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ISBN : 2080116207
Éditeur : Flammarion (28/09/2007)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Quand on sonde le fond de son coeur dans le silence de la nuit on a honte de l'indigence des images que nous nous sommes formées sur la joie.
Je n'étais pas là la nuit où j'ai été conçu. Une image manque dans l'âme. On appelle cette image qui manque " l'origine ". Nous cherchons cette image inexistante derrière tout ce qu'on voit. Je cherche à faire un pas de plus vers la source de l'effroi que les hommes ressentent quand ils songent à ce qu'ils furent avant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Cyril_lect
  06 décembre 2014
Quand on sonde le fond de son coeur dans le silence de la nuit on a honte de l'indigence des images que nous nous sommes formées sur la joie.
Je n'étais pas là la nuit où j'ai été conçu. Une image manque dans l'âme. On appelle cette image qui manque « l'origine ». Nous cherchons cette image inexistante derrière tout ce qu'on voit.
Je cherche à faire un pas de plus vers la source de l'effroi que les hommes ressentent quand ils songent à ce qu'ils furent avant que leur corps projette une ombre dans ce monde.
Si derrière la fascination, il y a l'image qui manque, derrière l'image qui manque, il y a encore quelque chose : la nuit.
Il y a trois nuits.
Avant la naissance ce fut la nuit. C'est la nuit utérine.
Une fois nés, au terme de chaque jour, c'est la nuit terrestre. Nous tombons de sommeil au sein d'elle. Comme le trou de la fascination absorbe, l'obscurité astrale engloutit et nous rêvons en elle. Et si c'est par la nuit qui est en nous, interne, que nous nous parlons, c'est dans la nuit externe, quotidienne, qui semble à nos yeux venir du ciel, que nous nous touchons.
Enfin, après la mort, l'âme se décompose dans une troisième sorte de nuit. La nuit qui régnait à l'intérieur du corps se décompose à son tour dans un effacement que nous ne pouvons anticiper. Cette nuit n'a plus aucun sens pour s'aborder. C'est la nuit infernale.
Ainsi y a-t-il une nuit totalement sensorielle qui précède l'opposition astrale du jour et de la nuit. Nous procédons de cette poche d'ombre. L'humanité transporta cette poche d'ombre avec elle, où elle se reproduisit, où elle rêva, où elle peignit. Elle pénétra irrésistiblement dans les grottes obscures où elle tourna son visage vers des écrans blancs de calcite sur lesquels des images involontaires surgissaient et se mouvaient par la projection de la flamme d'un flambeau. Des millénaires passent. Elles continuent de défiler dans des salles étranges, édifiées dans le sous-sol des villes, où la ténèbre n'est plus divine mais produite artificiellement.
Je ne le fais pas souvent, mais j'ai remis la 4e de couverture qui est elle-même issue de l'avant-propos de Pascal Quignard.
Parce qu'elle dit avec assez de justesse l'ambition de l'ouvrage, et qu'elle donne à voir l'écriture de Pascal Quignard. Une écriture dense mais pas inaccessible, une écriture complexe qui nécessite de prendre le temps, celui de se laisser imprégner par un texte aux ramifications conceptuelles foisonnantes. Chaque phrase semble retourner le sens commun et implique de réécouter chacun des mots et de réenvisager lentement les idées posées sur le papier.
Le format s'y prête d'autant plus que les textes sont courts. Ils permettent des pauses que, de toute façon, l'exploration des chaque image impose, et le vertige qui va avec.
De ce tête-à-tête avec ces images sexuelles, c'est à une introspection que nous sommes invités, à regarder notre propre intimité mentale, de découvrir la puissance agissante de mécanismes qui nous habitent. Que voyons nous lorsque nous regardons ces images ? Qu'y voyons nous ? Qui voyons nous ?
Nous sommes conviés à un véritable dévoilement de nous même, in fine. Ces images comme autant de miroirs, de l'inregardable constamment recherché, de ce manque silencieux qui nous hante. de cette incomplétude inconsolable. de territoires intimes insoupçonnés.
Un ouvrage vertigineux et passionnant.
Bon allez un petit défaut, tout de même : le papier couché est vraiment trop sensible au gras des doigts, même les plus propres.

Lien : http://leslecturesdecyril.bl..
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MarianneDesroziers
  29 avril 2010
Livre d'art, livre de littérature, livre total et magnifique.
Des reproductions de Picasso, Rembrandt, le Tintoret, Magritte, Bellini, Bosh ou Hokusai sur beau papier noir en regard avec le texte de Quignard, comme toujours érudit et vibrant.



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MarianneDesroziers
  29 avril 2010
Il y a trois nuits.
Avant la naissance ce fut la nuit.
C'est la nuit utérine.
Une fois nés, au terme de chaque jour, c'est la nuit terrestre.
Nous tombons de sommeil au sein d'elle.
Comme le trou de la fascination absorbe, l'obscurité astrale engloutit et nous rêvons en elle.
Et si c'est par la nuit qui est en nous, interne, que nous nous parlons, c'est dans la nuit externe, quotidienne, qui semble à nos yeux venir du ciel, que nous nous touchons.
Enfin, après la mort, l'âme se décompose dans une troisième sorte de nuit.
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hhenry
  05 décembre 2018
Pascal Quignard avec cet essai nous emmène dans les noirceur de la vie, mais il nous emmène aussi à l'origine de notre venue sur terre. L'acte sexuel, celui que nous ne verrons jamais. Il part également de mythe, de nuit utérine, de la 4 ème nuit celle de notre mort.
Un essai fort éclairant, quelque fois complexe, mais une plume toujours aussi remarquable!
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
GrapheusGrapheus   30 novembre 2009
Les vraies images sont toujours celles des songes parce que les érections les plus impérieuses ont lieu au cours des rêves.
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DuluozDuluoz   15 juin 2015
Le désir est une chose beaucoup plus -noire, beaucoup plus atroce que les sociétés modernes ne le représente. Le fond du désir est un rayon de ténèbres le désir est la libido de voir quelqu'un qui n'est pas là. La désidératio est la joie de voir l'absent.
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vadelhivadelhi   13 mai 2015
Les grottes furent de ce fait des crânes à rêves c'est-à-dire des utérus reproducteurs des êtres dont les images étaient accrochées aux parois.
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petchpetch   07 juillet 2013
La nuit utérine est en chacun de nous ce que le noir intersidéral prolonge au fond du ciel.
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DLNDLN   27 décembre 2014
La nuit utérine est en chacun de nous ce que le noir intersidéral prolonge au fond du ciel.
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Vidéo de Pascal Quignard
Dans « L?enfant d?Ingolstadt » paru aux éditions Grasset et Fasquelle, Pascal Quignard mélange les contes, l?histoire et la philosophie, pour mieux questionner notre attrait pour tout ce qui est faux, dans l?art comme dans le rêve.
Dans la catégorie : Personnes humainesVoir plus
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