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EAN : 9791032704899
Éditeur : Editions Ki-oon (19/09/2019)
4.18/5   108 notes
Résumé :
Certaines choses devraient rester cachées pour l'éternité...
En 1935, au fin fond de l'Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d'une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d'aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert...

Son monde a été chamboulé près de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Alfaric
  25 septembre 2019
MANGA SCIENCE-FICTION / HORREUR
Le professeur d'économie Nathaniel Peaslee a un malaise durant un cours donné à l'université… Et il se réveille 5 ans plus tard pour découvrir que durant tout ce temps il étudié en autodidacte tous les savoirs possibles et imaginables avec un don des langues inouï, des talents mathématiques hors du commun et une incroyable mémoire eidétique avant de partir en explorations aux quatre coins du monde. Pour ses médecins il s'agit d'un de dédoublement de la personnalité, pour sa femme qui est partie avec leur fille et leur fils aîné il s'agit cas d'usurpation d'identité, pour le père et le fils cadet c'est un mystère et ils se reconvertissent l'un et l'autre dans la psychologie pour le résoudre. Ils traversent la WWI, les Années Folles et la Grande Dépression pour découvrir que ce mystère s'est reproduit siècle après siècle depuis des générations et des générations. Mais c'est quand ils se font une raison et qu'ils acceptent que tout cela est le fruit de leur imagination, un ingénieur australien vient leur prouver qu'ils avaient raison et que la réalité dépasse la fiction !
Étrange homme qu'H.P. Lovecraft capable de créer indéfiniment autant de démons que de merveilles, capable de magnifiques démonstrations d'humanité comme de faire l'apologie de criminels contre l'humanité. "Dans l'Abîme du temps" (traduction maladroite de "The Shadow Out of Time") parue en 1935 est la dernière nouvelle du Maître de Providence, pierre angulaire du genre horrifique qu'il a révolutionné avant de le marquer à tout jamais de son empreinte. Il s'agit un peu de son testament, qui est à la fois le remake et la suite des "Montagnes hallucinées". On retrouve l'expédition dans un lieu reculé voire inaccessible de la planète, la découverte d'une civilisation antédiluvienne pas si disparue que cela, ainsi que l'horreur indicible qui a causé leur perte et qui pourrait causer la perte de l'humanité (sans parler du Professeur Dyers survivant de l'expédition polaire qui ici aide Nathaniel Peaslee à comprendre et à aller de l'avant avant d'achever sa quête de vérité). Alors certes la mise en place du récit est différente mais comme d'autres inspiré du film "Berkeley Square" et de la nouvelle "The Shadowy Thing" : on associe transfert d'âmes et voyages dans le temps et on reconnaît "L'Affaire Charles Dexter Ward" et "Le Monstre sur le seuil", ainsi que plusieurs oeuvres majeures du pape du space opera Edmond Hamilton (on va dire que ces tropes ont fait les beaux des genres de l'imaginaire à l'époque où il n'y avait pas de frontières entre les genres de l'imaginaire). Ensuit il reprend ses thématiques favorites mais avec une inflexion optimiste peu courante dans la mythologie qu'il a façonnée de ses propres mains…
La peur de soi :
Nathaniel Peaslee ne se reconnaît plus, plus il enquête sur lui-même et les 5 années qu'il a perdues et moins il se reconnaît… Sa perception du temps est étrange, et les incroyables visions qui assaillent ses rêves débordent sur la réalité. Qui est-il ? D'où vient-il ? Où va-t-il ? Quel est le vrai et le faux entre celui qu'il a été, celui qui l'a remplacé pendant 5 ans et celui qu'il est aujourd'hui. Notre narrateur ne sait plus s'il fou ou saint d'esprit, où la frontière entre la réalité et ce que son esprit peut inventer, et à un moment s'il est encore humain...
La peur de l'autre :
L'autre c'est l'ennemi, et l'ennemi c'est l'horreur. Les exceptions sont rares dans la bibliographie de l'auteur, et donc d'autant plus marquantes (l'alien perdu en croisade contre les abominations de la Constellation du Taureau, le zombi qui ignorait qu'il était un zombie, le mystérieux sorcier saxon venu du passé). Dans "Les Montagnes hallucinées" les créatures venues du passé n'interagissaient pas directement avec les humains, les traitant comme les humains auraient traité n'importe quelle « espèce inférieure », et même si on apprenait leur histoire et leur destin où elles passaient de maîtres à esclaves, de bourreaux à victimes, elles étaient plutôt moralement neutres par rapports aux autres créatures du mythe elles carrément maléfiques… Dans le présent récit, les créatures venues du passé décrites du manières plutôt positives : des purs esprits en quête de savoir, observant sans intervenir mais défendant la terre contre les envahisseurs octopodes ou reptiliens avec les technologies venues de toutes les civilisations du passé et de l'avenir. Mais tout pouvoir rencontre un jour un pouvoir plus grand, et on prend parti pour elles quand elles affrontent des créatures d'outre-espace encore plus éloignées de nous qu'elles dans l'échelle de l'évolution, et qu'elles choisissent la fuite plutôt que la guerre à outrance. En plus dans leur exode elles auraient pu parasiter l'humanité ce qui nous aurait donné une Histoire Secrète bien paranoïaque que Philip K. Dick aurait adorée, mais elles ont choisi d'habiter la race coléoptère qui succédera à la race humaine (encore une fois l'auteur rend hommage à H.G. Wells et à "La Machine à explorer le temps")...
La peur de l'inconnu :
Chez H.G. Wells comme chez H.P. Lovecraft l'homme n'est plus l'être créé par Dieu à son image qui règne sur une planète créée pour lui et placée au centre de l'univers, mais une espèce comme les autres qui apparaît, évolue et disparaît comme les autres… Mais entouré voire cerné par d'autres espèces bien plus vieilles, bien plus intelligentes et bien plus évoluée que l'humanité. Dans la mythologie créée par l'auteur elles sont le plus souvent malveillantes, et prêtes à écraser les êtres humains comme des insectes dès que les astres seront propices. Mais ici on nous dépeint des explorateurs et des chercheurs plongés dans une éternelle quête de savoir, suivant une éthique stricte et rigoureuse et appliquant une diplomatie claire : ne pas être agresseur et ne pas être agressé… le narrateur les découvre eux et leurs ennemis, et s'ils ne parvient pas à révéler l'ultime vérité à l'humanité c'est peut-être mieux ainsi. Alors certes l'humanité n'est pas grand-chose, et si elle n'est pas seule elle n'a pas forcément que des adversaires indicibles et incommensurables totalement étrangers à notre mode de pensée. Malgré tous les jets de SAN qu'il aura dû effectuer, il trouve ainsi une forme d'équilibre donc de sérénité !

Alors j'ai été très bavard sur l'oeuvre d'H.P. Lovecraft mais que penser de l'oeuvre de Gou Tanabe ? Elle est de qualité, très fidèle et très respectueuse, pleine de bonne volonté et d'humilité. Dans "Les Montagnes hallucinés", les explorateurs étaient un peu les hobbits dans le "SdA" de JRR Tolkien : ils étaient là pour les lecteurs soient à la fois spectateurs et acteurs du drame… Ici le récit est plus intimiste, et nous suivons de manière très touchante la quête d'un père et d'un fils qui veulent découvrir la vérité pour reconstruire leur famille. le mangaka prend tout son temps pour mettre en scène leurs questions, leurs doutes et leurs peines durant les 27 années de tortures psychologiques que subit le narrateur : la mise en scène est très travaillée et très soignée, et pour rien gâcher l'ambiance et le rythme qui s'en dégage sont parfait. Après je ne suis complètement convaincu par ses graphismes en particulier le charadesign, mais le sentiment d'étrangeté qui s'en dégage colle parfaitement aux univers et aux ambiances lovecraftiennes. Par contre les dialogues / monologues sont excellentes : les échanges entre Peaslee et Dyers sont denses et intenses, le monologue final est ciselé de main de maître, et il y a ce passage sur l'Allemagne où on dézingue subtilement mais clairement les accointances douteuses entre le régime nazi et le Maître de Providence. Pour terminer, je n'ai qu'un chose à dire : vivement le prochain ! (car oui, il y a encore d'autres adaptations d'H.P. Lovecraft par Gou Tanabe !)
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celindanae
  08 septembre 2016
D'après Michel Houellebecq qui a publié un essai sur Lovecraft intitulé H.P.Lovecraft contre le monde, contre la vie, il y a 8 nouvelles de Lovecraft essentielles et qui constitue le coeur du mythe: les 4 nouvelles regroupées dans La couleur tombée du ciel (voir la chronique) et les 4 nouvelles regroupées dans ce livre. Il est vrai que ces 8 textes sont représentatifs de l'univers de Lovecraft et font partie des meilleurs de l'écrivain américain. Plusieurs adaptations ont été faites de ces nouvelles et je rajouterai à la chronique mon avis sur les bandes dessinées Dans l'abîme du temps et La maison de la sorcière.
Dans l'abîme du temps est une des dernières nouvelles publiées de son vivant. C'est une nouvelle assez longue de près de 90 pages. Elle raconte l'histoire de Nathaniel Wingate Peaslee, un professeur d'économie politique à la célèbre université Miskanotic qui devient soudainement amnésique en perdant connaissance. Son amnésie s'accompagne d'un changement complet de personnalité à tel point que sa femme ne le reconnait plus et demande le divorce. Son état s'améliorera au bout de 5 ans mais il fera alors des rêves étranges. Cette nouvelle poursuit la mythologie créée par Lovecraft avec l'apparition de la grande race de Yith, une race très évoluée technologiquement et qui étudie l'humanité. Cette nouvelle est plus orientée vers le fantastique car on doute de ce qui arrive à Nathaniel Wingate Peaslee. On suit son histoire sur près de 30 ans et cette nouvelle nous fait découvrir l'Australie. Les voyages dans le temps et l'histoire sont également au coeur de cette nouvelle qui est vraiment d'un très bon niveau avec une idée de base excellente.
La maison de la sorcière raconte ce qui arrive à Walter Gilman, un étudiant de l'université de Miskatonic, après qu'il ait choisi d'habiter la demeure de Keziah Mason, une vieille sorcière qui s'était évadée par des moyens inconnus de la prison de Salem en 1692. Walter Gilman est très doué dans ses études et le fait d'habiter cet appartement l'aide dans ses recherches mais peu à peu il est victime d'étranges cauchemars et de fièvre nocturne. Cette nouvelle est assez plus tournée vers l'horreur avec le thème de la possession. Elle est à la fois très documenté sur le plan scientifique et contient beaucoup d'éléments de la mythologie de Lovecraft avec le Necronomicon et Nyarlathotep, sous son avatar de l'homme noir. L'ambiance de cette nouvelle est assez angoissante et le récit est très prenant. Ce n'est pas une des nouvelles les plus connues de l'écrivain mais elle contient certains des thèmes chers à l'auteur : sciences, mysticisme et horreur.
L'appel de Cthulhu est certainement une des nouvelles les plus connues de Lovecraft. Elle a donné son nom au jeu de rôle tiré des écrits de l'écrivain mais aussi à pas mal d'autres choses comme une chanson de Metallica. C'est une nouvelle fondatrice dans la mythologie de l'auteur. Elle commence quand Francis Wayland Thurston hérite des recherches de son grand oncle et d'un étrange bas-relief en argile représentant une créature entre un dragon et un poulpe, muni d'ailes et de tentacules. La nouvelle est assez courte et est divisée en 3 parties assez distinctes: la première est centrée sur la découverte de la statuette, la seconde sur le récit de l'inspecteur Legrasse et d'une secte vaudou alors que la troisième parle du récit d'un naufrage en Australie. Cette partie est pour moi la plus intéressante de la nouvelle avec l'apparition de Cthulhu vraiment très bien décrite. C'est une scène d'une très forte intensité où l'on comprend bien l'horreur des Anciens et l'origine du mythe. Cette nouvelle est vraiment excellente et elle est essentielle dans l'oeuvre de l'écrivain. Pour ceux qui ne l'ont pas lu, il faut y remédier rapidement!
Les montagnes hallucinées est une très longue nouvelle de presque 120 pages. Il est écrit à la première personne par le narrateur William Dyer. Il y a d'ailleurs dans la bande dessinée Dans l'abîme du temps une référence à ce personnage. William Dyer est géologue et travaille à l'université de Miskatonic. Une expédition composée d'une vingtaine de personnes est organisée pour atteindre le cercle polaire antarctique. L'expédition va bientôt découvrir des spécimens biologiques et géologiques inconnus ainsi qu'une chaine de montagnes. Ils découvrent ainsi les restes de créatures inconnues de la science. Les découvertes et les problèmes s'enchainent peu à peu. Lovecraft était passionné par le continent Antarctique, une région inexplorée propice à l'imaginaire, et il avait un goût du détail très développé et on le voit dans cette histoire où les descriptions scientifiques sont très détaillées et justes. Tout est très précis et bien décrit et permet de s'immerger complétement dans cette histoire. Elle est également reliée à la mythologie de Lovecraft avec de nombreuses références aux Anciens. C'est vraiment une excellente nouvelle avec une ambiance à part et glaçante. Elle a notamment inspiré le film The thing où on retrouve la même ambiance glaçante.
Ce recueil de 4 nouvelles de Lovecraft est d'un aussi bon niveau que La couleur tombée du ciel chez Denoël également. L'univers de Lovecraft est vraiment à part et à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas. Pour ceux qui le connaissent, la relecture de ses écrits apportent toujours autant de plaisir.
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Tachan
  09 octobre 2019
Lovecraft est un auteur dont j'ai mis longtemps à découvrir l'univers de peur que ce soit trop sombre et effrayant pour moi. du coup, chaque découverte est assez frappante. Je me rends compte du génie du monsieur disparu quand même au début du XXe siècle et qui a inspiré tant d'auteurs après lui. Ki-Oon met les petits plats dans les grands avec cette série de beaux livres mettant en image ses plus célèbres récits. Après Les montagnes hallucinées, place à Dans l'abime du temps où l'on retrouve le même très beau coup de crayon de Gou Tanabe pour nous embarquer dans une histoire abyssale.
Premier point, encore une fois, l'objet livre est de toute beauté. Même reliure souple et pourtant étonnamment solide que dans Les montagnes hallucinées mais dans un gris correspondant bien au ton et à l'ambiance de l'histoire. L'impression, tout comme la traduction sont impeccables et j'adore le petit effet "collection" que cela va donner dans ma bibliothèque.
Pour ce qui est de l'histoire, on nous replonge dans l'univers propre à Lovecraft fait d'anciennes civilisations de créatures étranges qui peuplaient la Terre à un âge inconnu et qui ont laissé des traces mystérieuses que seuls certains scientifiques peuvent reconnaitre et poursuivre. Pour ceux ayant lu Les montagnes hallucinées les points communs sont nombreux et pour autant le titre est très différent.
Cette fois, l'auteur s'intéresse à la possession et au voyage dans le temps de façon assez différente de ce que l'on peut connaitre. le héros est un économiste célèbre qui se réveille 5 ans après avoir fait un malaise et découvre que pendant ce temps-là une créature d'un autre âge habitait son corps. S'en suit une sorte de voyage à la fois en lui-même et dans les abimes du temps pour découvrir cette étrange créature, ses congénères et les mystères qui les entourent. On est à la fois dans de la SF, du récit d'aventure à la Indiana Jones mais également dans quelque chose de bien plus intime et psychologique qui fait s'interroger sur soi. C'est assez étrange voire dérangeant parfois.
J'ai beaucoup aimé suivre les méandres des pensées du héros, ses avancées et percées sur l'appréhension de cette ancienne civilisation. J'ai trouvé le récit bien construit avec une angoisse d'abord omniprésente qui saisit à la gorge et dérange profondément, puis une lente montée en tension vers un terrible mystère qui pourrait avoir des conséquences sur nous. Pour autant, je ressors un peu frustrée aussi de cette lecture qui semble d'arrêter alors qu'elle démarre et comme c'est la dernière oeuvre de Lovecraft, je doute de trouver une suite à cette trame narrative dans la suite de son oeuvre, mais après tout comme je la connais mal peut-être est-ce que je me trompe.
Les dessins participent grandement à l'immersion dans le récit. Il rendent parfaitement l'angoisse, l'horreur et la peur que ressentent tour à tour les personnages. Cependant, je regrette que leur obscurité soit telle qu'elle empêche de distinguer les créatures et l'action parfois. Je me doute que ça participe bien à l'effet voulu par Lovecraft. Je sais que dans ses récits il livre peu de description et joue plutôt sur les non-dits et l'imagination des lecteurs pour qu'ils se fassent peur eux-même. Je sais aussi qu'il n'est rien de tel qu'une créature qu'on ne montre jamais complètement pour faire bien peur (coucou Alien premier du nom), mais n'empêche ça ma frustrée.
Dernier point que je tenais à soulever et qui est peut-être un point de détail, mais j'ai été agacée de voir le mangaka (parce que ça ne peut venir que de lui) commettre un anachronisme monstrueux en faisant parler de la Seconde guerre mondiale à l'un de ses personnages à demi-mots, alors qu'il est impossible que ça vienne de Lovecraft puisqu'il est mort en 1937... Rien de mieux pour me sortir d'une histoire et titiller mon agacement...
En conclusion, Dans l'Abime du temps se révèle une nouvelle fois passionnant à suivre même si différent des montagnes hallucinées que je lui ai préféré. Ici, nous sommes dans un récit qui nous questionne encore plus et où l'horreur s'accroche à ce que nous avons de plus intime : notre corps et notre esprit. le traitement du voyage dans le temps et de la possession par l'auteur est encore une fois très surprenant que on remet l'oeuvre dans son contexte et rien que pour ça, je suis bluffée !
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AudMgt
  23 juillet 2020
Dans l'abîme du temps : certaines choses devraient rester cachées pour l'éternité…
En donnant corps à l'univers oppressant de Howard Phillips Lovecraft - référence de la Science-Fiction - huit décennies plus tard, Gou Tanabe nous fait plonger au coeur de l'imaginaire fantastique sous un format inattendu. Les quatre ouvrages graphiques sont sortis, la collection a reçu le prix de la série Angoulême cette année.
Gou Tanabe est un mangaka connu dans le registre de l'horreur. En 2009, il relève le défi d'adapter trois grands classiques littéraires : The Outsider de H.P. Lovecraft ainsi que les récits d'Anton Tchekhov et de Maxime Gorki. L'oeuvre s'achève par une histoire de fantôme, entre culture occidentale et orientale. Pas étonnant que l'auteur japonais réitère : c'est donc sous la forme du manga que le génie lovecraftien fait sa réapparition sous des atours renouvelés. le rituel se met en place : s'attarder sur un personnage confronté au surnaturel qui cherche en premier lieu une explication logique. Plonger dans cette machinerie, c'est s'immerger en dehors de la réalité dans un espace déconstruit. le temps se perd et la volonté d'en sortir avec la fin de la lecture. Un tourbillon de brume s'empare de la conscience. Puis une immensité s'ouvre devant nos yeux. La maîtrise à la fois de la retranscription des émotions du visage par le dessin et la mise en place d'un domaine architectural particulier est au rendez-vous. Par l'inclusion savante du texte, les rouages qui ont participé à créer le mythe de ces contes sont bien présents.
« Nous vivons sur un îlot de placide ignorance » – L'appel de Cthulhu inspiration
D'abord avec Les Montagnes hallucinées du même nom que le roman - en deux tomes à la couverture souple brune de simili-cuir – le dessinateur s'attaque à représenter l'univers glaçant de l'Antarctique. Puis, vient Dans l'abîme du temps, le dernier texte écrit par Lovecraft avant sa mort. Place à un décor plus aride avec couverture grise, cette fois. le lecteur est embarqué vers l'Australie par un professeur atteint d'une anomalie cérébrale dissociative, suite à une longue amnésie, à la recherche d'une civilisation inconnue vue en rêve. Quelque chose de terrifiant se tapit dans les profondeurs du sable du désert. Au delà de notre perception limitée, d'autres entités existeraient-elles ? C'est une période où les écrits fantastiques s'intéressent à la possession du corps et aux transferts de personnalité, pour les passionnés des ces thématiques aucune déception à l'horizon : on retrouve fidèlement dans le volume, par le biais du personnage aux expressions croquées l'empreinte des questions existentielles déjà dans les esprits en termes de limites du savoir, de ce qui dépasse l'échelle de l'humain, le menace.

« La littérature de l'étrange, qui a toujours été la cousine germaine de la littérature conventionnelle […] nous fournit de précieux renseignements sur la société dans laquelle elle a vu le jour. » – Stephen King
Par la qualité du trait noirci, surgissent le sombre et l'angoissant. L'exercice artistique de précision et l'habileté à représenter autant les sursauts de l'âme humaine, l'informe d'êtres sortis tout droit de l'imagination de Lovecraft que l'immensité des constructions est remarquable. Un ensemble obscur à la hauteur du sentiment d'incompréhension première à laquelle est confronté le personnage principal. La progression se fait au fil des chapitres alternant paysages travaillés aux ombres inquiétantes et gros plans sur des visages aux yeux écarquillés, fixes. Des doubles pages s'insèrent dans le scénario laissant place à l'invasion visuelle de formes organiques évoquant Gaudi autant que les visionnaires bruts de l'architecture environnementale : Marcel Storr, le Facteur Cheval… La continuité de l'héritage avec HPL est palpable : vertige par la disproportion, l'indicible est entre-aperçu.
« Notre ère mécanique et industrielle est une ère tout à fait décadente. » – Lovecraft
Comme Jules Verne avant lui, les découvertes scientifiques ont une place importante : la Grande Dépression de l'époque déverse sur la société son lot de désillusion. Apparaît à des yeux plus aiguisés que d'autre un progrès technologique en passe de conduire l'humanité à sa perte. Lovecraft représente une jeunesse perdue en quête de sens. Gou Tanabe, par ce choix symbolique fort de redonner un élan à la réémergence de l'oeuvre de HPL, nous apporte sur un plateau par l'image, la preuve de l'effroi universel que chaque génération peut ressentir concernant la mince frontière entre le bien et le mal
Faire revivre l'oeuvre de HPL en passant par un médium autre pour en ouvrir l'accès au 21e siècle, aurait pu être un travail difficile afin de retranscrire le texte avec justesse esthétique et laisser sa place au lecteur pour qu'il puisse fabriquer dans sa tête le plus beau cauchemar. Antérieurement, d'autres adaptations ont vu le jour, certaines figures du genre - bande dessinée, roman - en sont directement influencées.
Challenge dangereux mais réussi de transposition d'un contenu écrit très incarné en terme de maîtrise du champ lexical. Les images créées par le génie graphique de Gou Tanabe sont à la hauteur : sublimes et démesurées laissant suffisamment de flou dans le détail pour permettre à l'esprit du lecteur de s'évader et d'être littéralement happé. Imagination créatrice stimulée et transmise : nous évoluons dans un champ spatial ouvert par un jeu subtil alternant intensité fulgurante telle des flashs, des apparitions et respect des suggestions nuancées autant que profondes. L'esthétique hostile chère à HPL est présente, témoignant de cette acuité du regard hors norme d'un homme qui avait fait le choix de vivre à l'extérieur du monde.
Le 5 mars dernier est sorti dans cette collection La Couleur tombée du ciel. On retrouve le même type de couverture mais dans une teinte bleue. Un roc venu de l'espace, dont la matière ne ressemble à rien de connu sur Terre, provoque des dégâts sur la faune et la flore, s'ensuivent des phénomènes étranges…
Un ensemble de qualités dont vous ne pourrez difficilement vous passer d'aligner les quatre tranches au complet dans votre bibliothèque. A compléter de l'analyse de l'oeuvre par Michel Houellebecq, H.-P. Lovecraft – Contre le monde, contre la vie. Comme une envie de regarder Psychose porté à l'écran en 1960 par Hitchcock, scénario tiré du roman policier de Robert Bloch qui fut de ceux ayant eu un échange épistolaire avec HPL.
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Rickola
  22 octobre 2019
Howard Phillips Lovecraft fait clairement partie des auteurs absolument intouchables de l'histoire de la littérature. Des artistes dont l'oeuvre ont eu un impact tel que la fiction dans sa globalité en serait modifiée si elle n'avait pas existé. Que ce soit par l'influence exercée sur ceux qui les ont suivi, ou par des éléments mis en place qui, encore aujourd'hui semblent des sommets indépassables. Cependant, je dois avouer que je connais très peu Lovecraft, n'ayant lu que le recueil L'Appel de Cthulhu. Mais même sans connaître ses oeuvres, j'ai bien conscience de l'impact de celles-ci sur l'imaginaire collectif et sur des artistes s'exprimant dans des domaines variés. Me concernant, j'ai surtout eu à de nombreuses reprises l'occasion de constater son impact sur le cinéma, en particulier chez des cinéastes tels que Guillermo del Toro ou John Carpenter. Ainsi, je ressent pour son oeuvre une familiarité mêlée d'étrangeté, qui semble finalement très bien caractériser la lecture que fut cette adaptation de Dans l'abîme du temps, par Gou Tanabe.
Car si vous êtes féru de manga, vous n'avez sans doute pas pu passer à côté de la collection Les Chefs d'oeuvre de Lovecraft, lancée par Ki-oon avec Les Montagnes Hallucinées, du même Gou Tanabe, disponible en deux volumes (et qui va d'ailleurs connaître un coffret pour les fêtes de fin d'année, une bonne occasion pour craquer). L'histoire dont il est question dans cet article étant la deuxième proposée dans la collection, et qui sera enrichie début 2020 par une nouvelle adaptation de Tanabe avec La Couleur venue du ciel (une histoire courte figurant dans le recueil que j'ai lu). Ainsi, on peut clairement dire que Lovecraft permet à Tanabe de faire une grande oeuvre en plusieurs parties qui, au vu de la qualité de Dans l'abîme du temps, risque de valoir le détour. Je m'en vais vous expliquer pourquoi après le traditionnel résumé.
En 1935, au fin fond de l'Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d'une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d'aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert…
Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l'époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu'au jour où il s'effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu'à se plonger dans l'étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…
Comme je l'ai dit dans ma longue introduction, cette histoire dégage une forme de familiarité teintée d'étrangeté, en même temps qu'une sorte de fascination mêlée de répulsion. Je pense que ces émotions contradictoires viennent du travail sur le point de vue du personnage principal que l'on est amené à partagé, qui est brillamment retranscrit.
Comme l'explique le résumé, notre personnage se retrouve avec un trou d'environ cinq ans dans sa mémoire, attribué à une amnésie qui s'apparente davantage à un voyage à travers l'espace et le temps, dans le corps d'une créature étrange d'une espèce inconnue (et très probablement extra-terrestre). le retour dans son corps va déclencher chez lui un comportement obsessionnel afin de comprendre la signification des événements vus (et peut-être vécus) durant ces années, tout comme les rêves qui l'assaillent chaque nuit depuis son retour. Une obsession qui le mènera à effectuer des recherches dans des sources documentaires assez exotiques, notamment dans le Necronomicon, le fameux magnum opus fictif qui, il me semble, émaille toute l'oeuvre de Lovecraft.
Et de ce point de vue, Tanabe fait un travail remarquable. de par mon unique lecture lovecraftienne, mais aussi par le biais de conversations que j'ai pu avoir concernant son oeuvre, j'ai le sentiment que le fait d'adapter cet auteur est très compliqué, ne serait-ce que parce que les choses qu'il décrit sont assez difficiles à s'imaginer. Et dans le cas de cette histoire, un des intérêts vient du fait que le personnage principal a toutes les difficultés à comprendre ce que signifie ce qu'il voit. L'ambiguïté concernant la réalité ou non de ces visions est d'ailleurs un des ressors principaux de l'histoire, et un des éléments qui contribue grandement à l'ambiance du récit.
Ainsi, Tanabe ne va cesser tout au long du récit d'alterner entre les visions et la réalité, offrant un travail visuel saisissant parfaitement mis en valeur par une édition de grande qualité. Que ce soit le format plus grand, la couverture avec un effet cuir et l'impression de qualité, tout met parfaitement en valeur le travail visuel de l'auteur, et contribue à donner à cette oeuvre une véritable singularité jusque dans la place qu'elle occupe au sein d'une mangathèque. Car le volume se démarquera sans peine parmi les formats plus classiques avec des jaquettes toutes simples. C'était déjà le cas avec Les Montagnes Hallucinées, et on peut supposer qu'il en sera de même avec La Couleur tombée du ciel, l'édition que propose Ki-oon est à saluer !
Cet aspect étant évoqué, nous pouvons revenir sur le récit en lui-même. Comme je l'ai dit, l'esthétique est particulièrement importante, tant le travail de transcription visuel de l'imaginaire lovecraftien est un exercice casse-gueule, dans lequel Tanabe arrive pourtant à exceller. Les créatures ainsi que les environnements peuplant les rêves du professeur Peaslee ont cet aspect à la fois fascinant et dérangeant, contribuant à nous faire épouser le point de vue du héros. de plus, le mystère est parfaitement entretenu durant l'intégralité de l'histoire, et la résolution nous invite à l'interprétation mais surtout, à la réflexion, nous demandant si ce voyage nous amène dans l'abîme du temps, ou bien dans l'abîme de la folie. La folie étant un élément majeur de l'oeuvre de l'auteur. Ainsi, on referme le volume avec un sentiment étrange et fort, de même que son personnage principal une fois arrivé au terme de son entreprise…
En résumé, Dans l'abîme du temps est un manga vraiment puissant, nous faisant partager une vision d'auteur originale tout en ayant une forme de familiarité. Un travail esthétique, d'écriture et d'ambiance de qualité parfaitement mis en valeur par un travail éditorial à saluer. Il s'agit de mon premier essai dans la collection Les chefs d'oeuvre de Lovecraft, et il me donne clairement envie de poursuivre la découverte !
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critiques presse (5)
ActuaBD   22 novembre 2019
Goū Tanabe parvient, tout en développant un style léché, à conserver cette part de mystère, suscitant l’imaginaire du lecteur et retranscrivant les intentions de l’auteur initial. Une réussite en tout point !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   29 octobre 2019
Tanabe s'attaque aux descriptions les plus abstraites de la science fiction, et encore une fois, il défie toutes les attentes : réussissant à représenter un bestiaire improbable de manière tangible, à figurer des architectures et éléments contre-nature, l'auteur nous fait littéralement pénétrer cauchemars et hallucinations, donnant une chair inespérée à l'indescriptible !
Lire la critique sur le site : BDGest
Actualitte   14 octobre 2019
Un one shot d’une telle qualité, je vous forcerais presque à le prendre et à le lire. Vraiment. L’œuvre initiale de Lovecraft est parfaitement respectée. On garde cette lenteur au démarrage et cette descente aux enfers qui s’accélère et nous coupe le souffle au fur et à mesure.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Elbakin.net   08 octobre 2019
La vision du dessinateur colle à l’ambiance, et on prend plaisir à rester quelques minutes sur une double-page pour en admirer la richesse des détails. [...] Il y a fort à parier que cette lecture vous interrogera sur le destin de l’homme, sa place dans l’univers, et qu’elle provoquera chez vous quelques sueurs froides…
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Elbakin.net   12 septembre 2016
On espère simplement que les derniers épisodes nous apporteront l’apothéose que mérite amplement ce récit d’excellente facture. Un modèle du genre.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   15 octobre 2019
- Selon la théorie de l’évolution, toute forme de vie se transforme graduellement au fil des générations pour s’adapter à son milieu, par conséquent l’intégralité des espèces vivantes actuellement sur Terre sont des variantes de…
- « L’intégralité » ? Allons, donc :
- Euh… Vous avez une question, Monsieur Peaslee ?
- Et bien, loin de moi de prétendre que cette théorie est entièrement fausse… Cependant vouloir l’appliquer à l’ensemble des espèces est un raisonnement bien puéril, vous ne trouvez pas ?
- Vous considérez sans doute, d’un point de vue religieux, que ce principe ne peut pas rendre compte de l’origine de l’homme, n’est-ce pas ? Pourtant, la science est formelle : l’homme est un primate !
- Non, je ne parle pas de l’homme. Je sais très bien qu’il n’est que la fragile et imparfaite évolution d’un vulgaire germe. Ce que j’aimerais savoir, c’est jusqu’où porte votre connaissance de tous les êtres venus des étoiles voilà des milliards d’années ! Euh... ha ha ha ha ! Pardonnez-moi ! Je plaisante, bien évidemment ! Ha ha ha ha !
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AlfaricAlfaric   25 septembre 2019
Il n’y a rien de tel que les livres pour développer ses connaissances, dans n’importe quelque domaine que ce soit !
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AlfaricAlfaric   26 septembre 2019
Il existe sur terre certaines choses qu’il est préférable que l’homme ignore !
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NievaNieva   15 octobre 2020
La Grand-Race avait bâti une immense bibliothèque, contenant des millions de volumes ; la totalité des annales de la Terre y était rassemblée sous forme de textes et de gravures. L'histoire et la description de toutes les espèces qui avaient été ou seraient jamais, avec le détail de leurs arts, leurs actions, leurs langues et leur pensée.
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RosenDeroRosenDero   10 décembre 2015
J'échangeais avec l'esprit de Yiang-Li, un philosophe du cruel empire de Tsan-Chan, qui adviendra vers l'an 5000 de notre ère.
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Vidéo de Gou Tanabe
La Petite Librairie, c'est tous les mois ! Vos libraires Jean-Edgar Casel et Thomas Raymond vous présentent leurs dernières pépites littéraires. Un programme qui vous réservera des surprises et des rencontres exclusives ! A NE PAS MANQUER !!!!!!!
Les chefs d'oeuvre de Lovecraft - L'Appel de Cthulhu de Howard Phillips Lovecraft, Gou Tanabe aux éditions Ki-oon https://www.lagriffenoire.com/1053642-livres-mangas-les-chefs-d-oeuvre-de-lovecraft---l-appel-d.html • Batman - Curse of the White knight de Sean Murphy, Matt Hollingsworth aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/1055569-achat-bd-batman-----curse-of-the-white-knight.html • Les nouvelles aventures de Barbe-Rouge - tome 1 - Pendu haut et court de Jean-Charles Kraehn et Stefano Carloni aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1050850-achat-bd-les-nouvelles-aventures-barbe---t01---les-n.html • Francis de Loputyn aux éditions Shockdom https://www.lagriffenoire.com/1054629-achat-bd-francis.html • Gideon Falls T1 : La grange noire de Andrea Sorrentino , Dave Stewart aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/131117-achat-bd-gideon-falls---tome-1.html • Gideon Falls T4 : le Pentoculus de Andrea Sorrentino, Dave Stewart aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/1053881-achat-bd-gideons-falls-t4-----le-pentoculus.html • Ellis Island de Miras et Philippe Charlot aux éditions Bamboo https://www.lagriffenoire.com/1055073-achat-bd-ellis-island-----bienvenue-en-amerique-.html • Les Frères Rubinstein T1 : Shabbat Shalom de Loïc Chevallier, Luc Brunschwig aux éditions Delcourt https://www.lagriffenoire.com/1050630-achat-bd-les-freres-rubinstein-t1-----shabbat-shalom.html • le Bel Âge - intégrale de Merwan aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1052776-achat-bd-le-bel-age-----integrale-t1-a-t3.html • Kariba de Daniel Clarke et James Clarke aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1044795-achat-bd-kariba.html • Blue au pays des songes T2 : Bienvenue à Sad City de Davide Tosello aux éditions Vents d'Ouest https://www.lagriffenoire.com/1052628-achat-bd-blue-au-pays-des-songes---tome-02---bienven.html • le Banquier du Reich T1 de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1034688-achat-bd-le-banquier-du-reich---tome-01.html • le Banquier du Reich T2 - de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1054342-achat-bd-le-banquier-du-reich-t2.html • Renaissance T1 - Les déracinés de Frédéric Blanchard, Fred Duval aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/127329-achat-bd-renaissance---tome-1---renaissance---tome-1.html • Renaissance T2 - Renaissance de Fred Duval, Frédéric Blanchard aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1016785-achat-bd-renaissance---tome-2---interzone.html • Renaissance T3 - Permafrost de Duval Fred, Blanchard Frédéric aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1054552-achat-bd-renaissance-t3-----
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