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Henri Robillot (Autre)
EAN : 9782070374229
320 pages
Éditeur : Gallimard (17/11/1982)
3.53/5   93 notes
Résumé :
David Kepesh, jeune professeur (très doué) de littérature comparée, est resté un étudiant (tout aussi doué) en érotisme comparé. Sa devise est celle de Byron : « Studieux le jour et la nuit licencieux. » Son étude approfondie du désir passe d'abord par des jeux scabreux avev Bettan et Birgitta, jeunes Suédoises aventureuses, puis le plonge dans l'exotisme et la passion avec Helen, belle, mystérieuse, insaisissable. Il épouse son héroïne mais se retrouve perdu dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Marpesse
  18 juin 2013
David Kepesh, qu'on connaît dès son enfance au début du livre, nous raconte ses amours et désirs, de ses années d'étudiant à celles où il devient professeur de littérature comparée. Lecteur de Tchékhov, de Kafka, de Colette, il mène ses recherches universitaires et littéraires sans les dissocier de sa vie amoureuse : parti pour vivre une histoire avec Elisabeth Elverskog, une Suédoise, il rencontre une de ses amies, Birgitta, la délurée, la perverse, jeune femme très portée sur le sexe là où Elisabeth est plutôt chaste. Il les abandonne toutes deux, l'une ayant tenté de se suicider et l'autre étant prête à le suivre aux USA où il doit retourner. L'aventure sexuelle n'est pas l'amour...
Après ces aventures, il va rencontrer sa première femme, Helen, et il sait dès le départ que leur caractère les oppose, mais ils se marient quand même et, dès cet instant, c'est la descente aux enfers, les disputes incessantes, les désaccords pour des toasts, des lettres non postée, le quotidien usant et terne : Helen met en avant le fait qu'elle aurait pu vivre une autre vie avec un homme riche, Jimmy, qu'elle a quitté quand il proposait de se débarrasser de son épouse. Culpabilité, reproches... Ils se séparent enfin, David est en miettes, privé de son désir, dans une dépression qu'il tente de soigner sur le divan.
Beaucoup plus lucide sur l'amour et le désir, il rencontre finalement Claire, de dix ans sa cadette. Son recul lui fait voir dès le début que cette passion mourra un jour, très vite, bientôt, et chaque instant vécu porte le poids de cette fatalité contre laquelle il lutte pourtant. David sait, il l'a appris, que son désir est volatile, qu'une fois posé, il cherche ailleurs... Pourtant, Claire est la femme parfaite : toutes ses qualités ne vont-elles pas devenir des fardeaux pour lui?
L'angoisse, l'anticipation gâchent déjà le présent,elles bannissent aussi les instants de bonheur.
Et puis, il y a cette famille juive dont il est issu, la peur de la mort des parents, la perte inévitable qu'il éprouve déjà à la mort de sa mère. Les dernières lignes sont très belles, parce qu'on comprend que ce désir auquel il s'attache comme un fou est une manière de repousser l'angoisse de la disparition de ceux qu'il aime.

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Malaura
  14 août 2011
"Studieux le jour et la nuit dissolu", c'est en mettant en pratique ce dicton de Byron que le jeune David Kepesh fait ses premiers pas à l'école du désir et à celle de la littérature.
Etudiant, il se fourvoie joyeusement dans les bras de deux suédoises avant de devenir professeur de littérature et de connaître la désillusion amoureuse avec l'insaisissable Helen.
La douce Claire le fera renaître à la vie mais n'est-elle pas trop propre, trop droite ou innocente pour maintenir le désir de l'indécis professeur Kepesh?
Dans ce roman licencieux mettant en scène le professeur David Kepesh, personnage récurrent, sorte de double de l'auteur, homme qui oscille entre le confort d'une douce existence et les plaisirs frénétiques et aventureux de la chair, Philip Roth s'interroge sur le désir et sa manifestation.
Ce n'est peut-être pas le meilleur de ses romans mais la puissance du style, le ton très oral, la brillante analyse, la gravité, l'humour et la provocation sont toujours bien au rendez-vous.
Un esprit volontairement provocateur, subversif et sulfureux qui camoufle toujours une profonde interrogation sur l'homme et son désir.
Et au coeur de cet écrit souvent licencieux, émerge la question d'identité.
Alors même quand Roth fait moins bien, c'est toujours un régal et d'un très haut niveau !
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Corboland78
  26 mars 2012
Une nouvelle fois nous retrouvons Philip Roth, le célèbre écrivain américain né en 1933 à Newark et maintes fois primé pour de nombreux livres. Ce roman, Professeur de désir, date de 1977.
Comme souvent dans les romans de Roth, le héros est assez porté sur « la chose » et cette fois encore, David Kepesh un autre double ou alias du romancier, va devoir endurer le tourment du désir. Très vite le jeune étudiant Kepesh va découvrir qu'il est « un libertin parmi les érudits, un érudit parmi les libertins ». Parti pour Londres afin de préparer sa licence de lettres, l'étudiant va rencontrer deux Suédoises, Bettan et surtout Birgitta, comme on les fantasmait dans les années soixante-dix, jeunes, belles et dépourvues de complexes, prêtes à toutes les expériences prônées par la toute nouvelle liberté sexuelle qui submergeait l'occident. Inutile de vous dire que notre Kepesh ne se fera pas prier pour participer à une fête qui dépasse ses espérances « peut-être n'ai-je jamais, jusqu'ici, connu de fille de mon âge pour laquelle ce genre d'excès n'aurait été considéré que comme un outrage. »
Quelques années plus tard tandis qu'il achève sa dernière année de littérature comparée, David Kepesh rencontre Helen. Helen Baird est une aventurière très classe, intrépide, partie vivre sur un coup de tête, à HongKong avec un homme ayant le double de son âge, elle connu le luxe et les séjour en Asie du sud-est, « la bonne vie coloniale ». Face à cette femme aussi belle que mystérieuse, David décide d'épouser Helen « quand le poids de l'expérience requis pour atteindre la décision monumentale de l'abandonner à jamais se révèle si monstrueux, si bouleversant que la vie sans elle me paraît inimaginable ». le mariage va être éprouvant, leurs relations houleuses et conflictuelles se détériorer et finalement ils divorcent.
Une autre femme va entrer dans la vie de Kepesh devenu jeune professeur de littérature d'une trentaine d'années, Claire Ovington. Après les excès de sexe avec les nordiques, les relations tourmentées avec Helen, Claire semble le bout de la (qué)-quête de notre héros. Elle est jeune, belle et par-dessus tout pas compliquée. Terminées les séances de psychanalyse, la vie de David Kepesh va-t-elle enfin trouver la stabilité et la sérénité qui lui font tant défaut ? Parfois lui reviennent en mémoire les fantômes des Suédoises, même Helen depuis remariée vient lui rendre une ultime visite avec son mari. David pourra-t-il trouver la paix de l'âme auprès De Claire qui lui est toute dévouée. Rien n'est moins sûr, « impossible de le dire, pas ce soir, mais dans un an ma passion sera morte. Elle a déjà commencé de mourir… »
Philip Roth autopsie les états d'âme de David Kepesh et reconnaissons-le, ce Kepesh est pénible, jamais satisfait toujours à la recherche d'autre chose, cramponné à un idéal de désir qui n'existe pas – du moins sur la durée – ce qui bien évidemment le tourmente au plus haut point. Plusieurs fois j'ai failli abandonner le bouquin, exaspéré, mais le style de l'écrivain est là et de très belles scènes sauvent le roman, quand il évoque ses parents, le décès de sa mère, son père âgé qui vient lui rendre visite, ou encore des digressions passionnantes sur Kafka quand il se rend à Prague pour un court voyage d'étude.
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MarcelP
  26 juillet 2019
"Bon Dieu, comme la vie est facile quand elle est facile et qu'elle est ardue quand elle est ardue !"
David Kepesh, brillant professeur de littérature comparée que l'on retrouvera quelques années plus tard dans le Sein, dresse le bilan de sa vie amoureuse (et érotique) et c'est formidable sur ce que cela dit de nous, de nos désirs et de nos rêves.
Trois histoires semblent avoir compté pour ce Casanova au petit pied. Sa rencontre inattendue avec deux jeunes suédoises délurées lui ont permis de placer son curseur personnel entre les bornes qui limitent son éros : d'un côté la maman, la soumise Elisabeth qui accepte tout par amour, de l'autre la putain, la rebelle Birgitta qui se vautre dans le stupre avec délectation. Ni aussi immoral qu'il se souhaiterait, pas encore rangé comme le désireraient ses parents, Kepesh ne saura se prononcer entre ces Juliette et Justine d'occasion.
Son mariage avec la séduisante Helen est une catastrophe (le mariage est souvent synonyme de désastre pour Roth) : à écouter son seul désir, Kepesh s'est fort mal apparié en épousant une petite créature creuse et instable, qui ne répond en rien à ses aspirations intellectuelles. le miroir aux alouettes !
Suit une longue période d'impuissance dépressive pour notre enseignant qui remonte doucement la pente grâce aux bons soins du docteur Klinger. Grâce à la sage Claire - "Claire comme le jour. Claire comme de l'eau de roche" susurrerait Arletty- il reprend goût à la vie et apprend enfin, la trentaine installée, ce qu'est le bonheur à deux. Mais pour combien de temps ? L'amour et le désir sont-ils longtemps conciliables ?
Hanté par le doute, tiraillé par des aspirations contradictoires, Kepesh se réfère en permanence à ses modèles littéraires, ses "professeurs de désir" : Tchékhov, Kafka, Melville ou Flaubert... mais son bovarysme reste navrant qui l'empêche de se laisser porter par la vie (ne va-t-il pas jusqu'à se prendre pour sujet d'étude dans son cours de littérature ?) .
Ce roman passionnant, qui alterne épisodes hilarants (les exploits d'imitateur du piteux Herbie Bratasky, une séance d'analyse sans cesse interrompue, une visite improbable à la putain de Kafka...) et profondément bouleversants (la mort d'une mère, la vieillesse d'un père, le témoignage d'un rescapé de la Shoah, les regrets ou les peurs de femmes brisées...) avec une aisance indiscutable. Philip Roth nous titille, interroge nos chemins de vie et la fin ouverte -et assez déprimante- de son "Professeur de désir" nous renvoie à nos propres errances. "Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. le bonheur est dans le pré. (...) Cours-y vite, Il a filé!"
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
lefildelaurelefildelaure   07 juin 2014
[Préparant une introduction à son cours universitaire annuel, dans laquelle il a décidé de révéler à ses étudiants ses frasques sexuelles.]
Tout ce préambule ne vise pas à vous cacher que je suis fait de chair et de sang, ni à vous dire que je sais que vous l'êtes également. A la fin de l'année, vous vous serez peut-être même lassés de mon insistance à souligner les liens existant entre les romans que vous lisez, même les plus excentriques et les plus déroutants, et ce que vous savez de la vie. Vous découvrirez (sans tous approuver) que je ne suis pas d'accord avec certains de mes collègues qui nous affirment que la littérature, dans ses moments les plus valables et les plus singuliers, est "fondamentalement non référentielle". [...] Je vous fais ces suggestions dans l'espoir que si vous parlez de "Madame Bovary" plus ou moins sur le même ton que vous employez avec votre épicier ou vos proches, vous accédiez à une relation plus intime, plus intéressante, plus "référentielle" pourrait-on même dire avec Flaubert et son héroïne.
En vérité, si les romans qui vont être étudiés pendant le premier semestre traitent tous à un degré plus ou moins obsessionnel du désir érotique, c'est que j'ai pensé que les lectures axées sur un sujet qui vous est à tous relativement familier pouvaient vous aider à mieux situer ces livres dans le domaine de l'expérience et, en outre, à vous dissuader de les enfermer dans un monde inerte et artificiel de procédés narratifs, de motifs métaphoriques et d'archétypes mythiques. Par dessus-tout j'espère que la lecture de ces livres enrichira votre connaissance de la vie sous ses aspects les plus étonnants et les plus scandaleux. J'espère moi-même en retirer beaucoup. (p. 220-221, Folio, 1998)
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Corboland78Corboland78   26 mars 2012
Faire comprendre à ces gens que ce qu’ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils portent est intéressant. En un certain sens, capital. Voilà la vraie compassion. Et je t’en prie, pas d’étalage d’ironie. Ton problème, c’est que tu les effarouches avec ta merveilleuse prédilection pour la complexité des choses. D’après mon expérience, la femme de la rue, la femme ordinaire, n’apprécie pas l’ironie. En fait, c’est l’ironie qui la braque. Elle veut qu’on lui soit attentif ; elle veut être appréciée. Elle n’a sûrement aucune envie de faire assaut d’esprit avec toi. Réserve donc toute cette subtilité pour tes articles de critique ; quand tu sors dans la rue, pratique l’ouverture – les rues, voilà à quoi ça sert.
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lefildelaurelefildelaure   07 juin 2014
Nivellement. Frénésie torride se muant en paisible affection physique. Voilà comment je choisis de décrire l'évolution de notre passion durant cet été béni. Puis-je penser autrement, l'idée pourrait-elle m'effleurer que, plutôt que d'atteindre une sorte de chaud palier d'intimité douillette, je dévale le long d'une pente abrupte au bas de laquelle m'attend une caverne froide et solitaire ? A coup sûr, un certain élément de violence s'est fait la paire : fini l'assaisonnement de brutalité et de tendresse, finies les ébauches d'asservissement pur marqué par des meurtrissures bleuâtres, finies la salacité qui s'exhale en mots orduriers à la pointe de la jouissance. Nous ne "succombons" plus au désir, nous ne passons plus notre temps à nous toucher partout, à nous caresser, à nous pétrir, nous palper avec cette soif inextinguible, si étrangère à ce que nous sommes autrement. C'est vrai, je ne suis plus une sorte de bête en chaleur, elle n'est plus une sorte de fille de joie ; nous ne sommes plus, l'un et l'autre, l'obsédé avide, l'enfant dépravée, le violeur infaillible, "l'empalée" malgré elle. Nos dents, naguère lames et pinces, dents féroces de petits chats ou chiens, ne sont plus que des dents normales, nos langues, des langues, nos membres, des membres. Ce qui, nous le savons tous, était inévitable. (p. 239, Folio, 1998)
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RenodRenod   14 janvier 2016
En vérité, quand elle est à cheval sur moi et soudain libre de faire ce qu’elle veut de sa masse de chair, je me rends compte avec une sorte d’exaltation mêlée de répugnance, que cette femme dont les seins s’entrechoquent au-dessus de ma tête comme des chaudrons (…) est probablement née avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Incroyable, avant la publication d’Ulysse, avant… mais alors que j’essaie de la situer dans le siècle, je constate que, bien plus vite que je ne l’avais prévu – comme si, en fait, l’un de nous deux était archi-pressé de prendre un train -, je suis projeté dans l’apothéose de mon grand finale par une main sûre, rapide et dénuée de sentiment, dont je n’ai nullement sollicité l’assistance.
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lefildelaurelefildelaure   07 juin 2014
J'épouse donc Helen - et Helen m'épouse - en l'une de ces périodes de vacuité, d'épuisement auxquelles ne peuvent échapper ceux qui passent des années sous un régime bien défini et labyrinthesque de logis séparés et de vacances communes, de tendres effusions et de nuits dissociées, d'aventures closes dans le soulagement tous les cinq ou six mois, oubliées avec joie durant soixante-douze heures, puis renouées, souvent avec une effervescente et délicieuse exaltation sexuelle, à la suite d'une rencontre demi-fortuite au supermarché local, ou renouées après un coup de fil vespéral uniquement destiné à signaler au compagnon délaissé la reprise à dix heures sur le petit écran, d'un passionnant documentaire ou encore après des retrouvailles lors d'un dîner auquel le couple avait été invité depuis si longtemps qu'il paraissait incongru de ne pas s'y rendre et, ensemble, d'honorer cette dernière obligation sociale mutuelle. Certes, l'un ou l'autre aurait pu répondre à l'invitation en s'y rendant seul mais, seul, il aurait été privé d'un complice, de l'autre côté de la table, avec qui échanger des signes d'amusement ou d'ennui tout comme, plus tard, rentrant en voiture, il n'aurait eu aucun interlocuteur avec lequel passer en revue les charmes et les tares des autres assistants ; de même que, se dévêtant pour se coucher l n'aurait pas vu, allongé sur le lit, de partenaire au sourire engageant auquel déclarer que la seule personne attirante ce soir-là, autour de la table, se trouvait être précisément ce partenaire méjugé dont on se trouvait séparé. (p. 85, édition Folio, 1998)
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Videos de Philip Roth (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Roth
Philip Roth : Entretien avec Alain Finkielkraut (1999 - Radio libre / France Culture). Photo : Philip Roth devant sa maison de campagne du Connecticut, 2010. (© Nancy Crampton.) Réalisation de Marc-Alexandre Millanvoye. Philip Roth s'entretenait avec Alain Finkielkraut, en 1999, pour l'émission "Radio libre" diffusée sur France Culture. Ses deux derniers romans alors parus en France, "La Pastorale américaine", et "Le Théâtre de Sabbath", sont l'occasion de réflexions sur le rêve américain, la vie dans la nature, le sexe. Amateurs de confessions transgressives s'abstenir : Philip Roth n'a rien à avouer, il n'enfreint pas d'imaginaires tabous pour mieux exhiber ses plaies intimes. Obéissant à une impulsion romanesque de plus en plus oubliée par les professionnels de la lecture, il nous aide à comprendre, c'est-à-dire à acquérir ce que le roi Salomon demandait dans ses prières, et qu'Alain Finkielkraut appelle de ses vœux : "Un cœur intelligent". Philip Roth, ce reclus du Connecticut, adore la conversation, pourvu qu'on lui épargne la question : « Vos livres sont-ils autobiographiques ? » Les interrogations nées en Alain Finkielkraut à propos du "Théâtre de Sabbath" ou de "Pastorale Américaine", les deux derniers livres de Philip Roth parus en France, portent sur l'art du roman, les vies que l'Histoire dévaste, le monde tel qu'il ne va pas, l'Amérique de notre temps. Philip Roth, en 1999, vit et travaille en Nouvelle-Angleterre, dans un décor enchanteur d'arbres, de fougères et de champs. Il croise, lors de ses promenades, des daims ou des tamias - petits écureuils affairés qui ressemblent étonnamment à Audrey Hepburn. Rien, sinon le croassement amical des corbeaux, n'altère le silence du lieu. Philip Roth évoque sa maison à la campagne en Nouvelle-Angleterre où il vit depuis 1972, sa naissance et son enfance passée dans une ville industrielle du New Jersey, sa découverte de la campagne dans son adolescence, sa vie à New York dans les années 1960 : l'impact de l'assassinat de J.F. Kennedy et de la guerre du Vietnam sur la société américaine ; la venue de sa célébrité littéraire à partir de 1969, son départ à la campagne, quelques voyages, son installation définitive à la campagne consécutive à sa rencontre avec Vaclav Havel qui vit également à la campagne. À propos de "Pastorale américaine", Roth évoque la réalité du rêve américain, le personnage de son héros, Seymour Levov, dit "le Suédois", un industriel d'origine juive polonaise, bien installé dans la société américaine ; la brusque entrée de l'Histoire dans la vie de Levov, dans les années 60, par l'acte terroriste commis par sa fille. Philip Roth explique les raisons pour lesquelles il a choisi une fille comme terroriste impliquée dans les meurtres. Il évoque enfin la mise à l'épreuve de l’allégeance des Américains à l'égard de leur pays par la guerre du Vietnam, la réaction de la jeunesse à la guerre du Vietnam comme une des raisons principales de sa fin. À propos du "Théâtre de Sabbath", Philip Roth analyse le personnage de son héros, Mickey Sabbath, un marionnettiste de 64 ans, éternel séducteur, "briseur des tabous", antipathique aux yeux de tous les lecteurs. Roth essaye d'expliquer ce qu'il y a de scandaleux dans ce personnage, raconte l'histoire familiale de Sabbath, sa souffrance morale face à la trahison de la vie, sa hantise de la mort, définit le but de la vie de son héros : "faire entrer le repoussant". Il décrit l'univers de son livre comme celui du corps : la destruction du corps, l'acte sexuel. Philip Roth analyse le caractère scandaleux du personnage de Sabbath, notamment son côté "vieux dégoûtant", sa haine de tout. Il explique les raisons pour lesquelles il aime son personnage. Pour mieux cerner son caractère, il le compare aux autres personnages de littérature. Il affirme qu'il n'y a pas de raisons pour lesquelles son héros, totalement américanisé, est un Juif par ses origines. Il explique que si son personnage est aussi scandaleux c'est parce qu'il est libéré du désir de plaire. Il évoque enfin ses réflexions sur sa propre vie pour dire d'où lui vient l’inspiration d'un tel personnage, et conclut sur une "leçon de vie", avec humour : « Il faut passer par le stade de la stupidité pour comprendre ses erreurs, et ne pas être un con. »
Source : France Culture
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