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ISBN : 2264041080
Éditeur : 10-18 (19/05/2005)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Gaston Kelman a ici rédigé un témoignage sur la condition d'être noir dans la société française. Il nous livre sa propre perception des Français d'origine africaine ou Africains de culture française, regrettant parfois d'être lui-même incompris par les autres noirs. Pour lui, un noir est un blanc à la peau foncée. Avec des formules piquantes, Gaston Kelman pointe les a priori que partagent les blancs comme les noirs. L'un de ses chapitres s'intitule : "je suis noir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
carre
  19 juillet 2014
Gaston Kelman s'attaque sans concession à la condition des noirs dans une France multiculturelle mais aussi malgré tout, prête à faire ressurgir un racisme primaire à tout moment (l'affaire Taubira venant rappeler que la route est encore longue et la bêtise universelle). S'appuyant sur les idées reçues, Kelman les démonte une à une, non être né noir n‘est pas une punition et encore moins un handicap. Encore faut ‘il s'en convaincre. Son récit n'est pas un livre anti blanc bien au contraire, il n'hésite pas à renvoyer blancs et noirs dos à dos. Avec beaucoup d'humour mais aussi avec clairvoyance, il met à mal, la difficulté d'intégration. Un témoignage plein d'esprit, d'intelligence mais aussi sans indulgence devant des à priori qu'on aimeraient à jamais disparus.
Je suis blanc n'aime pas le manioc mais j'ai beaucoup aimé le livre de Kelman.
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Iboo
  05 février 2014
Il est toujours plus intéressant de connaître le point de vue de personnes qui "savent" de quoi elles parlent. Et, c'est le cas dans ce pamphlet contre le racisme ordinaire et les véritables raisons des difficultés liées à l'intégration.
D'aucuns considéreront Gaston Kelman dérangeant voire provocateur mais nul ne pourra nier son implication sincère, sa profonde volonté de motiver le peuple Noir à redresser la tête et à s'estimer lui-même pour être, enfin, estimable par d'autres.
"Entre les jérémiades sur les crimes et les injustices dont il a été victime - esclavage et colonisation -, et les rodomontades sur la fierté et la beauté noires, il y a un espace que le Noir doit investir pour être juste un homme pareil aux autres.
Il ne sert à rien de clamer sa fierté "d'exister", de vouloir prouver son humanité à ceux qui en douteraient, à ceux qui la remettrait en cause.
Il faudra bien qu'un jour on se contente d'être noir et que l'on réserve notre fierté à nos réalisations."
L'analyse de Gaston Kelman est sans concession ni pour les Blancs ni pour les Noirs. Il renvoie tout le monde à sa copie et nous parle d'Humanité.
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Lanto_Onirina
  22 décembre 2013
Ce livre a le mérite de défendre l'idée que l'identité, la culture d'une personne ne peuvent se déterminer par les seules naissance et couleur de peau. Et surtout de fustiger la tendance somme toute assez universelle à catégoriser ou caractériser une population donnée selon des à-priori ridicules tels "tu es noir donc tu en as une grosse". Listes d'exemples que l'on pourrait multiplier à l'envi en prenant pour cible les vieux, les jeunes, les homosexuels, les handicapés, les blondes, les pauvres, les riches, les amateurs de jeux vidéos, les femmes au foyer, les gauchers, les Américains, les Japonais, les Black, Blancs, Beurs etc etc. En cela, oui, je suis d'accord avec l'auteur, on ne peut que bondir lorsqu'on entend de tels raccourcis.
Alors certes, de nombreux volets de l'histoire ne sont pas reluisants et montrent des épisodes où des populations sont méprisées parce qu'elles ont le malheur d'être nées comme elles sont nées, où le simple respect auquel chacun a droit a été zappé. Il est bon de ne pas l'oublier. Cela fait partie de l'Histoire et de la mémoire collectives.
Cela dit, si je partage la colère de l'auteur par rapport aux idées préconçues, je suis davantage partagée sur le concept d'intégration qu'il défend ardemment. J'ai peut-être mal lu cette partie du livre (et je la relirai à l'occasion mais pas tout de suite) mais j'ai eu l'impression qu'il soutient le principe et la nécessité d'assimilation parfaite de la culture française dès lors qu'on vit en France. On est tout "blanc" ou tout "noir", culturellement parlant s'entend, il ne semble pas y avoir de milieu. Pour moi, on passe là d'un extrême à l'autre. Je force le trait exagérément pour illustrer le propos, mais l'italien installé en France doit-il éviter de boire du Chianti et lui préférer un Bordeaux pour prouver sa bonne intégration ? Je penche plus pour une culture entre-deux (ou trois ou quatre ou dix, vu l'ouverture des frontières), où chacun pioche librement dans sa culture d'origine et sa culture d'accueil ce qui lui correspond. C'est là qu'est à mon sens l'identité de chacun.
Je passe sous silence certaines blagues de mauvais goût sur les noirs censées illustrer le propos mais je n'en vois pas bien l'utilité, à part peut-être faire hurler tout un chacun et faciliter la prise de conscience de l'anormalité des choses par moments dans la société. Mais globalement c'est un livre intéressant donc, bien qu'il faille selon moi nuancer l'avis de l'auteur pour éviter justement de stigmatiser à l'inverse.
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EFourn
  09 juin 2015
Immigration et intégration sont des sujets délicats. Que l'on soit un habitant d'une petite ville de Lorraine ou un habitant d'Évry, on n'abordera pas ces sujets de la même façon. Comment concilier ces deux communes ? Comment nouer un dialogue entre ces deux France ? Entre Diebling, petite ville du fin fond de la Lorraine (ou j'ai vécu quelques années), blanche, catho, bien ancré à droite, où on y parle encore couramment un dialecte germanique (francique mosellan), et Évry, ville melting pot, de gauche, où j'ai également vécu quelques années. Évry ! Laboratoire du futur, tour de Babel, je trouvais ça formidable ! L'avenir . . . Loin de tous les préjugés qu'on pouvait entendre dès qu'on sortait d'IDF, c'était un lieu où tous nous pouvions vivre ensemble, quelque que soit nos origines, nos confessions, sans que cela pose de problèmes à qui que ce soit, bleu, blanc, rouge, noir, jaune, juif, musulman (voilée ou non), athée, chrétien, bouddhiste ou chamaniste, peu importe. Comme la Jérusalem du début XX ème.
Étant métis, c'est-à-dire ; ayant le cul entre deux chaises, je mesure le chemin qu'il reste encore à parcourir pour que nous puissions tous vivre ensemble, sereinement, et Gaston Kelman oeuvre dans ce sens, en partageant sa propre expérience et en donnant des pistes pour faciliter l'intégration de nos jeunes issus de l'immigration. Des jeunes qui peinent à trouver une place en tant que français dans notre société. Car tant que les français noir de peau seront systématiquement renvoyés à leur négritude, stigmatisés à cause de leur couleur, avec tous les stéréotypes que ça véhiculent, ces jeunes ne pourront pas se sentir français parmi les français, ils ne pourront pas s'intégrer.
L'histoire est un rouleau compresseur qui ne fait aucune distinction, il avance et broie tout sur son passage, que ce soit les mosellans rongés par la peur de perdre leurs repères, ou les Evryens originaires des anciennes colonies qui eux les ont déjà perdus.
Les uns, anxieux, sont entièrement tendus vers cet à venir ; et les autres, endeuillés, entièrement tendus vers ce passé qui chaque jour s'estompe un peu plus.
Le monde actuel est une chrysalide, il est en pleine métamorphose.
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HORUSFONCK
  28 décembre 2017
Voici un livre salutaire, qui a le mérite ne ne pas s'engluer dans une hypocrisie ou une autre.
Gaston Kelman a bossé dans la banlieue sensible et peuplée d' immigrés des pays d'Afrique.
Il fait de l'intégration son cheval de bataille, son espoir, son cri du coeur, sa raison d'être un français comme les autres, voire plus impliqué que certains autres.
Parfois, les exemples cités par l' auteur peuvent sembler outrés.... Ils ne le sont pas tant que cela. La mixité sociale est chose extrêmement délicate, à fortiori avec les population immigrées.
Gaston Kelman, se revendiquant bourguignon, plaide pour un intégration de bon sens dans une relation donnant-donnant et gagnant-gagnant. cela signifie des efforts à faire dans les deux sens, de la part de l'immigré "visible" parce que noir et de la part du blanc souvent captifs de préjugés ou/et de bonne volonté maladroite.
Je suis noir et je n'aime pas le manioc date de 2004, mais son actualité est toujours brûlante. Certains politiques, au lieu de jeter de l'huile sur le feu, feraient bien de tourner les pages de ce livre qui se lit aisément.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
bibliophagebibliophage   09 janvier 2011
Je suis noir et je n'en suis pas fier.
Franchement, je ne vois pas pourquoi je le serais. Tout simplement parce que je ne vois pas de raison à ce qu'on crie sa fierté d'être blanc, jaune, rouge ou noir. Je ne vois pas de raison pour qu'on soit fier d'être noir, et pour le Noir, c'est peut-être même plus que cela.
Je suis noir et j'en suis fier : cette affirmation comme beaucoup d'autres slogans du monde black, nous est venue des USA. James Brown, le talentueux parrain de la soul music a crié un jour : "Say it loud, I am black and proud." ("Dis-le fort : je suis noir et fier de l'être."). Il n'y a rien de plus pathétique pour un peuple que d'être obligé de revendiquer le simple droit à l'existence. Quand un peuple est acculé à crier sa fierté, c'est qu'il ne l'a justement pas encore acquise. Ces déclarations, en fait, sonnent comme un cri de désespoir et de supplique envers ceux-là qui ne reconnaissent pas notre humanité, ou la trouvent inférieure à celle du WASP étalon. Le Noir se sent obligé de clamer qu'il est fier de sa couleur pour essayer de s'en convaincre avant d'en convaincre les autres qui, se dit-il, pensent encore qu'il devrait en avoir honte. Ainsi, dans la bouche du Noir, "je suis fier" équivaut à "je n'ai pas honte". C'est comme si l'on entendait quelqu'un déclarer : 'je suis fier d'être pauvre, malade, handicapé". Je suis fier d'avoir conquis ma fierté parce que l'on m'a longtemps acculé à avoir honte de ma couleur.
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lanardlanard   03 octobre 2016
Aujourd'hui, l'acharnement des professeurs à introduire la culture africaine à l'école, pour que ces enfants ne perdent pas leurs racines et pour qu'ils restent arrimés à leurs origines, est quasi-pathologique.
D'abord, permettez-moi de vous dire qu'il n'existe pas de culture africaine. La similitude entre un cadre de Douala, diplômé, urbain, et un agriculteur du Sahel ou de la forêt équatoriale, analphabète, rural, est la même que celle qui existe entre un cadre suédois ou un golden boy de Manhattan ou de la City et un agriculteur moustachu du sud de la Turquie, un pêcheur de la Tchétchénie ou du Gitan de Bulgarie.
La culture est un élément social et non ethnique même si l'ethnie sert souvent d'espace social d'enracinement à un modèle culturel. Ce cas de figure se retrouve presque exclusivement en milieu traditionnel rural. Dans tous les cas, la culture reste un élément spatial et temporel. C'est la capacité de s'adapter à son milieu et à son temps. Moi, le Francilien, ce qui me relie culturellement à mon cousin qui n'est jamais parti du village d'origine de mes parents (espaces décalés), ou à celui qui vivait dans ce même village il y a un siècle (temps décalés), est certainement plus mince qui ce qui me relie à un Blanc de la région parisienne (espace commun) aujourd'hui (temps commun), ayant les mêmes caractéristiques sociologiques que moi.
(...)
Le problème réside dans le fait que tout le monde confond allègrement culture et valeur. La culture est l'adaptabilité à un milieu et à un moment. C'est la capacité à utiliser les outils (production), les langages (communication), les comportements (vie sociale) locaux pour vivre. La culture c'est hic et nunc, ici et maintenant. Elle est donc intimement liée aux notions d'espace et de temps.
(...)
Les valeurs sont, quant à elles, plus universelles. Celles qu'on attribue le plus à l'Africain sont le respect, la solidarité. Ces valeurs sont reconnues par la totalité du genre humain, du moins je l'espère. Seulement, leur traduction en élément culturels n'est pas la même partout. Ainsi, dans de nombreux pays africains, par respect pour son âge, on ne regarde pas un adulte dans les yeux. En France, quand quelqu'un vous parle, par respect, vous le regardez dans les yeux, qu'il soit votre aïeul ou votre petit-fils. Je me suis laissé dire que quelque part dans le monde (en l’occurrence au Sri Lanka), il existe un peuple qui dit oui en secourant la tête de gauche à droite. Imaginez un membre de ce pays persistant à utiliser cet outil culturel en France!
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bibliophagebibliophage   09 janvier 2011
Ensuite on assume ses choix. On ne les subit pas. [...]
Je suis bourguignon comme ceux qui y sont nés, parce que j'en ai un jour décidé ainsi. Je suis bourguignon parce que je n'avais plus de choix, parce qu'il fallait que je trouve une réponse originale à tous ceux qui me demandent sans arrêt d'où je viens et qui s'attendent évidemment à ce que je leur réponde que je viens d'Afrique ou peut-être des Antilles. Monsieur, me dit-on, votre profil renvoie au Zambèze plus qu'à la Corrèze. Mais je suis Bourguignon. Et si vous tenez tant à vous fier aux apparences, celle de mon nom ferait de moi un Alsacien, un Allemand, un Israélien, un Américain et à force d'être tout, je finirais par ne plus être du tout. Alors, je me contente d'être Bourguignon.
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carrecarre   10 août 2012
Dans un cours de médecine, le professeur demande à une étudiante :
-"Qu'est-ce qui chez l'homme augmente sept fois son volume quand on l'excite ?"
La jeune fille est rouge de confusion et ne réussit pas à s'exprimer. Le professeur se rend compte de son trouble.
"Eh bien, mademoiselle, reprend-il, c'est l'iris de l'oeil. Et ce à quoi vous pensez, permettez-moi de vous mettre en garde. Vous risquez d'aller devant de grosses désillusions".
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carrecarre   22 juillet 2012
Pour beaucoup d'observateurs et au dire même des négriers, l'abolition de l'esclavage n'est pas due à des raisons humanitaires. Elle est due à une banale logique économique selon laquelle la traite désormais trop cher par rapport aux bénéfices que l'on en tire.
Et la colonisation commence.
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Videos de Gaston Kelman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaston Kelman
A l'occasion de l'édition 2016 du Printemps de Montaigu, Gaston Kelman nous présente son dernier livre: "La France, pays de race blanche... Vraiment?", aux éditions Archipel.
Si vous êtes intéressé par ce livre, vous pouvez le commander ici : https://www.librairiesiloelarochesuryon.fr/livre/9359751-la-france-pays-de-race-blanche-gaston-kelman-archipel.
Dans la catégorie : Sociologie des françaisVoir plus
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