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EAN : 9782221129524
270 pages
Éditeur : Robert Laffont (19/01/2012)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :
On peut regarder l’histoire politique du XXe siècle comme l’histoire du combat de la démocratie contre ses ennemis extérieurs : le fascisme et le communisme. Ce combat s’est achevé avec la chute du mur de Berlin. D’après certains, il se prolonge contre de nouveaux ennemis – islamo-fascisme, terrorisme, dictateurs sanguinaires… Pour Todorov, ces dangers, certes réels, ne sont pas des candidats crédibles à cette succession. Le principal ennemi de la démocratie, c’est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ster
  04 mars 2012
Avant de lire Les ennemis intimes de la démocratie, je ne connaissais l'auteur que de renom : universitaire reconnu, historien des idées, au départ théoricien de la littérature au côté de Genette, spécialiste de Benjamin Constant et en couple avec Nancy Huston. Je savais vaguement qu'il venait d'un pays de l'Est, il a en effet vécu les vingt-quatre premières années de sa vie sous le régime totalitaire de la Bulgarie. J'avais très envie de lire un jour un de ses essais, son vécu autant que ses centres d'intérêt m'y poussait.
Si je devais résumer à ma façon, j'ai pu voyager dans le temps et dans l'espace et constater que les idées de Saint Augustin et de Pélage (contemporain du premier), d'hétéronomie (soumission à la loi) ou d'autonomie de l'individu se transmettent en épousant de nouvelles formes comme des gènes d'ancêtre.. Il n'est plus question d'autorité divine mais des racines communes innervent par exemple le « messianisme politique » qu'il s'agisse de communisme ou de néolibéralisme.Les exemples de l'histoire proche ou lointaine sont annotés et précis et l'on parcourt ainsi les siècles.
J'ai trouvé ce concept de « messianisme politique » particulièrement juste, s'appliquant tant à des régimes totalitaires qu'à des « démocraties », j'ai senti la force de la « conscience aigüe de ce paradoxe : tout ce mal était accompli au nom du bien, était justifié par un but présenté comme sublime » lorsque Todorov cite exceptionnellement son propre vécu, et pensé au Zéro et l'infini de Koestler ainsi qu'aux Justes de Camus quant à ce même paradoxe.
Sans identifier dictature et démocratie, les outils nous sont donnés pour « saisir » ce qui dans nos démocraties tend, de l'intérieur, à transformer celles-ci dès lors qu'un principe se met à peser davantage entre le peuple, la liberté et le progrès (populisme, ultralibéralisme et messianisme). Ainsi, il est aisé de voir que oui, « la logique des surhommes convient bien à la logique ultralibérale » et qu'il est nécessaire voire vital pour la démocratie de faire son autocritique et de cesser de montrer du doigt un danger soit-disant étranger à elle même (Hitler, le fanatisme religieux, etc...) pour préserver, un tant soit peu, de véritables valeurs.Vaste programme.
Je remercie les éditions Robert Laffont et Babelio qui dans le cadre de l'opération Masse-critique m'ont permis ce voyage dans le monde des idées pour un humanisme lucide.
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petitours
  11 mars 2012
Les ennemis intimes de la démocratie s'apparente à un ouvrage vulgarisé de philosophie politique, attaché à identifier les racines profondes des dérives de notre système économique et politique. S'apparente car il s'agit tout à la fois d'un essai de polémiste traitant l'actualité à la lumière de l'histoire des idées. J'en retire donc une impression en demi-teinte, tant le déséquilibre entre ces deux aspects est flagrant. Autant la mise en perspective des déchirements politiques du XXème siècle par la controverse entre Saint Augustin et Pélage, est passionnante, autant l'application aux dérives du néolibéralisme ou du populisme fait souvent dans la superficialité. Autant la relecture de Condorcet, Constant ou Hayek est éclairante, autant la critique de la pensée de Friedman témoigne d'une méconnaissance évidente. Autant l'auteur nous enrichit de l'histoire du messianisme politique, de la filiation entre les penseurs de la révolution française et les néoconservateurs de la Maison Blanche, autant son analyse des nouvelles techniques de management relève de la caricature de sociologie de comptoir. Auguste Comte disait des philosophes qu'ils étaient les "spécialistes des généralistes", on préférera ici Todorov philosophe qu'essayiste, politologue ou économiste.
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vincentf
  10 juillet 2014
Penser que la démocratie est malade semble bien banal. Todorov identifie les maux, ceux dont on se doutait un peu : messianisme, ultralibéralisme, populisme. Il montre les liens et les conséquences de ces évolutions, choisit des exemples parlants. Quand donc la démocratie se mord-elle la queue? Premièrement, quand elle cherche à s'imposer par la force. L'exemple de l'Irak saute bien sûr aux yeux et Todorov, en 2012, n'a pas encore vu le petchi actuel. La démocratie, bien entendu, ne se décrète pas. Ce qui est plus intéressant, car jusque là on enfonce des portes ouvertes, c'est le lien qu'il fait entre le messianisme communiste et celui des démocraties. En bon structuraliste, il montre que cela fonctionne de la même façon : notre système est le meilleur, donc il doit inéluctablement s'étendre au monde entier et c'est notre devoir de l'y implanter au plus vite, même si les peuplades primitives que l'on sauve de la tyrannie ne comprennent pas bien ce que l'on vient foutre chez elles. Deuxièmement, Todorov dénonce ce qu'il appelle la tyrannie des individus, l'excès de liberté qui oublie que l'être humain est un animal social, et son pendant économique, le marché débridé qui ne songe qu'au profit. Là aussi, ça sonne comme du déjà entendu. le pas de plus chez Todorov, c'est la "toyotisation des esprits", le fait que non seulement l'économie dicte la marche du monde mais qu'elle formate également nos têtes à travers l'invasion des techniques de management et le matraquage médiatique. Nous voilà donc prêt, si nous ne résistons pas, à tomber dans le piège des démagogues, des grands rhétoriciens de notre époque, des populistes qui, face au mur de la complexité, préfèrent foncer en désignant les premiers coupables venus, ces étrangers qui ne vivent pas comme nous et qui sont donc forcément mauvais. le diagnostic est juste. C'est en son sein que la démocratie cache ses ennemis. Saura-t-elle s'en débarrasser sans se détruire elle-même?
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critiques presse (1)
NonFiction   05 avril 2012
Alors que Francis Fukuyama annonçait une inéluctable "fin de l'Histoire", Tzvetan Todorov nous invite à réfléchir à une possible "fin de la Démocratie".
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
sterster   29 février 2012
Pas plus que les autres hommes, les dirigeants politiques des pays démocratiques ne sont insensibles à l'attraction de l'argent ; mais aujourd'hui, rassurés par l'idéologie ultralibérale, ils se mettent encore plus volontiers au service des puissances d'argent, comme en témoignent diverses péripéties bien connues (en France, différentes réformes fiscales, l'affaire Woerth-Bettencourt, etc.). Le résultat cette fois est, d'un côté, la constitution d'oligarchies politico-économiques, et, de l'autre, la mise à l'écart des perdants, véritables déchets du système, condamnés à la fois à la pauvreté et au mépris :ils sont la cause de leur malheur et pour les secourir, l'on ne doit en appeler ni à l'Etat ni à la solidarité collective. Le culte des surhommes convient bien à la logique ultralibérale. p.124
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antonarmantonarm   17 février 2015
La parenté secrète entre communisme et néolibéralisme permet de mieux comprendre l'impressionnante facilité avec laquelle, au lendemain de la chute du Mur, la nouvelle idéologie s'est mise à la place de l'ancienne dans les pays d'Europe de l'Est. L’intérêt collectif y était frappé de suspicion: pour cacher ses turpitudes, le régime précédent l'avait invoqué si souvent que plus personne de le prenait au sérieux, on n'y voyait qu'un masque hypocrite. Si le seul moteur du comportement est de toute façon la recherche du profit et la soif de pouvoir, si le combat impitoyable pour la survie du plus apte est la vraie (dure) loi de l'existence, autant cesser de faire semblant et assumer ouvertement la 'loi de la jungle'. Les anciens apparatchiks communistes ont donc pu revêtir rapidement les habits de l’ultralibéralisme.
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sterster   29 février 2012
J'ai vécu sous ce régime [la Bulgarie communiste] pendant vingt ans. Ce qui s'est gravé le plus profondément dans ma mémoire ne sont pas les mille et un inconvénients de la vie quotidienne, ni même la surveillance constante et le manque de liberté. J'en ai gardé, plus que tout, la conscience aigüe de ce paradoxe : tout ce mal était accompli au nom du bien, était justifié par un but présenté comme sublime. p.63
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sterster   29 février 2012
Comme la démocratie, le totalitarisme se réclame de la pensée rationnelle et de la science. La démocratie ne se confond ni avec le colonialisme ni avec le communisme, et pourtant tous trois sont souvent animés par un esprit messianique. p.238
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sterster   29 février 2012
Les massacres commis au nom de la démocratie ne sont pas plus doux à vivre que ceux causés par la fidélité à Dieu ou à Allah, au Guide ou au Parti. p.96
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