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ISBN : 2358871249
Éditeur : Manufacture de livres (17/03/2016)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Sergine Ollard est vétérinaire dans une clinique des Izards, le quartier de Toulouse où a grandi Mohamed Merah. Une adolescente effrayée, Samia, lui demande d’examiner un des chiens que son frère aîné, Nourredine Ben Arfa, un caïd du quartier, cache dans une cave d’immeuble. Le docteur découvre que le rottweiler sert de « mule » : il a le ventre rempli de capsules de drogue. Le petit caïd, en passe de devenir un trafiquant majeur, organise des convois de chiens pass... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  29 avril 2016
Les Izards à Toulouse, « petit quartier à la marge devenu fournisseur officiel de terroristes » (souvenez-vous, M. Merah).
Guerre des gangs - dealers vs salafistes - et donc guerre des polices : les stups contre la Brigade Spécialisée de Terrain.
Au milieu de ces violences : la jeune Samia, qui a voulu sauver un chien, et Sergine, vétérinaire émue par cette adolescente en péril dans une famille où le frère aîné dealer fait la loi et terrorise tout le monde, y compris ses parents.
Comme dans "Little Sister" (roman pour grands ados), Benoît Séverac évoque le terrorisme, la façon dont les jeunes sont embrigadés, les dégâts sur les proches quand les kamikazes sont médiatisés...
Il est également question des conditions de vie dans les cités 'défavorisées' (euphémisme), bien sûr, de misère, de traditionalisme, de mariage forcé, des méthodes policières pour arrêter les délinquants et meurtriers (lutter contre la drogue ou contre le terrorisme, il faut choisir).
Ce livre m'a rappelé "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte" (Thierry Jonquet), pour le portrait sombre et tristement réaliste des banlieues sinistrées. le personnage de Sergine, sa rage, son impuissance, sa fatigue, m'ont également évoqué "Je tue les enfants français dans les jardins" (Marie Neuser).
J'ai aimé les observations de l'auteur, les réflexions qu'elles suscitent. J'ai moins apprécié l'intrigue policière elle-même, trop 'action-flics' à mon goût, mais cela reste une réserve vraiment personnelle.
« le roman noir de la France d'aujourd'hui » annonce la quatrième de couverture.
Je dirais : UN roman noir d'UNE France d'aujourd'hui, mal en point, mal connue, caricaturée dans les médias.
On a besoin d'auteurs comme Benoît Séverac, qui apportent des nuances bienvenues aux différents problèmes (votes extrémistes, notamment) que nous voyons par le tout petit bout de notre lucarne :
« Tout le monde se moque de ces cités mais [Decrest] sait que, pour dix voyous, il y a quatre-vingt-dix innocents qui subissent leur loi. Ce sont souvent des étrangers, des retraités, des RMistes. Ils ne font pas de bruit, on ne les voit pas, mais ce sont eux qui supportent les nuisances sans pouvoir se faire entendre. Les stups laissent faire pour ne pas gêner le trafic qu'ils observent, ils jouent la carte du chaos pour préserver leur fonds de commerce... Au nom de la lutte contre les trafiquants de grande envergure, la hiérarchie laisse une poignée de petits dealers pourrir la vie de centaines de pauvres gens ; les medias ne s'intéressent qu'aux faits divers et les politiques s'en lavent les mains, parce que ces gens-là ne votent pas, ou mal. »
-> « 90% d'innocents... qui supportent les nuisances sans pouvoir se faire entendre... qui ne votent pas, ou mal... » - amis politiciens inertes, égoïstes, hypocrites, donneurs de leçons (en s'indignant des résultats des élections), écoutez l'électeur FN des cités, fatigué du bordel ambiant...
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kitou94170
  21 mai 2017
« le chien arabe » de Benoit SEVERAC est un roman noir qui nous plonge directement dans le monde des banlieues "chaudes" des grandes villes ! Et tout particulièrement au sein de la cité des Izards à Toulouse, citée marquée par l'affaire MERAH, dramatiquement célèbre.
A travers une intrigue bien menée autour de la drogue et du terrorisme, l'auteur met en scène trois personnages principaux : Sergine une vétérinaire dont la vie privée est assez chaotique, Samia adolescente maghrébine totalement soumise et sous l'emprise de son grand frère, dealer notoire du quartier et la Brigadier-chef Decrest du commissariat des quartiers Nord, policière luttant chaque jour contre les petits dealers et autres voyous de la cité.
Un soir, Sergine décide de venir en aide à Samia en s'occupant d'un chien ramené et abandonné dans une cave par son grand frère, Nourredine Ben Arfa. Après examen, la véto s'aperçoit que l'estomac du chien est rempli de capsules de drogue. Il sert tout simplement de mule au dealer.
Comment Sergine a-t-elle pu penser un seul instant qu'elle pourrait à elle seule non seulement s'immiscer dans les affaires des dealers, mais également sauver Samia d'un mariage forcé et arrangé en Algérie par sa famille. A trop jouer avec le feu, on s'y brule !
Résultat, elle va se retrouver au beau milieu d'une guerre des gangs et d'une radicalisation montante au sein de la cité dont elle n'avait pas idée !
Autour de deux thèmes sensibles et on ne peut plus d'actualité : la drogue et la radicalisation, l'auteur nous décrit un portrait foudroyant de réalisme de ce monde impitoyable que sont devenues certaines banlieues. En toile de fond, un manque flagrant de moyens pour faire face à la montée du radicalisme islamiste et au milieu de tout cela une population totalement prise au piège.
Alors après la dernière page tournée, on a juste envie de dire Mesdames et Messieurs les politiciens, au lieu de passer votre temps à parler pour finalement ne rien dire et ne rien faire, faites comme nous, prenez un tout petit peu de votre temps et LISEZ CE LIVRE !
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monromannoir
  21 mai 2016
Résolument ancrée dans le monde criminel de la France contemporaine, la Manufacture de Livres présente la particularité d'aborder des thèmes dérangeants que bien peu d'autres maisons d'édition osent évoquer à l'instar du radicalisme islamiste qui prend parfois racine au coeur des cités de l'Hexagone. Ecrit après le sinistre parcours de Mohamed Merah et avant les tragédies qui ont secoué les villes de Paris et de Bruxelles, le Chien Arabe de Benoît Séverac nous propose d'explorer les bas-fonds troubles d'une cité de la banlieue nord de Toulouse déchirée entre une économie souterraine de trafiquants et un réseau d'islamistes hostiles.
Ce qui surprend tout d'abord avec le Chien Arabe c'est cette tonalité naturaliste qui imprègne ce roman noir prenant pour cadre une cité sensible de la banlieue de Toulouse. On sort ainsi de ces stéréotypes sensationnalistes dépeignant régulièrement les cités que l'on découvre dans de nombreuses intrigues manquant singulièrement de réalisme et préférant s'orienter vers une vision caricaturale à la « Banlieue 13 ». On perçoit notamment, au travers du récit, que l'auteur connaît parfaitement bien les lieux dans lesquels il met en scène ses personnages, en nous permettant ainsi de nous immerger dans le quotidien d'une ville que l'on arpente dans tous les sens, sans pour autant tomber dans la vacuité du fascicule touristique ne servant qu'à dépayser le lecteur d'une manière parfois bien trop superficielle. Outre l'aspect géographique, Benoît Séverac parvient à dresser une espèce de portrait sociologique en confrontant le quotidien du citoyen « ordinaire » avec cette économie souterraine qui ronge le coeur des cités.
L'amorce de l'intrigue est à la fois simple et originale, permettant ainsi de mettre en scène Sergine Ollard, une vétérinaire plutôt singulière, qui va, parfois de manière très maladroite, tenter de venir en aide à cette jeune adolescente confrontée aux affres des traditions familiales et aux frasques de son frère aîné, impliqué dans un trafic de drogue d'une certaine ampleur. Elle incarne ce quotidien banal, presque ennuyeux, avant de se retrouver soudainement bousculée par l'imprévisibilité des événements. L'autre personnage fort du roman, c'est bien évidemment cette policière en uniforme, l'adjudante Nathalie Decrest, régulièrement tiraillée entre les injonctions paradoxales des différents services de police dépassés qui ne parviennent pas à prendre la pleine mesure de la fracture sociale secouant la cité.
Emprunt de doutes mais définitivement aveuglé par les certitudes de son frère qu'il admire et par les prêches de l'imam qui le guide, Hamid Homane est un jeune homme à la fois poignant et terrifiant qui nous entraîne dans ce déferlement de violence qui va bouleverser toute la cité dans une scène finale absolument dantesque. On y décèle d'ailleurs quelques similitudes avec la confrontation entre Mohamed Merah et les forces de police lors de l'assaut final.
Dénué de jugement, de sensationnalisme et de toute velléité hostile à l'encontre d'une communauté, Benoît Séverac expose, avec une grande justesse et beaucoup de subtilité, les problèmes d'une société contemporaine qui doit faire face aux grands défis du vivre ensemble dans un monde globalisé et multiculturel et ceci particulièrement dans un univers précarisé. le Chien Arabe nous présente donc les conséquences tragiques de ces espaces urbains relégués au second plan et bien trop souvent stigmatisés d'où jaillissent des explosions de violence aux conséquences de plus en plus dramatiques.
Epoustouflant, intelligent, le Chien Arabe est un brillant roman noir, résolument ancré dans les problèmes sociaux de notre époque. Une réflexion romancée sur les sujets graves et sensibles d'aujourd'hui pour tenter de les comprendre, c'est peut-être en cela que la collection La Manufacture de Livres se distingue des autres maisons d'éditions consacrées aux polars.
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indira95
  30 décembre 2016
En ces temps festifs, est-il judicieux de vous parler du Chien arabe ? Non pas que ce roman soit mauvais, bien au contraire, il est d'une qualité indéniable tant sur la forme que le fond, un uppercut littéraire qui vous laisse déboussolé(e) tant son sujet fait écho à notre triste actualité.  
Benoît Séverac fait dans le lourd, le très lourd même : il est question de Toulouse ici mais ô combien est loin l'image idyllique de la ville rose narrée par Nougaro. Aux Izards, quartier tristement célèbre pour avoir abrité en son sein Mohamed Merah, il n'est question que de drogue, de trafics en tous genres et de mouvance religieuse extrême. Les caïds côtoient les salafistes, les premiers ayant parfois terminé en barbus, promus harangueurs des foules appauvries qui ne croient plus en l'idéal de l'intégration républicaine. Les enfants préfèrent devenir chouffeurs, informateurs exemptés de procédure judiciaire car trop jeunes, qui ne comprennent pas pourquoi apprendre le participe passé serait plus bénéfique que gagner 50 euros par jour à surveiller l'arrivée des flics. Et dans tout ce marasme, une majorité silencieuse qui souffre et attend l'inéluctable.  
Sergine Ollard apprendra tout cela à ses dépens. Véto dans le quartier, elle ne sait rien de ce qui se passe aux alentours, rejoignant son confort bourgeois dès le taf fini. Mais quand une gamine apeurée demande son aide : un chien mule pour la drogue est gravement malade, notre véto n'écoute que son courage et les emmerdes ne font que commencer. La gamine est la petite soeur du principal caïd du quartier, Ben Arfa et celui-ci ne voit pas d'un très bon oeil que son toutou adoré disparaisse avec des milliers d'euros dans le bide. Et quand celui-ci attise le courroux des barbus du coin, pécheur impie qui mérite le pire, on est pas au bout de nos peines.  
Le chien arabe c'est ce micmac. Dure et impitoyable vérité sur nos banlieues, l'insuffisance des moyens mis en place pour lutter contre toute cette merde, les complaisances : on laisse les petits bonnets agir à leur guise pour pêcher les plus gros, au risque de tout laisser dégénérer, les bassesses et la violence inouïe qui règne à nos pieds. On y est jusqu'au cou. 
 
Vous voulez un roman complaisant et timoré, passez votre chemin. Ici chaque mot fait mal, chaque action vous fout une baffe en pleine figure, rien n'est rose, tout y est gris, gris foncé même. Benoît Severac met le doigts où ça fait mal et ne vous ménagera pas. Vous dont les pas vous ont menés jusqu'ici, prenez-garde au chien arabe.  
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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BobPolar
  24 avril 2016
La ville rose. Cité des Izards. La petite Samia n'aime pas qu'on brutalise les animaux. Son frère vient d'en enfermer plusieurs dans la cave de l'immeuble. Sergine reçoit un coup de fil. Elle est dans son cabinet de vétérinaire. C'est la nuit. le chien est malade. Noureddine, le frère, est dans le commerce de proximité. Illégal. Sergine, pas du tout bien dans sa peau, va entreprendre une quête. Si la cité a ses inévitables dealers, une autre menace y pointe sa haine.
Benoît Séverac vit dans cette cité - est-il nécessaire de rappeler que Mohamed Merah y est né ? Il s'y active pour combattre la dégringolade. Pour offrir ce petit coup de pouce afin de désensibiliser cette cité sensible en luttant contre l'indifférence ? Très probablement. Il écrit ceci en préambule « Ce roman est dédié aux habitants des Izards à Toulouse, dont certains font de ce quartier un petit village où il fait bon vivre... aussi. » Autant dire que son engagement filtre dans ce récit et cela n'est pas sans rappeler l'importance quasi vitale de l'acte citoyen.
Tout n'y est pas rose, la violette se fane, ô mon païs !, il y a de l'orage dans l'air, les cailleras aiment la castagne. On est aux Izards, et le boss c'est Noureddine et sa soeur Samia se morfond et son petit frère – déjà chouffeur - veut jouer aux caïds, et ses parents effondrés se taisent, ses parents dissimulent leur honte, pas leur terreur. Il y a cette histoire de chiens, un nouveau plan pour ce que vous devinez. Non, tout n'y est pas rose, Sergine vient de se faire larguer, elle tente de gérer son physique de pilar (surnommé le gros de devant au rugby), son métier de véto est sa seule bouée. Les liens qui vont se créer avec Samia vont bouleverser son existence. Comment accepter la soumission de ces jeunes femmes ligotées par leurs frères sans réagir ? En réponse à cette question, elle va trouver sa mission. Un acte irresponsable - trop invraisemblable pour certains lecteurs ? Pour la police, c'en est un mais Sergine, tête baissée, va foncer dans le tas et faire voler en éclat cette gangrène. Non, tout n'y est pas rose. Les stups passent des contrats avec les dealers en échange d'informations sur la radicalisation grimpante des cités. Ça fout les boules à Decrest, la chef de la BST (Brigade Spécialisée de Terrain), qui voit son boulot de tous les jours bousillé. Non, tout n'y est pas rose. Les barbus posent leurs jalons. Les kalachs pointent leurs museaux destructeurs. Ils ne peuvent laisser ces musulmans salir Leur religion.
La suite sur : http://bobpolarexpress.over-blog.com/2016/04/du-rose-et-des-epines.html
Lien : http://bobpolarexpress.over-..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   29 avril 2016
Bernet a découvert et continue à découvrir avec des yeux de moins en moins ébahis la violence viciée, la lie d'une ville où sont venus s'échouer tous les inadaptés qu'il n'a jamais vus dans son Comminges natal, parce que, trop visibles, ils déguerpissent tôt des campagnes pour se fondre dans la faune de la ville : les prévenus retors, les délinquants d'à peine douze ans et déjà plus vicelards qu'un maquignon, les macs, les camés... Tous ces gens non recyclables. Bernet doute parfois, sent bien qu'il va y laisser des plumes et que, s'il doit un jour changer d'orientation, détourner la tête pour ne plus voir tout ça, il faut qu'il le fasse tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il ne soit lui-même devenu incapable de faire autre chose que ça, incapable d'avoir d'autres fréquentations que ces gens-là et des flics, fêlés comme il finira par l'être.
Le brigadier-chef Decrest ne relève pas quand il lui parle ainsi. Lorsqu'il lui pose une question, elle répond à côté. Que dire à un bon élément, sain et sympathique comme Bernet : 'Vous avez raison, foutez le camp avant qu'il ne soit trop tard, fuyez, retournez dans vos montagnes et faites facteur ou ouvrez un tabac-presse ?' Que deviendrait la Police nationale si tous ses éléments sensés en désertaient les rangs ? Que deviendrait-elle, elle, en tant que chef, si seuls les cow-boys restaient ?
(p. 218)
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ZilizZiliz   25 avril 2016
Les Izards, Toulouse nord, à trois stations des Minimes - ce quartier si cher à Nougaro - a depuis longtemps une réputation sulfureuse. "Ici, même les mémés [qui] aiment la castagne" ont été détrônées par plus violents qu'elles.
Un moment surnommé Le petit Mirail - du nom de l'immense zone urbaine à l'ouest de Toulouse - le quartier des Izards est progressivement devenu l'un des endroits les plus malfamés de la ville, plaque tournante du trafic de stupéfiants dans le Sud-Ouest.
Il a finalement gagné ses lettres de noblesse le jour où un de ses jeunes a décidé que le crime de petite envergure ne suffisait pas et qu'il était temps d'inventer l'islam radical, version scooter et caméra GoPro.
En découvrant que Mohamed Merah avait grandi aux Izards, Toulouse a été frappée de stupeur. Elle s'est tournée vers ce bout d'elle-même, rejeton aux confins de la ville, cette ancienne terre maraîchère encore associée à la paysannerie dans l'inconscient des autochtones, que l'administration fiscale a affublée du terme de 'Toulouse nord' - dans le Midi, tout ce qui est estampillé nord souffre d'un déficit d'image - à laquelle la régie municipale des transports a accordé d'être desservie par le métro, mais dont le nom même de la station - Trois-Cocus - prête à sourire... Toulouse donc s'est penchée sur cet appendice nécrosé, jusque-là oublié, et a commencé à trembler : le petit quartier à la marge était devenu fournisseur officiel de terroristes.
[Note de l'auteur, p. 9-10]
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ZilizZiliz   28 avril 2016
Il [son père] les a éduqués dans un islam mou. Il ne comprendra jamais. Depuis le 11 septembre, il ne cesse de répéter que les fondamentalistes ne plaident pas pour la cause des musulmans. Que le salafisme est une forme dévoyée de l'islam. Que Daech est un ramassis de voyous. Que l'islam est une religion pacifique. Peut-être, mais qu'est-ce que cette attitude conciliante - pour ne pas dire soumise - a rapporté aux musulmans depuis des siècles ? Les Maghrébins sont les larbins des Européens. Les pays arabes sont un vaste cirque capitaliste corrompu où les djellabas ont beau avoir remplacé les costards trois-pièces, les poches des cheiks sont aussi pleines que celles des princes de la City à Londres. Pendant ce temps, leur peuple crève.
(p. 124-125)
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ZilizZiliz   26 avril 2016
Il essaie de se rappeler ce qui les a amenés jusqu'ici [djihad], Nejib et lui : les années d'ennui dans la cité ; les frustrations, l'envie de tout ce qu'ils ne posséderaient jamais ; le collège où il n'y avait plus rien à casser et qui n'offrait aucune autre perspective que le lycée professionnel en face pour apprendre un métier du bâtiment où, en s'échinant, on ne pourrait espérer gagner mieux que le SMIC ; mais surtout, ce regard. Le regard des serveurs dans les cafés, des vendeurs dans les magasins, des vigiles à Auchan, des flics du centre-ville. Même à la piscine, un des rares endroits où Français et Arabes se croisent - au collège, ça fait longtemps que les Français ont mis leurs enfants à Toulouse-Lautrec où à Raymond-Naves -, lui et ses potes du quartier n'avaient jamais le bon maillot, la bonne serviette de bain. Alors ils faisaient du bruit et ils dérangeaient tout le monde pour qu'on les craigne, pour avoir gain de cause d'une manière ou d'une autre, quitte à ce qu'on les traite de demeurés.
(p. 26-27)
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ZilizZiliz   27 avril 2016
Tout le monde se moque de ces cités mais elle sait que, pour dix voyous, il y a quatre-vingt-dix innocents qui subissent leur loi. Ce sont souvent des étrangers, des retraités, des RMistes. Ils ne font pas de bruit, on ne les voit pas, mais ce sont eux qui supportent les nuisances sans pouvoir se faire entendre. Les stups laissent faire pour ne pas gêner le trafic qu'ils observent, ils jouent la carte du chaos pour préserver leur fonds de commerce... Au nom de la lutte contre les trafiquants de grande envergure, la hiérarchie laisse une poignée de petits dealers pourrir la vie de centaines de pauvres gens ; les medias ne s'intéressent qu'aux faits divers et les politiques s'en lavent les mains, parce que ces gens-là ne votent pas, ou mal.
(p. 148-149)
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Rencontre avec Benoit Sévérac au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale 2018 à Arras, le 1er mai. Dernier roman : Wazhazhe. Editions le Passage
Médiation : Julien Delorme Captation : Colères du Présent
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