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ISBN : 2253142336
Éditeur : Le Livre de Poche (21/02/2001)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 59 notes)
Résumé :

Alors que le couple Maigret se repose quelques jours aux Sables-d'Olonne, Mme Maigret est victime d'une crise d'appendicite. A l'hôpital où elle est soignée, une religieuse implore le commissaire de s'intéresser à « la malade du 15 ».Dans quelles circonstances cette jeune femme est-elle tombée de la voiture que conduisait son beau-frère, le Dr Philippe Bellamy ? Pourquoi ce dernier semble-t-il faire si peur &#x... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  26 novembre 2014
Ne parlons plus de la retraite de Maigret : c'est du passé, un passé enfoui et que Simenon n'est pas près de déterrer. Dans ce volume, notre commissaire, plus vaillant que jamais, passe simplement ses vacances aux Sables-d'Olonne - des vacances dont il rêve depuis l'année précédente ... Mais patatras ! dès leur premier repas à l'hôtel-restaurant où ils sont descendus, les Maigret se retrouvent intoxiqués par un plat de moules. le commissaire s'en sort à bon compte. Sa femme n'a pas cette chance et se paie une formidable crise d'appendicite qui la mène aux urgences de la clinique locale - une clinique privée tenue par des soeurs encore en cornettes - afin d'y être opérée "à chaud." Les premières angoisses passées, Maigret a donc ses vacances pour lui tout seul mais ça ne l'enthousiasme pas. Il a beau rendre scrupuleusement une visite chaque jour à sa femme, le reste du temps, il s'ennuie. Oh ! bien sûr, les Sables sont beaux sous le soleil, le temps est parfait, il y a plein de bistrots un peu partout mais ... Ce ne sont pas tout à fait les vacances dont il rêvait. Quand ils sont ensemble, Maigret et sa femme échangent peu de mots - il arrive même au commissaire de ne proférer que des grognements en faisant "les gros yeux" - mais une présence reste une présence. Avec ses manies de ménagère impeccable, sa discrétion appuyée, sa timidité même, sa compréhension infinie non seulement des impératifs du métier de son époux mais surtout du caractère de celui-ci, Mme Maigret est capable de manquer terriblement à son époux.
Alors, il traîne, il flâne, il boit à droite et à gauche de petits verres d'un vin blanc qu'il n'apprécie pas particulièrement, il fait la lippe, il bougonne ... et il s'en voit bien puni car c'est à cause de toutes ces flâneries et de ces maussaderies en tous genres qu'il met toute une journée à dénicher le mince petit billet qui, par on ne sait quel miracle, a atterri dans l'une de ses poches en même temps que la carte postale que Mme Maigret lui demandait de poster à l'intention de sa soeur. Sur ce billet, une seule phrase : "Par pitié, demandez à voir la malade du 15." Et forcément, quand Maigret retourne le lendemain voir les bonnes soeurs qui, par discrétion, l'appellent "Monsieur 6", du numéro de la chambre de sa femme, on lui apprend que cette malade-là est décédée dans la nuit. Pour tuer dans l'oeuf tous les bruits qui courent déjà, son beau-frère, le Dr Bellamy, a demandé une autopsie mais l'accident ne fait pratiquement aucun doute. Tous deux revenaient d'un concert - la jeune Lili était musicienne - lorsque la portière de la voiture s'est ouverte, laissant la passagère bouler sur une route où elle s'est fait trop de fractures pour survivre.
Mais si l'accident ne fait aucun doute, pourquoi ce billet ? Et quel en est l'auteur ?
Hormis les visites régulières à son épouse alitée, les génuflexions maussades dans les petits bars du coin, une sieste par-ci, une sieste par-là, Maigret, répétons-le, n'a rien à faire. C'est donc avec un naturel bien compréhensible qu'il succombe à la tentation de fouiner un peu partout, à commencer dans la vie du couple Bellamy qui occupe, cela va de soi, l'une des plus belle villas du coin. Chose peu habituelle, le médecin prend même les devants en profitant de la présence de Maigret au bridge journalier qu'il s'accorde avec d'autres notables à l'hôtel tenu par M. Léonard. Imperméable aux mystères du descendant du whist, le commissaire se contente de regarder - regarder les parties de carte est l'une de ses faiblesses, on le constate de roman en roman. Mais, quoique étonné, il suit volontiers Bellamy lorsque ce dernier, la partie terminée, l'invite à lui faire un brin de conduite ...
Tout tourne autour du personnage de ce médecin, à la fois passionné (il aime sa femme, Odette, plus qu'à la folie) et glacial (on le dirait incapable de toute autre émotion). Bellamy a le froid cartésianisme d'un praticien qu'on assure excellent, un caractère qu'on dit entier mais que tout le monde respecte, ses malades n'ont pas à se plaindre de lui, les membres de sa famille non plus au premier regard (n'a-t-il pas pris à sa charge les frais d'entretien de la petite Lily depuis les treize ans de celle-ci ?), tout ceux qui jouissent d'une certaine situation aux Sables le saluent et l'invitent mais ... Une coquille vide : oui, il pourrait se comparer à un magnifique coquillage vide.
... Pourtant, ah ! pourtant ! Maigret prendrait bien le pari que, tout au creux de cet élégant spécimen, se tapit et palpite une vie occulte et déterminée à tout. En tous cas en ce qui concerne Odette. Et il va fouiller, creuser, racler, bien entendu, s'acharnant, tel quelque dentiste délirant, sur une dent suspecte, et ne se laissant évidemment pas impressionner le moins du monde par les connaissances de Bellamy, lequel compte, parmi ses amis et depuis le collège, l'actuel procureur du lieu.
C'est un Maigret au début lent, qui bâille un peu et tâtonne beaucoup. Et puis, le pouls monte, la fièvre éclate, une petite fille est étranglée chez elle, dans sa propre chambre, un journaliste-stagiaire, censé monter à Paris où l'attend un petit poste lui mettrait le pied à l'étrier dans un grand quotidien, ne semble avoir jamais atteint la capitale ... Quant à Mme Bellamy, on la voyait déjà bien peu avant mais maintenant, elle passe tout son temps dans son lit, sous médicaments. Oh ! certes, elle est en vie mais elle n'arrête pas de dormir, dormir, dormir.
Plus que la recherche du criminel - on devine très vite son identité - c'est l'étude de sa personnalité et de tout ce que déclenche celle-ci dans son entourage, proche ou plus éloigné, qui tient la vedette dans "Les Vacances de Maigret." Certains en seront peut-être déçus mais ce serait dommage : c'est un roman un peu dans le goût du "Fou de Bergerac", un roman qui rappelle parfois, toutes proportions gardées, l'ambiance de certains Poirot. Ou, pour le définir encore mieux, un épisode de Columbo. Vous vous rappelez ? Vous savez. Columbo aussi sait. Mais vous prenez un étrange plaisir à tout reprendre de A à Z parce que le coupable parvient, en dépit d'une froideur incroyable, à vous toucher - comme il touche Columbo lui-même. Un peu au moins. Mais du Diable si vous savez pourquoi ... C'est la seule énigme à laquelle ne répondent ni les scénaristes de "Columbo", ni Simenon. ;o)
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morganex
  11 octobre 2019
J'ai commis une erreur et un éditeur aussi, me semble t'il. La même bévue, ou presque. Involontaire me concernant; délibérée epour "France-Loisirs". Ce n'est que mon humble avis mais je vais l' argumenter. Mais rien n'est grave et tient plutôt de l'anecdote amusante. L'erreur me fut, de mon côté, de lire dans la foulée; de l'autre d'avoir publié accolés dans un même omnibus, deux romans de Simenon : "Maigret à Vichy"* et "Les vacances de Maigret". Ils se trouvent dans un gros pavé, au demeurant excellent; dans une collection dédiée à l'auteur qui vaut le détour et que je suis fier de posséder dans son intégralité, C'est de "Georges Simenon 12" dont il s'agit. L'épais volume regroupe deux romans "durs" et trois épisodes consacrés au Commissaire. le problème est que les susnommés se ressemblent tant que lire l'un c'est presque lire l'autre. Les deux récits se mélangent dans les intentions d'auteur, dans les ressentis de lecture, empruntent des chemins similaires d'études psychologiques et d'intrigues policières; même si, au final, les criminels démasqués ne se ressemblent pas du tout. Quelle idée éditoriale d'accoler, qui plus est à la suite l'un de l'autre, deux aventures si semblables qui font doublon ? En conséquence le premier lu apporte satisfaction, le second déçoit, une impression de déjà-lu à ses talons.
Maigret, comme toujours en août, part en vacances avec Madame. Les deux romans offrent des destinations différentes: un été, Vichy, où Maigret, forcé et contraint, subit des soins thermaux fastidieux; l'autre, les Sables-d'Olonne, où Madame, dans une clinique, se fait opérer en urgence d'une appendicite. Dans les deux cas: Maigret s'ennuie et inaugure des rituels de promenades quotidiennes monotones qui amusent un temps le lecteur. Simenon, en auteur policier professionnel, veille et se doit à son métier. Chaque épisode promet du sang, une arme du crime et une énigme à résoudre. Chose promise ... frissons dus, les meurtres tombent miraculeusement du ciel; c'est le lot de tous les héros romanesques récurrents, aventuriers, détectives ou policiers assermentés. A Vichy c'est une curiste solitaire étranglée; aux Sables-d'Olonne, une jeune malade sur un lit d'hôpital tombée, quelques jours plus tôt, d'une automobile.
Maigret en vacances sur la Côte Atlantique, pour se tirer de l'ennui et retrouver les frissons du Quai des Orfèvres, va
_cohabiter avec une police locale qui aura toujours un temps de retard sur lui et les forces de l'ombre;
_croiser le fer avec des soeurs en cornette rigolotes dans une clinique où il marche sur la pointe des pieds et se garde de parler haut et fort;
_tirer de sa poche, sans savoir d'où il est venu, un bout de papier plié mentionnant "Par pitié, demandez à voir la malade du 15";
_penser à cette belle endormie malade qu'il ne voit jamais dans sa chambre fermée à double tour; _déboucher sur un profil criminel proche de celui d'un serial killer...
_faire la connaissance d'un plat de moules qui passe mal;
_se rattraper avec de nombreux petits blancs secs aux comptoirs des bistrots de passage. du coup l'épisode thermal de "Maigret à Vichy" (1968) venant éditorialement après celui des "Vacances" (1948) trouve sa pleine et entière justification médicale au secours du foie meurtri du Commissaire (mdr)
_s'essayer en vain à comprendre les règles du bridge.

Ce que j'en pense: franchement je n'en sais rien tant ma lecture fut parasitée par l'ombre sosie de celle qui a précédé. Pour schématiser: Vichy a effacé les Sables-d'Olonne dans une atmosphère de déjà-ressenti proche d'une relecture banale. Je préfère l'épisode vichyssois, il me semble y avoir trouver plus d'humour, mais rien ne m'est sûr.
Qu'on se rassure, cet épisode est dans la bonne moyenne du cycle. Mon ressenti mitigé n'étant ici que la résultante d'une confrontation accidentelle et malvenue de deux récits de même parfum. Dans d'autres circonstances j'y aurai pris le plaisir habituel.
Toujours est-il que les mots simples de Simenon posés sur des personnalités et des sentiments compliqués me confortent dans l'idée que l'auteur est un grand, qu'il ne faut surtout pas le réduire à des romans banalement populaires.
Lien : https://laconvergenceparalle..
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dourvach
  21 septembre 2014
Etonnant livre policier (eh oui, on peut détester ce mot de "polar", mot à feignasses et pour moi, irrémédiablement niais !!! "polaâââr"...) : bref, un petit livre dont nous connaissons "le coupable" dès le chapitre Deux. Connaissons ou suspectons très fortement... Avec son nom de type-pas-clair-du-tout ("Bellamy" : autant dire l'arriviste De Maupassant... Docteur, en plus... "notable" ! Tel Columbo, Maigret n'a plus qu'à flairer le drame autour des bonnes manières de cet homme si policé...)
En même temps, la tragédie se noue... Les-Sables-d'Olonne... Notre chère Mme Maigret victime d'une appendicite "presque perforée", soignée par les bonnes sours de "L'Hôtel-Dieu" du coin...
Et le pôvre Jules Maigret qui commence à s'emm... sec, et boire des petits blancs secs ici ou là... en regardant distraitement les estivants, baigneuses et gamins jouer dans les vagues, au loin...
Le pire dans une vie de commissaire officiant au 36 Quai des Orfèvres ? Ses vacances... le lâcher-prise... Désarçonné... Tombé du train... D'où, errances méditatives sur le Remblai des "Sables"...
Heureusement des "événements" (tragiques) viennent bientôt combler ce vide poétique...
Une jeune fille qui saute d'une voiture en marche, survit quelques heures, délire et s'éteint... Une gamine croisée dans la solennelle demeure du Docteur Bellamy où vit sa femme sur laquelle "le Bon Docteur" veille jalousement (n'oubliant jamais de fermer la porte de la chambre à clé). La gamine entraperçue qui meurt étranglée dans son lit, dans la masure de ses parents. Son frangin, employé au journal local, qui disparaît...
Un petit air d'éternelle "lutte des classes" qui se fredonne entre les lignes de Georges Simenon...
Et puis, Emile Duffieux, le "gamin journaliste" des Sables (disparu dans un train de nuit mystérieux pour Paris) n'est pas loin de nous rappeler le jeune Georges Sim, de "la Gazette de Liège" qui prend un jour le train pour la Capitale française, "y faire fortune"... en se montrant un bourreau de travail (commençant par aligner des romans de gare insipides)... Moderne Rastignac... Emile Duffieux ne connaîtra pas cette chance, lui !
Le charme de Simenon... Neuf chapitres... Fabuleuse mémoire sensorielle... 100ème pierre d'ouvrage du "romanesque simenonien"... Simenon est immortel.
" Ecrit à Tucson (Arizona) en novembre 1947."
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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bibiouest
  04 mai 2017
Un Maigret Atypique,(il y a du columbo dans cette histoire) il n'y a pas longtemps que je lis les aventures de Jules Maigret. Je connaissais Maigret qu'à travers la série télévisée(avec Jean Richard) et le cinéma (avec Gabin).
Je dois dire que ce fut un plaisir de lire. Très fluide, agréable .Bien sur cela à beaucoup vieilli cette France la n'existe plus. Mais la description qui en est faite est précise subtile et très efficace je l'ai lu comme un "policier historique" et cela m'incite à en lire d'autre et à découvrir l'oeuvre de Simenon.
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Polars_urbains
  30 juin 2018
Drôles de vacances pour Maigret. A peine arrivé aux Sables-d'Olonne, son épouse est hospitalisée et le voici désoeuvré, particulièrement bougon, errant dans la ville et attaquant au blanc sec dès 10 heures du matin ! Heureusement qu'un mot glissé dans sa poche par une infirmière de la clinique va lui donner l'occasion de mener une enquête personnelle en marge de l'enquête officielle, suite au décès suspect d'une jeune femme, tombée d'une automobile, puis à l'assassinat d'une petite fille.
C'est à sa manière que le commissaire va procéder, par petites touches, en conversant avec les habitués de la partie quotidienne de bridge - dont le principal témoin, vite promu au rang de suspect - et en faisant du porte à porte chez les commerçants du Remblai, sur le front de mer. Une enquête de proximité minutieuse et patiente, comme si Maigret voulait montrer à ses collègues sablais comment procéder.
Une fois de plus, Simenon excelle dans la description d'une petite ville de province (« La ville n'est pas si grande ») et de ceux qui y vivent, bourgeoisie hautaine et sûre d'elle, petits commerçants aisés, milieux populaires frappés par le malheur, sans oublier les religieuses-infirmières de la clinique (« Il s'était promis d'être diplomate, mais cette grande bourgeoise en cornette l'irritait, il ne savait pas pourquoi. »). Et comme souvent, Maigret manifeste son hostilité, discrète mais réelle, au gens d'en haut : « C'était une question de caste, en quelque sorte, et le commissaire commençait à en avoir chaud aux oreilles. ».
Drame de la jalousie obsessionnelle, Les vacances de Maigret mêle magnifiquement l'observation d'une ville balnéaire que Simenon connaissait bien à l'illustration de la « méthode » Maigret. Il peut être intéressant également d'opposer l'amour fou que porte Bellamy à son épouse, avec les conséquences que l'on sait, aux relations plus paisibles mais oh combien solides entre le commissaire et son épouse (cf. citation).
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   27 novembre 2014
[...] ... Maigret apporta une chaise devant le poêle. Il comprenait que, pour certaines gens, le poêle est une compagnie. Il questionnait à voix basse :

- "Vous êtes de la famille ?

- Les enfants m'appelaient tante," répondit-elle sans cesser de compter ses points de tricot. "Mais je ne suis pas parente. J'habite trois maisons plus loin. C'est moi qui suis venue quand Marthe était en couches. C'est chez moi aussi qu'elle laissait la petite quand elle faisait ses courses. Elle n'a jamais eu de santé.

- Est-ce qu'on a découvert pourquoi Lucile est allée hier chez le docteur Bellamy ?

- Elle est allée chez le docteur ? ... Ils ne me l'ont pas dit ... Vous n'étiez pas avec eux ? ... Attendez ... Ils m'ont parlé de l'argent qu'ils ont trouvé dans la boîte, et des billets de tombola ... Cela doit être cela ... Allez dans la chambre ... Mes vieilles jambes n'en peuvent plus ... Ouvrez l'armoire ... Après leur départ, j'ai remis les choses plus ou moins à leur place ... A droite, dans le fond, vous trouverez dans une boîte en fer-blanc ..."

Le corps n'était plus là. Comme Lili Godreau, la petite Lucile allait subir les dernières injures de l'autopsie.

Maigret suivait les indications de la vieille. Sous les vêtements, que les inspecteurs avaient dû examiner sous toutes les coutures, il découvrait une ancienne boîte à biscuits qu'il apporta dans la cuisine.

La femme le regardait ouvrir le couvercle, compter les billets de banque et les pièces de monnaie. Fut-ce le bruit des pièces ? Duffieux entrouvrit les paupières et, voyant à nouveau chez lui un visage étranger, préféra les refermer et chercher le sommeil.

La boîte contenait deux-cent-trente-cinq francs. Il y avait aussi, formant des carnets à souches, des billets de tombola au profit de la caisse des écoles. Le billet coûtait un franc, le carnet entier vingt-cinq.

La plupart des billets avaient été vendus un à un et portaient les noms des gens du quartier. Sur une feuille arrachée à un cahier d'écolier, la petite avait écrit au crayon :

Malterre : 1 carnet
Jongen : 1 carnet
Mathis : 1 carnet
Bellamy : 1 carnet
... [...]
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dourvachdourvach   21 septembre 2014
" Et, en effet, le commissaire rentra dans la maison, en regardant une petite clef qu'on lui avait glissée dans la main, la clef de la chambre aux rideaux clos où frémissait le souffle régulier d'une femme endormie."
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WolandWoland   27 novembre 2014
[...] ... - "Comment vas-tu ?"

[Mme Maigret] s'efforçait de sourire et n'y parvenait qu'à moitié.

- "Il ne fallait pas m'apporter d'oranges. Il m'en restait ...

- Toi qui dois connaître toutes les malades ici ..."

Pourquoi lui faisait-elle signe ? Il se tourna vers le lit de Melle Rinquet. La vieille fille était couchée, la tête dans l'oreiller, tournée vers le mur.

Il chuchota :

- "Cela ne va pas ?

- Ce n'est pas elle ... Chut ... Approche-toi ..."

Tout cela se passait à grand renfort de mystères, comme dans un pensionnat de petites filles.

- "Nous avons eu une morte, cette nuit ..."

Elle surveillait Melle Rinquet, dont la couverture bougea.

- "Cela a été terrible, avec des cris qu'on entendait jusqu'ici ... Puis la famille est arrivée ... Pendant plus de trois heures. Il y a eu des allées et venues ... Plusieurs malades se sont effrayées ... Surtout de voir l'aumônier apporter l'Extrême-Onction ... On avait éteint dans le corridor mais tout le monde savait ..."

Dans un souffle, Mme Maigret ajouta en désignant sa compagne de chambre :

- "Elle croit que cela va être son tour ..."

Maigret ne savait que dire. Il était là, lourd et pataud, dans un monde étranger.

- "C'est une jeune fille ... Une très jolie jeune fille, paraît-il ... le 15 ..."

Elle se demanda pourquoi il fronçait ses gros sourcils et tirait machinalement de sa poche une pipe qu'il ne bourra d'ailleurs pas.

- "Tu es sûre que c'est le 15 ?

- Mais oui ... Pourquoi ? ... [...]
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aaahhhaaahhh   31 juillet 2012
A huit heures, Julie, la plus petite et la plus noiraude des deux bonnes, lui apportait son café au lit. Pourquoi faisait-il semblant de dormir alors qu'il était réveillé depuis six heures du matin? Une manie de plus. Les vacances, c'était la grasse matinée. Trois cent vingt jours par an, et davantage, chaque matin, en se levant avec le jour, il se promettait : Quand je serai en vacances, qu'est-ce que je me payerai comme sommeil!
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Polars_urbainsPolars_urbains   30 juin 2018
Maintenant l’habitude était prise. C’était devenu un rite. Il restait une demi-heure. Il n’avait rien à dire. La présence de la vieille fille rageuse l’empêchait d’ouvrir la bouche. Au fait, en période normale, qu’est-ce qu’il racontait à sa femme quand il était avec elle ? Il lui arrivait aujourd’hui de se le demander. Rien en somme. Alors pourquoi, toute la journée, lui manquait-elle tellement ?
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