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EAN : SIE91935_1552
Éditeur : Grasset (30/11/-1)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 8 notes)
Résumé :
1947 : Le plus haut sommet de la Terre demeure invaincu, mais semble palpiter de toutes les tentatives antérieures et des drames qui les ont traversées, à commencer par la disparition de Mallory et Irvine en 1924.
Une petite expédition décide de s'y attaquer : dirigée par l'énigmatique Indien Jewar Singh, elle comprend le vieux Macpherson et le meilleur guide de Zermatt, Jos-Mari Tannenwalder, déjà héros du précédent roman de l'auteur, Matterhorn. Une sourde... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
andreas50
  03 octobre 2019
En ce 8 juin 1924, Odell, en soutien au camp VI à Mallory et Irvine, voit se fondre la cordée d'assaut dans la tourmente de neige. Il ne saura jamais si ils ont atteint le sommet. On retrouvera le corps d'Irvine, mais l'archange a disparu. Est-il aux côtés des dieux de la montagne ? Existe-t-elle la mère des Neiges des grands nomades thibétains qui sur leurs parcours se tournent dans sa direction pour leurs prières ?
Jewar Singh, l'Hindou, ancien d'Oxford, veut vaincre là où Mallory et les autres ont échoué. Par l'arête est, il veut forcer le passage emprunté par ce dernier.
Au contraire des grandes expéditions et leurs lancements retentissants, celle de Jewar Sing se veut ultra-légère, avec un minimum de sherpas, sans radio, discrètement montée. C'est rompre avec la tradition everestienne.
Lorsque le camp de base sera érigé, il s'agit de s'attaquer au plus vite au géant de 8440 mètres, de profiter d'une accalmie entre vents d'ouest et début de la mousson. La rapidité sera la clé du succès.
La réussite c'est aussi le bon choix des équipiers. D'une course sur la face nord du Matterhorn en Suisse, Jewar a ramené Jos-Mari Tannenwalder, guide de Zermatt. Racé, beau modèle avec la ligne de grimpeur, classé en Europe parmi les meilleurs depuis ses courses avec les alpinistes de l'école de Munich.
Le troisième sahib est Mac Pherson, l'Ecossais, le solitaire de Gwaldam. Avec son humeur de bilieux, ses yeux brûlés, l'ancien everester des deux dernières expéditions, avait bien juré de ne plus remettre les pieds dans un branle-bas, une énorme machine pareille.
Est-ce une inexplicable liaison occulte entre Jewar et lui, qui lui a fait changer d'avis ?
Et puis, il y a Nima, le sherpa, l'ancien "Tigre", avec sa face de lune, sa boîte à charmes, ses lunettes de montagne. Il est resté sauvage après ses expéditions everestiennes, et a préféré aux plaisirs de la ville, le retour à son désert de Sola Khombu.
Les Anglais avaient trouvé dans la race de Nima, la source des porteurs acclimatés, inépuisables, dépouillés de chair, indispensable aux expéditions de l'Everest. Mais aujourd'hui, Nima rêve d'autre chose : devenir le sherpa le plus haut du monde, devenir le roi des "tigres".
Bientôt, les dissensions vont naître au sein de l'équipe apparemment bien soudée.
Jos-Mari, l'homme des Grandes-Jorasses, de l'Obergabelhorn, n'est peut-être pas de la taille de ces cruelles étendues où la distance renaît de la distance, la fatigue de la fatigue, à la mesure de ces monts inhumains, monstrueux et pour la plupart innomés. Il est gagné peu à peu par l'épuisement, le mal des montagnes. L'acclimatation devient le mot qui l'obsède. le montagnard des Alpes ne pèse rien dans l'immensité himalayenne.
De leur côté,Jewar Singh et Mac Pherson ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter pour vaincre le sommet. L'Hindou veut toujours suivre les traces de Mallory persuadé que celui-ci a réussi avant de disparaitre. Mac Pherson reste lointain, hostile aux idées de son compagnon. Les Indes sont à lui l'Ecossais, et pas à l'Empire. Il privilégie ce qu'on nomme la Voie jaune, quitte à faire l'ascension en solo.
Alors que Mac Pherson se gausse de la faiblesse de Jos-Mari, le colosse de Zermatt, Jewar, perdu dans ses pensées et ses signes, regrette peut-être de n'avoir emmené un autre homme que le Suisse.
Le décor d'apocalypse est monté et les acteurs sont à la hauteur du drame qui va se jouer.
Magnifique roman que Mont Everest. Joseph Peyré poursuit dans la foulée de l'Escadron blanc, de Matterhorn, de Sang et Lumières, le thème de l'homme face à la solitude, à la nature hostile, face à lui même. Car l'homme est faible, et c'est dans les moments de misère physique, psychologique, dans le doute qu'il trouve les ressources nécessaires à son expiation, à sa pureté retrouvée.
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Nastie92
  05 janvier 2020
Dans une précédente lecture, Joseph Peyré m'a emmenée sur le Cervin, le fameux "Matterhorn" des Suisses alémaniques.
La promenade m'a plu, et m'a donné envie de suivre l'auteur qui me propose cette fois l'Everest.
Le toit du monde. Rien que ça !
Dans ce livre écrit en 1942, trois ans après Matterhorn, Joseph Peyré utilise la même recette : imbriquer son intrigue dans la véritable histoire de la montagne.
Cela fonctionne encore parfaitement bien, avec une différence notable qui change le ton du récit : tandis que le Matterhorn a déjà été conquis lorsque l'auteur écrit son ouvrage, il faudra attendre un peu plus de dix ans après la sortie de Mont Everest pour qu'un homme pose le pied sur le plus haut sommet de la terre.
L'Everest est ainsi paré d'une aura différente, il inspire des craintes légitimes renforcées par la peur de l'inconnu.
S'y attaquer est une affaire tout autant mystique que physique. Pour le faire ressentir, Joseph Peyré utilise un vocabulaire religieux (la croyance, la foi, l'esprit...) et évoque même la réincarnation, en laquelle croient les sherpas.
Le lecteur se trouve donc immergé à la fois dans un récit d'alpinisme prenant et dans un contexte culturel totalement dépaysant.
Quelques descriptions de festivités traditionnelles m'ont beaucoup intéressée, même si certaines coutumes peuvent sembler bien étranges : cela vous dirait-il de vous retrouver "coiffé d'une peau de mouton saignante, un collier d'intestins de yak autour du cou" ? J'avoue que cela ne me tente pas trop !
J'ai survécu aux colliers de pâtes de mes enfants, mais les intestins de yak... non merci !
Dans l'histoire, j'ai été ravie de retrouver Jos-Mari, le héros de Matterhorn.
Mais si le guide suisse était à l'aise chez lui, l'Everest par son altitude bien plus élevée que les sommets européens, lui donne du fil à retordre. Certains membres de l'expédition vont même jusqu'à mettre en doute sa légitimité à être sur cette montagne, dont la difficulté n'est pas comparable à ce que l'on trouve dans les Alpes : "Entre les Alpes et l'Himalaya, il y a la différence de l'homme à Dieu." La marche à franchir est grande !
Jos-Mari se montrera-t-il à la hauteur ? Saura-t-il saisir ce "si furtif moment où l'ascension peut réussir" ?
J'avais apprécié Matterhorn, j'ai encore plus aimé Mont Everest dans lequel l'auteur fait revivre l'atmosphère des temps anciens, de l'époque où la volonté de conquête de l'Everest faisait naître à la fois un grand enthousiasme, de grandes passions mais aussi des peurs bien réelles.
Dans un style certes vieillot mais toujours appréciable, Joseph Peyré nous offre un très beau récit de montagne, mêlant habilement l'aspect performance sportive pure, le côté humain de l'aventure et une certaine spiritualité.
Un auteur tombé dans l'oubli, et c'est bien dommage. Je le recommande à ceux que le sujet intéresse.
Et si mon modeste avis ne suffit pas, voici ce que Roger Frison-Roche a dit : "Un "grand merci", Joseph Peyré, pour m'avoir fortifié par ces récits prémonitoires de la montagne et des déserts, qui m'ont dicté ma propre aventure."
Belle référence, non ?
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Wendat69
  02 février 2019
Joseph Peyré nous livre dans ce beau roman le récit d'une ascension vers le mythique Everest, symbole de l'inaccessible, Graal des alpinistes, quête des grimpeurs prêts à risquer leur vie pour assouvir leur soif d'absolu.
On est rapidement conquis par la narration de cette expédition, menée par trois hommes aux caractères entiers, qui dévoilent au fil des pages la flamme intérieure qui les anime et les fait se diriger vers un même but, mais avec des aspirations bien distinctes.
Si Jewar Singh, l'hindou, chef de l'expédition, vit celle-ci comme une quête spirituelle, en se mettant dans la trace de Mallory (ce héros de l'inutile qui a laissé son empreinte à jamais pour les conquérants de l'Everest, en y disparaissant), Mac Pherson, l'irrascible Ecossais, lui, affronte la montagne comme un boxeur monte sur le ring, en avançant toujours, fort d'un corps qui semble être un rempart imprenable, à même de briser les assauts des vents glacés de l'Himalaya. le troisième héros de cette Guilde, Jos-Mari,« l'homme suisse », l'homme-montagne, le géant au coeur d'or et au regard bleu, est quant à lui armé de ses conquêtes alpines, mais reste un novice de l'Himalaya, et partant, victime de ses pièges.
Le guide suisse, affrontant les tourments que la montagne sacrée lui inflige, témoigne d'une humanité si profonde, d'une grandeur d'âme si perceptible, qu'il va conquérir, avant d'affronter la Déesse des Neiges, les autres membres de l'expédition, tous ces héros anonymes que sont les porteurs, les fabuleux Sherpas, aux corps décharnés mais solides comme le roc qu'ils gravissent, en dignes héritiers des tribus dédiées aux altitudes inhumaines, vrais Tigres de la montagne .
Joseph Peyré nous conte dans ce beau roman une quête magnifique, une superbe aventure de montagne, aux accents arthuriens.
Pour clore, je rappellerai les mots qui résument peut-être le mieux la beauté de l'effort « inutile », ceux que Mallory figea dans l'âme des passionnés de la montagne.
A ceux qui lui demandaient pourquoi il voulait escalader l'Everest, Mallory répondit : « Parce qu'il est là » (Because it is here).
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SZRAMOWO
  04 janvier 2015
Quatre hommes, suivis de porteurs et de bêtes de somme, se lancent à l'assaut du « sommet du monde » : Jewar Singh, le prince hindou, qui va chercher dans ce haut lieu une initiation spirituelle ; l'Écossais Mac Pherson, préoccupé de victoire sportive et de gloire nationale ; Jos-Mari, le guide suisse aux muscles de géant, qui, grâce à sa pureté, prend bientôt figure de jeune dieu aux yeux du quatrième équipier, le Tibétain Nima.
En présence de difficultés matérielles inouïes, c'est un drame humain qui se noue, car ces hommes, bien que tendus vers un but commun, sont des êtres si différents qu'ils ne peuvent que se heurter. le dénouement de ce drame grandiose se joue lors de l'ascension des 400 derniers mètres, épreuve de force dont tous ne sortiront pas vivants...
Lien : http://www.lechatbleu-librai..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   05 janvier 2020
Il montait doigts crispés, corps tendu, dans le seul effort de ne pas buter, de ne pas s'abattre, soutenu aux aisselles par une inertie monstrueuse. Léthargie. Le sommet de l'Everest ? ... L'Everest ? ... des nuages, quel froid ! des doigts qui tombent, un vertige, un pied qui s'arrache, un pied porté en avant, un poids énorme arraché lui aussi, vide de pierre délogée avec une douleur, là où était le cœur. C'est le secret de l'Everest que de savoir s'il ne réalise pas dès ce monde le seuil matériel de la mort. S'il n'offre pas dès cette terre le passage où l'homme mi-évanoui meurt en marchant en perdant connaissance. En passant réellement, d'une pierre à l'autre, de notre monde à l'au-delà.
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Nastie92Nastie92   24 janvier 2020
La perturbation de l'ouest annoncée par les nuages n'amena pourtant qu'un commencement de blizzard, une chute de neige de quelques heures. Le temps pour Jos-Mari de voir par l'ouverture de sa tente un étrange paysage de tempête en mer. Car l'aiguille de glace qui dominait le camp, dressée en pleine tourmente, et frappée par les vagues de neige comme un phare perdu, s'enveloppait de brumes blanches et d'embruns où semblaient se briser, s'abattre avec des cris des vols de migrateurs arctiques, et où chaque rafale réveillait la plainte de la bouée-sirène de détresse. Mais les gros temps n'étaient pas encore venus. Dans la nuit, des traînées d'étoiles s'allumèrent, bientôt éteintes par l'apparition d'une lune dilatée, dont l'éclat blanc, illuminant par l'intérieur les transparences de stalagmites des séracs, et embrasant de son scintillement les cristaux de la neige fraîche, éclaira quelques instants pour l'exilé une crèche de Noël féerique.
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Wendat69Wendat69   03 février 2019
Sans doute fallait-il avoir connu les expéditions et leurs campagnes de Russie, la peine lente des approches, la lassitude des séracs, les pièges d'un Mur de Glace toujours prêt à fondre en débâcle et à briser en avalanches, l'épuisement du soleil et la tourmente du blizzard, l'épreuve des replis sur les camps d'en bas, le sursaut des retours, des attaques tardives et menacées par la mousson; sans doute fallait-il avoir déjà touché le seuil de la victoire, être monté jusqu'à la limite de la vie et avoir été, comme tous les autres, paralysé par l'asphyxie, l'indifférence, les fantômes, le délire du vent acharné, être arrivé à ce point de rupture où le cœur peut céder; sans doute fallait-il avoir désespéré comme un jour Mallory, l'archange en personne, jurant de ne pas prendre part à la suprême tentative où la mort l'attendait; sans doute fallait-il avoir souffert pareil désastre pour goûter comme le faisait le vieux Mac, fumant sa pipe dans le vent avec des étincelles, cet espoir de victoire et cette matinée de conquérant.
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andreas50andreas50   01 octobre 2019
« D'ailleurs, si vous êtes vraiment de l'avis de cette vieille tête d'Odell, si vous croyez réellement que Mallory a fait l'Everest, je ne vois pas pourquoi vous voulez monter, pourquoi vous m'avez traîné jusqu'ici. L'Everest ? Il n'y a plus d'Everest ! »
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Wendat69Wendat69   30 janvier 2019
Un jour enfin, comme s'il eut senti qu'il était temps, l'Everest finit par déchirer ses bancs de nuages et par apparaître au fond du couchant. Peut-être s'était-il caché jusque-là -"mauvais temps pour l'Everest"- et entouré de nuées, pour surgir d'un seul coup dans toute sa puissance, au lieu de rester en vue, et de se dégager lentement, jour après jour, des chaînes himalayennes qui en mesurent la monstrueuse hauteur. Peut-être avait-il voulu laisser à ses nouveaux fidèles le soin de le mériter, dans l'épreuve et la méditation des étapes, en leur refusant jusque-là le secours d'une apparition qui les eut dispensés de la foi.
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