AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253152625
Éditeur : Le Livre de Poche (03/04/2002)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 105 notes)
Résumé :
" Du plus loin qu'il se souvenait, les Noëls, dans ce haut pays, avaient été blancs. La neige faisait son apparition dès le mois des morts, s'en allait, revenait, restaurait la beauté des montagnes en une nuit, rendait le monde neuf, comme ce matin, ce janvier du nouveau siècle, dont François attendait ingénument quelque chose d'extraordinaire qui allait changer sa vie. ". Au cœur des passions humaines, une flamboyante saga qui traverse le siècle.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Escapist
  11 janvier 2015
Ce livre est l'histoire d'une vie, celle d'une petite famille limousine battante et bravant les âges dans les douleurs du XXe siècle. Et comme pour tout le monde, cette vie est une longue suite de bonheur et de déboires, de succès et d'échecs, traînant son lot de malheurs. Une histoire sans en être une en définitive. Aucune trame ne vient conduire cet ouvrage qui semble s'écrire de lui-même et pourtant si cohérent. Et c'est là où réside toute la force de se livre qui laisse une étrange sensation derrière lui, à la fois un arrière-goût amer et un petit rayon de soleil dans le coeur. Signol signe ici un véritable conte romancé, parfois cruel mais toujours d'une équitable justesse.
Tout débute au nouvel an 1900, au fin fond d'un pays protégé par son blanc manteau scintillant sous un rai de lumière. le cadre pittoresque est déjà posé et l'on se prend aussitôt d'affection pour François et Matthieu, ces petits personnages hauts de trois pommes, qui semblent promus à une vie intense et mouvementée. Pourtant la dureté de la vie rattrape ce magique moment, et rapidement le charme de ce nouvel an fait place aux rudesses qu'exige la vie paysanne. On semble remonter au XVIIe siècle tant les conditions de vie sont miséreuses pour cette famille des Barthélémy dont tous les membres brillent par un éclat de pureté. Malgré une vie difficile, chacun sourit de tout son coeur tandis qu'un solide lien tissé d'amour les unis les uns aux autres. Les parents, qui peinent à joindre les deux bouts, se sacrifient pourtant pour la noble cause du bonheur de leurs enfants tandis que ceux-ci n'économisent par leur force pour leur venir en aide. Dans cette ambiance misérable, les petits plaisirs de la vie n'en sont que plus saisis à leur juste valeur, dépeints à merveille comme un magnifique tableau que dresse Christian Signol. Hélas, le malheur frappe plus fortement cette famille dont les membres se séparent, François tout d'abord afin de servir dans une ferme lointaine puis son père, brutalement arraché à la vie. Par son écriture simple et pourtant percutante, Signol ne cajole pas ses personnages qu'il traite avec la plus parfaite impartialité. Il ne fait que retracer les tourments d'un siècle dévasté et dévastateur par le biais d'une famille. La qualité de ce livre réside en la sobriété de l'histoire et des descriptions qui favorise l'émulsion des sens. Pitié mais aussi colère et admiration se succèdent tour à tour au fil des aventures de la famille Barthélémy.
Ainsi François, que l'esprit rêveur et la fragilité physique semblaient destiner à un brillant avenir, se retrouve à apprendre le sens véritable de la vie paysanne dans une famille accueillante austère et ne ménageant jamais sa sévérité. Comme chaque personnage, il va alors s'adapter à son environnement et évoluer avec force et caractère. C'est ainsi qu'il va ensuite subir l'appel au service militaire, période qui dévoilera encore plus son esprit pacifiste et son amour pour la poésie des paysages de son enfance. Son frère, Matthieu, va également se faire l'image stéréotypée des travailleurs agricoles en ce début du XXe siècle, luttant corps et âme pour assurer un minimum de confort à sa mère, désormais frappée par les affres et le désespoir qu'infligent inévitablement le veuvage et la mort prématurée d'un nourrisson. Au décès de cette dernière, son dernier lien d'attache à cette terre limousine serait désormais coupé et Matthieu volera de ses propres ailes vers les sentiers de la liberté afin de s'assurer un avenir meilleur. C'est ainsi qu'il atteindra les terres de l'Algérie, recelant des richesses infinies dont le jeune homme s'éprendra très rapidement, goûtant aux plaisirs d'un pays luxuriant où il lestera son coeur.
Enfin, la dernière enfant de la fratrie, la jeune Lucie, va également suivre une série d'aventures au service d'une famille prospère et goûtant aux joies nouvelles du siècle. Se découvrant une passions éperdue pour le fils de ses recruteurs et récoltant le fruit de ses amours secrets, Lucie va également évoluer dans ce monde n'épargnant personne. Passant de la petite fille exécrable à une belle jeune femme au coeur d'or, elle va souffrir à plusieurs reprises et gagner en assurance. Progressivement, elle sera le modèle par-excellence de la mère aimante, prête à subir milles épreuves afin d'assurer la survie et le bien-être de son enfant.
Par le biais de ces trois personnages principaux, nous découvrons le XXe siècle par trois regards et trois chemins différents, bien que toujours mus par une bonté d'âme sans pareil. Des difficultés de tenir un fermage, des douleurs infligées par le service militaire, de l'incroyable découverte d'une terre exotique et de l'opulence des grandes familles de l'époque, rien n'échappe au regard acéré mais toujours juste de Signol. Qui plus est, ces trois personnages sont toujours liés entre eux par cet amour infaillible et cette volonté d'assistance et protection mutuelles, quand bien même la distance ne cesse de les éloigner les uns des autres.
La vision du XXe siècle au travers d'une famille humble se fait naturellement et le lecteur découvre ce siècle par une autre approche, bien plus intéressante. Ainsi, inévitablement, la menace de la guerre est abordée. On constate alors que cet événement ne portait pas la même symbolique qu'on lui connait pour les citoyens reculés et la prise de conscience de la guerre ne fut réelle que lorsque l'enrôlement des troupes franchis le sommet des montagnes isolées de l'Auvergne. Effroi, souffrance, terreur, privation... les personnages subissent un incessant flux de malheurs alors même qu'ils s'étaient enfin établis dans une vie familiale. La guerre de 14-18 est presque vécue au jour le jour avec une incroyable réalité. Elle est abordée par le biais de trois regards: celui de François, sur le champ de bataille, celui de sa femme Aloïse et de Lucie, restées à l'arrière mais endurant les épreuves quotidiennes et rongées par l'angoisse de voir l'être cher disparaître, et enfin par celui de Matthieu, éloigné de la France et dont les nouvelles du continent ne lui parviennent qu'avec parcimonie. Pourtant la guerre est omniprésente et son traitement remarquable. Signol décrit merveilleusement et avec une intensité profonde cet univers ravagé, peignant fébrilement un monde tortueux placé sous le signe de la terreur, rendant avec une vibrante réalité l'éclat des obus, l'odeur incessante de la mort, la folie irraisonnée qui consume l'âme pure, le massacre des innocents… Jamais guerre ne fut rendue plus vivante. C'est surtout pendant les périodes de permissions accordées à François que l'on prend conscience de la perte d'esprit des soldats. La guerre n'est pas abordée par son côté politique dans ce livre mais seulement par son quotidien et sa violence mais aussi le sentiment que cette guerre que l'on prévoyait courte, rapide et victorieuse ne se terminera jamais. En vivant presque au quotidien avec les personnages, et en connaissant malgré tout l'Histoire, on n'en vient à se demander si ce massacre mondial prendra un jour fin. Et lorsque c'est le cas, c'est pour constater un paysage de désolation et des âmes tourmentées, affligées et traumatisées par une brutalité sans égale. Pourtant, nos protagonistes, malgré des moments difficiles, parviennent à surmonter cette douleur en combattant ardemment pour se soutenir les uns les autres.
L'entre-deux guerres survient alors comme une période de renouveau où chacun se reconstruit, cherchant à fonder sa famille. François aide sa femme Aloïse à recouvrer ses esprits alors que lui-même tente de fuir ses souvenirs du carnage et s'implique corps et âme dans le travail agricole. L'importance d'acquérir de la terre pour le paysan prend tout son sens dans cette passion acharnée dont témoigne François. Son frère Matthieu, invalide de guerre, doit faire face aux rebellions naissantes tout en cherchant à se construire une famille et en s'investissant avec toujours plus d'ardeur. Enfin, Lucie tente également de survivre à l'éloignement de sa fille en s'embarquant dans une passion amoureuse avec Jan, un jeune allemand qu'elle suit finalement dans son pays natale, bien qu'avec une déchirante nostalgie de la France. Tous portent encore le souvenir de leurs parents en eux, cherchant à vivre une vie meilleure, celle que leur père et leur mère tentaient à tout prix de leur offrir ou de leur promettre dans un avenir meilleur. Noël représente encore, après toutes ces années, un pur moment de retrouvailles, chassant les malheurs du temps et instaurant une véritable atmosphère de bonheur. Ces Noëls blancs passés à l'abri, dans un terroir reclus et intemporel, sont le symbole d'une innocence retrouvée qu'aucune infortune ne peut atteindre. Ils sont les vestiges durables d'un moment de détente, encore plus précieux du fait de leur brièveté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
emi13
  14 septembre 2013
L'histoire du premier jour de l'an 1900 .La famille Barthélémy va débuter l'année. La vie dans ces montagnes enneigée 5 mois par an est très dure. Une ferme perdue dans un hameau, Les trois enfants François l'ainé, doux et rêveur qui aime l'école mais doit aider son père aux mois les plus chauds pour les semences et les récoltes, son frère Mathieu le costaud de la famille, il aime la besogne des champs et est toujours le premier à rendre service, la dernière, la douce et jolie Lucie. Mais le bonheur va être de courte durée, un jour d'orage leur père sera foudroyé au-dessus de sa charrette au foin. Ces enfants étaient heureux entre les l'histoire et les chansons de leur mère. Vient le décès de leur mère. Pour ces enfants, la vie va prendre des chemins tout à fait différents. Vont-ils réussir là où leurs parents, pauvres fermiers, n'y sont pas parvenus. de la poésie, une lecture simple mais très poignante.
Commenter  J’apprécie          120
ides60
  12 juillet 2010
Voilà le genre de littérature qui me plait. Signol c'est la poésie, c'est une lecture facile, c'est l'âpreté d'un terroir.
ici il raconte la saga d'une famille qui vivote en économie fermée sur une terre exigeante.
Le roman commence le 1er de l'an 1900 et on découvre la famille Barthélémy qui débute le siècle.
Certes, la vie est rude dans ces montagnes, l'hiver y est cassant, mais on se satisfait de peu, pourvu que la récolte de l'année aie permis de remplir les greniers. On se satisfait de peu. Etre tous réunis et bonne santé suffit à faire face à tous les aléas de la vie.
Rigueur, volonté, courage, endurance, ardeur à la tâche, pudeur, respect, amour, reconnaissance autant de grandes valeurs qui construisent l'univers de cette famille et la pousse à aller au delà de ses limites.
On va donc suivre d'abord les parents, ensuite les enfants jusqu'à 1930 et traverser avec eux leurs épreuves.
Pas un seul temps mort, beaucoup d'actions, mais pourquoi certains ont-ils été si peu épargnés ? où puisaient-ils tout ce courage pour avancer malgré les souffrances et les coups du sort ?
Il existe un tome II que je suis en train de dévorer : "Les printemps de ce monde". Si vous aimez ces romans du terroir qui relatent l'existence de personnages sur plusieurs années, voire plusieurs générations, vous allez vous régaler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Annabelle31
  02 juin 2016
"Les Noels Blancs" est le premier tome de la série corrézienne "ce que vivent les hommes". Dans ce premier opus nous rencontrons Elise et Auguste Barthéhémy et leurs trois enfants François, Mathieu et Lucie.
Et c'est tout le siècle que nous allons traverser eux. Les durs travaux de la terre, les saisons, l'école pendant quelques années, puis très vite, le travail parce qu'l faut bien gagner sa vie, d'autant plus que le décès de leur père va plonger les enfants très vite dans le monde des grands. François ouvrier de ferme, Lucie domestique, alors que Mathieu lui, rêve de nouveau horizons et va partir en Algérie pour y tenter sa chance.
Une fois de plus, Christian Signol nous fait partager la vie d'une famille simple, avec tout ce qu'elle peut comporter de travail, de difficultés, de soutien, de tendresse aussi. Avec la sensibilité qui le caractérise, il nous livre des personnages très attachants, et on a envie de suivre grâce au second volet de la série, la suite des aventures des enfants Barthélémy.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
kikou114
  17 novembre 2011
Je vois que ce roman n'a pas de critique donc je vais essayer d'en faire une car j'ai lu ce livre en 2001 pendant ma période "romans du terroir". J'avais adoré. C'était l'histoire d'une famille pauvre (si je me souviens bien). Tout ce que je peux vous dire c'est que c'est un beau roman qui a été suivi d'un tome 2 que je n'ai pas lu et que je possède. Il faudrait que je relise le tome 1 pour lire le 2. Pour ceux qui aiment ce style de romans (terroirs), je vous le conseille vivement. Les romans de C. SIGNOL sont toujours très beaux.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   10 mars 2013
En cette année 1912, mon grand-père Fabien avait disparu depuis deux ans. J'avais huit ans, donc, Grégoire douze, et Aurélien quinze. Ce dernier étudiait à Périgueux, et nous n'avions, Grégoire et moi, qu'une seule obsession : qu'arrivent vite les vacances qui nous réuniraient de nouveau, dans une liberté heureuse que notre père ne songeait pas à contrarier.
Cela se passait dans ce Périgord du début d'un siècle qui n'avait pas encore été ébranlé par les grandes vagues d'un irrémédiable bouleversement, ni meurtri par ces guerres qui allaient lui arracher le meilleur de sa jeunesse. Dans ce domaine de Grand-val où nous vivions en dehors d'un monde que nous ne connaissions que par l'école, les livres, les rares sorties en compagnie de notre père à Hautefort ou à Périgueux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
soso1974soso1974   26 septembre 2013
C'était pour cette raison : trouver les signes, ce qu'il y aurait de différent, qu'il s'était levé si tot ce matin-là. Mais non, si tout était blanc, d'une beauté parfaite, rien n'avait vraiment changé ; la montagne demeurait aussi immobile, les terres toujours aussi pentues, les bois aussi épais, le vent toujours aussi mordant. François se dit que la journée ne venait que commencer, et qu'il se passerait surement quelque chose avant la tombée de la nuit. Il suffisait d'attendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
soso1974soso1974   01 octobre 2013
Cependant, peu lui importait son sort. C'était pour Norbert qu'elle était inquiète, le sachant en danger. Elle ne regrettait rien, au contraire, et si elle avait été séduite par l'héritier du chateau de Boissière,c'est qu'elle l'avait espéré, qu'elle l'avait voulu, qu'elle avait tout fait pour cela. Dès lors, de quoi se serait-elle plainte?
Commenter  J’apprécie          40
Annabelle31Annabelle31   02 juin 2016
Au Pradel, la fin juin de cette année-là fut belle comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps : de longues journées bien chaudes, avec es parfums de genêts et de pommiers en fleurs, des soirées interminables et d'une grande douceur, des nuits crépitantes d'étoiles que l'on eût aimé prendre à pleines mains. En ce jour le plus long de l'année, pourtant, le père ne pouvait pas travailler : comme chaque année, il devait porter le terme du loyer de fermage au propriétaire qui habitait à Bort, et il lui fallait la journée pour aller et revenir.A son départ, le matin, la mère lui avait recommandé de ne pas se fâcher, d'éviter de heurter M. Delasalle, même si, comme à son habitude, il trouvait à redire sur les légumes et les fruits qu'on devait lui porter, en plus du loyer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
EscapistEscapist   11 janvier 2015
Il ne fallait surtout pas pleurer. Il n'avait plus l'âge de pleurer. Mais plus il tentait de s'en persuader, et plus ses yeux laissaient couler sur ses joues le sel de cette enfance qui, aujourd'hui exactement, dans ce hameau perdu, venait de s'achever.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Christian Signol (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Signol
Extrait de "L'été de nos vingt ans" de Christian Signol lu par Patrick Donnay. Editions Audiolib. Parution le 28 novembre 2018.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/lete-de-nos-vingt-ans-9782367627793
autres livres classés : intelligenceVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Marseille, son soleil, sa mer, ses écrivains connus

Né à Corfou, cet écrivain évoque son enfance marseillaise dans Le Livre de ma mère. Son nom ?

Elie Cohen
Albert Cohen
Leonard Cohen

10 questions
263 lecteurs ont répondu
Thèmes : provence , littérature régionale , marseilleCréer un quiz sur ce livre
.. ..