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ISBN : 2266249347
Éditeur : Pocket (16/10/2014)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Abreuvés d'images violentes, confrontés à une société en crise, on n'imagine pas la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu'une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière. Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l'écono... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  09 novembre 2013
Mathieu Ricard est le fils du célèbre philosophe Jean-François Revel.
Il est moine bouddhiste depuis de nombreuses années après avoir exercé une brillante carrière de biologiste.
Il nous présente ici les bienfaits et l'importance d'une vertu délaissée depuis longtemps dans nos sociétés occidentales individualistes. il s'agit de l'altruisme.
L'altruisme est devenu à ses yeux une urgence qui nous permettra d'éviter bien des écueils (spéculation, écart grandissant entre les pauvres et les riches..)
A cet égard il est intéressant de constater que le terme "altruisme", dérivé du latin "alter" (autre) a été utilisé pour la première fois au 19ème siècle par Auguste Comte, l'un des pères de la sociologie et le fondateur du positivisme.
C'est une belle analyse que nous propose le moine-biologiste ici et la lecture de ce livre nous permet de rêver à un monde meilleur où il y aurait justement plus d'altruisme.
On ne peut qu'espérer que ces préceptes seront mis en application.
Commenter  J’apprécie          371
colimasson
  16 avril 2015
Le prêt-à-penser se donne des lettres de noblesse en passant du volume du post-it au volume du grimoire. Si on peut facilement accuser un ouvrage court de médiocrité, il faut nécessairement se montrer plus circonspect dans le cas d'un ouvrage qui frôle le millier de pages : la quantité peut rapidement être assimilée à la qualité lorsque le doute empêche de cibler précisément les intentions d'un auteur. On ne reparlera pas de celles, très louables, qui donnent leur titre au livre, quoiqu'on puisse s'interroger sur les dispositions préalables d'un être humain qui pense qu'il est nécessaire de nous assommer pour nous convaincre des bénéfices (comme on tiendrait un livre de comptes) de l'altruisme. Est-ce à dire que Matthieu Ricard s'épanche en mots, proportionnellement à l'ardeur du parcours qu'il a dû mener lui-même pour passer d'un égoïsme forcené à cet altruisme divinisé ? Ou est-ce à dire que Matthieu Ricard se fait une bien faible opinion de la masse à laquelle il destine son livre, et qu'il juge d'emblée incapable de bon sens ?

La deuxième hypothèse semble malheureusement être la plus probable. Il suffit de lire les arguments déployés dans la première partie du livre pour en être convaincu. Je relève quelques titres de chapitre qui illustrent la portée des interrogations soulevées par Matthieu Ricard : « L'altruisme n'exige pas de « sacrifice » », « Est-il nécessaire de ressentir ce qu'autrui ressent pour manifester de l'altruisme à son égard ? », « Les bienfaits de l'empathie ». L'altruisme, certes, mais après s'être rassuré quant à son innocuité pour notre confort.

Matthieu Ricard fait encore plus fort dans la seconde partie. Il n'hésite pas à se servir d'arguments à portée scientifique et à détourner les observations et résultats de certaines expériences dites scientifiques pour aboutir à cette illusion que la science corrobore l'idée selon laquelle l'altruisme ne doit pas se limiter aux individus les plus proches. On peut lire ci-dessous un exemple montrant sans aucune pudeur qu'un des intérêts de la science est de pouvoir lui faire dire n'importe quoi -et surtout ce dont on est généralement soi-même persuadé :

« La nécessité de cette nouvelle formulation [de la théorie d'Hamilton de sélection de parentèle] était double : disposer d'une théorie qui transcende les limitations de celles d'Hamilton en ce qui concerne l' « altruisme étendu » et prendre en compte le nombre croissant d'exceptions à la théorie de la sélection de parentèle. »

Matthieu Ricard ne s'embarrasse pas toujours de ces références scientifiques. Il est parfois plus facile d'affirmer péremptoirement des croyances personnelles en les faisant passer pour des vérités d'ordre général :

« La tendance à être bienveillants envers nos enfants et nos proches aurait non seulement joué un rôle majeur dans la préservation de notre espèce, mais serait également à l'origine de l'altruisme étendu. »

A en croire Matthieu Ricard, nous devrions donc tous être naturellement altruistes : c'est bon pour la santé, pour la longévité et pour la communauté. le serpent risque de se mordre la queue : à quoi bon écrire un livre poussant à la conversion altruiste si tout le monde devrait déjà l'être naturellement ? C'est qu'il existe de monstrueuses aberrations qui feront l'objet de la suite de l'argumentation de Matthieu Ricard. Ici, il s'ingéniera à démontrer que les non-altruistes sont soit fous, soit psychopathes, soit arriérés. Puisqu'il faut bien dénoncer des coupables de manière non-exhaustive, Matthieu Ricard désignera les psychanalystes, Ayn Rand et ce bon vieux Nietzsche, dont il fout en l'air tout le génie en extirpant une phrase du philosophe en dehors de son contexte (« La morale, cette Circé de l'humanité, a faussé, a envahi de son essence, tout ce qui est psychologie, jusqu'à formuler ce non-sens que l'amour est quelque chose d' « altruiste ») et en précisant qu'elle a été écrite « peu avant que [Nietzsche] perde définitivement la raison ». Voilà qui est rassurant : nous pouvons haïr pacifiquement les chantres malheureux désignés aléatoirement par ce fichage anti-égoïsme.

Dans la partie suivante, Matthieu Ricard nous montre comment l'altruisme pourrait être utilisé à profit dans le cadre de la sauvegarde environnementale et écologique. Cette partie et la suivante, qui s'efforce de montrer ensuite comment l'altruisme pourrait permettre aux sociétés politiques et économiques de s'améliorer, sont louables, même si elles s'embarrassent de raccourcis et d'hallucinations qui nous portent parfois à croire que Matthieu Ricard vit dans un monde parallèle au nôtre (« Les leaders des pays démocratiques qui peuvent être démis de leurs fonctions par le vote populaire sont moins enclins à s'engager dans des guerres absurdes et nuisibles »), allant parfois jusqu'à faire l'éloge de la mondialisation. Sa vue semble un peu courte puisque, dans une partie intitulée : « Les défis qu'il reste à surmonter », la conclusion la plus brillante qu'il ne parvient pas à dépasser est la suivante : « En résumé, les guerres causent plus de souffrance chez les victimes d'une agression qu'elles n'apportent de bien-être aux agresseurs ». Il fallait bien se taper 800 pages pour en arriver là. Entre ces affirmations détonantes, on pourra toutefois trouver à profit des références qui permettront d'approfondir la question d'une refonte des sociétés par la mise en place de systèmes laissant une plus grande place à la bienveillance, à la coopération et à la mutualité.

Maintenant que je suis devenue altruiste, je peux vous faire une recommandation : ne perdez pas votre temps avec ce livre. Passez directement à la liste bibliographique si le sujet vous intéresse, ou fiez-vous à votre intuition qui devrait vous porter spontanément vers des auteurs qui ne se sentent pas obligés de se constituer en figure de l'altruisme pour donner de l'autorité à leur discours.

Quelques autres petits extraits succulents pour vous dissuader de cette lecture -et surtout pour prendre conscience de l'utilitarisme qui ne se reconnaît pas et qui sous-tend pourtant toute l'argumentation du livre :
Citation :
« Lorsque je m'engageai dans la méditation sur l'amour altruiste et la compassion, Tania constata que les réseaux cérébraux activés étaient très différents. En particulier, le réseau lié aux émotions négatives et à la détresse n'était pas activé lors de la méditation sur la compassion […]. »

Citation :
« Les données scientifiques collectées au cours des deux dernières décennies ont montré comment l'amour, ou son absence, modifie fondamentalement notre physiologie et la régulation d'un ensemble de substances biochimiques, substances qui peuvent même influencer la façon dont nos gènes s'expriment au sein de nos cellules. »
D'autres passages nous laissent quant à eux deviner le potentiel d'extrême violence que peut contenir l'idée d'amour pour son prochain. Une des premières étapes de l'affirmation de cette violence, ne serait-ce pas la catégorisation des individus afin de légitimer le bouc-émissariat, éventuellement aussi de se déresponsabiliser ?
Citation :
« Une étude de Swank et Marchand, toujours concernant la Seconde Guerre mondiale, a révélé que les quelque 2% de soldats capables d'endurer des combats ininterrompus pendant de longues périodes de temps présentaient des profils de psychopathes agressifs. »

Lisons plutôt Emil Cioran : plus bref, laissant plus de place à l'humaine ambivalence et ne commettant pas l'erreur de confondre altruisme et morale :
« La générosité est incompatible avec la morale, cette rationalité des habitudes de la conscience, cette mécanisation de la vie. Tout acte généreux est insensé, témoignant d'un renoncement impensable chez l'individu ordinaire, qui se drape dans la morale pour cacher sa vulgaire nullité. Tout ce qui est réellement moral commence après que la morale a été évacuée. »

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Sam-o-trace
  26 septembre 2013
Lire Mathieu Ricard est une porte sur la sérénité de l'esprit et une marche vers le bonheur de l'âme. le regard s'ouvre sur des perspectives à redécouvrir par chacune et chacun. Notre regard sur les humains que l'on croise est totalement modifié, en ce sens qu'on ne se contente pas de les voir ou de les apprécier de manières diverses, mais qu'on se découvre une empathie pour les souffrances de l'Autre, quel qu'il soit. On prend plus de recul. On regarde vraiment l'Autre. Nos irritations mal réprimées se fondent dans une nouvelle approche de nos relations à autrui et nous nous sentons mieux dans notre peau et dans notre vie.
Il faut lire aussi "Le Moine et le Philosophe" où Mathieu Ricard et son père le philisophe Jean-François Revel, dissèquent les comportements humains sous la forme d'un dialogue. Ecrit il y a bientôt vingt ans, ce livre remarquable reste d'une étonnante actualité.
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mazou31
  08 mars 2015
Écrit par un homme d'exception, Matthieu Ricard, scientifique, bouddhiste, interprète et confident du Dalaï-lama, ce livre fait partie des oeuvres qui vous marquent à vie et que l'on conserve près de soi comme un talisman ou, plus prosaïquement, comme un référentiel.
Démonstrations à l'appui, oui, l'altruisme existe et, contrairement aux apparences, existe congénitalement chez l'homme. MAIS les forces contraires sont puissantes, néanmoins pas invincibles.Ces forces contraires, compilation des maux de notre société, sont analysées avec rigueur et précision. Certaines, le mépris et l'exploitation irresponsable de notre planète, nécessitent même très vite une réaction musclée. Mais le chemin du bonheur, dont on s'éloigne de jour en jour, peut être retrouvé si l'on ose croire en l'altruisme et en favoriser l'expansion. Si l'on ose remettre l'économie sur la voie de la raison et de l'intérêt général, sur la voie d'une économie rationnelle. Si l'on ose prendre en compte le sort des générations futures et modifier notre exploitation de la planère qui sera la leur demain. Ce livre aborde tous les aspects de notre monde, sans jugement arbitraire, sans déclaration docte et ambitieuse, sans solution pseudo religieuse. Mais il ne chante pas non plus le refrain “Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”. Conforté par les plus grands cerveaux du siècle, il nous rend conscient de la formidable richesse intérieure de l'être humain et de son aptitude à savoir tourner avant d'arriver au ravin. Un livre dense, pédagogique, synthétique malgré ses 900 pages, qui a surtout le mérite inestimable de vous faire croire en vous, homo sapiens, et de vous rendre meilleur et plus intelligent quand on le referme.
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joel87
  08 janvier 2015
Comment vous dire ... Matthieu Ricard a accompli ici un travail titanesque. Plus qu'un simple plaidoyer, ce livre se révèle être une méta-analyse exhaustive (ou peu s'en faudrait) des comportements humains et de leurs multiples répercussions. En clair, on s'intéresse ici au combat
ALTRUISME VS ÉGOCENTRISME.
Bon, pas de suspens non plus. On se doute bien de quel côté penche le moine bouddhiste. Mais ce qui fera la force (et tout l'intérêt) de cet ouvrage, c'est que loin de se contenter d'une approche philosophique ou d'un quelconque discours prosélyte, le traducteur officiel de Sa Sainteté le Dalaïlama confronte le plus honnêtement possible ses convictions aux arguments des détracteurs en tous genres.
Vous pensez que l'égocentrisme est inéluctable chez l'homo sapiens ? Vous vous êtes résigné à penser que "l'Homme est un loup pour l'Homme" ? de nombreux scientifiques toutes disciplines ou presque confondues ont prouvé le contraire. Quant aux citations, de Sénèque à Martin Luther King Jr on découvrira que l'optimisme est tout autant de rigueur chez les intellectuels.
Les angles d'attaque sont multiples et éclectiques (biologie, éthologie, culture, éducation, religion... ). En refermant ce livre, le lecteur lambda un tant soit peu honnête n'aura d'autre choix que de comprendre que chacun de nos actes, même le plus anodin, nourrit l'un ou l'autre protagoniste d'un duel dont l'issue impactera sur les fondements mêmes de la vie sur Terre.
Néanmoins, malgré mon enthousiasme, je reste quelque peu perplexe quant à la portée réelle de ce livre sur la population. Ceci tient dans sa taille. Si ces presque 800 pages renferment un trésor pour l'humanité, en venir à bout représente un réel effort même pour un convaincu. Or, ne peut-on pas craindre que cet effort rebute beaucoup de lecteurs potentiels (tant adeptes que détracteurs du reste), reléguant l'ouvrage à une base de données, certes des plus utiles et renseignées, mais ratant la cible du grand public ?
J'espère que non.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   08 juin 2015
Une œuvre très profonde et très détaillée qui mérite que l’on y consacre du temps.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
caravellecaravelle   08 février 2015
Dans la bulle de l'ego, la moindre contrariété prend des proportions démesurées. L'étroitesse de notre monde intérieur fait qu'en rebondissant sans cesse sur les parois de cette bulle, nos états d'esprit et nos émotions s'amplifient de manière disproportionnée et envahissante. La moindre joie devient euphorie, le succès nourrit la vanité, l'affection se fige en attachement, l'échec nous plonge dans la dépression, le déplaisir nous irrite et nous rend agressifs. Nous manquons des ressources intérieures nécessaires pour gérer les hauts et les bas de l'existence. Ce monde de l'ego est comme un petit verre d'eau : quelques pincées de sel suffisent à le rendre imbuvable. A l'inverse, celui qui a fait éclater la bulle de l'ego est comparable à un grand lac : une poignée de sel ne change rien à sa saveur.
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MrtnMrtn   28 décembre 2013
Nous sommes tous un mélange de qualités et de défauts, d'ombre et de lumière. Sous l'emprise d'une paresse malveillante, il est sans doute plus facile de renoncer à devenir meilleur que de reconnaître l'existence de la bonté humaine et de faire des efforts pour la cultiver. C'est pourquoi, quand on est témoin de cette beauté, mieux vaut s'en inspirer que la dénigrer et faire de son mieux pour lui donner une plus grande place dans notre existence
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colimassoncolimasson   28 décembre 2015
Les télomères sont des segments d’ADN situés à l’extrémité des chromosomes. Ils assurent la stabilité des gènes lors de la division cellulaire, mais sont raccourcis chaque fois que la cellule se divise. Lorsque la longueur du télomère diminue au-dessous d’un seuil critique, la cellule cesse de se diviser et entre graduellement dans un état de sénescence. Les télomères sont toutefois protégés par une enzyme appelée télomérase. Ainsi, le vieillissement des cellules de notre corps, notre santé et notre longévité sont affectés par le taux d’activité de télomérase.
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colimassoncolimasson   25 avril 2015
« Les données scientifiques collectées au cours des deux dernières décennies ont montré comment l’amour, ou son absence, modifie fondamentalement notre physiologie et la régulation d’un ensemble de substances biochimiques, substances qui peuvent même influencer la façon dont nos gènes s’expriment au sein de nos cellules.
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colimassoncolimasson   07 janvier 2016
Dans les élevages industriels, la durée de vie des animaux est d’environ 1/60e de ce qu’elle serait dans des conditions naturelles. C’est comme si l’espérance de vie d’un français n’était que d’un an et quatre mois.
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