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ISBN : 2266155342
Éditeur : Pocket (24/03/2006)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 11 notes)
Résumé :

Ayant grandi dans le milieu traditionnel Inuit, Laura n'a pas eu une eîe facile, confrontée, comme un homme, à l'obligation de chasser et de faire des réserves de nourriture en prévision des grands froids. De plus, Laura, au caractère sauvage, fait preuve de dons pour le chamanisme qui survit, au Groenland, face aux religions officielles. Sa force ayant été reconnue par Hilla, vieille femme experte en matière d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mesrives
  26 novembre 2017
Pour mon plus grand bonheur j'ai suivi Daniel Pouget dans ses pérégrinations groenlandaises !
Celà m'a permis de faire la connaissance d'une femme extra-ordinaire grâce à l'esprit de l'ours, le chemin de vie d'une chamane.
Je n'ai pas pu résister : une fois les présentations faites j'ai écouté à mon tour le récit de vie de cette femme pas comme les autres, même au sein de sa communauté.
Mais avant de continuer, il faut savoir que Daniel Pouget n'est pas à son premier séjour au Groenland, ethnologue voyageur, de la lignée des grands explorateurs polaires comme Jean Charcot, Paul-Emile Victor, ayant étudié des ethnies du monde entier, il décide en 1995 de revenir dans la baie de Disko où il a séjourné trente ans plus tôt chez une famille qu'il a perdu de vue et, qu'il souhaite retrouver. Cecilia, l'épouse de Anok l'avait adopté  « Je suis ton anäna, ta mère . » aimait-elle à lui dire.
Projet qui aurait pu être voué à l'échec mais la chance est de son côté : il retrouve assez vite un des membres de la famille, Laura, un des trois enfants de ce couple, qui à présent approche de la soixantaine.
Des retrouvailles chargées d'émotion qui amènent Daniel Poujet à prolonger son séjour pour relater le chemin de vie de Laura qu'il recueille grâce à une série d'entretiens.
Tout prédisposait Laura à sortir du lot.
Son histoire familiale : son père Anok, grand chasseur et sa mère, Cécilia, guérisseuse, étaient des personnalités reconnues pour leurs pouvoirs.
Les conditions de son enfantement et, le ciel, le jour de sa naissance, auguraient d'un destin exceptionnel. En effet, être née sous un ciel couvert, temps idéal pour la chasse en saison d'été, lui permets d'atteindre le statut de protectrice des chasseurs, et les recours à une vielle chamane lors de sa naissance lui en confère ses pouvoirs. Ainsi à peine les yeux ouverts, son chemin de vie semble tout tracé.
Mais tout n'est pas joué d'avance pour autant. Quand Laura naît, nous sommes dans les années Trente, et les Inuit sont encore surnommés les Eskimos, ceux qui mangent de la viande crue.
Les pasteurs protestants danois ont repris depuis longtemps le travail d'évangélisation des missionnaires ( Hande Egede 1686-1747 est le premier missionnaire des Inuit du Groenland) et si ils instruisent la population autochtone, ils exécutent un travail de sape niant les valeurs traditionnelles et leurs croyances spirituelles, synonyme d'un passé révolu.
Ainsi, dès ses premiers jours elle est baptisée sous la pression d'un prêtre, et la petite Iglaoüt devient Laura. Acte qui sera une des raisons du premier départ de la région d'origine de la famille afin de fuir ce religieux, la seconde étant que la petite semble avoir une santé fragile . Puis bien emmailloté sur le dos de sa mère, avec son frère aîné, ils embarquent dans un oumiak pour de nouveaux horizons. de la côte orientale à la côte occidentale, les années passent, la petite Laura grandit. Elle est même placée chez une arnak, femme aux pouvoirs magiques dans l'espoir d'une guérison. Mais le diagnostic tombe : Laura n'est pas malade , elle est possédé par les esprits…
J'ai beaucoup apprécié ce moment de lecture qui nous plonge dans la vie d'une Inuit au siècle dernier à une époque où le mode de vie traditionnel est encore préservé et, la déesse de la mer , Noulajiouk, invoquée et vénérée. Mais en filigrane on entend peu à peu le bruit des moteurs des scooters des neiges qui effacent les aboiements des chiens de traineau.
Ce qu'il me reste de cet émouvant témoignage, c'est la parole de Laura : des mots sincères, authentiques qui donnent une valeur ethnographique à ses propos.
Ce qui m'as le plus touché c'est son humanité, sa vision globale de la vie : malgré les deuils successifs qu'elle a vécu, les épreuves violentes et difficiles, elle a su améliorer ses dons, ses pouvoirs magiques pour aider les siens et rester solidaire de sa communauté.
Ce qui m'as le plus étonné, son désir, sa soif inextinguible d'apprendre  et d'apprendre toujours et encore. Approfondir ses connaissances auprès de chamanes (apprentissage chez Hilla dont le nom signifie « Pilier de la terre ») mais aussi à l'université de Copenhague lors de son séjour chez un ami danois où elle se perfectionne en botanique ( elle avait auparavant obtenu son certificat d'institutrice dans sa jeunesse).
Plus tard la reconnaissance de ses pouvoirs et pratiques chamaniques par les autorités danoises ainsi que le respect et la confiance que lui témoignent les siens lui permettent de se révéler entièrement faisant grandir sa réputation.
Et surtout, surtout, malgré les bouleversements qu'elle a connu et que le Groenland a subi, elle reste fidèle à elle-même, à son peuple et à son territoire. Elle est le garant des traditions, l'héritière des coutumes.
Un chemin de vie exceptionnel qui m'a impressionné . Une belle lecture et de belles rencontres...
Que l'esprit de l'ours perdure encore longtemps dans les immensités glacées.
En effet si l'on se réfère aux dits d'Anok, le père de Laura, il le vaudrait mieux pour le genre humain : 
« Si tu observes la vie de l'ours, elle est proche de la nôtre : l'ours se tient debout comme un homme, la femelle donne naissance aux oursons dans des maisons de neige comme sont faites les nôtres. Un ours auquel on enlève la peau ressemble à un homme nu. Regarde-nous, pour survivre dans l'Arctique, ce milieu extrêmement difficile, nous avons été obligés de penser et d'agir comme l'ours. »
Pour conclure, une des conséquences  du réchauffement climatique est à terme la disparition de l'ours polaire … alors si, l'ours représente le double de l'Homme chez les Inuit, il y a un gros soucis.
On peut dès à présent se donner rendez-vous dans le cosmos !
Parents ou grands parents, si vous êtes sensible à cette cause, vous pouvez proposer à vos petits bouts de choux un conte écologique, Ynami la prophétie des ours, que l'on trouve sur la toile, écrit par Jocelyne Marque et illustré par Stéphane Mathieu qui vous permettra d'en discuter avec eux.
http://data.over-blog-kiwi.com/0/83/38/12/20170401/ob_c6253a_ynamiscol-cursive-standard.pdf
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Xian_Moriarty
  18 décembre 2012
Ce livre témoignage est vraiment plaisant ! On y découvre la vie d'une femme inuite exceptionnelle tant par son parcours que par les événements qui ont marqué sa vie.
Ce qui m'a le plus marqué, c'est la mentalité inuite. Parfois, elle est difficile à appréhender pour l'Européenne que je suis, mais me parait très adapter au milieu de ces populations.
J'ai eu la grande surprise de découvrir que bien que le Groenland soit un environnement assez pauvre, tout ce qui y vit et y pousse regorge de bienfait. le nombre de plantes qui peuvent être usées pour soigner ou dans l'alimentation est assez impressionnant.
Laura, la femme chamane qui narre, évoque aussi de nombreuses légendes. C'était très intéressant. le rapport à l'ours est extraordinaire, car il apparait comme une entité proche de l'homme. Les pouvoirs magiques qu'ils possèdent sont nombreux.
Outre cela, elle évoque tout un mode de vie : technique de chasse, fabrication de kayak, relations entre parents-enfants, relations gens-chamanes, relations hommes-femmes, nomadisme.
J'avoue avoir été déçu en ce qui concerne le chamanisme, car j'espérai que le sujet soit un peu plus développé.
Ce n'est pas dans mes habitudes d'êtres aussi agressives, mais les personnages des pasteurs protestants me donnaient envie d'en abattre ! Ces gens ont détruit des cultures et des croyances entrainant la perte de savoir et apportant le malheur sur ces peuples. Et dire qu'aujourd'hui encore, on laisse faire ces choses-là ! C'est abject !
Bien que ce texte de pas mal d'années, il est intéressant de voir les inquiétudes de Laura pour son peuple. La modernisation de la société provoque de terribles changements qui influencent de manières très négatives les Inuits. L'alcool est un fléau. Mais d'un autre côté, de nombreux jeunes profitent des bienfaits tels que l'école et reviennent vers leurs traditions pour la sauvegarder.
Un livre extrêmement intéressant que je conseille vivement pour appréhender et comprendre cette population.

Lien : http://0z.fr/yMz-s
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Niele
  03 juin 2017
Daniel Pouget, ethnologue, nous plonge au coeur de l'univers inuit. Plus qu'un récit scientifique, à mi chemin entre la biographie d'une chamane et un roman d'aventure, il nous plonge dans l'univers du nord groenlandais.
Laura la chamane, femme indépendante au caractère fort, raconte son parcours, les légendes, mythes et brosse le tableau des personnages et lieux qui ont marqués son initiation.
Des illustrations de la faune et flore locale principalement aère le récit.
Dépaysement garanti!
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   08 novembre 2017
La vieille femme arriva avec une boîte contenant de la graisse de baleine. Après avoir enduit le vagin de ma mère, et après avoir murmuré des incantations incompréhensibles pour toutes les présentes, elle fit fortement pression sur le ventre.
Ma mère hurlait, et, tout à la fois, riait de satisfaction car j'apparus enfin en poussant, paraît-il, des cris perçants. Selon la coutume, le cordon ombilical fut noué avec une petite aiguille taillée dans la défense du narval. Tout mon corps fut nettoyé des souillures de l'accouchement avec diverses dépouilles d'oiseaux, principalement des mergules de mer et des goélands. Ces dépouilles furent ensuite découpées en petits morceaux qui devinrent des amulettes, que l'on distribua selon les besoins. La très vieille femme qui avait contribué à ma venue au monde demanda, telle une requête à ma mère, que je porte son nom qui était Iglaoüt.
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BenekiwiBenekiwi   20 mai 2017
Je repère un petit groupe de femmes âgées qui, assises devant l'une des maisons, sont occupées à épiler des peaux de phoques: technique que ne pratiquent quasiment plus les jeunes filles. En général, elles portent des vêtements manufacturés.
[...] Les tâches sont bien réparties, certaines sont occupées à retirer toute excroissance de graisse, ceci en utilisant le oulou, le couteau en demi-lune, tandis que d'autres enlèvent les couennes avec leur bouche. Il faut préciser que, la veille, elles avaient pris soin de faire tremper, toute la nuit, ces peaux dans une bassine d'urine, afin que les poils se détachent encore plus aisément et que les peaux ainsi traitées acquièrent une meilleure souplesse, permettant un travail plus aisé.
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NieleNiele   29 mai 2017
"L'âme de cet animal est très puissante: quand on tue un ours, il faut respecter les mêmes coutumes et les mêmes tabous que pour un homme. Pour les chasseurs, la période de deuil concernant l'ours est encore plus longue que pour la perte d'un membre du groupe, elle est environ d'une dizaine de jours. Il faut bien veiller à récupérer ses dents et ses griffes pour en faire des amulettes protectrices, tout comme il faut prélever quelques petits morceaux de sa fourrure qui, cousus à l'intérieur de nos vêtements, nous permettent d'être toujours en contact avec cet animal."
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BenekiwiBenekiwi   20 mai 2017
Un très grand phoque, Tornartek, fut chargé de faire des provisions d'air à la surface pour les lui insuffler dans la bulle. Grâce à ses immenses nageoires, c'est également à lui que revint le droit de coiffer les cheveux de la déesse, lieu de résidence de tous les animaux marins. En démêlant la chevelure, Tornartek faisait tomber les petits phoques qui, pêchés, devenaient de la nourriture pour les Inuit, qui, eux, continuaient à vivre à la surface de la terre. Nous devons la vie à cette imap noukiaka, cette femme de la mer.
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BenekiwiBenekiwi   20 mai 2017
Les esprits du ciel furent alors convaincus de sa puissance, ils la déifièrent en lui donnant le nom de Noulajiouk, la déesse, mère de toute vie marine. Ses doigts coupés se transformèrent aussitôt en de nombreux animaux marins tels les phoques, les morses, les baleines, les narvals... Au début, tous venaient nicher dans ses cheveux, mais ensuite ils construisirent eux-mêmes une bulle d'air ayant la forme de l'igloo pour que Noulajiouk puisse respirer, tout en continuant à vivre, dans les profondeurs glacées.
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