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ISBN : 2234083621
Éditeur : Stock (03/04/2019)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'humeur railleuse et le verbe corrosif, Lydie Salvayre se saisit du prétexte d'une nuit passée au musée Picasso pour questionner le milieu artistique et ses institutions. Se tournant vers son enfance de "pauvre bien élevée" et abordant sans masque son lien à un père redouté et redoutable, elle essaie de comprendre comment s'est constitué son rapport à la culture et à son pouvoir d'intimidation, tout en faisant l'éloge de Giacometti, de sa radicalité, de ses échecs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
blandine5674
  24 avril 2019
L'impression que c'est le livre le plus personnel de Lydie Salvayre. Sa verve et ses colères y sont encore bien présentes. La narratrice va s'enfermer dans un musée face aux sculptures du suisse Giacometti. Mais surtout elle va se remémorer son enfance avec un père violent. Des réflexions très fortes sur l'art, la tv, les écrivains, la maladie et le monde actuel d'une grande liberté. Un bon cru 2019.
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ValerieLacaille
  06 mai 2019
Rester enfermé dans un musée le temps d'une nuit… Un musée qui expose, de plus, une des oeuvres d'art que vous appréciez depuis des années ; vous laisseriez vous tenter ?
Lydie Salvayre a reçu une telle proposition, avec, en contrepartie, un compte rendu à rédiger car destiné à être publié. le musée ? Celui de Picasso à Paris. L'oeuvre ? « L'homme qui marche » de Giacometti. Longtemps, elle a refusé, et puis, peu à peu, l'idée a germé dans son esprit, et la curiosité liée à cette expérience inédite l'a poussée à accepter cette mission.
Lydie Salvayre va donc passer la nuit sur un lit de camp, au pied de cette statue représentant un homme extrêmement mince, presque léger, aérien, en train de marcher, les pieds, eux, bien ancrés dans le sol.
Que faire durant cette nuit ? Qu'écrire ? L'oeuvre a déjà été scrutée, analysée, explicitée dans tous les sens. Alors la romancière va laisser s'exprimer sa plume : sa vision de l'Art, sa vision de la société actuelle ; surtout celui du microcosme artistique parisien, et puis par le biais d'une phrase qui a été prononcée lors d'un dîner chez un célèbre réalisateur à son encontre et qui la blesse encore aujourd'hui, « elle a l'air bien modeste », Lydie Salvayre va remonter aux racines de sa « modestie ». Fille d'immigrés espagnols, elle porte sur la vie culturelle et artistique un regard bien différent de celui de l'intelligentsia française. La valeur des objets, des personnes, mais aussi des sentiments vont alors être évoqués. Voilà qu'apparaît au détour d'une phrase un père bien traumatisant. Et puis, c'est la maladie qui est évoquée, avec son corollaire, la possible imminence de la mort.
Au final, c'est un récit très intime, bien loin d'une éventuelle fiction rédigée à partir d'une oeuvre d'art qu'aura rédigé notre romancière « Goncourisée » il y a peu, avec sa verve et son art du Verbe dans sa splendeur.
« L'art ne valait rien sans doute mais rien ne valait l'art », conclue l'auteure, pour s'épancher, pourrait-on ajouter.
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davidbronstein2014
  11 mai 2019
Ce livre est simplement magnifique parce qu'il nous oblige à remettre en cause toutes les illusions que nous nous forgeons sur l'art. On ne cesse d'entendre (voire de "dire") que l'art est supérieur à la vie. Nous sommes abreuvés des thèses De Stendhal et de Proust. Puis, un jour, alors que la vie se manifeste bruyamment (Lydie Salvayre lutte contre un cancer), les oeuvres d'art n'ont plus cet effet magique qu'on leur concède un peu naïvement. Une oeuvre peut-elle rendre immortel son auteur ? Oui, sans doute, pour nous qui nous inscrivons dans la postérité. Quand je lis Hugo, j'ai l'impression qu'il est assis à côté de moi. Mais qu'en est-il de Proust, par exemple, qui étouffe dans son lit, perclus de crises d'asthme ? Ne se raccroche-t-il pas à son oeuvre comme un naufragé à un improbable radeau ?
J'adore ce livre, car il montre que notre rapport à l'art est sans doute fantasmé, mais il n'en est pas moins réel. Nous sommes fragiles et mortels, mais nous avons besoin de cette idée d'éternité.
D'ailleurs le titre nous indique cette idée : "Marcher jusqu'au soir", qui est emprunté à un poème de Baudelaire : "La mort des pauvres". C'est la mort qui donne la force de marcher jusqu'au soir. C'est l'art qui nous donne la force de croire qu'il y aura un soir ?
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ceciloule
  26 mai 2019
Partagée... oeuvre hybride, à la fois traité et autobiographie, ce livre nous emmène dans les méandres des pensées de Lydie Salvayre, de ses réflexions sur l'art et la vie. Intéressant mais étrange donc (plus d'infos ici : https://pamolico.wordpress.com/2019/05/26/lart-ne-vaut-rien-mais-rien-ne-vaut-lart-marcher-jusquau-soir-lydie-salvayre/)
Lien : https://pamolico.wordpress.c..
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helenemarterer
  05 mai 2019

J'avais été séduite par "Pas pleurer " mais là...tout et n'importe quoi ..à part une jolie page sur l'homme qui marche.
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critiques presse (2)
LaCroix   17 mai 2019
Dans un texte très personnel, Lydie Salvayre raconte sa nuit au Musée Picasso face à L’homme qui marche de Giacometti, entre indifférence, colère et révélation.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   12 avril 2019
L’écrivaine s’est laissé enfermer au Musée Picasso, face au plus fameux des Giacometti. Résultat : une décapante et superbe nuit d’introspection.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   24 avril 2019
Les ratés réussis parce sachant merveilleusement s’adapter à l’imbécilité de leur époque, et montrant sans pudeur sur Facebook, Twitter ou Instragram la moindre de leurs crottes.
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rkhettaouirkhettaoui   13 avril 2019
Avais-je un tel besoin de lenteur pour éprouver les choses et les apprivoiser que m’adapter aux rythmes ultrarapides de mon époque (fondés, un brin de pédagogie ne nuit pas, sur le credo capitaliste formulé par Franklin et qui faisait aujourd’hui force de loi : le temps c’est de l’argent) m’était chose infaisable ?
Car j’étais d’un naturel lent. J’aimais lentement. Je pensais lentement. J’admirais lentement. Tout procédé expéditif ou elliptique me paniquait, et je trouvais davantage intérêt à laisser mûrir les choses (et quelquefois pourrir) qu’à les précipiter.
Il m’avait fallu par ex. des jours et des jours pour que je me résolve à l’usage d’Internet, et aller sur Facebook et Twitter, où de très volatiles infos étaient immédiatement chassées par d’autres infos tout aussi volatiles, me paraissait pour le moment d’un intérêt à peu près nul, ce que certains mettaient au compte d’un passéisme préoccupant, possible.
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rkhettaouirkhettaoui   13 avril 2019
Je me demande parfois quelles traces ont pu laisser en moi ces dix-neuf années passées auprès d’un père parano. Je me demande par ex. si je n’ai pas tendance à m’exagérer certaines peurs, comme en ce moment même où je me suis réfugiée dans les toilettes d’un musée pour m’être simplement heurtée à deux figures à tête de mort. Je me demande aussi si ma terreur du noir dont je souffre encore à mon âge ne procède pas de la peur qu’enfant il me faisait.
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blandine5674blandine5674   24 avril 2019
... je fus prise d’une grande colère, d’une grande colère contre un système qui jugeait de la valeur d’un écrivain non sur la qualité de ses écrits mais sur ses putains de prestations télé.
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ValerieLacailleValerieLacaille   04 mai 2019
Je n'avais cessé d'affirmer qu'écrire c'était surmonter toute fascination amoureuse pour son moi et ses épanchements, et voilà que je m'y abandonnais, par faiblesse, par angoisse.
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Videos de Lydie Salvayre (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lydie Salvayre
Dans ce livre poignant, Lydie Salvayre interroge le milieu artistique et ses institutions. La romancière publie sans doute son ouvrage le plus personnel : « Marcher jusqu?au soir », aux éditions Stock. le récit d?une nuit passée au Musée Picasso-Paris, seule, à observer une ?uvre qui la fascine : « L?homme qui marche » d?Alberto Giacometti.
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Lydie Salvayre

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