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Jean Renaud (Traducteur)
ISBN : 2264051280
Éditeur : 10-18 (03/03/2011)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 816 notes)
Résumé :
Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale.
Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague.
Les retrouvailles s'annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l'héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.
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Critiques, Analyses et Avis (127) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  18 novembre 2016
Parce que je n'ai toujours pas d'insigne Littérature Grand Nord,
parce que lu en Décembre 2011,
Parce que j'ai rendu "la terre des mensonges" à l'amie qui me l'avait gentiment prêté, et donc pas pu rajouter des citations
Parce que, j'ai découvert cet auteur Anne Birkefeld RAGDE (l'équivalent du Goncourt en Norvège)
Parce que j'ai Adoré ce livre, qui vous parle sans sophistication, sans jambages ...
5 * et mes applaudissements.clap clap clap.
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Crossroads
  02 octobre 2013
Norvège , quelques jours avant le grand déballage de fin d'année , petit papa Noël décide d'offrir un cadeau original à la famille Neshov . En effet , Anna , mère à la poigne de fer et au verbe haut , se meurt . La fratrie , morcelée depuis bien longtemps , se voit désormais dans l'obligation de faire face à l'inéluctable , ensemble , en remisant au placard les vieilles rancoeurs personnelles . Les retrouvailles s'annoncent à l'aune du temps qui sévit sur la vieille ferme familiale aussi chancelante que le sont les rapports unissant ces trois frangins disparates...
C'est Scandinave et pourtant pas l'ombre d'un meurtre . Tout se perd...
Non , le canevas est sans doute beaucoup plus pernicieux puisqu'il évoque l'éclatement d'une famille en plein vol , les traumas persistants d'une enfance passée sous le joug d'une génitrice despotique .
Trois frères .
Trois entités totalement distinctes qui n'ont en commun que leurs origines .
Trois caractères , aux horizons divers , forgés à l'ombre d'une figure tutélaire aussi dure que le bois des forêts environnantes .
Le maître mot de ce premier opus , patience .
Une histoire qui ne se livre pas immédiatement mais s'appréhende au gré des quatre protagonistes que l'auteure dépeint fort justement sur deux bonnes centaines de pages .
Radge pose des bases d'une rare solidité .
De Magido , oeuvrant dans les pompes funèbres , à Erlend , homosexuel comblé et avec Krumme son compagnon et dans son boulot de décorateur de vitrine ; de Tor , fils aimant tentant tant bien que mal de tenir la ferme , à Torunn , sa fille exilée depuis bien longtemps avec qui il entretient de bien piètres rapports , quatre personnages forts , complexes , finalement très attachants malgré leurs dissemblances .
Un récit de prime abord aussi haletant qu'un 100 m entre Derrick et Navarro et pourtant , quel plaisir d'évoluer au sein de cet environnement rarement d'une gaieté folle , souvent conflictuel mais finalement empreint d'une étonnante douceur narrative , la palme en revenant à Erlend l'excentrique et la sage Torunn , sa nièce nouvellement intégrée qui cravache dur pour recomposer une famille qui n'en a plus que les apparences .
Un premier tome ultra convaincant avec un twist final vraiment bien amené qui finit , si besoin était , de persuader le lecteur de poursuivre plus avant la découverte des Neshov et de leurs aventures terriennes...
La Terre des Mensonges : ugs due fleu de moete ! *
* Fallait prendre Norvégien deuxième langue ;)
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gouelan
  09 janvier 2017
Dans la famille Neshov on n'est pas du genre à s'offrir des cadeaux de Noël. La famille est morcelée. Seul l'un des trois frères, Tor, est resté à la ferme avec pour seule compagnie, sa mère tyrannique, son père transparent, et ses cochons.
Pourtant, cette année-là, Anna la mère réussit l'exploit, bien malgré elle, de réunir la fratrie dans cette ferme où le temps semble s'être arrêté, où les gestes et les paroles ne s'offrent jamais de coquetterie, de légèreté ou de tendresse, depuis que le grand-père est mort.
La neige recouvre cette terre de mensonges, en même temps qu'elle atténue les cicatrices qui se dessinent sur les murs du corps de ferme. Mais la crasse est bien là, à l'intérieur.
Portraits des trois frères qui vivent tant bien que mal avec ce fardeau dont certains ne connaissent pas le secret. Torunn, la fille de Torr, va essayer de trouver sa place dans cette famille compliquée où tout est bancal. Peut-être est-elle la clé de l'équilibre familial ?
La mère meurt et n'impose plus sa loi. Le bouclier du silence se fissure. Sauront- ils trouver la force de ressouder leurs liens alors que leur famille ne ressemble à aucune autre ?
Avec cette atmosphère feutrée de neige, on avance tout doucement dans la découverte de la famille Neshov.
Comme le dit Pyrouette, il faut enfiler sa polaire pour profiter du paysage sans se geler, mais aussi sa combinaison et ses bottes pour pénétrer dans le quotidien de la ferme. Gare aux éclaboussures et aux odeurs ! Une ferme qui, malgré son côté sombre et sauvage, nous éblouit, avec ses étoiles de glace au coin des fenêtres, qui balaient bien vite les effroyables toiles d'araignées, les tas de poussière et d'immondices.
La vie pourrait y être merveilleuse si le poids du passé n'était pas si lourd, comme de la neige entassée sur le toit de la ferme, prêt à s'écrouler. Il en faudra des pelles pour évacuer tout ça. Vivement que quelqu'un pense à accrocher une gerbe de blé à l'arbre dans la cour, et à apporter le riz au lait pour le lutin dans la grange, pour que l'avenir sonne sur une note plus joyeuse.
J'attends avec impatience de recevoir les prochains tomes pour m'immerger à nouveau dans cet univers scandinave pétillant de tristesse mais aussi de douceur, comme de la ouate sur les maux.
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jeunejane
  18 octobre 2017
Dans ce premier volume, nous faisons connaissance avec la famille Neshov en Norvège dans le village de Trondheim.
- Margido nous est d'abord présenté: célibataire, responsable d'une entreprise de pompes funèbres, il a très peu de contacts avec sa famille toute proche géographiquement.
- Ensuite, nous pénétrons dans la ferme des Neshov, la maison familiale où vit Tor, le second fils. Il a repris la ferme, a revendu son quota laitier et élève des porcs.
L'auteur nous explique d'ailleurs en long et en large les grands soins qu'il apporte aux truies et aux petits.
C'est une toute petite vie étriquée, réduite à compter toutes les dépenses , qu'il vit en compagnie de sa mère Anna et de son père présenté sans respect, comme un homme mis à l'écart.
Un matin, la mère ne se lève pas et Tor va voir son état empirer d'heure en heure jusqu'à devoir la transporter à l'hôpital avec l'aide du père.
- En troisième lieu, nous est présenté Erlend, le plus jeune frère. Il est décorateur à Copenhague et apparaît comme très raffiné avec des goûts artistiques très prononcés.
Il vit heureux, avec un rédacteur en chef d'un journal danois depuis onze ans. Il n'est plus retourné dans son village depuis très longtemps.
- Torun, la fille de Tor, venue au monde tout à fait accidentellement et rejetée par la mère de celui-ci qui ne voulait pas de cette petite fille, ni d'une belle-fille.
Nous voyons cette famille tout à fait étonnante évoluer sous nos yeux, tout à fait séparés et puis réunis par les circonstances liées à la fin de la mère.
L'auteur ne nous épargne aucun détail, les beaux comme la décoration d'Erlend, les laids comme le transport de la mère à l'hôpital, les affectueux comme la rencontre de la nièce et de son oncle Erlend, les cruels comme le rejet de l'homosexualité d'Erlend, les inattendus de la fin mais là je dois les taire et pourtant c'est un secret familial pareil à une bombe qui se cache derrière le père, le grand-père et la mère.
On comprend que ce n'est pas terminé et je continuerai sans hésiter l'histoire des Neshov.
Anne B Radge a vraiment un talent atypique et attirant.
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pyrouette
  27 juin 2013
Pour vous parler de ce roman et ce, malgré les températures clémentes de ma région et l'été qui débute enfin, j'ai enfilé le polaire, vous savez, ce genre de pull informe qui tient bien chaud…. J'aurais pu aussi enrouler l'écharpe autour de mon cou, enfoncer le bonnet péruvien sur ma pauvre tête, et essayer d'atteindre les touches du clavier avec les moufles, car, toujours aussi traumatisée par mon dernier séjour dans une région aussi froide qu'hostile, il suffit d'une photo, d'une phrase, d'une parole sur la neige, la montagne ou la campagne pour que mon sang se glace aussitôt. J'ai lu cette histoire passionnante qui me sert de thérapie (le mal pour combattre le mal) au fond de ma couette uniquement. Ah vous voulez savoir de quoi ça parle ? D'une ferme en Norvège où je suis rentrée en compagnie de Tor qui vit avec ses parents. Il s'occupe d'un élevage de porc et ce matin-là il est inquiet car sa mère ne s'est pas levée. Pour vous donner l'eau à la bouche parce que je partage…. Il va laisser sa mère plusieurs jours dans son lit et dans ses excréments avant d'appeler les secours. le père qui a perdu une partie de son dentier dans la grange, sale comme un pou, est relégué dans une pièce de la ferme, mis en quarantaine par sa femme et son fils. Bref bienvenue dans le monde primaire, crasseux et restrictif de Tor qui s'effondre à la mort de la mère. Je ne vous raconte pas la suite captivante, entre les mensonges, les secrets et la vie des uns et des autres. Et dire qu'il y a deux tomes après celui-ci. Ma famille risque de trouver bizarre de me voir couverte comme en plein hiver mais c'est le prix à payer pour connaître l'épilogue de cette histoire. L'auteur est spécialiste des petits détails du quotidien qui vous font rentrer directement et sans détour dans son univers.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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critiques presse (2)
Lexpress   13 août 2012
Cette saga raconte la plus simple des histoires : la vie de trois frères nés dans une ferme perdue aux confins de la Norvège. Peu de chose, mais une oeuvre d'une telle intensité qu'Anne B. Ragde parvient à s'imposer comme une digne héritière de son compatriote Knut Hamsun.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   09 juillet 2011
Un roman taillé dans la glace, qui analyse magistralement la complexité des relations familiales.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
diablotin0diablotin0   06 novembre 2017
Il serra plus fort le goulot de la bouteille de whisky.
Elle avait été achetée dans l'exubérance de la joie de Noël, elle trainait maintenant sur la paille et les copeaux et avait pour but de le consoler d'un chagrin.
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diablotin0diablotin0   04 novembre 2017
Il suivait toujours la routine à la lettre, c'était source de grande liberté. Cela libérait d'autres pensées.
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ZebraZebra   24 mai 2015
page 226 [...] Erlend s'assit sur la chaise libre. Dehors il neigeait, ce dont normalement il se serait réjoui. Il regarda la main de sa mère et s'aperçut soudain qu'il la reconnaissait, bien qu'elle ait vingt ans de plus. Ses ongles, la manière dont ils étaient courbés au bout, leur éclat, même s'ils paraissaient plus bleus. Mais ils brillaient toujours, quoiqu'elle n'y fasse rien, ne les nettoie ni ne les vernisse. Il glissa le bout de ses doigts sous les siens, ils étaient glacés.
- Si on lui mettait les mains sous la couette ? suggéra-t-il.
- Pas les deux en tout cas, elle est accrochée par ici.
Un tuyau transparent partait du dos de sa main et montait vers une poche suspendue à une potence.
- Perfusion, dit Margido.
- On peut lui rentrer celle-ci quand même. Elle a froid.
Son bras était un poids mort, lourd. En soulevant la couette, il regretta son initiative, il n'avait aucun droit de la prendre. Si elle se réveillait, elle serait furieuse qu'il revienne vingt ans plus tard pour la commander.
- Et toi, alors ? demanda Margido.
- Moi ? ça va très bien. Je suis décorateurs de vitrines. Maintenant je ne fais plus que les chics, je suis bien connu sur la place.
Il éprouvait un réel besoin de se vanter. Il était peut-être, en définitive, celui qui avait le mieux réussi de tous. Et Margido aurait bien pu aller le chercher à l'aéroport.
- J'habite en plein centre de Copenhague. Dans un sublime appartement mansardé, ajouta-t-il.
- Tu es toujours le même.
- Vraiment ?
- Je suppose que tu n'es pas marié, avec des enfants ?
- Je n'ai pas d'enfants, mais je suis pratiquement marié.
- Bon sang ! Je n'aurais jamais cru que ...
- Avec un homme. Rédacteur en chef d'un grand journal.
- C'est bien ce que je pensais.
- Et toi ?
- J'ai une entreprise de pompes funèbres.
- Pas marié sinon ...
- Non.
- Et Tor ?
- Il a une fille.
- Et je suis devenu oncle ! Tu te rends compte. Et toi aussi. Mais tu le sais sans doute depuis toujours. Moi je n'étais qu'un petit mioche dans ce temps-là. Tard venu. Elle habite où ?
- A Oslo.
- Elle vient souvent ici ?
- C'est la première fois, à ma connaissance.
- Oh, Seigneur ! C'est vrai ? Oups. Excuse-moi ! J'ai oublié qu'on ne doit pas prononcer le nom de Dieu ... à tort et à travers, hein ?
- Ne t'en fais fais pas. Oui, je crois que c'est la première fois qu'elle vient.
- Alors Tor n'a pas vraiment été "papa", si je puis dire.
- Pas vraiment, non. Il s'occupe de la ferme et ne fait pas grand-chose d'autre, je pense. Des cochons maintenant. Les vaches, c'est fini. Pas rentable. [...]
+ Lire la suite
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gouelangouelan   06 janvier 2017
Or la neige de Noël, il ne s'en passerait jamais. C'était l'ingrédient optimal, qui pouvait tout recouvrir et cacher à la vue, et rendre même le manque d'ambiance de Noël sans importance. C'était en soi quelque chose de symbolique et de vrai, bien que ce ne soit rien d'autre que de l'eau gelée, comme disait Krumme. Gelée en forme d'étoiles, rectifiait toujours Erlend. Ce n'était pas par hasard que l'eau se transformait en étoiles de glace symétriques, c'était la nature qui voulait réjouir les hommes. Et l'eau elle-même voulait être plus belle qu'une simple boule et prenait une forme de goutte.
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mesrivesmesrives   03 décembre 2015
Il comprenait bien que les gens veuillent du lait pur, tout comme lui quand il ouvrait un pack. Mais il ne supportait pas ce travail. Il n'aimait pas laver les mamelles, n'avait jamais aimé ça. Pour lui c'était un travail de femme, même s'il avait lavé les mamelles depuis qu'il était gamin pour aider sa mère, et qu'il avait appris que le cinquième petit trayon, sans lait, que certaines vaches possédaient, s'appelait le trayon de Marie. Sa mère ne savait pas pourquoi, ne lui avait pas fourni d'explication. Il avait une camarade de classe prénommée Marie et qu'il observait souvent en cachette, comme si elle l'avait su s'il lui avait posé la question.
Mais les vaches lui laissaient aussi beaucoup de regrets. Ne serait-ce que d'aller les retrouver à l'étable, comme il venait maintenant auprès des cochons. L'odeur et le bruit des vaches. Le beuglement des jeunes boeufs, les mugissements stridents et impatients, le mufle chaud des veaux qui lui happaient les doigts, confiants et voraces. Et les yeux des plus vieilles vaches, il aimait tant la manière dont ils se posaient sur lui, grands ouverts et d'un marron brillant au-dessous de la frange. Les mâchoires étaient chaudes et rudes au toucher. Il faisait toujours une ronde et passait les voir toutes après la traite, avant de se mettre à l'ouvrage à la buanderie. Il avait le sentiment de vouloir leur rendre quelque chose, autant qu'elles-mêmes donnaient. Elles restaient debout, indolentes, puisant dans leur stupide réserve, sans qu'il croie pour autant qu'elles étaient bêtes. Il arrivait parfois qu'une vache au pâturage, l'été, veuille rejoindre l'endroit où broutaient les veaux et retrouver le sien. Elle était terrifiée à l'idée de la clôture électrique, et pourtant elle s'armait de courage et se frayait un chemin à travers la clôture, faisant céder les fils et les poteaux. Il était impressionné par le fait que la vache surmonte ainsi sa peur, que la force de ses instincts maternels lui permette de franchir tous les obstacles. Sa propre mère aurait-elle pu faire cela quand il était petit, si on lui avait enlevé son enfant? Oui, sans doute, mais elle n'en avait pas eu besoin. Et maintenant elle l'avait encore, tout le temps. Et quand il pensait à la vache...Bien sûr, beaucoup diraient que les instincts ne sont pas les sentiments, mais quand même. Il avait été curieusement ému, bien qu'il ait eu énormément de mal à ramener la vache et à réparer la clôture. Une telle témérité ciblée l'impressionnait un peu malgré lui, et c'était ce qui l'amenait à penser que les vaches n'étaient pas franchement bêtes.
Ce qu'il regrettait d'ailleurs aussi, c'était de ne plus les voir dehors à la belle saison. Leurs grands corps réguliers si paisibles. Les petits veaux aux longues pattes et à la peau rugueuse, les génisses carrées et luisantes, les mufles et les langues en action sur le coteau, les queues qui s'agitaient sans cesse pour chasser les mouches, le pas lent qui les menait plus loin vers des touffes d'herbe plus verte.
Désormais il ne pénétrait plus jamais dans une étable. Il n'allait pas dans les fermes voisines, ne connaissait personne suffisamment bien pour entrer, voir et discuter. Il aurait volontiers longé les râteliers avec des têtes de vache de chaque côté, envoyé du pied un peu de foin du silo aux bêtes, les aurait vues manger et piétiner, boire avec satisfaction et passer la langue d'un coin de la bouche à l'autre, incliner la tête vers la voisine, pour la narguer un peu ou simplement sentir sa présence. Il les aurait caressées, leur aurai parlé. Naturellement.
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