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EAN : 9782226093523
63 pages
Albin Michel (29/05/1997)
3.18/5   769 notes
Résumé :
Simon fait chaque nuit le même rêve dont une femme enigmatique lui livre la clé: il est la réincarnation de Milarepa le célèbre ermite Tibétain du XI ème siècle qui vouait à son neveu une haine inexpiable. Pour sortir du cycle des renaissances, Simon doit raconter l'histoire des deux hommes, s'identifiant à eux au point de confondre leurs identités à la sienne. Mais où commence le rêve, où finit le réel ?
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
3,18

sur 769 notes
Qu'est-ce qu'un rêve : une simple illusion ou bien une seconde vie ?
Une femme évasive entourée d'un nuage de fumée donnera la réponse à Simon qui, toutes les nuits, se retrouve plongé dans le même rêve… Un rêve à faire frémir, plein de haine et de ressentiment… Une marche interminable sur les flancs escarpés d'une montagne… Dans ce rêve, il est bien lui – Simon – et en même temps un autre… Un songe qui lui revient sans cesse et qui lui échappe totalement… Elle lui dit : « Tu t'appelles Svastika. Tu parcours les montagnes des songes depuis des siècles en essayant de purger ta haine. Tu n'y arriveras qu'en racontant l'histoire de celui que tu combattis, l'histoire de Milarepa, le plus grand des ermites. Lorsque tu l'auras raconté cent mille fois, tu échapperas enfin au samsara (cycle des renaissances), ta migration circulaire et sans fin. »
Où peut se nicher la haine ? Il suffit d'un rien parfois ! du sourire de Milarepa, jeune enfant plein de joie et d'insouciance, qui compatit aux malheurs de Svastika, berger ruiné recueilli chez son cousin… A cause de ce sourire innocent le renvoyant à ses propres échecs, Svastika vouera une haine féroce au jeune Milarepa et à toute sa famille, qu'il s'emploiera à détruire. Devenu grand et puissant magicien, Milarepa se vengera des violences et des exactions de Svastika infligées à sa famille. Mais tandis que Svastika poursuivra, bien au-delà de la vie, d'une haine implacable Milarepa, lui se repentira de ses mauvaises actions et cherchera, au prix de sacrifices titanesques, le chemin de la paix, du bonheur et du désintéressement absolu.
Un petit livre d'initiation au bouddhisme écrit avec simplicité et beaucoup d'empathie. Il fait réfléchir sur le sens que l'on peut donner à sa vie, même si les saints, à l'image de Milarepa, avec leur recherche de perfection absolue confinant à l'inhumanité, m'ont toujours fait froid dans le dos.
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J'aime beaucoup Eric-Emmanuel Schmitt, car il à le don de nous initier à des monde et univers qui peuvent nous être inconnus. C'est une fois de plus le cas avec ce court roman, je crois l'avoir lu en une heure et je ne me suis pas ennuyé une seule minute.

Le talent d'Eric-Emmanuel Schmitt c'est de nous faire découvrir un conte bouddhiste, mais de manière romancé. de fait, cela rend la chose très accessible pour un néophyte comme moi. Là ou le récit original doit sans doute être plus complexe, l'auteur arrive ici à nous faire connaitre un conte que je n'aurais sans doute jamais connu sans cette lecture.

J'aime l'écriture simple, la taille du livre ne permet pas d'erreur d'écriture, et de plus il y a toute une philosophie qui perdure bien plus longtemps que le temps de lecture. Un petit livre par la taille, mais un grand livre par la réflexion.

Une fois de plus Eric-Emmanuel Schmitt ne me déçoit pas.
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A Paris Simon fait le même songe obsédant chaque nuit.
Dans un bistrot, une dame étrange lui révèle que lorsqu'il aura raconté cent mille fois son rêve, il en sera débarrassé.
Il est la réincarnation de Svastika, l'oncle de Milarepa.
L'oncle voue une haine à son neveu Milarepa qui, après une vie de magie noire se convertira vers la sagesse, la sérénité et le détachement de tout bien matériel.
Dans l'édition Poche, l'entretien de la fin entre Bruno Metzger et Eric-Emmanuel Schmitt vient ajouter du corps au récit et j'ai terminé la lecture dans une sérénité complète flottant sur un nuage avant de m'endormir.
Que peut-on rêver de mieux?
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Bibliothèque municipale. Que vais-je prendre aujourd'hui ? Envie d'un roman français… Mais quoi ?
Je flâne dans les rayons, je feuillète quelques bouquins. Oui, non, peut être. Un autre jour. Pourquoi pas. Tiens, un Schmitt. J'en ai lu un il y a quelques semaines. J'avais bien aimé.
Ok c'est parti. Je prends au hasard. Ce sera Milarepa. Je ne lis jamais le résumé d'un livre au dos. Ainsi, je ne sais pas si ce sera une aventure, un policier, une fiction, ou si c'est du registre gnangnan. Et puis Milarepa, je connais pas du tout. le nom ne me dit rien. Je ne suis donc pas vraiment influencé.
Milarepa est une sorte de conte tibétain. Tout petit livre que j'ai lu en deux jours (j'aime prendre mon temps) (abrège quand même Pictura, t'es lourd)
Bref, ...
L'histoire donc d'un homme, ermite, initié à la magie noire pour se venger - à juste titre - (très efficace magie, il détruit tout une partie de village et une partie de la population) puis il veut connaitre le bonheur, ou plutôt la paix intérieure. Schmitt ne signe pas là qu'un conte oriental, il fait intervenir un certain Simon (là, oui c'est plus occidental), y mélange adroitement réincarnation, doute de la réalité, rêve, parcours d'une recherche de la spiritualité, du renoncement. La vie du parfait ascète est bien décrite, sans trop non plus, laissant l'imagination du lecteur oeuvrer.
J'ai donc bien apprécié le petit roman. Puis une fois la dernière page tournée et quelques toutes petites recherches, je me rends compte que Milarepa a bien existé. Naïf comme je suis, je pensais que Schmitt avait tout inventé. Il a repris à sa façon l'histoire de manière intelligente et assez moderne de cet ascète. Rien à redire mais bon, c'est plus facile… Voilà messieurs dames…
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"Milarepa" d'Éric-Emmanuel Schmitt nous emmène dans un univers mystique où les frontières entre rêve et réalité s'estompent, et où les thèmes de la réincarnation et de la quête spirituelle prennent vie au coeur de l'intrigue. L'auteur, jonglant habilement entre le roman et la nouvelle à caractère spirituel, explore des questions profondes telles que la foi, la rédemption et la transformation personnelle.

L'histoire débute avec Simon, un homme hanté chaque nuit par le même rêve troublant. Sa rencontre fortuite avec une femme énigmatique révèle que ce rêve est en réalité un lien avec sa vie antérieure en tant que Svastika, l'oncle de Milarepa, l'ermite tibétain renommé du XIe siècle. Pour briser le cycle de ces rêves obsédants, Simon est confronté à une tâche colossale : raconter l'histoire de haine et de sainteté qui opposa Milarepa à son oncle, encore et encore, jusqu'à atteindre cent mille récits.

Le récit se déroule principalement en France, mais nous emmène également au coeur du Tibet, offrant un contraste frappant entre les mondes occidental et oriental. Cette dualité renforce l'intrigue et explore les thèmes universels de la réincarnation, de la recherche de la paix intérieure et de la transformation de l'âme à travers les vies successives.

Éric-Emmanuel Schmitt saisit avec brio l'essence du bouddhisme tibétain et de la philosophie orientale en explorant les enseignements de la rédemption et du pardon à travers la vie tumultueuse de Milarepa. On assiste à la métamorphose de ce personnage, depuis sa colère initiale jusqu'à sa quête de paix intérieure, le tout dans un style d'écriture poétique et émotionnel.

Une des grandes forces de "Milarepa" réside dans sa capacité à susciter la réflexion. On est comme encouragé à remettre en question sa perception de la réalité et à méditer sur des questions philosophiques profondes. L'écriture est concise et évocatrice, invite à plonger dans l'histoire tout en nourrissant la réflexion sur les thèmes abordés.

Je ressens un léger regret à l'égard de la concision du livre, car il semble à peine effleurer la surface du sujet, agissant davantage comme une introduction ou un résumé. Cependant, cette approche semble délibérée, stimulant la réflexion et éveillant la curiosité pour aller plus loin. Pourtant, lorsque je referme le livre, une sensation persiste, un peu comme si l'on me présentait une délicieuse friandise sans me permettre d'ouvrir la boîte. C'est une impression personnelle d'incomplétude, qui, néanmoins, n'enlève rien à la qualité du livre ni à son message profond.

En bref : "Milarepa" est un voyage littéraire envoûtant à travers les mystères du rêve et de la réalité, de la haine à la rédemption, de la recherche de la paix intérieure à travers la spiritualité. Éric-Emmanuel Schmitt offre une oeuvre poétique et profonde qui laissera une empreinte dans l'esprit du lecteur, l'incitant à explorer les questions fondamentales de la vie et de la foi, même si une légère sensation d'inachèvement peut subsister.

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Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
J'avais saisi que répéter des formules n'est rien ; seul l'effort produit des bénéfices. J'avais saisi que le bien demande plus de volonté que le mal. J'avais saisi aussi que mon corps est un navire fragile ; si je le charge de crimes, il sombre ; si je l'allège en pratiquant le détachement, la générosité, l'oubli de moi, il me mène à bon port. J'avais enfin saisi qu'auparavant je n'étais pas un homme, mais seulement un deux-pattes, faiblement poilu et doté d'un langage articulé ; l'humanité m'apparaissait au bout de la route. Elle était loin, une cible. Parviendrais-je jamais à devenir un homme ?
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Je méditai ainsi, jour et nuit ; je ne remuai pas ; je ne comptais plus les heures ni les semaines, mon esprit s'absorbait dans la méditation, j'avais dissous le temps. Je découvrais que je n'étais pas seul lorsque j'étais tout seul ; ma solitude se peuplait de démons, de pulsions, de souvenirs, de désirs ; cela grouillait de partout ; j'avais envie de bouger, de me lever, de partir, de m'enfuir de moi-même ; j'étais un roi constamment en lutte contre des soulèvements et des émeutes, un roi fragile, menacé. Parfois, la paix me gagnait, une aube silencieuse dans ma nuit.
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Connaissez-vous une religion qui fournit des preuves?Lorsqu'une doctrine le fait,elle ne s'appelle plus religion mais science.Aucune spiritualite n'apporte la verite.Les spiritualites nous incitent a croire en quelque chose,a adopter une vision du monde,or ne soyons pas dupe:croire n'est pas savoir.Nous pouvons adherer a ce que dit une religion,nous ne devons pas prendre ces dogmes pour la verite
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L'enfant Milarepa s'émut très fort en apprendant nos malheurs, il nous plaignit, il nous embrassa, il voulut donner tous ses jouets à mes fils. Et lorsqu'il découvrit qu'il ne nous restait, à ma femme et à moi, qu'un seul vêtement chacun, un seul vêtement que nous ne pourrions laver qu'aux beaux jours, il pleura. En un instant, sa pitié me couvrit de poux et de haillons. Sa bonté m'abaissait. Dans ses sanglots, ce soir-là, je découvris que j'étais pauvre. C'est ce soir-là, je crois, le soir des larmes, que je sus que je le haïrais à jamais. (p. 13)
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Une tempérance, une modération baigne le bouddhisme. Il se tient à l'écart des deux maux qui endommagent notre civilisation: le mercantilisme et le fanatisme. Contre ceux qui confondent être et avoir, qui assimilent bonheur et possession, qui deviennent agressifs à force d'être frustrés, il oppose une existence mesurée où l'on s'habitue à se connaître, à se maîtriser et à respecter ce qui nous entoure. Contre ceux qui tombent dans le fanatisme par refus de douter, contre ceux qui recourent à la fureur pure afin que l'univers cesse de contredire leurs illusions, il fournit une sagesse souriante, ouverte, tolérante, où l'on s'initie à vivre en harmonie avec les autres. Dans ce monde qui s'affole , s'angoisse et se déchire, le bouddhisme nous indique une forme incroyable de résistance: la sérénité.
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