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Marcel Duhamel (Traducteur)Max Morise (Traducteur)Bernard Héron (Illustrateur)
EAN : 9782070612673
140 pages
Éditeur : Gallimard Jeunesse (15/03/2007)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Jody, petit garçon rêveur et solitaire, vit dans un ranch de Californie, avec ses parents et son ami Billy Buck, le garçon d'écurie. Sa vie est paisible, entre l'école et les travaux de la ferme. Un matin, Jody découvre dans la grange un poney rouge, offert par son père. Aidé par Billy Buck, Jody entreprend de le dresser. Et peu à peu vient le jour où, pour la première fois, Jody va pouvoir le monter ! Mais le poney tombe malade... Par un grand romancier américain, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 décembre 2012
Coluche disait : « Allumez un feu de camp, et vous voyez arriver Hugues Aufray ! » Et dans nos souvenirs de colonies de vacances, après l'inévitable « Hisse et Hoooo, Santinaaaaano ! » que nous avons tous entonné bêtement à perdre un poumon, peu de temps après, la larme à l'oeil, on ne coupait pas à l'autre incontournable de son répertoire : « Dis-moi, Céline, les années ont passé… » et puisque nous étions tous en pleurs, on en rajoutait une p'tite louche avec le troisième mousquetaire d'Hugues Aufray : « Il s'appelait Stewball, c'était un cheval blanc, il était mon idole, et moi j'avais quinze ans, quand le vétérinaire… » etc., etc.
Bon s'il n'était qu'au lieu de s'appeler Stewball il s'appelait Gabilan et qu'au lieu d'être un cheval blanc, c'était un poney rouge, le destin des deux quadrupèdes n'est pas fondamentalement différent.
Je ne sais pas trop pourquoi l'on qualifie ce petit roman de John Steinbeck de littérature jeunesse, sauf peut-être à considérer que le personnage humain principal, Jody Tiflin, est un jeune garçon de dix ans avec des étoiles dans les yeux le jour où son père, un gros éleveur californien, lui fait cadeau d'un magnifique jeune poney au pelage épais avec pour mission de s'en occuper.
Billy Buck, le responsable de l'écurie de l'exploitation de son père, réputé pour sa grande science du monde des chevaux lui fait la promesse de lui apprendre à monter sur ce poney rouge.
Dès lors, toute la vie de Jody va tourner autour du poney rouge nommé Gabilan, comme les montagnes alentour. John Steinbeck est un expert dans l'art de retranscrire ces petits riens que tous les enfants ayant grandi à la campagne auprès d'animaux domestiques ont un jour ressentis. Domaine dont, bien des années plus tard, Philippe Delerm s'est fait le chantre avec ses premières gorgées de bière et autres plaisirs minuscules.
Steinbeck tisse admirablement la trame affective qui unit Billy Buck, Jody et le poney. La relation de confiance conduisant à une toujours plus grande complicité entre tous.
Jody apprend à dresser Gabilan, à comprendre chacune de ses expressions. Puis, Gabilan étant devenu assez grand et assez fort, vint la délicate aventure d'arriver à le sceller puis le monter.
On vit avec Jody toutes les émotions que ceci procure, jusqu'à l'extase suprême que sera la première chevauchée.
Seulement voilà, un coup de bol et Gabilan se fait rincer sous une lourde averse. La première chevauchée sera pour plus tard car le poney semble un peu malade… Il faudra attendre Jody, attendre… (Si vous voulez connaître la fin, lisez le livre ou écoutez Hugues Aufray, au choix.)
Récit poignant, simple et naturel comme John Steinbeck sait si bien les faire mais qui nous remue les tripes durablement. Ce n'est pas mon préféré de l'auteur, mais on y lit tout son extraordinaire savoir-faire, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Under_the_Moon
  24 juillet 2013
Voilà un roman qui a été bien éprouvant pour l'amie des bêtes que je suis...
Il y a longtemps que je n'avais pas lu Steinbeck et j'avais envie de remédier à ce fait.
Le récit est très haletant et on se retrouve dans la vallée de Salinas que l'auteur affectionnait tant.
Ici, Steinbeck décrit la vie à la grange d'une petite famille américaine, où la vie peut être aussi dure que la terre aride de la vallée.
Comme dans les autres oeuvres de l'écrivain, j'ai trouvé l'écriture très juste et le récit très empreint de vérité. (du moins de celle de son époque)
MAIS le sort réservé à certains animaux... cela m'a fait trop mal au coeur pour que je rentre pleinement dans le récit. Entre les cochons qu'on égorge, l'oiseau dont on coupe la tête, les chevaux dont on abrège les souffrances...
Je me demande bien pourquoi cet ouvrage est classé dans la "littérature de jeunesse" tant j'ai trouvé certains descriptions violentes!
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Junie
  16 décembre 2012
"Ras-le-bol de ces gosses américains qui se font offrir des poneys, chez nous on a juste droit à un camion de pompiers ou à une Barbie, une game boy si on a de la chance.
Ils sont tellement gâtés, ces kids, gavés de Coca et de Mc Do, de 22 long rifle et de God bless America, que ça me donne mal au coeur.
Vive l'Amérique, ses grands espaces sauvages, ses indiens massacrés, ses subprimes et ses tueurs en série!"
A la suite de ces lignes radicalement antiaméricaines écrites en décembre 2012, je me dois de proposer une deuxième version pour rendre justice à ce poney qui a déjà subi un sort tragique en son temps.
Et d'abord, se méfier des éditeurs qui collent une étiquette "Jeunesse" inappropriée. Les trois nouvelles présentées dans cet album NE SONT PAS pour un jeune public. Rien à voir avec "mon amie Flicka" ou Poly au Portugal.
Le pauvre Jody, héros de la série, est élevé sans tendresse par des fermiers durs à la tâche qui ne font guère de sentiment. Le gamin de 10 ans doit s'endurcir lui aussi, se lever à l'aube et nettoyer les écuries. Quand il s'ennuie, il tue des oiseaux au lance-pierre, maltraite le chien, ou ramasse des crapauds et des serpents. Les étrangers ne sont pas les bienvenus, et Jody le solitaire ne peut que s'attacher désespérément à un animal qui pourra le valoriser auprès des autres.
Mais Jody a la poisse, le guignon, la scoumoune. La vie est cruelle, la mort guette les êtres faibles et il ne s'agit pas de s'apitoyer sur un vieux canasson ni sur le destin de ceux qui n'ont plus la force de travailleur. "It's not time to make a change", il faut être a tough guy et ravaler ses larmes.
Au plus fort de l'émotion, il faut aller se cacher pour ne pas subir de moqueries et passer pour une mauviette.
Et c'est bien ça le pire. Non pas la souffrance, mais l'absence de compassion. Non pas la perte, mais le refus d'admettre le chagrin. Car c'est bien cela qui nous déshumanise.
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araucaria
  05 juillet 2018
Ce texte faisait partie d'un recueil de nouvelles de l'auteur "La grande vallée", il est parfois considéré, à tort je trouve, comme une lecture jeunesse. Dans ce recueil de nouvelles, j'ai trouvé qu'il s'agissait de l'histoire la plus percutante. Un texte fort, assez violent. Excellent.
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belette2911
  02 avril 2020
Steinbeck ne m'a pas fait vibrer avec ce petit roman jeunesse qui, je trouve, manquait de profondeur dans son personnage principal de Jody.
On saura peut de chose de lui et de ce fait, il me fut difficile de m'y attacher, même si j'ai ressenti sa peine.
Monsieur Steinbeck, vous êtes une brute ! Vous offrez un poney à un gamin, il en est bleu, de son poney rouge, il le dresse et au moment où va enfin pouvoir le monter, bardaf, vous le faite mourir.
Non mais allo quoi ? En plus, j'aurais compris si il avait été emporté par le tétanos, mais sérieusement, un refroidissement après une pluie ?
Oui, dans ma vie, j'ai vu un jour une de mes juments trembler de froid sous la pluie, mais pas après un après-midi passé dessous, c'était après des jours et des jours de pluie, quand tout devient boue et que l'eau ruisselle de partout.
Un bon bouchonnage à la paille, un couverture séchante, un grand paddock pour pouvoir marcher, à l'abri et c'en était fini de ses tremblements. Mais vous, vous emportez le poney d'un pauvre gamin qui n'attendait qu'une chose : monter dessus.
Si la vie dans une exploitation est bien décrite, si les choses simples sont bien mises en scène, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et si j'avais pas vécu plusieurs fois la perte d'un cheval, je n'aurais pas vibré avec Jody.
Hélas, j'ai vibré à cause de mes souvenirs malheureux mais pas à cause des siens. Autant où nous laissons couler nos larmes devant un de nos animaux étendu sans vie sur le sol, autant ici, Jody ne lâche rien, de peur qu'on le prenne pour une mauviette, une gonzesse… Il passe sa tristesse en maltraitant d'autres animaux et pour la compassion venant de ses parents, faudra repasser, car ils n'en montrent aucune.
Pourtant, en me posant un peu, je ressens de la douleur pour Jody, un gamin élevé sans amour par ses parents à qui il donne du m'sieur ou du m'dame, comme s'ils étaient des étrangers.
L'auteur a beau nous expliquer, au travers des pensées de Jody, que son père est un homme bon, j'ai du mal à le croire et me le répéter 36 fois ne me fera pas changer d'avis.
Une lecture en demi-teinte, donc, malgré la plume de Steinbeck, son style brut, cru, sans fioritures, violent, qui n'épargnera pas son jeune lecteur, même s'il laissera peut-être des plus âgés froids, justement à cause du manque d'empathie pour les personnages.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   17 décembre 2012
- Tiens la lanterne ! ordonna Billy.
Et il palpa les jambes du poney et éprouva la chaleur des flancs. Il mit sa joue contre le museau gris du poney, puis il tira les paupières vers le haut pour voir les prunelles, souleva les lèvres pour découvrir les gencives et il mit ses doigts dans l'intérieur des oreilles.
- Il n'a pas l'air trop mal fichu, dit Billy. Je vais lui faire une bonne friction.
Alors Billy chercha un sac et frictionna violemment les jambes du poney, puis il frictionna la poitrine et le garrot. Gabilan était étrangement insensible. Il se soumettait patiemment au bouchonnage.
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araucariaaraucaria   05 juillet 2018
Le père de Jody ouvrit le loquet de la porte et ils entrèrent. Ils avaient marché le soleil dans les yeux en venant. La grange était noire comme la nuit par contraste et pleine de la chaleur du foin et des bêtes. Le père de Jody se dirigea vers l'unique box.
- Vient ici! ordonna-t-il.
Jody commençait à pouvoir distinguer les choses. Il regarda dans le box, puis recula vivement.
Un tout jeune poney rouge le regardait du box. Ses oreilles étaient tendues en avant et il y avait dans ses yeux une flamme de rébellion. Sa robe était épaisse et rude comme la fourrure d'un airedale et sa crinière était longue et emmêlée. La gorge de Jody se contracta et sa respiration se fit brêve.
- Il a besoin d'un bon pansage, dit son père, et si jamais je m'aperçois que tu ne le nourris pas ou que tu laisses son écurie sale, je le vends à la minute même.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   24 juillet 2013
- Les vieux devraient être tirés de leur misère, continua le père de Jody. Un coup de fusil, un grand bruit, une grande douleur dans la tête peut-être, et c'est tout. Ca vaut mieux que l'ankylose et le mal aux dents.
Billy Buck intervint.
- Ils ont le droit de se reposer après qu'ils ont travaillé toute leur vie. Peut-être qu'ils ne demandent qu'à se promener un peu.
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fredhofredho   03 janvier 2014
Je n'aime pas les chevaux savants. ça enlève toute la ... dignité d'un cheval de lui apprendre des tours. Enfin, un cheval savant, c'est un peu comme un acteur..., pas de dignité, pas de caractère personnel.
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Aurore666Aurore666   03 février 2017
Jody allait souvent errer vers la lisière de la brousse, derrière la maison. Un tuyau de fer rouillé déversait un mince filet d'eau de source dans un vieux baquet verdi. Là où le tuyau qui débordait s'infiltrait dans le sol il y avait un coin d'herbe perpétuellement verte. Même quand les collines étaient brunies et rôties par le soleil, ce petit coin était vert. L'eau murmurait doucement en coulant dans l'abreuvoir tout le long de l'année. Cet endroit était devenu un centre pour Jody. Quand il avait été puni, l'herbe verte et fraîche et le chant de l'eau le consolaient. Quand il avait été méchant, l'acide mordant de la méchanceté l'abandonnait à la lisière de la brousse. Quand il était assis dans l'herbe et qu'il écoutait le gazouillement de la source, les barrières dressées dans son esprit par la rigueur de la journée tombaient en ruine.

Par contre, le cyprès noir à côté de la baraque était aussi répulsif que le baquet d'eau était attirant; car sous cet arbre, tous les cochons venaient tôt ou tard se faire égorger. L'abattage d'un porc était une chose fascinante, avec les hurlements et le sang, mais cela faisait battre le coeur de Jody si vite qu'il lui faisait mal. Une fois que le cochon avait été échaudé dans le grand chaudron de fer à trois pieds et que sa peau était grattée et blanche, il fallait que Jody aille s'asseoir dans l'herbe près du baquet d'eau en attendant que son coeur se calme. Le baquet d'eau et le cyprès noir étaient deux contraires et deux ennemis.
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Vidéo de John Steinbeck
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