à la pluie qui parait un effet spécial coûteux. Puis l'impression reflue, le décor n'en est plus un, il redevient la cité familière ou David vit depuis des années, il n'est plus l'interprète d'un rôle et c'est bien pire, puisqu'il doit inventer son texte au fur et à mesure »), qui le plonge dans un état proche de la stupeur, et qui le prive de ses forces pour tenter de s'en remettre. Alors oui, il a passé trois ans à préparer ce projet pour qu'il tombe à l'eau, ce qui en outre lui a fait perdre son statut d'intermittent du spectacle, mais j'ai parfois eu l'impression qu'il se cachait derrière sa tempête émotionnelle pour ne pas agir, et remonter la pente.

Malgré cela, « La tempête » est un petit roman magnifiquement écrit, qui offre un très bel écrin à « La tempête » de Shakespeare, que l'auteur a traduit lui-même pour l'occasion et pour laquelle il propose de très belles analyses. Une belle introduction pour lire ou relire cette pièce qui apparaît intemporelle.

Merci à Netgalley France pour l'envoi en avant-première de ce roman prévu pour sortir au mois d'août.
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David garde sa fillette à la maison, la garderie est fermée, sa femme au travail et lui au chômage ! Comédien et metteur en scène, intermittent du spectacle donc, sa vision de “La Tempête" de Shakespeare n'a pas vu le jour faute d'investisseurs !

Le couple bas de l'aile car il se laisse tomber dans la dépression et ne fait rien de ses journées. Aujourd'hui il a décidé de raconter “La Tempête" à sa fille, entrecoupant les scènes de réflexions sur sa vie de comédien, sur la paternité, sur l'immuabilité de Shakespeare et le peu d'importance qu'a la Culture !

Un orage gronde et surgit, coupant l'électricité, donnant encore plus de substance à son histoire !

J'ai été emportée du début à la fin, battue par le tonnerre, aveuglée par les éclairs et fascinée par sa narration de la Tempête et les réflexions sur sa vie !

Une immersion totale où les défauts du texte disparaissent pour ne laisser qu'une impression positive et émerveillée qui donne envie de se replonger dans Shakespeare.

#matempêtePessanShakespeare #NetGalleyFrance

Sortie le 25 août 2023

Challenge Gourmand 2023/2024
Challenge Riquiquis 2023
Lecture Thématique juillet 2023 : Français
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
Souvent, quand il rencontre de nouvelles personnes et qu'il leur explique quel métier il exerce, David peut lire dans leur regard un amusement, ou une petite condescendance. Soit qu'ils pensent qu'un comédien dont on ne connait pas le nom et que l'on ne voit pas dans les films ou à la télé est un comédien raté, soit qu'ils se disent que pour être comédien il faut être un peu mégalo.
Peut-être ont-ils raison de se moquer? Peut-être a-t-il échoué là aussi ? il n'est plus comédien de toute façon, trois ans à préparer une création pour finir par voir le projet s'effondrer. Shakespeare est trop élitiste, lui a-t-on répondu. Baisse des budgets. Baisse des subventions. Baisse des ambitions. Baisse des prétentions. Une fermeture des théâtres là-dessus, un embouteillage de production une fois la pandémie jugulée, une guerre au loin, une crise énergétique, une crise financière, et fin du rêve dont l'étoffe est définitivement déchirée.
La rancœur et l'amertume toujours remontent des tréfonds, David doit se protéger de lui-même, se retrancher dans l'instant présent pour éviter d'être assiégé par la monumentale vague de l'échec.
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L'époque moderne voudrait des écrivains libres et guidés par leur seule volonté créative, ils ont toujours été les vasseaux obéissants à mille maîtres : les commanditaires, les rois, les mécènes, l'air du temps, l'époque, la censure, le goût, la faiblesse, l'impératif besoin d'un repas, les subventions, le bon vouloir des metteurs en scène, les bourses des institutions, jamais nulle part l'écrivain n'a été libre, c'est ainsi, et cela ne l'a pas empêché de construire des chefs-d'œuvre.
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Un navire est en perdition. Des vagues immenses masquent le ciel, dansent et se rient des efforts humains. L'homme appartient au sable, à la glèbe et au roc, pas à l'écume, aux rafales et aux abysses ; marins et passagers fixent de leurs regards écarquillés la fureur de la nature, il s'en trouve pour inviter l'eau déchainée à briser leur nuque d'un coup, comme on abrège les souffrances d'un animal plutôt que de continuer à le torturer. Autrefois, on raconte que les matelots préféraient ne pas savoir nager pour mourir plus rapidement en cas de naufrage.
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L'époque moderne voudrait des écrivains libres et guidés par leur seule volonté créative, ils ont toujours été les vassaux, obéissant à mille maîtres : les commanditaires, les rois, les mécènes, l'air du temps, l'époque, la censure, le goût, la faiblesse, l'impératif besoin d'un repas, les subventions, le bon vouloir des metteurs en scène, les bourses des institutions, jamais nulle part l'écrivain n'a été libre, c'est ainsi, et cela ne l’a pas empêché de construire des chefs-d’œuvre.
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La paternité , c'est donnant-donnant, protection, éducation et nourriture contre émerveillement, amour inconditionnel et supplément de vie. Une tendresse pour adoucir la rugosité du monde.
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Videos de Éric Pessan (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Pessan
Le jeudi 25 mai 2023, les éditions Aux forges de Vulcain, représentée par David Meulemans, ont présenté aux libraires les deux romans qu'elles publient à la rentrée littéraire 2023 : MA TEMPÊTE d'Eric Pessan et AVANT LA FORÊT de Julia Colin. Ces deux romans sortent le vendredi 25 août 2023. Cette présentation est destinée à des professionnels du livre, qui doivent, au sein d'une rentrée littéraire de quatre cent titres, se répartir des lectures, et les faire pendant l'été, pour pouvoir à la rentrée conseiller des romans aux lectrices et lecteurs. Par manque de temps, l'exercice n'a pas été préparé. Nous sommes donc loin d'un standup à l'américaine, millimétré. Mais c'est cette raison même qui nous fait aimer cette vidéo : David commence sa présentation, et là, cela prend un tour inattendu car la diffusion avait prévu une surprise, une explosion de cotillons, pour fêter le succès du roman de Gilles Marchand, LE SOLDAT DESACCORDE. La "diffusion" ? La diffusion, c'est ainsi que l'on nomme dans le monde du livre les personnes qui font le lien entre les maisons d'édition et les libraires. Bien sûr, une maison d'édition a des liens directs avec les libraires. Mais la diffusion met au service des livres publiés toute une armée de personnes qui permettent d'apporter, à toutes les librairies francophones, de Paris à Santiago, les informations requises sur les nouveautés. Sans la diffusion, il n'est guère possible de donner à un livre l'écho qu'il mérite. Merci aux diffuseurs et à leurs représentantes et représentants !
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